• Episode 5 : Porcelaine - Partie 5

    Épisode 5 : Porcelaine

    Partie 5

     

    9

    Le temple était bondé.

    Bien qu’il en existait d’autres à travers Porcelaine, et que la cérémonie se livrait aux quatre coins du royaume, ce temple attirait de nombreux fidèles chaque année. Mais malgré sa taille conséquente, il n’y avait jamais assez de place pour accueillir tous ceux qui souhaitaient assister au sacrifice, obligeant beaucoup à rester à ses portes, en une masse grouillante et tendue.

    Des sièges, installés en arc-de-cercle tout autour de l’autel, étaient séparés par des allées, elles-mêmes bondées par ceux n’ayant pu trouver de place assise. Aux balcons, il était difficile de respirer, tant on se poussait, on s’agglutinait, désireux d’avoir la meilleure vue possible.

    On accédait à l’autel par une série de marches. Elles menaient à une plate-forme blanche, en pierre lisse. La grande prêtresse s’y tenait déjà, face à un puits creusé au centre de l’espace. Entouré par un anneau fait de dorures et d’inscriptions, ce dernier s’ouvrait sur des ténèbres vertigineux. Pour l’instant obstrué par des grilles, la légende voulait qu’il descende jusqu’aux enfers et, plus précisément, jusqu’à Moloch elle-même. C’était en partie à cause de sa présence qu’on venait si nombreux chaque année.

    Derrière la grande prêtresse, deux rangées silencieuses de sœurs, au milieu desquelles Dolaine sentait monter sa nervosité. Au-dessus de leurs têtes, recouvrant la quasi-totalité du mur, un vitrail immense, représentant Moloch qui, étendue de tout son long sur un lit de flammes, souriait à l’assemblée.

    Presque nauséeuse, Dolaine se tordait les mains. Ce serait bientôt son tour, mais elle ne se sentait pas prête. Pire que tout, elle aurait préféré se trouver ailleurs et souffrait de ne pouvoir tourner les talons pour fuir. Elle en avait du mal à respirer et craignait de s’évanouir à tout moment.

    Sur un geste de la grande prêtresse, la bouche des enfers fut finalement ouverte et, venant de la gauche et de la droite de la salle, des sœurs, sur les épaules desquelles reposaient de larges plateaux circulaires, recouverts de fleurs. La procession se dirigeait en direction de l’autel, silencieuse et solennel. Au moment où leur supérieure laissait tomber la première fleur dans le puits, elles vinrent, l’une après l’autre, y déverser leur chargement.

    Les abords de l’orifice ne tardèrent pas à être jonchés de fleurs, que l’on piétinait sans y prêter attention.

    Continuant de se tordre les mains, Dolaine ferma les yeux, désireuse de chasser son malaise.

    Des exclamations, poussées par la foule, lui firent rouvrir les yeux. Deux sœurs traînaient à présent une enfant en direction du puits. Une fillette droguée, à peine consciente. On la força à s’agenouiller près du trou et, tout en la soutenant par les bras pour l’empêcher de tomber en avant, on la força à se tenir droite. Seule sa tête continuait à ballotter en direction du sol, comme si son cou ne la soutenait plus.

    Le spectacle ne fit qu’aggraver son malaise.

    Une sœur s’approcha pour lui présenter, sur un coussin, le couteau rituel. Une arme au manche finement décoré, bien différent de celui qu’on lui avait fait utiliser, au cours de la semaine passée, afin de lui enseigner les gestes à accomplir pour le sacrifice.

    À sa vue, elle tressaillit et, presque en panique, fit le tour de la salle du regard, à la recherche d’un visage connu.

    Au premier rang, elle aperçut sa mère et sa sœur. Mais de son père, aucune trace.

    Elle sentit son cœur se serrer douloureusement et, la respiration coupée, continua de le chercher. Elle ne parvenait à y croire… ne pouvait imaginer qu’il ne puisse être là, en un tel jour, et pourtant… pourtant, elle ne rêvait pas ! Son père demeurait invisible.

    À cet instant, les paroles de Raphaël lui revinrent en mémoire. Il avait affirmé qu’il désapprouvait cette cérémonie… mais non, ce n’était pas possible ! Une autre explication se cachait forcément derrière cette absence !

    Un coup de coude vint lui maltraiter les côtes.

    — Qu’attendez-vous ? lui chuchota une voix agacée.

    Revenant à la réalité, Dolaine battit des paupières et jeta un coup d’œil à sa voisine de gauche, avant de porter les yeux sur le couteau. Un peu plus loin, les regards de la grande prêtresse et de son assistance étaient rivés dans sa direction.

    Maladroitement, elle s’obligea à saisir l’arme et s’avança.

    Mais alors qu’elle aurait dû saisir la tête de l’enfant, afin de la tirer en arrière et de lui trancher la gorge, elle se retrouva comme paralysée. Les deux mains crispées sur le manche du couteau, elle fixa la petite forme à ses pieds.

    Elle savait pourtant ce qu’elle avait à faire. Savait qu’il lui suffirait de quelques secondes pour en terminer avec son devoir, mais… elle hésitait.

    L’absence de son père était pour beaucoup dans son trouble. Pourquoi… mais pourquoi l’avait-il abandonnée en ce jour censé être le plus important de son existence ? La mépriserait-il pour ce qu’elle s’apprêtait à accomplir ?

    Elle secoua la tête, chassant de son esprit la vision de ces enfants sales, ces enfants miséreux, affamés, entassés dans leurs cages à la manière de bétail.

    Parmi les fidèles, on commençait à comprendre que quelque chose clochait. Une nuée de murmures s’élevait et l’on se tortillait sur son siège, s’interrogeant les uns les autres.

    Avec un sourire, la grande prêtresse vint dans sa direction pour lui souffler, sans pour autant se départir de son calme :

    — Que faites-vous ?

    Paralysée, Dolaine couina, pathétique :

    — Je… je n’y arrive pas. Je ne peux pas, ma mère !

    Un petit bruit de gorge agacé échappa à son interlocutrice.

    — Vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas ?

    Et comme Dolaine conservait le silence, l’autre ajouta :

    — Écoutez ! Vous avez été désignée par Moloch. C’est là le plus grand honneur que l’une des nôtres puisse recevoir au cours de son existence. Beaucoup ici donneraient cher pour être à votre place.

    Et, sur un ton où la menace était perceptible :

    — Pensez à votre famille.

    Ces derniers mots eurent l’effet d’un électrochoc. Elle leva les yeux sur sa sœur et sa mère, qui la fixaient avec un mélange de malaise et d’agacement.

    Qu’elle pense à sa famille… oui, qu’elle pense à sa famille ! Il le fallait bien… car elle n’ignorait pas ce qui arriverait si elle s’obstinait. Savait qu’au moment où elle lâcherait son arme, alors le déshonneur s’abattrait sur les siens.

    Sa mère et sa sœur seraient désignées par ceux qui les connaissaient comme ses parentes. Et la foule se jetterait sur elles. Sous les insultes, on les bousculerait et on les chasserait du temple. Et ensuite ?

    Ensuite, ils seraient anéantis. Sa sœur devrait renoncer à ses rêves, ses parents perdraient petit à petit leur entourage et peut-être même leur situation. Car elle n’ignorait pas ce qu’il arrivait aux parias. Savait combien les gens pouvaient se montrer mauvais à leur égard… les vexations… le mépris… et peut-être pire encore.

    Pouvait-elle vraiment les livrer à la vindicte populaire ? Non, bien sûr. Mais était-il pour autant juste de prendre une vie en échange ? Une vie contre le confort des siens ? Contre sa propre tranquillité ?

    Le pouvait-elle ?

    Et alors que l’évidence s’imposait à son esprit, ses mains se mirent à trembler. Il lui était impossible d’apporter la honte sur sa famille. Elle n’en avait pas la force !

    Elle sentit qu’on la poussait en avant. Un choc dans le dos, qui la fit trébucher. Puis, coupante, la voix de la grande prêtresse lui intima :

    — Allez !

    Les murmures étaient de plus en plus nombreux, de plus en plus forts, et des exclamations indignées commençaient à se faire entendre.

    Comme dans un rêve, la tête et les jambes cotonneuses, à peine consciente de ce qu’elle faisait, Dolaine s’approcha de l’enfant.

    Elle devait le faire… elle devait le faire… elle devait…

    Sans prêter attention aux regards courroucés que lui lancèrent les deux sœurs occupées à soutenir la petite, elle attrapa cette dernière par les cheveux et tira sa tête en arrière, son couteau brandit dans son autre main. Elle tremblait et sentit monter en elle la nausée.

    Un voile noir passa devant ses yeux et, d’un geste sec, rapide, elle trancha la gorge de la malheureuse. Autour d’elle, tout devint subitement flou.

    Des cris de liesse… des applaudissements… et quelque chose de chaud, de liquide, qui se déversait sur ses mains et mouillait sa manche…

    Quand elle reprit conscience de ce qu’il se passait autour d’elle, l’enfant s’était écroulée à terre. Doucement, son sang, en rigoles, se déversait en direction du puits. La grande prêtresse avait ouvert les bras, comme pour absorber l’excitation des fidèles. Dolaine ne parvint pas à comprendre un traître mot de ce qu’elle disait. Toute son attention était dirigée vers la petite forme que l’on traînait à présent en direction des abîmes.

    Elle baissa les yeux sur ses mains et, les voyant tâchées de sang, lâcha le couteau qui s’écrasa bruyamment à terre…



    ¤O¤



    — Nous y sommes.

    Dolaine jeta un regard autour d’elle. Son guide l’avait conduite jusqu’à un campement Clown, situé à l’écart du marché.

    Entre chaque roulotte, des fils tendus, sur lesquels des femmes étendaient leur linge. Des enfants courraient, ponctuant leurs jeux de cris et d’exclamations. Les hommes, eux, étaient occupés à décharger la marchandise des chariots ou à nourrir les animaux. Aux quatre coins du campement, des rats géants, mais aussi des chauves-souris, des lynx, ainsi que des écureuils. Des animaux massifs, domestiqués par les Clowns afin de leur servir de montures.

    D’autres Clowns étaient installés autour de feux, leurs pipes au coin de la bouche, faisant rouler entre leurs doigts des produits issus de leur artisanat, mais surtout des diamants, qu’ils inspectaient avec une minutie toute professionnelle.

    Et tous étaient vêtus de vêtements chauds, auxquelles des fourrures, simplement jetées sur leurs épaules, venaient parfois s’ajouter.

    En dehors des animaux et des enfants, chacun conservait un silence quasi-total, les adultes ayant pour habitude de communiquer entre eux par télépathie.

    Les bras recroquevillés autour de son corps frigorifié, Dolaine suivit son guide jusqu’à un couple installé près d’un feu.

    L’homme l’accueillit d’un regard. Des yeux intégralement noirs, et un maquillage effrayant et excessif, signe qu’il était Clown des cavernes. Il portait une longue barbiche et fumait une pipe, fine, munie d’un petit bol.

    La femme, elle, ne lui accorda pas la moindre attention. Elle continua de lustrer les pierres précieuses posées sur ses cuisses, à l’aide d’un chiffon. Les mêmes yeux noirs, un nez rouge, beaucoup moins volumineux que son congénère masculin, et des cheveux d’un bleu pâle qui dépassaient de sous un fichu.

    — Il paraît que tu es à la recherche de ton ami vampire, fit l’homme d’une voix que le manque de pratique avait rendu rauque.

    Tout en tremblant de froid, Dolaine approuva d’un signe de tête.

    — Vous savez où je peux le trouver ?

    De sa pipe, son interlocuteur désigna l’un des chariots. Son geste fit glisser sa fourrure de ses épaules.

    — Un enfant l’a découvert au matin. Nous pensons que le soleil l’a surpris et qu’il est venu trouver refuge ici.

    Un sourire étira ses lèvres.

    — Il était plutôt paniqué et nous avons eu du mal à le persuader que nous n’étions pas ses ennemis. Comme nous lui avons permis de rester ici, il a fini par se rendormir.

    Dolaine avait tourné les yeux en direction du chariot.

    — Comment va-t-il ?

    — Il nous a semblé un peu chamboulé… mais il n’est pas blessé, si c’est ce que tu voulais savoir.

    Là-dessus, il tira doucement sur sa pipe, avant de remettre sa fourrure en place sur ses épaules et de retourner à ses activités. Dolaine le fixa un moment, avant de se tourner vers son accompagnateur qui, derrière, patientait en se balançant sur ses pieds.

    — Je… je vais aller le voir, annonça-t-elle.

    Pour toute réponse, le Clown des cavernes eut un hochement de tête. Elle adressa un regard interrogateur à son congénère des forêts, qui ne chercha pas davantage à l’en empêcher. Elle s’approcha donc du chariot et, après une brève hésitation, repoussa la bâche qui en obstruait l’entrée.

    Une fois la toile rabattue derrière elle, le lieu était sombre. Un endroit plutôt exigu, envahi de caisses, disposées les unes sur les autres.

    — Romuald ?

    Aucune réponse. Elle s’avança un peu et finit par le découvrir derrière une rangée de caisses. Étendu à terre, endormi, une couverture avait été déposée sur lui. Après une brève hésitation, elle se courba en avant et appela de nouveau :

    — Romuald ?

    Comme il ne réagissait toujours pas, elle s’accroupit et entreprit de le secouer par l’épaule.

    — Hé, Romuald !

    Ses yeux s’ouvrirent si brusquement qu’elle sursauta et faillit tomber à la renverse. Il eut lui aussi un mouvement de recul. Sur ses traits, une expression de bête traquée.

    Le souffle saccadé, il battit des paupières et bafouilla :

    — Dolaine… vous… c’est vous ?

    La panique qui déformait ses traits sembla s’apaiser, mais seulement pour laisser place à la culpabilité.

    — Si vous êtes là… c’est que vous devez savoir…

    — Que vous avez attaqué quelqu’un ? Oui, en effet, répondit-elle, avant de s’agacer : par Moloch, Romuald, est-ce que je peux savoir ce qu’il vous est passé par la tête ?

    Elle le vit se crisper, avant de porter une main à son front.

    — Je ne voulais pas. Je… je ne voulais pas que ça se termine comme ça…

    — Dans ce cas, il ne fallait pas commencer. Je vous avais pourtant demandé de ne pas nous causer de problèmes. Je vous avais dit que je me chargerai de votre alimentation, mais vous…

    — Je n’y peux rien ! s’emporta-t-il, avant de surprendre l’expression inquiète de son interlocutrice et de se radoucir. Je n’y peux rien, répéta-t-il. J’ai… nous avons besoin de sang humain pour survivre. Je suis capable de m’en passer pendant un temps, mais le manque finit tôt ou tard par me faire perdre la tête… j’étais arrivé au bout de mes limites… je ne pouvais pas attendre plus longtemps, car si je l’avais fait, alors…

    Il ferma les yeux, le temps de reprendre le contrôle de ses émotions.

    — Je ne me souviens plus vraiment de ce qu’il s’est passé. J’ai vaguement souvenir d’un homme… d’un être jeune… de sang… partout… mais ensuite… c’est le trou noir. Je me suis réveillé ici, entouré de Clowns, il n’y a que quelques heures.

    Ses traits se creusèrent et il questionna :

    — Dites-moi la vérité. Est-ce que ce pauvre homme est… ?

    Dolaine eut un signe négatif de la tête.

    — Vous l’avez salement blessé, mais il semble que ses jours ne soient pas en danger.

    — Les Dieux soient loués !

    Un silence s’installa entre eux. Assise en tailleur, Dolaine remâcha leur conversation, avant d’avoir un froncement de sourcils.

    — Vous dites que vous avez besoin de sang humain pour vivre ? (Et comme il approuvait d’un signe de tête, elle ajouta :) Mais alors, comment avez-vous fait jusqu’ici ?

    Car elle ne l’avait jamais vu boire autre chose que du sang animal.

    — Je… je me suis arrangé. À Létis, on trouve facilement à se nourrir et j’ai pu emporter un peu de réserves avec moi. Elles n’ont toutefois durées que le temps de mon voyage jusqu’à Sétar. Ensuite, eh bien… (Il eut un haussement d’épaules.) Je me suis arrangé du côté de Mille-Corps, puis votre amie Nya m’a fourni ce dont j’avais besoin. Vous l’avez dit vous-même, le désert regorge de cadavres, alors ses démons ont facilement trouvé de quoi me nourrir… quant au bazar… il m’a été assez facile d’échanger ce service contre de l’argent. (Et comme elle le fixait avec intensité, il baissa les yeux.) Mais voilà, depuis notre départ pour Merveille, je n’ai pas eu l’occasion de me nourrir. Je ne savais pas où chercher des humains conciliants là-bas et… (Il secoua la tête.) Notre trajet jusqu’à Porcelaine a bien failli me rendre fou.

    — Je commence à comprendre, fit Dolaine en se penchant en avant. Vos absences, votre mauvaise humeur, tout cela était dû à votre état de manque, n’est-ce pas ?

    — Je suis désolé…

    De dépit, Dolaine secoua la tête. Désolé, qu’il disait. Ah ça oui, il pouvait l’être, cet imbécile !

    — Vous êtes aussi stupide qu’inconscient, Romuald. Si vous aviez à ce point besoin de sang humain, pourquoi ne pas tout simplement me l’avoir dit ? Par Moloch, je ne pouvais pas le deviner !

    — J’ai bien essayé mais… à la vue de votre réaction quand vous avez appris pour notre monture, j’étais persuadé que vous ne l’accepteriez jamais.

    Dolaine ouvrait la bouche, afin de lui faire remarquer qu’elle n’était pas si bornée, avant de se raviser. Car après tout, il n’avait pas tout à fait tort.

    — Eh bien, au moins maintenant, me voilà fixée, soupira-t-elle. Quoiqu’il en soit, il serait préférable de ne pas nous attarder plus longtemps à Porcelaine. Vous ne le savez peut-être pas, mais la garde locale est sur vos traces.

    — Si tel est le cas, alors autant me rendre, déclara-t-il en faisant mine de se redresser. Je suis tout à fait prêt à assumer les conséquences de mes actes.

    Et le pire c’est qu’il était tout à fait sérieux !

    — Oubliez ça, Romuald : il n’est pas question pour vous de jouer les martyrs !

    Il la contempla sans comprendre.

    — J’aurais pu le tuer, Dolaine. C’est très grave !

    Elle s’envoya une claque contre le front.

    — Je vous le répète : oubliez ça ! Déjà parce que je refuse d’avoir affaire à la justice – Car je vous ferai remarquer que si vous vous rendez, on exigera certainement que je fasse de même –, mais surtout parce que je ne peux pas vous laisser commettre une telle sottise.

    — Mais…

    — Mais taisez-vous ! Que croyez-vous qu’ils feront de vous, hein ? Vous pensez sincèrement qu’ils se contenteront de quelques excuses ? Vous pensez peut-être que, tout au plus, vous en aurez pour quelques semaines de prison ? À moins que vous n’espériez vous en tirer avec une amende ? Ne rêvez pas, mon pauvre vieux : s’ils vous remettent la main dessus, ils ne vous laisseront certainement pas la vie sauve. Ça, vous pouvez compter là-dessus.

    — Mais… puisqu’il survivra… !

    — Et vous croyez que ça leur importe ? répondit-elle en croisant les bras. Vous oubliez qui seront vos adversaires ! Vous vous en êtes pris à un représentant de la race humaine, Romuald. Ces gens-là ne sont pas du genre à pardonner. Non, à leurs yeux, vous restez une bête sauvage et, à cause de votre attaque, vous représentez un danger à abattre. Quant aux miens, ils ne feront preuve d’aucune pitié : car c’est à nos plus gros clients que vous devrez vous mesurer.

    — Et elle dit vrai, vampire !

    Erwin  Doe ~ 2014

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