• Episode 3 - Partie 3

    Épisode 3 : Terres maudites

    Partie 3

     

    6

    La salle à manger était une petite pièce située à la droite de l’autel. Une table en bois, aussi ancienne que massive, en encombrait presque tout l’espace. On s’y installait sur des bancs et la seule chaise disponible était occupée par Nya.

    Cette dernière tournait le dos à une porte entrouverte, qui donnait sur la cuisine.

    Un peu avant qu’ils ne passent à table, les diables étaient venus leur rapporter leurs affaires. Le chat était avec eux, mais le pauvre était à ce point tétanisé par la peur qu’ils avaient dû le tirer pour le convaincre d’arriver jusqu’ici. L’une de ses pattes était foulée et il avait fallu à Nya déployer des trésors de patience pour l’apaiser avant de pouvoir le soigner. Après ça, le félin avait refusé de les quitter et c’était en leur compagnie qu’il prenait lui aussi son repas.

    À la manière d’une affamée qui n’aurait rien mangé depuis des jours, Dolaine s’empiffrait sans aucune retenue. Installé sur le même banc qu’elle, Romuald, lui, devait se contenter d’un verre de sang froid pour tout repas. Il le sirotait sans se presser, plus par obligation que par réel plaisir.

    Avec un cri d’extase, Dolaine porta une main à son ventre et rejeta la tête en arrière.

    — Oh bon sang, Nya ! Ta cuisine est toujours aussi divine !

    — Tu n’en trouveras pas de meilleure à travers Grande-Mère, lui répondit son amie qui, en ce qui la concernait, avait déjà terminé de manger.

    N’ayant jamais eu un gros appétit, elle avait picoré dans tous les plats, avant de se lever pour aller se faire du thé, qu’elle touillait à présent à l’aide d’une petite cuillère qui ne cessait de tinter.

    — Il faut m’excuser pour l’accueil, fit-elle à l’intention de Romuald. Si j’avais su plus tôt que vous seriez mon invité, je me serais arrangée pour vous trouver quelque chose d’un peu plus nourrissant.

    En réponse, Romuald sourit et leva son verre.

    — Ne vous en faites pas : cela me convient tout à fait.

    — Pour ce soir sans doute, soupira-t-elle en portant une main à sa joue.

    Puis elle porta les yeux sur le chat qui, le nez baissé en direction de son écuelle, léchait le sang qui lui barbouillait les babines.

    — Bah ! fit Dolaine en la pointant de sa fourchette. Du cadavre, ce n’est pas ce qui manque dans le désert : tes diables n’auront qu’à se baisser pour lui trouver de quoi se remplir le ventre.

    Nya approuva d’un signe de tête, avant de revenir à Romuald.

    — Bien… et si vous m’appreniez les raisons de votre visite ? Car je devine que si Dolaine est là, ce n’est certainement pas de sa propre initiative.

    Dolaine eut un froncement de sourcils et la foudroya du regard. La bouche pleine, et les joues si rondes qu’elles donnaient l’impression d’être sur le point d’exploser, elle répliqua :

    — Cesse de dire bêtise ! À t’entendre, j’ai l’impression d’être une mauvaise amie.

    — Parce que ce n’est pas le cas ?

    — Pas du tout !

    Un petit sourire se dessina sur les lèvres de son interlocutrice, un sourire qui l’agaça grandement et la fit se renfrogner.

    — Pourtant, reprit Nya, depuis que tu habites cette ville humaine, je n’ai pas souvenir de t’avoir souvent vue ici. (Elle poussa un soupir malheureux, quoiqu’un tantinet mélodramatique.) Si l’ingratitude avait un nom, ce serait certainement le tien, ma pauvre.

    Une sorte de grognement scandalisé remonta le long de la gorge de Dolaine. D’un geste brusque, elle se saisit de son verre et en but le contenu d’une traite, avant de le reposer brutalement.

    — Si au moins tu acceptais de me rendre visite une fois par an, poursuivit Nya. Je ne suis pourtant pas exigeante… je sais me contenter de peu.

    En réponse, Dolaine abattit son poing sur la table.

    — Alors ça c’est trop fort ! Il n’y a pas si longtemps que nous nous sommes vues.

    — Ah oui ?

    — Parfaitement ! Tiens, c’est simple, la dernière fois que je suis venue c’était…

    Les doigts dressés devant elle, elle entreprit de faire le compte des mois qui la séparaient de sa dernière visite. Un mois… quatre mois… dix mois… quinze… s’embrouillant dans ses calculs, elle finit par se crisper et, prenant conscience que cela faisait au moins deux, sinon trois années, qu’elle n’était pas venue voir son amie, s’agaça :

    — Oh, ça va, hein !

    Avant de se détourner pour bouder.

    Nya eut un petit rire.

    — Vous voyez ? fit-elle à l’intention de Romuald. Elle ne sait pas prendre soin de ses amis.

    Surprenant le regard noir de Dolaine, Romuald jugea préférable de changer de sujet.

    — En… en vérité, nous sommes ici en voyage.

    — En voyage ? répéta Nya, intriguée.

    — Oui : nous faisons le tour du monde.

    Se mettant à le fixer avec intensité, elle les désigna tour à tour du doigt.

    — Tous les deux ?

    Et comme Romuald approuvait, elle insista, les sourcils haussés :

    — Seulement tous les deux ?

    Romuald approuvant de nouveau, elle pouffa, avant de se tourner vers Dolaine. Occupée à bouder, celle-ci semblait ne pas accorder grande attention à leur conversation.

    — Eh bien, ma chère… voilà une nouvelle dont tu t’es bien gardée de m’informer.

    L’interpellée lui décocha un coup d’œil agacé, avant de rougir, soudain frappée par le sous-entendu de son amie. Vivement, elle se redressa.

    — Attends un peu ! Ce n’est pas du tout ce que tu crois.

    — Vraiment ?

    — Mais oui ! Bon sang, expliquez-lui, Romuald !

    — Je…

    — Je ne vois pas pourquoi tu t’excites, poursuivit Nya, portant une main à sa joue. Ne suis-je pas ouverte d’esprit ?

    — Heu… je…

    — Tu le fais exprès ? (Devenue rouge pivoine, Dolaine avait pointé un doigt en direction de son interlocutrice.) Puisque je te dis qu’il n’y a rien entre nous. Rien de rien ! Bon sang Romuald, est-ce que vous allez le lui dire oui ou non ?!

    Au comble de la panique, Romuald ne savait plus sur qui fixer son regard. Il bafouilla, mais ses propos étaient parfaitement incompréhensibles. Dolaine se frappa le front d’une main. Mais quel empoté !

    Un sourire rassurant aux lèvres, Nya se tourna vers lui.

    — Ne vous en faites pas : j’ai bien compris votre situation. Je voulais juste la taquiner un peu.

    — Ah…

    Excédée, Dolaine plaqua vivement ses deux mains contre la table, faisant trembler ou bondir tout ce qui s’y dessinait.

    — Espèce de peste !

    Mais la peste en question préféra l’ignorer pour revenir à Romuald.

    — Et donc, poursuivit-elle, vous dites que vous êtes en voyage ?

    — Oui. J’avais besoin d’un guide, mais aussi de compagnie, aussi l’ai-je engagée.

    — Je comprends mieux…

    — Tant mieux pour toi, gronda Dolaine. Pour ma part, je te ferai remarquer que j’attends toujours une réponse à ma question : pourquoi ces zombies sont-ils ici ?

    Nya écarta les mains en signe d’impuissance.

    — Je vais te décevoir, mais je n’en ai pas la moindre idée.

    — Tu plaisantes ?

    — Je préférerais. (Elle s’accouda sur la table et posa le menton sur ses mains jointes.) Mais c’est malheureusement la stricte vérité. Il y a peu, ces créatures sont arrivées ici et ont commencé à s’y installer. Depuis, impossible de les en déloger.

    — Et les démons acceptent ça ?

    Nya eut un petit sourire.

    — Tu l’as vu de tes propres yeux, non ? Les deux clans sont en guerre. Une guerre qui leur a déjà coûté de lourdes pertes. (Son expression se fit plus sombre.) Et je t’avoue que je continue de me demander d’où ils peuvent bien venir.

    Un mystère sur lequel Dolaine était au moins capable de la renseigner :

    — De ce que j’ai compris : des Terres putrides. À Sétar aussi nous avons surpris des zombies dans nos rues, à la nuit tombée. Il y a eu quelques victimes, mais il semblerait que ça se soit calmé depuis.

    — Avant d’arriver ici, ajouta Romuald, nous avons rencontré des voyageurs. Selon eux, ces créatures causeraient pas mal de problèmes aux peuplades du désert.

    Nya avait tourné les yeux vers lui et plissé les paupières.

    — Si vous dite vrai, alors cela signifie qu’il va m’en arriver d’autres.

    Et l’idée était loin de l’enchanter.

    — Le plus triste, poursuivit-elle, est que je ne comprends toujours pas ce qui les pousse à venir ici.

    — Je croyais que tes diables te servaient d’espions à travers tout Ekinoxe, s’étonna Dolaine.

    — En effet… ou du moins était-ce le cas avant. Mais maintenant qu’ils sont occupés par cette guerre, mes yeux et mes oreilles évitent de s’éloigner de leur territoire.

    — Oh !

    — Pour dire la vérité, j’espérais que tu en saurais davantage. Car si, comme tu le dis, ces zombies arrivent bien des Terres putrides, alors ta ville est située à proximité. Personne ne s’est donc donné la peine d’aller enquêter sur place ?

    Dolaine grimaça.

    — Tu sais… pour pousser nos dirigeants à se rendre en Terres putrides, quelques attaques ne suffisent pas.

    — Je vois…

    Elle semblait contrariée, très contrariée, même, suffisamment en tout cas pour éveiller l’inquiétude de Dolaine. Curieuse, elle voulut l’interroger, mais se souvint à temps que son amie détestait faire étalage de ses soucis devant des étrangers. Et Romuald, en l’occurrence, en était encore un pour elle.

    Comme le silence tendait à s’éterniser, elle se racla la gorge et décida de changer de sujet.

    — Au fait : dans combien de temps penses-tu qu’il nous sera possible de reprendre la route ?

    Nya lui adressa un sourire mi-amusé, mi-pincé.

    — Es-tu à ce point pressée de me quitter ?

    — Par Moloch, est-ce que tu veux bien arrêter de tout interpréter de travers ? Notre monture a été blessée ! Il est donc normal que je m’informe.

    Nya eut un hochement de tête qui se voulait compréhensif, mais Dolaine devina qu’elle ne la croyait qu’à moitié.

    — Oh, ne t’inquiète pas : d’ici trois ou quatre jours, tout devrait être rentré dans l’ordre. En attendant… (Elle porta sa tasse, à présent froide, à hauteur de ses lèvres et conclut :) profite de mon hospitalité. Après tout, c’est peut-être la dernière fois que tu en auras l’occasion.



    7

    Dolaine avait du mal à trouver le sommeil. Couchée dans son lit, en sous-vêtements et les cheveux remontés par des épingles, elle se tournait et se retournait sous ses couvertures tant l’attitude de Nya au dîner continuait de la troubler.

    Qu’avait-elle voulu dire par : « C’est peut-être la dernière fois que tu en auras l’occasion » ? Que devait-elle comprendre ? Qu’ensuite, les portes de son église lui seraient fermées ? Non… impossible ! Ça ne lui ressemblait pas.

    — Ah, bon sang… !

    Elle se redressa dans son lit. Elle ne parviendrait pas à se calmer… pas sans savoir ce qu’il se passait ici. Bien décidée à obtenir une réponse, elle se résigna à quitter la chaleur de ses draps.

    Saisissant sa valise placée à son chevet, elle la souleva à l’aide de ses deux mains et parvint à la hisser sur le lit pour l’ouvrir. À l’intérieur, elle tira une robe de chambre, dont elle se drapa, avant de quitter la pièce. Dans le couloir, il faisait sombre, mais pas suffisamment pour la priver de toute visibilité.

    Couché en boule devant la porte de Romuald, le chat leva la tête en l’entendant arriver. Ils se fixèrent un moment, avant que Dolaine ne porte un doigt à ses lèvres et ne lui fasse « chut ». Puis elle le dépassa et gagna l’escalier.

    Sous son poids, les marches en bois grincèrent. Arrivée sur le palier surélevé du rez-de-chaussée (Qui avait l’allure d’une petite terrasse donnant elle-même sur un autre escalier.), elle ne fut pas surprise de découvrir Nya un peu plus bas. Insomniaque, cette dernière ne dormait jamais. Un autre petit cadeau des enfers qui, à ce qu’elle en savait, avait davantage des allures de poison que de faveur.

    Une bassine d’eau posée sur un banc, une serpillière sur son dossier et un balai appuyé contre, elle s’était arrêtée dans son ménage, un torchon à la main, quand elle avait entendu Dolaine arriver. Les yeux levés dans sa direction, elle s'enquit :

    — Tu ne dors pas ?

    — Je n’arrive pas à trouver le sommeil.

    Comme si la chose n’avait rien de surprenant, Nya eut un hochement de tête. S’en retournant à ses corvées, elle ne reprit la parole que quand Dolaine commença à descendre l’escalier.

    — Il y a quelque chose qui te dérange, peut-être ?

    Une main posée sur la rambarde, Dolaine répondit :

    — N’est-ce pas plutôt toi qui as des soucis ?

    Nya cessa d’astiquer son banc et releva les yeux sur elle. Ses cernes paraissaient encore plus marqués qu’à l’ordinaire.

    — Qu’y a-t-il, Nya ? Qu’est-ce qui te rend si nerveuse ?

    Dans un premier temps, l’interrogée n’eut aucune réaction. Elle se contenta de la fixer avec, au fond du regard, une lueur étrange. Puis un sourire sans joie apparut sur ses lèvres.

    — Alors tu as remarqué ?

    — Tu me prends pour qui ? Nous ne nous voyons peut-être pas aussi souvent que tu le voudrais, mais je sais reconnaître quand quelque chose ne va pas chez toi.

    — Oooh… et moi qui te croyais totalement insensible, fit Nya en reprenant son ménage.

    Dolaine sentit une pointe d’agacement monter en elle. Ne souhaitant toutefois pas se fâcher avec son amie, elle s'efforça de la refouler et ferma les yeux. Quand elle les rouvrit, elle se sentait un peu mieux, bien qu’une pointe d’agressivité fût toujours perceptible dans sa voix quand elle questionna :

    — Est-ce à cause des zombies ?

    En réponse, Nya poussa un soupir, avant d’abandonner son torchon sur le dossier du banc.

    — Pas exactement… en vérité, ce serait plutôt l’Enfer qui m’inquiéte.

    De surprise, Dolaine inclina la tête sur le côté.

    — L’Enfer ?

    — Oui, l’Enfer… elle est consciente de ce qu’il se passe ici. Mes diables l’en ont informée et je sais, parce qu’ils me l’ont fait comprendre, qu’on commence à s’y impatienter. Mes supérieurs m’ont déjà sommé de mettre fin à cette invasion, et comme la chose tarde un peu trop à leur goût, j’ai peur qu’ils ne viennent régler le problème par eux-mêmes.

    — Et alors ? Qu’est-ce que ça a de si dramatique ?

    Car enfin, Nya travaillait pour eux. Dans ces conditions, elle ne voyait pas bien en quoi leur intervention devrait l’inquiéter.

    — À première vue, rien, convint son amie. Mais l’ennui, vois-tu, est que j’ignore quelle décision ils prendront pour moi après cet échec. Bien sûr, il est possible qu’ils me laissent tranquille… ils me passeront certainement un savon et je devrai promettre de faire mieux la prochaine fois, mais… mais s’ils considèrent que je mérite une sanction, alors il se peut qu’ils me ramènent avec eux en Enfer.

    Et cette idée semblait véritablement la contrarier. Les traits creusés, c’était comme si, soudain, son âge véritable l’avait rattrapé. Sans un mot, elle se laissa presque tomber sur le banc et vint appuyer son front contre le dossier, dans une attitude de désespoir qui ne surprit pas Dolaine.

    Elle savait que Nya n’aimait pas l’Enfer… ou plutôt, qu’elle ne l’aimait plus. Elle s’y était souvent sentie en marge et la situation actuelle, bien différente de celle qu’elle avait connue depuis qu’un nouveau souverain était monté au pouvoir, la terrifiait. Revenir en Ekinoxe avait presque été un soulagement pour elle.

    — Tu penses qu’ils le feront ?

    — Comment savoir ? Avec eux, je m’attends à tout et surtout au pire.

    Et comme le silence qui suivit ces paroles s’éternisait, Dolaine vint prendre place aux côtés de son amie. Elle se sentait sincèrement désolée pour elle, d’autant plus qu’elle se trouvait dans l’incapacité de lui venir en aide. Mal à l’aise, elle se tortilla sur le banc et, cherchant vainement quelque chose à ajouter, se racla la gorge.

    Nya se redressa.

    — Au fait… et si tu m’en disais un peu plus sur cette histoire de voyage ? Tu t’es reconvertie dans le tourisme ?

    Un changement de sujet quelque peu brutal, mais dont Dolaine lui fut reconnaissante.

    — Pas exactement, répondit-elle. En vérité, c’est plutôt en homme à tout faire que je me serais reconvertie.

    — En homme à tout faire ?

    — Oui… voilà… !

    Et Dolaine entreprit de lui expliquer sa situation. Les problèmes qu’elle avait rencontrés à Sétar (Et dont son amie avait déjà plus ou moins connaissance), l’incapacité pathologique de Raphaël à conserver un emploi, leur ruine, sa tentative pour retrouver du travail et enfin son idée d’homme à tout faire, ses premiers jours difficiles et la visite inespérée de Romuald.

    — Et donc, résuma Nya, tu as accepté de travailler pour lui ? Pourquoi pas, après tout… il ne m’a pas l’air d’un mauvais bougre.

    — Il est un peu spécial, mais pas vraiment méchant. La plupart du temps, il est même de bonne compagnie.

    Un petit rire lui échappa.

    — Même si j’imagine que c’est un peu étrange de dire ça d’un vampire.

    Nya eut un sourire indulgent.

    — Pas tant que ça… tu sais, j’ai connu un vampire comme lui. Un individu plutôt gentil, en dehors de quelques bizarreries inhérentes à sa condition.

    Intriguée, Dolaine inclina la tête sur le côté. Elle et Nya avaient souvent parlé de leurs existences réciproques, aussi pensait-elle à peu près tout savoir de la vie de son amie en Ekinoxe. Pourtant, c’était bien la première fois qu’elle entendait cette histoire. Une expression moqueuse se peignit sur ses traits et elle porta une main à sa bouche.

    — Oh, je vois ! Est-ce que par hasard… ?

    — Nous aurions été amants ? Bien essayé, Dolaine, mais je peux t’assurer que ce ne fut pas le cas. Après tout, les vampires ne sont pas formés comme nous.

    Si Dolaine avait espéré pouvoir la taquiner, en vengeance du sous-entendu dont-elle avait été la victime un peu plus tôt, sa réponse la déçue quelque peu.

    — Comment ça ?

    — Allons ! Tu ignores donc vraiment que les vampires sont asexués ?

    Le regard de Dolaine s’agrandit. Alors ça… !

    — Tu plaisantes ?

    — Pas le moins du monde. (Puis, avec un air malicieux :) Mais si tu ne me crois pas, tu pourras toujours interroger Romuald.

    En réponse, Dolaine secoua la tête. Non, elle ne se sentait pas suffisamment proche du vampire pour aborder ce type de sujet avec lui. Et puis, si Nya lui affirmait qu’il en était ainsi… par les Dieux, elle n’avait aucune raison de ne pas le croire.

    Lui tapotant l’épaule, son amie se leva.

    — Bien… que dirais-tu d’une tasse de thé ?

    Dolaine esquissa un petit sourire qui lui retroussa le nez.

    — Si tu l’accompagnes de quelques biscuits maison, je ne dis pas non.

    Lui rendant son sourire, Nya se dirigea en direction de la salle à manger. Une main portée à l’encadrement, l’autre à la poignée de la porte, elle sembla hésiter un moment, avant de se retourner.

    — Au fait, Dolaine…

    Et comme l’interpellée tournait dans sa direction un regard curieux, elle ajouta :

    — J’aurais dû te le dire beaucoup plus tôt, mais tu seras toujours la bienvenue ici. Aussi… si un jour toi et ton cousin veniez de nouveau à vous retrouver dans le besoin, mes portes vous seront grandes ouvertes. (Elle mena une main à sa joue.) Enfin, à condition que l’Enfer ne m’arrache pas prochainement à ce monde.

    Là-dessus, elle s’engouffra dans la salle à manger sans attendre de réponse…

    Erwin Doe ~ 2014

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