• Episode 5 : Porcelaine - Partie 6 (Fin)

        Épisode 5 : Porcelaine

    Partie 6

     

    10

    Après la cérémonie, fidèles comme membres du culte avaient gagné les jardins du temple, afin de participer au grand banquet annuel.

    La foule, nombreuse, avait nécessité l’abattage d’un grand nombre d’enfants, afin que chacun ici puisse recevoir sa part de chair sacrificiel. Elle s’étalait sur des plateaux, distribuée par des religieuses, la même ration pour tous, afin d’éviter tout abus ou gâchis.

    L’ambiance était joyeuse et l’on discutait avec animation autour du reste du buffet, où boissons et nourritures étaient en libre-service. Les connaissances qui ne se voyaient qu’une fois l’an échangeaient les dernières nouvelles ; des groupes de femmes se massaient autour des membres du culte, leur posant des questions et écoutant avec attention leurs réponses. Et au milieu de tout ça, des enfants piaillaient.

    Dans leur grande majorité, les convives se composaient de Poupées, leurs maris n’étant généralement pas conviés à ces réunions, s’ils ne choisissaient pas d’eux-mêmes de ne pas s’y rendre. Aussi, les quelques rares représentants du sexe masculin se tenaient le plus souvent à l’écart.

    Depuis son coin, Dolaine pouvait apercevoir sa mère qui, au milieu d’un groupe de Poupées envieuses, se pavanait. Fière d’être la mère de celle par qui la volonté de Moloch s’était accomplie, elle parlait fort, le regard pétillant, avec un sourire de haute satisfaction sur les lèvres. Un sacré contraste avec Dolaine, qui ne parvenait à chasser la morosité qui l’habitait.

    Sa présence lui semblait presque déplacée et, chaque fois qu’on l’arrêtait pour lui parler, elle s’esquivait, ou faisait celle qui n’avait pas entendu, s’éloignant toujours plus de ses pairs.

    Sa fuite la mena jusqu’à une partie éloignée des jardins. Située à l’arrière de l’édifice religieux, on y apercevait, au creux de la nuit, qu’une ou deux silhouettes drapées de blanc, trop lointaines toutefois pour qu’elles représentent une gêne.

    Avec un soupir, elle se laissa tomber sur un banc en pierre blanche.

    Décidément, rien ne se passait comme elle l’avait espéré. Son sacrifice, plutôt que de l’emplir de fierté, ne parvenait qu’à la couvrir de honte. Une assiette posée sur ses cuisses, elle leva une main à hauteur de ses yeux, celle-là même qui avait manipulé le couteau…

    Pourquoi ce malaise ? Pourquoi cette répulsion alors que cette coutume faisait partie d’elle depuis l’enfance ? Elle ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait, ne comprenait rien aux sentiments d’horreurs qu’elle ressentait.

    Elle baissa les yeux sur son repas. Au milieu d’autres aliments s'exhibait la chair d’un enfant sacrifié.

    Prise de dégoût, elle sentit son estomac se nouer. Il lui faudrait du temps ; avant de se remettre, de reprendre le contrôle de ses émotions. Tuer, après tout, n’était jamais une mince affaire. Que ce soit un animal ou une toute autre créature. Un temps d'adaptation était nécessairement requis.

    Oui… ça ne peut-être que ça !

    Mais pour l’heure, pas question d’avaler quoique ce soit. Jetant un regard autour d’elle, afin de s’assurer qu’elle était toujours seule, elle se redressa et se dirigea vers un petit groupe d’arbustes. Là, elle se débarrassa du contenu de son assiette.

    Satisfaite, un maigre sourire vint étirer ses lèvres. Se sentant un peu plus légère, elle revenait au banc quand elle avisa avec horreur la silhouette qui se découpait à l’angle du temple. Celle de sa sœur, dont le regard était braqué droit sur elle…



    ¤O¤



    Encore aujourd’hui, ce regard restait gravé dans sa mémoire. Elle y avait lu un tel dégoût, un tel mépris, qu’elle fut incapable de l’oublier. Et c’était avec la même intensité que la soldate blonde, cette femme qui ressemblait tant à son aînée, la fixait aujourd’hui. Debout à l’entrée du chariot, celle-ci lança :

    — Je croyais t’avoir dit de quitter Porcelaine !

    Puis, comme Dolaine ne répondait pas, tétanisée par cette apparition, elle tourna les yeux vers Romuald.

    — Dommage pour toi, mais maintenant que je suis là, je vais te demander de me suivre sans faire d’histoire, sinon…

    — Sinon quoi ? s'enquit une voix derrière elle.

    À son tour, le Clown des cavernes, avec qui Dolaine s’était entretenue quelques instants plus tôt, fit son apparition. Il tirait sur sa barbiche, sans se troubler face au regard noir que lui adressait la soldate.

    — Toi, ne te mêle pas de ça !

    — Et pourquoi pas ? répondit l’autre, en inclinant la tête sur le côté. Que tu le veuilles ou non, cette créature est venue se placer sous notre protection. Elle est donc notre invitée et, chez les miens, un invité est toujours sacré.

    — Tu n’espères tout de même pas te mettre en travers de la justice ?

    Le ton de la soldate était menaçant. Elle s’était redressée de toute sa taille, comme si elle cherchait à intimider son interlocuteur. Mais plutôt que de le déstabiliser, son attitude fit naître un large sourire sur le visage de ce dernier.

    — La justice, je ne sais pas, mais l’injustice, ça, oui. D’autant que ta justice n’est pas la mienne. Je n’ai donc pas à me plier à ton autorité, ni à celle des Pierrots.

    Le silence qui suivit était glacial et les deux opposants se mesurèrent du regard. Dolaine n’ignorait pas que l’amabilité visible sur les traits du Clown n’était qu’une façade, et que le reste de la communauté devait à présent encercler le chariot. Au moindre écart de la part des soldats restés à l'extérieur, tout ce petit monde le prendrait comme un affront et passerait à l’offensive.

    Comme ses mains se crispaient sur sa robe, elle se demanda s’il fallait être soulagée que les Clowns se rangent de leur côté, ou bien s’alarmer de tenir le rôle de l’allumette qui pourrait mettre le feu aux tensions qui existaient entre leurs deux espèces.

    Dans une expression suspicieuse, la soldate blonde avait plissé les paupières.

    — Pourquoi essayes-tu de le protéger ? Depuis quand les Clowns se soucient-ils de ceux qui n’appartiennent pas à leur peuple ?

    Le Clown recommença à tirer sur sa barbiche.

    — Je te l’ai dit : parce qu’il s’est placé sous notre protection.

    — Foutaises ! Vous n’offrez pas aussi facilement votre protection, tu ne me feras pas avaler ça.

    — Alors considère ça comme une forme d’opposition.

    — D’opposition, dis-tu ? Est-ce que je dois te rappeler que cette créature a failli tuer quelqu’un ?Es-tu prêt à prendre le risque que l’on répande partout qu’il nous est égal que des humains soient attaqués sur notre territoire ?

    Tirade qui arracha un petit rire au Clown.

    — Si vous vous souciez vraiment de l’opinion de ces créatures, alors toi et les tiennes feriez bien de laisser leurs enfants en paix : après tout, vous êtes celles qui nous causez le plus de problèmes.

    Son interlocutrice tressaillit sous le coup de l’indignation.

    — Ne te mêle pas de nos traditions !

    — Si tu veux, mais alors tu n’as aucunement le droit de porter un jugement sur sa nature et sur les actes qui peuvent en découler. Car contrairement à vous autres, ce n’est pas comme s’il avait le choix : c’est une question de survie.

    Cette fois, Dolaine fut persuadée que la situation allait dégénérer. Les Poupées avaient une sainte horreur que l’on vienne leur reprocher leurs traditions, de la même façon que les Clowns des cavernes étaient ceux qui les toléraient le moins. Un sujet particulièrement sensible entre leurs deux espèces, suffisamment pour avoir déjà causé des troubles au sein du royaume. Sans savoir vraiment ce qu’il convenait de dire ou de faire, elle ouvrait toutefois la bouche pour tenter de les apaiser, mais comme s’il avait deviné ses intentions, le Clown leva une main afin de lui imposer le silence.

    — Écoute, reprit-il à l’intention de la soldate. Si ce vampire s’en était pris à quelqu’un de notre communauté, ou bien de la vôtre, je ne m’opposerai pas à ce qu’il soit puni. Seulement, cette affaire ne nous regarde pas. Si justice doit être faite, alors ce ne sera pas la nôtre, mais celle de ces gens… et entre nous, je ne suis pas décidé à leur faciliter la tâche.

    — Et alors quoi ? Tu comptes le laisser filer ? Qu’il puisse passer le mot aux siens qu’à Porcelaine, rien n’est fait contre ceux qui s’en prennent à nos visiteurs ?

    — Je ne crois pas qu’il le fera. (Puis, se tournant vers Romuald.) N’est-ce pas ?

    — Je… heu…

    — Tu es peut-être capable de le croire sur parole, reprit brusquement la soldate, mais en ce qui me concerne, ce n’est pas le cas.

    — Et moi je tiens à te rappeler que nous n’avons jamais eu de problèmes avec Éternel. Nous ne sommes ni leurs ennemis, ni leurs alliés, mais je crois savoir qu’ils préféreraient éviter de nous compter au nombre de leurs opposants… ce qui ne manquerait pas d’arriver s’ils venaient à causer davantage de troubles sur nos terres.

    Et, disant cela, il eut un haussement de sourcils à l’intention du vampire. La soldate blonde se tourna elle aussi dans sa direction, mais son expression était méfiante. Nerveux, Romuald approuva :

    — Nous ne voulons pas de problèmes avec Porcelaine. (Il inclina légèrement la tête.) Pas plus que je ne voulais en créer.

    — Il… il ne s’était pas nourri depuis longtemps, ajouta Dolaine, ce qui attira sur elle le regard méprisant de sa congénère.

    Puis cette dernière revint au Clown, le fixa quelques instants, avant de prendre une longue inspiration.

    — Très bien… dans ce cas, je considère que ce problème est à présent le tien. Et si tu es prêt à engager la responsabilité de ton peuple, alors je te laisse te charger de ces deux-là.

    — Il n’y aura pas de fuite, si c’est ce que tu crains : nous ferons en sorte qu’ils quittent Porcelaine en toute discrétion.

    Elle lui adressa un regard qui en disait long sur la confiance qu’elle lui accordait, mais n’insista pas. Repoussant la bâche qui obstruait l’entrée du chariot, elle disparut à l’extérieur. Dans le même temps, le Clown se tourna vers Dolaine et Romuald.

    — À présent, voyons ce que nous pouvons faire pour vous.



    11



    Dolaine se redressa. Elle se trouvait dans une petite nacelle tressée, au fond de laquelle on lui avait demandé de se coucher le temps de s’éloigner de Porcelaine. Romuald, lui, voyageait dans une nacelle voisine et s’était également levé. Au-dessus d’eux, deux grosses chauves-souris, auxquelles étaient attachés leurs paniers. Leurs conducteurs, des Clowns des cavernes, se tenaient sur leur dos, installés sur des selles tout spécialement conçues pour ces créatures. Protégeant ces dernières des rayons du soleil couchant, des œillères en cuir noir masquaient leurs yeux presque aveugles.

    Elle échangea un regard avec Romuald, avant de croiser les bras sur le rebord de son panier et d’écraser une joue contre sa main. À l’horizon, la silhouette de Porcelaine.

    Pour la seconde fois de son existence, il lui semblait que son propre royaume la chassait. Comme à cette époque…

    Après la cérémonie du sacrifice, la situation avait peu à peu dégénérée. Dans un premier temps, sa décision de ne plus se nourrir de viande humaine avait causé bien des troubles entre elle et sa mère, tout en restant dissimulée aux yeux d’autrui.

    Bien sûr, la chose avait fini par se savoir en dehors du cercle familial. On ne la voyait plus aux festivités données en l’honneur de Moloch, et comme elle ne se rendait même plus au temple, son absence ne tarda pas à intriguer. Sa mère tenta bien d'excuser son comportement, inventant mensonge sur mensonge, mais les gens n’avaient pas été dupes très longtemps.

    Au début, on s’était contenté de l’ignorer : ceux qui la connaissaient ne voulaient plus lui adresser la parole et, petit à petit, son visage avait été connu à travers toute la ville. Les vexations, les humiliations, ne tardèrent pas à suivre et à frapper le reste de sa famille avec elle.

    Sa mère avait perdu ses amies, comme ses connaissances. Doucement, son employeuse l'avait poussée vers la porte et elle s’était retrouvée sans emploi. Son père, lui, s'il subit un certain nombre de désagréments, fut en partie sauvé par sa condition de Pierrot. Comme son patron, mais aussi la majorité de ses collègues, étaient Pierrots, auxquels se mêlaient quelques Pantins et rares Poupées, il avait pu conserver son emploi, bien qu’on l’ait relégué dans un bureau isolé, là où la clientèle ne pourrait le voir.

    Quant à sa sœur… Elle qui était promise à une brillante carrière, elle qui, alors que l’opprobre s’abattait sur sa famille, était devenue la disciple d’un maître renommé, d’une des guerrières les plus estimées de leur peuple, fut chassée comme une malpropre. Elle avait dû terminer ses classes au milieu du commun, du soldat de base, de celui destiné à ne jamais s’élever très haut dans la hiérarchie.

    Les choses, bien sûr, étaient arrivées graduellement et commencèrent surtout à se dégrader quand les prêtresses s’étaient mêlées à l’affaire. Elles venaient souvent frapper à leur porte, pour exiger de sa mère, mais aussi d’elle-même, de mettre fin à ce caprice, répandant partout que son attitude allait attirer le malheur, mais également la colère de Moloch sur leur communauté. Et pour la première fois de sa vie, Dolaine avait vu son père s’énerver, au point de chasser l’une de ces harpies de leur maison, dégradant par la même ses propres relations avec sa femme et sa fille aînée.

    Et puis, quand la situation était devenue proprement invivable, c’était également lui qui avait pris la décision de l’éloigner. Il l’avait envoyée à la ferme de son frère, pensant qu’en lui permettant de quitter le territoire du Nord, elle échapperait à la colère des siennes.

    Après son départ, il semblerait que les choses se soient améliorées pour sa famille. Au moins en ce qui concernait les dégradations de leur propriété. On avait recommencé à les accepter au temple, mais on continuait de les laisser à l’écart.

    De son côté, l’éloignement lui avait été profitable, en tout cas les deux premières années. Raphaël et son père approuvaient sa décision, autant qu’ils se désolaient de l’attitude des siennes. Quant à la mère de son cousin qui, elle, était Pantin, elle la traitait avec la même sympathie qu’autrefois.

    Malheureusement, là aussi les choses finirent par dégénérer. La rumeur se répandit jusqu’à leurs terres et le voisinage n’avait pas tardé à découvrir que son oncle hébergeait une hérétique. Les vexations avaient recommencé, entachant petit à petit la réputation de sa famille d’accueil, rendant son séjour, comme son existence, d’autant plus insupportables.

    Au plus fort de la crise, la mère de Raphaël lui avait proposé de l’envoyer vivre chez des membres de sa famille, au sein du territoire des Pantins. Là-bas, disait-elle, personne ne pourrait rien lui reprocher. À côté de ça, il y avait également ce Clown, rencontré peu de temps après son installation à la ferme. Cet homme qui, à chacune de ses visites, lui répétait qu’il désirait l’épouser, lui assurant que plus personne ne serait autorisé à se moquer d’elle une fois qu’elle serait sous la protection des siens.

    Mais Dolaine en avait assez. Elle ne se sentait plus à sa place au sein de Porcelaine et n’aspirait plus qu’à partir loin, le plus loin possible. Ce qu’elle fit quelques mois plus tard, après en avoir discuté avec Raphaël, mais aussi avec son oncle et sa tante.

    Et alors que son royaume s’éloignait à l’horizon, elle s’était retournée, comme aujourd’hui, pour le voir disparaître…



    12



    Leur voyage s’acheva à proximité d’une ville humaine voisine de Porcelaine, quoique suffisamment éloignée de cette dernière pour que la rumeur de l’agression n’y soit pas encore parvenue. À leur arrivée, il faisait nuit. Les chauves-souris se posèrent sur le bas-côté d’une petite route de campagne déserte.

    Le Clown qui l’avait transportée avec lui était le même qui avait pris leur défense. Il disait s’appeler Bael et, alors que Dolaine enjambait tant bien que mal la nacelle avec sa valise, il sauta au bas de sa monture.

    — D’ici, dit-il, vous devriez pouvoir rejoindre Létis en toute sécurité.

    Emportée par le poids de sa valise, Dolaine manqua de tomber tête la première dans l’herbe. Soucieuse de rétablir son équilibre, elle lâcha finalement son chargement, qui s’écrasa avec un bruit sourd à terre, et se coucha sur le côté. Puis elle quitta le panier et tourna le regard en direction de la petite agglomération.

    — Aucun train de cette ville ne passe par Porcelaine, poursuivit le Clown. Et si la rumeur doit arriver jusqu’ici, ce ne sera pas avant un moment.

    Là-dessus, il se tourna vers Romuald.

    — Quant à vous, je ne peux que vous conseiller d’être plus prudent à l’avenir. Cette fois, les choses se sont bien terminées, mais il se peut que la prochaine tourne à la tragédie, autant pour vous que pour le malheureux qui aura croisé votre route.

    — Encore une fois, répondit Romuald, je suis désolé d’avoir causé tous ces problèmes.

    La ville se dessinait à moins d’un kilomètre de là. Rien d’un voyage exténuant, mais la marche qui les attendait n’en déprima pas moins Dolaine. Après toutes ces émotions, elle aurait préféré n’avoir que quelques pas à faire pour prendre leur prochain train.

    Elle revint à Bael.

    — Je vous remercie pour votre aide : vous avez fait bien plus que vous n’auriez dû. Et si un jour, l’un des vôtres doit passer par Sétar et se retrouver dans le besoin, qu’il n’hésite pas à venir frapper à ma porte.

    Elle savait qu’aucun des membres du clan de Bael ne viendrait se perdre aussi loin de chez lui, mais… les Clowns restaient sensibles à ce genre d’attention.

    Son interlocuteur eut un signe de tête entendu.

    — Nous ne l’oublierons pas.

    Là-dessus, il adressa un signe à son compagnon, lui apprenant certainement par les voies de l’esprit qu’il était temps pour eux de se remettre en route. Le voyant mettre un pied à l’étrier, Dolaine l’arrêta :

    — Ah… attendez ! Est-ce que le nom d’Aury Chatsauvage vous dit quelque chose ?

    Le Clown suspendit son geste et, après un quelques secondes d’un lourd silence, répondit :

    — Cela ne me dit rien. Appartient-il à notre communauté ?

    — Oui, il s’agit d’un Clown des collines. (Son poing se crispa à hauteur de sa poitrine et elle ajouta :) Si vous pouviez… enfin, faire savoir autour de vous que Dolaine Follenfant ne l’a pas oublié, je crois que ça lui fera plaisir d’apprendre que je me porte bien.

    Au sein de Porcelaine, les Clowns avaient la réputation d’être des créatures étranges, difficiles d’approche, et surtout trop différentes et repliées sur elles-mêmes pour qu’il soit possible de créer des liens avec elles. On ne les voyait pas beaucoup s’aventurer en dehors de leur territoire et cette attitude leur attirait la méfiance et le mépris de leurs voisins. Pourtant, et par deux fois, c’était dans leurs rangs que Dolaine avait pu trouver des mains secourables.

    — Je ferai de mon mieux, répondit l’autre, avant de prendre finalement place sur sa monture.

    Quelques instants plus tard, les deux chauves-souris prenaient leur envol, emportant avec elles leurs cavaliers. Et Dolaine qui les regardait disparaître dans le ciel nocturne, se sentit soudain très fatiguée. Vraiment, vraiment, très fatiguée.

    — Allons, venez, soupira-t-elle à l’intention de Romuald. Nous avons encore une longue marche devant nous…

    Erwin Doe ~ 2014

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