• 22/10/2017

     

    Bon, je vais être honnête. Je n'ai rien foutu de la semaine. Mais ABSOLUMENT rien. Que ce soit en dessin ou en écriture, ça a été morte plaine. Tout ça à cause de cette saloperie de dos qui m'a fait tellement suffrir que je ne pouvais presque rien faire, sinon essayer de chercher comment atténuer la douleur. ARGH ! D:

    Donc... Le petit chaperon rouge n'est toujours pas terminé, et je ne pense honnêtement pas qu'il le sera ce mois-ci. Je n'ai rien préparé pour le Nano, ce retard involontaire m'a plombé le moral et... je n'ai pas envie de me battre avec un projet qui m'a déjà bouffé trop d'énergie. Bref... on verra plus tard...

    Pour cette semaine, j'en sais rien... déjà relire l'épisode 8 d'Un long voyage. Peut-être relire les quatre premiers épisodes du Grand monsieur... ensuite, ça dépendra de mon énergie et de la bonne volonté de mon corps à me foutre un peu la paix. D:


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  • 15/10/2017

     

    Le grand monsieur du bois d'à côté : Terminé les épisodes 3 et 4. Idem, ça part de côté, moisir un peu. Pour cette semaine... j'aimerais dire que je compte en terminer avec l'épisode 5, mais à mon avis, ce ne sera pas trop possible, ahem ! Déjà parce que cet épisode est en deux parties, mais aussi parce qu'il est un peu plus épais que les épisodes 3 et 4 réunis. Donc... juste bosser sur l'épisode 5, ce sera pas mal. Si j'arrive à le terminer, tant mieux, sinon, pas grave !

    Le petit Chaperon rouge : Aaaah ! Pas terminé... il me reste beaucoup plus à écrire que ce à quoi je m'attendais. @__@ A mon avis, je suis bon pour bosser dessus encore toute la semaine. J'ai vraiment l'impression que cette première saison n'aura jamais de fin, qu'elle ne veut pas avoir de fin et s'allonge en permanence.

    Camp Nano 2018 (1) : J'ai bossé un peu dessus, terminé le synopsis détaillé de l'épisode 2, attaqué celui de l'épisode 3, mais... je pense que je ne vais pas tarder à être bloqué. 'vais essayer de travailler encore un peu dessus cette semaine, mais y a de fortes chances pour que je le mette rapidement de côté.

    Inktober : Cette semaine a été catastrophique, honnêtement. Manque de temps, mais surtout mal de dos terrible qui m'empêche de rester à mon bureau... donc, j'ai quasiment fait que des gribouillis. Donc, je me demande si ça vaut vraiment le coup de continuer dans ces conditions... donc, je suis un peu triste et démotivé.


    Et donc, cette semaine, essayer d'en terminer avec Le petit chaperon rouge (Parce que je sature vraiment), travailler le plus possible sur l'épisode 5 du Grand monsieur du bois d'à côté, continuer doucement mon projet Camp Nano et... essayer de tenir encore un peu avec Inktober, même si honnêtement, je ne me vois pas terminer la semaine.


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  • 08/10/2010

     

     Bilan de la semaine pas mauvais. J'ai fait plus que je ne pensais en faire. :)

    Le grand monsieur du bois d'à côté : Terminé les corrections de l'épisode 1 et 2. J'étais même pas certain de terminer l'épisode 1 cette semaine, à la base, donc je suis super content. Surtout pas mal de coupes, dans ces deux épisodes, en plus des autres trucs bancals qu'il a fallu rectifier. Maintenant, je les laisse se reposer un peu, puis je relis et je modifie ce qu'il restera à modifier.

    Désert (Titre provisoire) : Terminé l'épisode 1. Ah ! Enfin ! Victoire ! \0/ Presque 10.000 mots, un projet qui s'est doucement développé au fur et à mesure que j'écrivais ce premier épisode. Il faut encore que je prenne des notes de tout ça, mais je pense que ce sera un projet sympa... même s'il faut maintenant que je trouve le temps de m'en occuper sérieusement. (A mon avis, pas avant quelques années... déjà trop de trucs sur les bras.)

    Nouvelle 1 (Pas encore de titre) : Terminé sa réécriture. Je laisse reposer, puis je corrige. Pas certain, toutefois, de savoir quand cette nouvelle apparaîtra ici.

    Camp Nano 2018 (1) : Le mois dernier, j'ai commencé un genre de... synopsis détaillé pour un projet que j'aimerais attaquer en 2018. Je pense le réserver pour l'un des Camp Nano. Sans doute le premier, le deuxième, peut-être que je le réserverai à la saison 2 de Démone. Une histoire avec des sorciers, des nécromanciens, des impôts impayés et de l'humour... ouais, ça ne ressemble pas à grand-chose, dis comme ça, mais j'en parlerai un peu mieux quand j'attaquerai son premier jet. :p Quoi qu'il en soit, j'ai bossé dessus presque tous les jours la semaine et, même si je ne vois pas encore trop où je vais avec ce projet, l'univers et les personnages se développent doucement. Déjà presque le syno détaillé des deux premiers "épisodes".

    Et ! Ça n'a rien à voir avec l'écriture, mais je vais en parler quand même ici :

    Inktober : J'ai décidé de participer à l'Inktober cette année. C'est un challenge qui me faisait déjà de l'oeil l'année dernière, mais... pas la motivation. Du coup, j'ai voulu tester cette année et, pour le moment, c'est plutôt sympa. Quelques galères et pas toujours d'inspiration, mais au moins, ça me force à dessiner tous les jours, ce que je n'avais pas fait depuis... houla ! Quelques mois ! La première semaine est presque terminée et on peut jeter un œil à ses résultats juste ici  : Inktober 2017 (Je mettrai ce lien à jour au fur et mesure de mon avancée.)

    Logiquement, ce challenge se fait de manière tradi, avec de l'encre, mais 1) pas de scanner ; 2) si j'avais dû me lancer en tradi, je sais que j'aurais déjà abandonné, parce que je n'arrive plus vraiment à dessiner de cette façon. Qui plus est, le genre de dessins que j'aime bien faire actuellement (Brouillons / simplistes) ne rendent pas très bien en tradi... en tout cas, je n'ai toujours pas trouvé de manière de les dessiner / de matériel qui me plaise. Donc... disons que je fais un truc de mon côté. En digital. Avant tout pour me pousser à reprendre le dessin. (Si j'arrive à tenir un mois, honnêtement, ce sera une sacrée victoire pour moi.)


    Donc, en ce qui concerne la semaine à venir, je vais enfin reprendre Le petit chaperon rouge et, j'espère, en terminer avec sa première saison. Je vais également continuer Le grand monsieur du bois d'à côté, au moins retravailler son troisième épisode, poursuivre un peu mon projet Camp Nano 2018, avancer doucement jusqu'à ce que je bloque et que je le remette de côté le temps de trouver de nouvelles idées, et essayer de tenir encore une semaine avec Inktober.

    Ça ne m'a pas l'air trop chargé, alors avec un peu de chance, ça devrait aller cette semaine encore. ^^


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  • Semaine 2

    Jour 8 - 2017

     

    Jour 9 - 2017 (Petit fail, parce que pas terminé. Mais au moins, j'aurai testé un nouveau logiciel. :))

     

    Jour 10 - 2017 (Pas terminé non plus, haaaah, je vais retourner à des choses plus simples, je pense.)

     

    Jour 11 - 2017 (Gros fail encore, mais chut !)

    Inktober - 2017 - Semaine 2

     

    Jour 12 - 2017

    Inktober - 2017 - Semaine 2

     

    Jour 13 - 2017

    Inktober - 2017 - Semaine 2

     

    Jour 14 - 2017 (Gros fail.... ENCORE !)

    Inktober - 2017 - Semaine 2

    Inktober - 2017 - Semaine 2


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  • Semaine 1

    Jour 1 - 2017

     

    Jour 2 - 2017

    Jour 3 - 2017

    Iktober - 2017 - Semaine 1

     

    Jour 4 - 2017

    Iktober - 2017 - Semaine 1

     

    Jour 5 - 2017 (Fail : rien réussi à terminer. :/)

    Iktober - 2017 - Semaine 1

    Iktober - 2017 - Semaine 1

     

    Jour 6 - 2017 (Nouveau fail ! Pas d'idées, alors juste des gribouillages.)

    Iktober - 2017 - Semaine 1

    Iktober - 2017 - Semaine 1

    Iktober - 2017 - Semaine 1

     

     

    Jour 7 - 2017

    Inktober - 2017 - Semaine 1

     

     


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  • 01/10/2017

     

    Je pense changer un peu ma façon de blablater ici. Je me dis que ce serait pas mal si, au lieu de plein de petits mots, j'écrivais un compte rendu de ma semaine, chaque dimanche, par exemple. Ouais, je vais essayer ça, pour voir ce que ça donne !

    Et donc, même si le dernier de mes blablas ne date pas de bien longtemps, que s'est-il passé cette semaine ?

    Un long voyage : Comme je l'ai déjà dit, j'ai terminé les relectures de l'épisode 6. Prochaine et dernière relecture, en janvier, je pense. En tout cas, en début d'année 2018.

    Le grand monsieur du bois d'à côté : J'ai donc terminé ma relecture de ce texte et, 'fectivement, les deux premiers épisodes sont les plus catastrophique. Ensuite, ça va... Bon, y a pas mal de trucs qui merdent ici et là, mais rien de comparable aux deux autres. Alors, je vais sans doute attaquer ses corrections d'ici quelques jours. Je pense que ce projet va m'accompagner une bonne partie du mois. Pas certain d'en avoir terminé en octobre, mais si je pouvais revoir trois ou quatre épisodes, je serai joie. :)

    Ombre : Enfin terminé la partie 15 ! \0/ Projet de côté, maintenant, prochaine relecture sans doute en début d'année 2018 aussi... à voir si avant ou après Un long voyage. Pas mal de nouvelles idées, également, au cours de la semaine, qui me permettent d'étoffer un peu plus l'univers, notamment par l'ajout de quelques personnages bien cools. J'ai vraiment super hâte de les mettre en scène, ceux-là ! Qui plus est, ils me permettent de boucher une partie des trous qu'il me reste encore et-qui-me-bloquent-depuis-je-sais-pas-combien-d-années !

    Désert (Titre provisoire) : Pour ce qui est du projet que j'ai commencé comme un idiot il n'y a pas longtemps, et dont je voulais au moins terminer l'épisode 1 la semaine dernière... bien sûr, je ne l'ai pas terminé, haha ! Je galère trop... et c'est dans ces moments-là que je me souviens pourquoi je déteste autant les premiers jets. Rah ! Du coup, j'espère... j'ai bien dit j'espère ! en avoir terminé avec lui cette semaine. Parce que je n'ai aucune envie que ce projet devienne un autre boulet à la Petit chaperon rouge.

    Nouvelle 1 (Pas encore de titre) : Et parce que cette histoire de premier jet m'a épuisé, j'ai voulu me détendre avec un deuxième jet et j'ai donc attaqué plus tôt que prévu la réécriture de cette nouvelle. Grosso-modo, j'en suis à la moitié du texte. Ensuite, il me restera les corrections et, avec un peu de chance, je devrais pouvoir la proposer avant 2018. :)


    Et puisqu'on est au début du mois, voici ce que j'espère parvenir à faire ce mois-ci :

    Bien sûr, terminer la première saison du Petit chaperon rouge, parce que j'en peux plus de me traîner ce projet. D: Ensuite, terminer la réécriture de ma nouvelle. Terminer également le premier épisode de Désert. Retravailler trois ou quatre épisodes du Grand monsieur du bois d'à côté. Et pour finir, relire ce que j'ai déjà écrit de l'épisode 8 d'Un long voyage et me préparer un minimum pour le NaNoWriMo.

     


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  • 27/09/2017

     

    Ah ! J'ai terminé les relectures de l'épisode 6 avant la fin du mois ! J'arrive pas à y croire moi-même. °^° Bon, il reste encore des choses à revoir, comme dans tous les autres épisodes, mais voilà ! Ce qui était prévu pour cette première relecture est fait, maintenant, il ne me reste plus qu'à laisser tout ça se reposer encore un peu, avant de relire l'ensemble et de m'attaquer à ce qui cloche encore.

    Maintenant, pour ce mois-ci, il reste encore à écrire la partie manquante d'Ombre (Soit la 15 qui, non, n'est toujours pas écrite. Aaah, j'ai tellement de mal à m'y mettre.) et la fin de l'épisode 1 d'un projet dont j'avais parlé il y a peu... et que j'ai attaqué sur un coup de tête... mais que je ne compte pas du tout poursuivre maintenant... mais dont il faut tout de même que je termine le premier épisode, parce que sinon, je risque de perdre toutes les idées que j'ai en tête pour chacune de ses scènes... et ça me stresse... bref !

    Un jour, je crois qu'il va vraiment falloir que j'apprenne à terminer ce que je commence avant de passer à autre chose...


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  • 25/09/2017

     

    Y a pas si longtemps, je me réjouissais d'en avoir terminé avec Le grand monsieur du bois d'à côté. Mais ça, c'était avant de me dire que j'avais vraiment bâclé les relectures avec ce projet et que je ferais bien d'y jeter un nouvel œil quand même, parce que bon ! Et... effectivement, c'est affreux. Les deux premiers épisodes sont une catastrophe sans nom et le deuxième en particulier (Je l'ai bien senti, à la relecture, que c'est celui que j'ai toujours le moins aimé... ahem.). Vraiment, j'ai honte d'avoir proposé quelque chose comme ça et de m'être dit que c'était bon, que je pouvais l'effacer de ma mémoire. Mais... ! Même le premier épisode d'Un long voyage, que je n'ai pas retouché depuis début 2015, n'avait pas autant de couacs. Je dirais même qu'il n'y a pas de comparaison possible entre les deux. Je suis, terrifié ! °^°

    Bon, ça va qu'ensuite, les épisodes 3 et 4 ne sont pas aussi déplorables, et j'espère que les suivants seront également ainsi, mais quand même... !

    Donc, me revoilà avec ce projet sur les bras, pour une série de relectures et de corrections... aaaaah ! C'est sans doute stupide de revenir encore dessus, mais si je devais le laisser dans cet état, je finirai par le supprimer. Quand je dis que les deux premiers épisodes sont une horreur, c'est une horreur ! Même mes vieilles nouvelles présentent sur ce site, et à qui il m'arrive parfois de rejeter un œil, ne me font pas autant grimacer. °^°

    Bref... heureusement, tout de même, que ce projet n'est pas bien épais. S'il devait faire  les 135.000 et quelques mots de la première saison d'Un long voyage par exemple, je crois que j'aurais envie de me pendre. Là, on parle de 50.000 et quelques mots. Donc... ça va aller... ça devrait aller.

     

     


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  • 23/09/2017

     

    Terminé la réécriture de l'épisode 7 ! Maintenant, faut encore que je laisse le tout se reposer et puis que je trouve le temps d'attaquer ses corrections... aaaah ! Cette deuxième saison prend encore du retard... plus ça va, plus j'ai l'impression qu'elle ne verra jamais le jour. D:

    Épisode 6, relectures terminées, mais ! Parce qu'il y a toujours un mais, une description dans la partie 8 me prend la tête, car absolument pas d'idées, alors qu'il y a un manque énorme à son emplacement, prise de tête au niveau de l'arme à feu utilisée par Dolaine... donc il faut que je me renseigne, pour voir ce qu'il se faisait un peu dans la période pendant laquelle je place plus ou moins l'action et, bien entendu, les deux premières parties qu'il faut que je retravaille. J'ai déjà modifié les moments qui en avaient besoin, mais maintenant, faut corriger tout ça... et relire... remodifier... et relire encore... et... bref ! Je m'en souviendrai aussi, de cet épisode ! °^° (Et puis je sais qu'il y a aussi pas mal de problèmes au niveau des royaumes. Un coup un royaume est désigné au féminin, un coup au masculin... aaaaaah !)

    Bref, définitivement, la V2 de cet épisode ne fera pas son apparition ce mois-ci. Et j'en suis bien triste.



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  • 20/09/2017

     

    Bon ! Plus qu'une partie à corriger pour l'épisode 6 d'Un long voyage. Ensuite, va encore me falloir relire l'épisode une dernière fois, pour virer les bizarreries laissées ici et là et... en toute logique, j'aurais dû en avoir terminé * pour le moment * avec cet épisode. Mais non ! En fait, il faut que je modifie un certain nombre de détails dans les deux premières parties, parce définitivement, trop de trucs n'y sont pas logiques... aaaaaah, encore du retard ! @_@

    J'espérais pouvoir proposer la V2 de cet épisode à la fin du mois, mais j'ai de plus en plus de doutes... du coup.

     


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  • 17/09/2017

    Cette première relecture d'Un long voyage, saison 1 approche doucement de sa fin. J'ai ENFIN pu mettre à jour les épisodes 4 et 5 il y a une dizaine de jours et là, je continue l'épisode 6, dont il me reste grosso modo quatre parties à retravailler. Mais bon, vu que ma dépression est revenue me défoncer la tronche dernièrement, on va dire que je marche au ralenti et j'ai pris sacrément du retard. Ne parlons pas de la réécriture de l'épisode 7 qui se traine, du coup !

    Mais bon, j'espère encore - du moins j'essaye - en terminer avec les épisodes 6 et 7 ce mois-ci. Comme ça, le mois prochain, j'aurais tooout le temps qu'il me faut, et pour réfléchir à mon Nano, et pour en finir avec la saison 1 du Petit chaperon rouge, ainsi que, pourquoi pas, attaquer enfin le second jet de ma nouvelle pour-laquelle-je-n-ai-toujours-pas-de-titre-rah !


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  • 05/09/2017

     

    Un peu de nouvelles, avant que le coin ne devienne encore plus mort !

    Déjà, parlons d'Ombre. J'ai presque terminé sa première série de corrections. En fait, il me reste la partie qu'il me manque à écrire et une deuxième à réécrire, puis je peux mettre ce texte de côté. Donc ! Ombre est maintenant en pause, jusqu'à ce que je trouve le temps de relire et de retravailler ce premier épisode depuis le début, car y a certains trucs, dans les parties que j'ai déjà postées, qui me gavent bien... bref !

    Un long voyage, maintenant. J'en suis à plus de la moitié de l'épisode 7. Me reste... quelque chose comme 20 pages à réécrire, sur 51. Toujours pas continué les corrections de la première saison, parce que cette saloperie de partie 4-9 prend du temps à être retravaillée. Et moi qui me plaignais de l'épisode 2 ! Mais, logiquement, j'en suis à l'avant dernière relecture. Là, je suis en train de bosser sur tout ce qui me gêne encore puis, avec un peu de chance, il ne me restera plus qu'à relire le tout une dernière fois avant d'enfin pouvoir la poster et retourner à l'épisode 6. Arf ! J'ai hâte !

    D'ailleurs, pour le NaNoWriMo, j'hésitais à attaquer l'épisode 2 d'Ombre, mais... non ! Il faudrait pour ça que je relise mon énorme dossier de notes et j'ai vraiment pas le temps actuellement. Donc, je pense plutôt continuer la saison 2 d'Un long voyage. Ça peut encore changer, mais pour le moment, je me sens bien motivé pour ça. Terminer l'épisode 8, d'une part, puis attaquer l'épisode 9 et 10, si possible. Je ne pense sincèrement pas terminer l'épisode 10, mais si au moins je pouvais le commencer, ce serait pas mal.

    Et à côté, comme j'ai rien de mieux à faire que de me rajouter des projets sur les bras, j'ai commencé un assez vieux projet de série. Jusqu'à présent, je n'avais que quelques vagues idées sur ce que j'espérais en faire et puis, ce week-end, de nouvelles idées me sont venues et j'ai attaqué son premier épisode. Je ne dis pas que je vais le continuer, mais... au moins, écrire son premier épisode et réfléchir tranquillement au reste. Bref ! J'en parlerai un peu plus si je devais m'y attarder davantage, mais pour le moment, ça n'a pas grand intérêt.

     


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  • Épisode 1 : L'Ombre qui dévorait un cadavre

     

    13

    C’est à l’écart des rues les plus animées que l’on trouve les quartiers du clan. Car si ses occupants sont les heureux propriétaires d’un parc d’attraction pour touristes, ils n’en restent pas moins vampires et, comme tous ceux de leur espèce, tiennent à leur intimité plus qu’à n’importe quoi d’autre.

    Entre eux et le reste du territoire, une rue tient lieu de frontière. On peut s’y déplacer sans craindre qu’un vampire soucieux de sa tranquillité ne vienne vous chercher des poux. Néanmoins, le visiteur de passage a tout intérêt à tenir compte des différents avertissements placardés le long de murs, et qui l’enjoignent à rester éloigné des ruelles alentours, sous peine de mauvaises surprises.

    Une mise en garde efficace sur le tout venant, mais beaucoup moins en ce qui concerne Elyza…

    En tant que gardienne de ce territoire, celle-ci a la fâcheuse manie de faire comme si tout ceci ne la concernait pas, ce qui a pour chic d’exaspérer le service de sécurité et de pousser William au bord de la crise de nerf. Ce soir, toutefois, pas besoin d’aller asticoter tout ce petit monde directement dans les entrailles de son terrier, car à cette heure, elle sait pouvoir trouver son homme dans un établissement proche et ouvert au public.

    Elle s’arrête devant une devanture en briques, illuminée par des lampes murales situées un peu au-dessus de la porte. Plus haut, une enseigne fixée à une barre métallique grince doucement. Elle annonce : Bureau ouest. Et sur l’écriteau placardé à la droite de l’entrée : « Pensez à donner votre sang », suivi d’une grille de tarifs et d’horaires.

    Elle laisse tomber son mégot à terre et l’écrase, avant de pénétrer dans l’établissement. Une petite salle d’attente silencieuse la reçoit, qui sent l’eau de javel. Au centre, deux rangées de sièges, placées dos-à-dos. Vides – un spectacle tristement familier. Dans le fond, une porte close, donnant sur la pièce des prélèvements. Sur sa droite, un bureau d’accueil. La secrétaire a tourné les yeux vers elle et la fixe de la même façon qu’elle contemplerait un insecte particulièrement nuisible. Derrière elle, une seconde porte, qu’un écriteau désigne comme donnant sur le bureau de la direction.

    La femme n’a toujours pas dit un mot. Elle a les cheveux châtains, qu’elle coiffe en chignon. Des yeux marrons, qu’un trait de crayon noir fait ressortir. La peau blafarde, presque translucide et une constitution fragile donnant l’impression qu’un simple coup de vent pourrait la briser. L’espace d’un instant, Elyza peut lire de l’hostilité dans son regard. La seconde d’après, un sourire vient étirer les lèvres de la secrétaire, en même temps que ses traits se détendent, dans une expression faussement accueillante.

    — Gardienne, la salue-t-elle. Que puis-je faire pour vous ?

    Dans son ton, plus la moindre trace d’animosité, pas même de mépris. Rien qui ne laisse entendre que sa visite est aussi agréable que la morsure d’un roquet vicieux. Elyza ne s’en laisse pas pour autant compté et c’est avec un sourire tout aussi hypocrite qu’elle s’approche.

    — J’ai besoin de voir votre supérieur.

    — Malheureusement, j’ai peur que ce ne soit pas possible. Vous comprenez, monsieur William est très occupé et… pourquoi ne pas plutôt prendre rendez-vous ?

    — Toujours la même rengaine, hein ? Désolée pour lui, mais il faudra qu’il laisse de côtés ses petites affaires pour me recevoir. J’ai besoin de le voir cette nuit ! (Et, avec un geste en direction de la porte clause :) Je connais le chemin.

    Elle n’a pas besoin d’en dire plus, car l’autre sait bien qu’en cas de nouveau refus, elle passera cette porte de gré ou de force, pour s’imposer au maître du lieu. De quoi causer de sérieux soucies à son employée, William n’étant pas du genre à pardonner ce type d’incompétence.

    — Je vais voir s’il peut vous recevoir, s’empresse de lui répondre son interlocutrice.

    Comme elle disparaît dans la pièce voisine, Elyza enfonce les mains dans les poches de sa veste. Ses doigts jouent un moment avec le carton son paquet de cigarettes et elle doit se faire violence pour ne pas s’en griller une ; un panneau derrière l’accueil signalant au visiteur qu’il est strictement interdit de fumer dans les locaux. Enfin, la femme revient et annonce :

    — Monsieur William va vous recevoir, Gardienne.

    Puis, avec un petit sourire d’excuse :

    — Néanmoins, il n’a pas beaucoup de temps à vous consacrer.

    — Et il compte sur mon savoir-vivre pour ne pas lui en faire perdre davantage, pas vrai ? Ça va, je connais la chanson !

    Elle passe derrière le bureau et, au moment d’entrer dans la pièce voisine, dit :

    — On raconte que vous avez subi des attaques dernièrement ?

    Elle n’a pas le plaisir de voir l’expression de son interlocutrice vaciller. Pas même une fraction de seconde. Toujours aimable, l’autre lui répond simplement :

    — J’imagine que nous en serions les premiers informés, si tel était vraiment le cas.

    Pour tout commentaire, Elyza hausse les épaules et passe dans le bureau en refermant la porte derrière elle.

    Une large pièce, que réchauffe un feu de cheminée. Un bureau en bois sombre, massif, qui en impose, face à deux larges fenêtres, devant lesquelles on a pour l’heure tiré des rideaux épais. S’y trouve installé un homme au dos droit et aux petites lunettes rondes, qui ajoutent à son air sévère. Peut-être a-t-il vraiment été myope de son vivant. Aujourd’hui, néanmoins, il ne devrait plus en avoir l’utilité, le statut vampirique ayant pour bénéfice de réparer ce type d’imperfection. Elyza sait d’ailleurs que les verres n’ont aucune correction et ne sont là que pour lui donner un genre.

    Bien que numéro deux du clan, c’est aujourd’hui lui qui le dirige, et ce depuis que Maureen a découvert les plaisirs de la drogue elfique, pour ne plus jamais en ressortir. Une dépendance qui la rend instable, végétative la plupart du temps et dont il se murmure que William n’est pas étranger.

    Il a les cheveux courts, d’un châtain foncé, ainsi que les yeux noirs. Des lèvres fines, pincées et le nez en pointe. Il croise les mains et, d’un geste sec du menton, lui désigne les deux sièges qui lui font face.

    — Vous savez, nous sommes d’honnêtes citoyens, Gardienne. Il m’étonne donc que vous mettiez autant de zèle à venir nous importuner.

    — Vous avez choisi de vous rapprocher de la meute, William, lui répond-elle en s’installant dans un siège en cuir, deux fois trop large pour elle. Elle croise les jambes en angle droit et ajoute : Il fallait vous attendre à ce genre de désagréments.

    Et puis, si le clan Maureen était aussi respectable que William aime le prétendre, jamais il ne se serait lié à Hélios.

    — Vous remuez le couteau dans la plaie ! C’est vrai, la meute nous a causé quelques torts par le passé, mais… je crois que nous avons su prouver que nous n’étions en rien liés à ses activités.

    — Prouvé est bien grand mot, mais je ne suis pas là pour ça.

    À nouveau, elle tripote son paquet de cigarette et se mord la lèvre. Inutile de lui demander la permission d’en allumer une, elle sait qu’il refusera. Et si elle ne se montre pas toujours aussi obéissante, elle préfère ne pas se mettre William à dos tout de suite. Un soupir lui échappe et son interlocuteur s’étonne :

    — Ah non ?

    — Non. (Elle serre le poing et se force à refouler son besoin de nicotine.) Pour commencer, je suis là parce que ma petite enveloppe n’a pas été livrée ce mois-ci. Et vous savez que je n’aime pas qu’on essaye de m’entuber, William… encore moins quand il s’agit d’argent !

    Difficile de dire si l’expression de surprise qui se peint sur les traits de William est feinte ou non. Ses sourcils se haussent et il décroise les mains.

    — Vous êtes sûre ?

    — Certaine !

    — Alors il ne peut s’agir que d’une erreur. Vous me connaissez : j’ai horreur des mauvais payeurs.

    Près de lui, un interphone. Comme il appuie sur le bouton d’appel, un grésillement se fait entendre, suivi d’une voix féminine :

    — Oui, monsieur William ?

    — Il semblerait que l’enveloppe de la Gardienne n’ait pas été livrée ce mois-ci. Veuillez me l’apporter et trouvez-moi le nom de celui qui en avait la charge. (Puis, à l’intention d’Elyza :) Ça ne devrait pas être long.

    — J’espère que vous n’allez pas me faire le coup à chaque fois !

    William redresse le dos et une franche indignation vient crisper son visage. Drapé dans sa dignité bafouée, il rétorque :

    — Nous avons toujours respecté notre part du contrat, Gardienne !

    — Et il me sort ça sans hésiter, c’est le plus beau ! Toujours, William, vous êtes bien sûr ? Parce que moi, j’ai en mémoire deux ou trois saloperies que vous m’avez joué par le passé… y a même une rumeur qui circule en ce moment… comme quoi qu’on aurait voulu forcer vos portes… une sale affaire ! On parle même de morts et pas du côté adverse. (Un sourire en coin vient étirer ses lèvres.) Charmantes créatures, hein ?

    William se laisse doucement aller contre le dossier de son siège et forme une pyramide de ses mains. À la courbe de sa bouche, on devine sa contrariété. Son regard, lui, a quelque chose de menaçant.

    — La rumeur, vous dites ?

    — Ouais… la rumeur !

    — Décidément, Philibert devient un vrai problème.

    Au tour d’Elyza de hausser les sourcils, dans une expression de surprise parfaitement simulée.

    — Qui ça ?

    — Je vous en prie, Gardienne, ne vous moquez pas de moi ! Nous savons tous les deux que Philibert a quelques soucis de discrétion… mais je pensais m’être montré suffisamment clair à ce sujet avec lui.

    — Du genre en me laissant coûte que coûte dans l’ignorance ? Bien tenté, William, mais vous avez oublié de tenir le même discours aux elfes qu’on vous a envoyé en renfort. Pas très causants, ces types-là, mais quand on sait où appuyer…

    L’espace d’un instant, William se contente de la fixer, aussi immobile qu’une statue. Puis il brise sa pyramide et, d’un doigt, repousse ses lunettes en arrière.

    — Les elfes, vous dites ?

    — Ouaip !

    — Je ne vous crois pas. Ces gens sont d’une loyauté à toute épreuve. Enfin, passons… vous savez pour notre petit problème… soit ! Ça devait arriver tôt ou tard. J’avais seulement espéré que ce ne serait qu’une fois l’affaire réglée.

    — Je ne vous savais pas aussi optimiste, vraiment !

    William émet un claquement de langue agacé. Son expression s’assombrit un peu plus et, à cet instant, elle songe qu’elle n’aimerait pas être dans la peau de Philibert quand son supérieur lui mettra la main dessus. Même, elle se sent désolée pour lui. Pas au point d’en perdre le sommeil, mais… quoiqu’on puisse en dire, elle a un minimum de cœur.

    — Pourquoi toujours chercher à compliquer les choses ? On a sûrement dû vous le dire, mais cette histoire ne vous concerne en aucune façon.

    — C’est plutôt vous qui les compliquez, Wil' ! (L’abréviation le fait ciller, mais il ne proteste pas.) Que vous le vouliez ou non, c’est mon territoire ici, j’en suis la Gardienne. Tout ce qui s’y magouille me concerne forcément de près ou de loin.

    — Non, là, c’est vous qui faites fausse route. Le rôle de l’Ordre se limite à protéger les Naturels, pas à se mêler de nos accrochages avec d’autres Surnaturels. Je crois d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle nous vous payons, Gardienne, pour que vous ne veniez pas mettre votre nez dans nos affaires !

    — Et c’est là où vous avez tout faux ! Vous me payez pour pas que j’aille cafter à l’Ordre toutes vos petites combines, rien de plus. Parce que si j’avais balancé ne serait-ce que le quart des problèmes que vous me causez, y a longtemps que ce territoire serait retourné sous sa domination. Pas sûr, d’ailleurs, qu’à l’heure actuelle, y aurait encore beaucoup de Surnaturels pour voir ça. (Son point s’abat sur l’un des accoudoirs, tandis qu’elle ajoute :) Vous auriez dû me prévenir ! Les affrontements entre Surnaturels ont presque toujours des répercussions sur le reste de la population. Premièrement, je suis donc tenue de m’en mêler et, deuxièmement, nous avions un accord : vous êtes censé me signaler la présence de tout Surnaturel potentiellement dangereux qui viendraient traîner ses sales pattes dans le coin.

    Une tirade inutile, car l’expression de William demeure butée.

    — Je continue de penser que tout ceci ne vous concerne en aucune façon. Il est certain que l’on cherche à nous nuire et, qui qu’ils soient, nous finirons par leur remettre la main dessus… mais sans votre aide.

    Elyza pousse un soupir. Bon… puisqu’il le prend comme ça !

    — Wiwi, commence-t-elle.

    Elle tire son paquet de cigarette et, comme son apparition ne provoque pas même un sourcillement, elle en place une entre ses lèvres.

    — Mon pote !

    Puis elle sort une petite boîte d’allumettes et la secoue… tchac ! Tchac ! Manque de chance, là non plus, elle n’a pas le plaisir de surprendre le moindre changement dans l’expression de l’autre. Pas le plus petit tressaillement. Il a retrouvé son calme froid et paraît inébranlable. Tant pis pour lui ! Elle fait craquer une allumette, allume tranquillement sa cigarette, avant de conclure :

    — Vous savez que je n’en resterai pas là.

    Elle caresse l’idée de pousser la provocation jusqu’à poser les pieds sur le bureau, mais, à vue de nez, elle a les jambes trop courtes. La seule et unique fois qu’elle en a eu l’occasion, William est entré dans une telle colère qu’elle a bien cru qu’il allait l’écharper. Depuis, il s’assure de placer les sièges visiteurs à distance suffisante du meuble, pour lui empêcher tout plaisir de récidive. Autant dire qu’elle attend avec impatience le jour où il se relâchera.

    — Et vous savez que je ne changerai pas d’avis, répond William en se levant. Maintenant, si vous le permettez, j’ai du travail qui m’attend !

    Et à la menace qui sourde dans sa voix, si subtile qu’il faut avoir l’oreille exercée pour la déceler, elle comprend que si elle s’obstine à squatter les lieux, alors il ne répondra plus de rien. Elle va donc pour se lever, avant de se raviser et de questionner :

    — Juste une dernière chose : quelles mesures comptez-vous prendre si vous ne parvenez pas à remettre la main sur ces créatures ?

    — Vous supposez que nous pourrions prendre des décisions dangereuses pour la population Naturelle ?

    — À vous de me le dire.

    Ce clan vampirique se targue d’être le plus sûr de toutes les Cités. Ses membres en tirent d’ailleurs une certaine fierté et il se raconte que les écarts sont sévèrement punis. Ses soupçons peuvent passer pour à la limite de l’injurieux, mais William n’est plus à ça près.

    C’est donc d’un ton courtois, mais glacial, qu’il répond :

    — Nous ne sommes pas des sauvages, Gardienne. Si ces créatures nous laissent en paix, nous en ferons de même de notre côté : Je ne permettrai pas que l’on réveille leur hostilité de quelque manière que ce soit !

    — Et dans le cas contraire ?

    — Dans le cas contraire… soyez assurée que je mettrai tout en œuvre pour les retrouver et aussi longtemps que cela n’aura pas de répercussion sur le reste de la population. Plus que tout, je ne tiens pas à attirer l’attention des Brigades : Il n’y a rien de pire pour les affaires !

    Au même instant, on frappe à la porte. La secrétaire se présente sur le seuil, une enveloppe bien rembourrée à la main.

    Erwin Doe ~ 2017

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  • 22/08/2017

     

    De nouveau, je fais le mort ! (C'est mal, je sais.)

    Que dire de neuf, donc, depuis la dernière fois ? Depuis début août, l'écriture, c'est compliqué. J'ai passé au moins une dizaine de jours sans pouvoir écrire et là, j'essaye doucement de retrouver mon rythme. Du coup ! Tout ce sur quoi je bossais n'a pas beaucoup avancé.

    Un long voyage, par exemple. Je viens juste de terminer la réécriture de la dernière partie de l'épisode 4. Mais pas possible de la poster tout de suite, elle me semble encore méchamment bancale et va donc me falloir quelques relectures. Pas beaucoup avancé non plus dans la correction de l'épisode 6. Et la réécriture de l'épisode 7 a pris du retard. J'avais espéré la terminer ce mois-ci, mais ça ne me semble plus vraiment réalisable. ;__;

    Avec ça, il va falloir, à mon avis, que je me lance dans une dernière relecture de cette saison 1 avant de pouvoir en proposer un PDF / Epub complet. Des détails à droite et à gauche, qui me gonflent. Notamment, je réfléchis de plus en plus à changer le pronom que j'utilise pour Romuald. Désigner ce personnage par "il" me gêne, vu qu'on a affaire à une créature qui n'est ni femme ni homme. Donc... je réfléchis à remplacer les "il" par "ul"... ce qui va me demander pas mal de boulot. Donc... peut-être que je m'occuperais de cette dernière relecture en janvier. S'il fait aussi froid que cette année, je vais passer ma vie dans mon lit, alors... au lieu de ne rien foutre, autant en profiter pour faire de la relecture. (Mais ! Je commencerai à poster la saison 2 avant cette dernière relecture. Logiquement. Ahem ! Ouais, ça va dépendre de l'avancée de ma réécriture, puis de mes corrections de l'épisode 7.)

    Pour ce qui d'Ombre, y a pas eu de mises à jour depuis un moment. Pas encore trouvé la motivation d'écrire la partie qui me manque et la correction de la partie 13 me prend méchamment la tête. Donc, actuellement, je ne sais pas quand je posterai la suite. Je corrige ce texte et je laisse reposer les parties qui me prennent la tête. Je dois actuellement en être aux corrections de la partie 21, qui elle aussi m'emmerde un peu.

    Quoi d'autre ? Ma fanfic sur Zelda ? Au point mort, elle aussi. Bon, j'ai un peu avancé dans la réécriture de son épisode 2. Puis il y a eu ma pause forcée d'une dizaine de jours et depuis, j'ai perdu le rythme, mais je vais essayer de reprendre dans la semaine.

    Voilà pour les nouvelles. C'est pas glorieux, glorieux, mais bon. :u

     


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  • Épisode 1 : L'Ombre qui dévorait un cadavre

     

    12

    Quand Théodore arrive dans la rue du crime, il a presque le sentiment de se trouver dans une ville fantôme. Le drame a produit sur les esprits une aggravation des paranoïas, en poussant la plupart à se retrancher chez eux dès le coucher du soleil. Seuls quelques hommes se risquent encore à mettre un orteil hors de chez eux. On a le gosier sec et la volonté de gagner le bistro du coin, pour échapper à un cadre familial souvent jugé étouffant, ou peu stimulant. Mais pas question d’y aller seul. Trop dangereux, par les temps qui courent ! Alors, on s’empresse de rejoindre les voisins, tout aussi désireux de mettre les voiles, et on met le cap sur le débit de boissons le plus proche.

    Mais même en groupe, on évite de sortir désarmé. En tout cas, c’est ce qu’en déduit le vampire en croisant un trio de courageux, dont il ne manque pas d’attirer les regards. Son apparence frêle, déjà, ne peut qu’éveiller leur suspicion. Car pour oser s’aventurer seul à l’extérieur, avec une constitution comme la sienne, il faut forcément dissimuler quelque chose. Le pas des hommes se ralentit et les visages se crispent. L’un est blafard, les autres dégagent une hostilité teintée de panique et on s’écarte de son chemin pour ne pas avoir à le frôler. La main d’un des types se porte à l’intérieur de son manteau, sans doute pour se poser sur le manche d’un couteau ou la crosse d’un pistolet. Il peut en voir un deuxième palper ses poches, quand il les dépasse.

    Dans son dos, le trio marmonne et s’interroge. Lycanthrope ? Vampire ? Et s’il s’agissait de la saloperie responsable du massacre ? Néanmoins, personne n’a le courage de venir s’assurer de son identité et l’on s’empresse plutôt de passer son chemin en accélérant l’allure. D’une main, Théodore rejette les boucles qui lui volent devant le visage et se détend. Devoir se confronter à des Naturels est la dernière chose qu’il souhaite.

    Derrière les rideaux et les volets de la plupart des habitations, de la lumière brille encore. Il peut parfois y percevoir du mouvement, comme on entend ses pas résonner dans la rue. Des doigts écartent délicatement les voilages, pour jeter un œil à l’extérieur. Le voisinage est sur ses gardes et il a conscience qu’il lui sera difficile d’enquêter dans le quartier cette nuit. Il se demande d’ailleurs s’il ne doit pas craindre qu’un de ces spectateurs indésirables ne se décide à appeler les Brigades… juste au cas où. Encore une fois, son apparence, sa solitude, jouent contre lui et l’on doit déjà se concerter sur ce qu’il convient de faire.

    Il s’arrête et perçoit le grincement d’une porte. Une voix féminine, paniquée, chuchote une supplication. Théodore jette un regard par-dessus son épaule et découvre, debout sur son paillasson, un individu massif en marcel, qui le fixe avec agressivité. Dans sa main, un long morceau de bois, comme une canne de marche. Une arme de fortune qu’il serre si fort que ses jointures en ont blanchi. Il peut distinguer en partie la silhouette de sa femme, près de lui, qui tend ses petites mains dans sa direction. Elle le presse de rentrer, de ne pas commettre de folie ; que c’est trop dangereux et qu’ils feraient mieux d’appeler les autorités.

    Théodore et l’homme soutiennent le regard de l’autre un moment, sans bouger, sans qu’un mot ne soit échangé. Finalement, le vampire hausse les épaules et reprend sa route. Des pas le suivent, mais la voix de la femme se fait plus aiguë, plus pressante que jamais. Les pas s’arrêtent, pour retourner d’où ils sont venus et la porte claque.

    La tension de Théodore est montée d’un cran. Décidément, les Naturels sont bien plus sur les nerfs que ce à quoi il s’attendait. Impossible d’espérer s’attarder encore longtemps. Il lui faut régler au plus vite ce pourquoi il est venu, avant l’arrivée d’une cavalerie qu’il devine à présent imminente.

    De nouveau, il s’arrête et tente d’évaluer son état. Son énergie lui semble bonne, il s’est nourri avant de partir et il se sent suffisamment stable pour user de ses facultés vampiriques sans craindre de dérapage brutal. Il lève les yeux en direction du ciel étoilé, le temps que son esprit se calme et, d’un coup, disparaît dans les ombres. Il se fond dans leur masse, ne réapparaissant seulement aux yeux du monde que quand celles-ci prennent brusquement fin, pour disparaître de nouveau dans les suivantes. Ainsi, ses pas deviennent non seulement inaudibles, mais il se déplace plus vite, a presque le sentiment de ne plus posséder de corps qui l’entrave.

    La maison du crime, enfin. Il la reconnaît aux bandes rouges qui la barricadent encore, mais surtout à l’odeur qui s’en dégage. Bien qu’il ne respire pas, elle frappe sa sensibilité exacerbée, agresse ses sens déjà fragiles et à fleur de peau, le poussant à s’arrêter à l’ombre d’une habitation. La puanteur du carnage est entêtante, violente. Au sang se mélange celle de la terreur des victimes, celle de leurs entrailles, également. Il en a presque le vertige. Trop de sang… beaucoup trop de sang a coulé ici.

    Il porte une main à sa bouche et ferme les yeux. Ça a été une erreur de proposer son aide à Elyza… si tôt… et surtout sur une affaire comme celle-ci.

    Dans sa poitrine, son cœur s’est remis à battre et il peut l’entendre pulser à ses oreilles. La fièvre monte en lui et ses joues le chauffent. Un voile passe devant son regard et les ténèbres dans lesquels il se fond semblent s’abattre sur sa vision.

    Quand il reprend contenance, il est en sueur et chancelle. Son dos vient rencontrer le mur derrière lui et il reste là, sans oser faire le moindre geste. Il remarque alors qu’il n’est plus seul, face à l’habitation. Un individu se tient à présent entre lui et la façade, les mains enfoncées dans ses poches et lui tournant le dos. L’autre ne bouge pas pendant au moins une bonne minute, ses cheveux et la fourrure du col de son manteau balayés par la brise froide qui souffle.

    Finalement, un couinement échappe à l’inconnu, qui tourne vivement le visage de côté en se pinçant le nez entre deux doigts. Dans ce profil congestionné par l’inconfort, Théodore reconnaît celui de Jonathan. La surprise est telle qu’il manque de perdre sa concentration et de quitter les ombres. Qu’est-ce qu’il fiche ici, celui-là ? Elyza lui a pourtant dit qu’elle lui avait donné sa soirée !

    À quelques distances de là lui parvient le résonnement d’un moteur. Jonathan tourne les yeux dans cette direction et un pli soucieux vient lui barrer le front. Théodore se redresse, certain que les ennuis approchent. Il hésite d’ailleurs à se révéler à Jonathan pour lui demander les raisons de sa présence ici, quand l’autre se met soudainement à courir. Trop surpris pour réagir, le vampire le voit prendre la poudre d’escampette avec la même précipitation que s’il était poursuivi et disparaître entre deux bâtiments. Une attitude pour le moins suspecte, qui le laisse un moment pantois.

    Car enfin, il ne peut pas avoir deviné l’identité de ceux qui approchent et, quand bien même, en quoi cela devrait-il l’inquiéter ? Les Brigades ne peuvent rien contre un Naturel, aussi louche soit-il. Qui plus est, c’est un Surnaturel que l’on recherche pour ce crime, alors…

    Tout en se demandant ce que l’autre peut bien avoir sur la conscience pour réagir ainsi, et si cela risque de leur attirer des ennuis, à lui comme à Elyza, Théodore regarde approcher les phares du véhicule. Sa curiosité le titille. A-t-il encore une chance de rattraper le fuyard ? Sans doute que non et c’est bien dommage, car il aurait aimé savoir où il compte se rendre ensuite. D’ailleurs, s’il ne veut pas perdre les prochaines heures à s’expliquer auprès des Brigades, quant aux raisons de sa présence ici, il ferait mieux d’imiter Jonathan.

    Non pas que de simples Naturels puissent deviner sa présence au sein des ombres, mais l’odeur continue de le malmener et il n’aura sans doute bientôt plus la force de se maintenir invisible. Son regard se porte une dernière fois en direction de l’habitation. Il aurait au moins aimé aller y faire un tour, que son déplacement n’ait pas totalement servi à rien, mais il doit y renoncer. Certain qu’il ne tiendra pas le choc, une fois à l’intérieur.

    Alors, et bien que navré de s’en retourner bredouille, il reprend sa route en sens inverse, ombre parmi les ombres, au moment où le véhicule sombre des Brigades s’arrête à sa hauteur et que deux agents en sortent pour inspecter les environs…

    Erwin Doe ~ 2017

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  • 31/07/2017

     

    Aaah, je me suis enfin débloqué avec l'épisode 2 de The legend of Zelda : L'ombre du héros ! Quelques nouvelles idées, qui vont peut-être me permettre de réécrire enfin ce deuxième épisode et, surtout, de lui offrir une version non seulement très différente de l'ancienne, mais aussi beaucoup plus cool. (Non parce que l'ancienne version... vraiment... voilà ! C'était assez ridicule quand même.) D'ailleurs, il est clair que ce projet va me demander beaucoup, beaaaaucoup plus de temps que je ne le pensais, avant d'en voir le bout. Moi qui espérais pouvoir débuter son postage l'année prochaine... honnêtement, faut que j'arrête de rêver ! D'autant que je commence tout juste à me débloquer dans son neuvième et dernier épisode, dont le quart du premier jet n'est même pas encore écrit. Impossible de savoir quoi faire de Zelda... et je n'avais pas envie de la laisser de côté, alors je me prends la tête dessus depuis... janvier 2016 ? Mais ! Je pense avoir trouvé quelque chose de pas trop mal. Maintenant, me reste plus qu'à trouver le temps d'écrire tout ça... et de poursuivre le deuxième jet des autres épisodes... et... sérieusement, je crois que ce projet aura même besoin d'un troisième jet.

    Je pensais que deux seraient suffisants, mais il devient évident que non. Bref ! Au minimum, il va me demander encore deux ans... mais je sais pas pourquoi, je le sens gros comme une maison que ça va être plus, beaucoup plus. D:

    Avec ça, je viens d'ajouter à la liste des "fanfictions que j'écrirai un jour" un projet sur Kuroshitsuji (Black Butler), qui devrait tourner autour de Sebastian exclusivement (Comprendre que le reste du casting sera très certainement du OC). Et à mon avis, vu l'idée que j'ai en tête, ça risque d'être encore un beau bébé. Hum... à croire que je le fais exprès. Donc, un jour... lointain, j'écrirai une fanfiction sur ce personnage, qui me fascine assez.


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  • 29/07/2017

     

    Eh bin, du coup, j'ai réussi à terminer la relecture de l'épisode 6 d'Un long voyage avant la fin du mois ! Pas pu m'arrêter. J'ai relu les trois quarts restants du texte hier et, en fait, cet épisode m'a rappelé pourquoi j'aimais ce projet, à la base. Honnêtement, je me suis beaucoup amusé et j'en ressors un peu plus confiant. Et surtout impatient de pouvoir me remettre à la saison 2 !

    Autre chouetterie, cet épisode s'est relu facilement. Pas de blocage, rien, visiblement pas de gros problèmes ni d'incohérences (Même si quelques broutilles ont pu m'échapper, mais bon... !). Je gardais un souvenir assez déplorable de cet épisode, dû à mes nombreuses galères avec lui, mon blocage de plusieurs mois (Presque un an, même ?), mes relectures laborieuses et toutes les autres joyeusetés. Du coup, dans mon esprit, cet épisode était affreusement bancal, alors qu'au final, je crois que c'est celui que je préfère. Bon par contre... les corrections vont me demander du boulot... énormément de boulot. Parce que ouais, ouais, ouais, définitivement ouais, mon ras-le-bol m'a bien plombé tout au long de mes précédentes corrections. (Et même que des fois, c'est très moche !)

    Avec ça, j'ai aussi terminé la relecture de la partie 8 de l'épisode 4. Plus qu'une partie avant d'en voir le bout. Ah ! Je sens qu'elle va me faire souffrir celle-là. Tellement ! D:

     Édit : Ah ! Et j'ai aussi terminé le premier jet d'un des deux passages d'Ombre qui me manquent. Je ne sais pas trop si je pourrai le poster ce week-end, par contre... je pense plutôt taper son deuxième jet lundi, puis... peut-être le poster mardi ou mercredi... on verra !


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  •  26/07/2017

     

    Et voilà, saison  1 de Démone terminée ! \0/ Le quatrième épisode fait presque 11.000 mots. Je me retrouve donc avec une première saison d'un peu plus de 50.000 mots. Le deuxième jet devrait lui faire prendre un peu de poids... mais sans doute pas des masses. Pas davantage de 10.000 mots, je pense.

    Bon, mais, en attendant, je mets ce projet de côté... le temps pour moi de rassembler suffisamment d'idées pour attaquer se deuxième saison. (L'année prochaine, avec un peu de chance. D'ailleurs, je ne suis toujours pas certain de savoir combien de saisons vont être nécessaires pour terminer ce projet... au début j'espérais quatre, mais au final... j'ai l'impression que ça va plutôt lorgner du côté de cinq ou six.)

    Avec ça, j'ai également terminé les corrections de l'épisode 5 d'Un long voyage (Youhou !). Honnêtement, ça n'a pas été une mince affaire. Wah ! Ok, cet épisode s'est laissé relire tout seul et n'avait pas de grosses incohérences comme les épisodes 4 et 2, mais il y avait pas mal de boulot dessus ! Hum... faut croire que mon ras-le-bol était déjà là, à l'épisode 5... et n'a fait que s’exacerber avec l'épisode 6. Du coup, il me reste encore quelques jours avant la fin du mois et je vais en profiter pour poursuivre la relecture de l'épisode 6. L'idéal serait de la terminer avant le mois prochain, mais... bon, j'y crois moyen !

    Avec ça, je ne sais pas si je vais au final continuer la saison  1 du Petit chaperon rouge. Hum... je ne suis pas certain qu'il me reste encore assez de temps pour espérer la terminer. Démone m'aura demandé plus de temps que prévu. Donc ! Peut-être que la fin de ce projet va être repoussée en septembre.

    Ombre, maintenant... rien pu poster la semaine dernière, j'espère me rattraper ce week-end... faut que je trouve la motivation et l'inspiration pour écrire les scènes qui me manquent, aussi........ pas simple ça !

     


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  • 16/07/2017

     

    J'avais dit il y a longtemps que le ferais, puis j'ai oublié, mais finalement, j'ai fait un PDF et un Epub avec tous les épisodes du Grand monsieur du bois d'à côté. Une centaine de pages quand même, presque 50.000 mots... cette histoire a bien grossi au fil du temps. (Je ne sais pas du tout combien faisait la première version, mais sans doute pas plus de 30.000.)

    Avec ça, j'ai repris ce matin la correction de l'épisode 4 d'Un long voyage. Deux parties en plus de terminées, une troisième qui devrait l'être rapidement, et après ça, il ne m'en restera plus que deux... que, pour le moment, je ne vois pas très bien comment améliorer. Hum ! Mais pas grave, au moins, j'aurai un peu avancé ce mois-ci, ce qui allègera mon travail en août. Avec un peu de chance, si l'épisode 6 n'est pas trop bancal (Et pour le moment, ça va), j'en aurai peut-être terminé avec cette relecture plus tôt que prévu. Ce qui serait vachement cool, s'pas ? Mais, je me connais, ne pas se réjouir trop vite, un blocage, c'est tellement rapide à se pointer ! :D

    Sinon, je réfléchis... à quoi proposer d'autre dans le coin.

    Parce que le premier épisode d'Ombre ne va pas me durer encore cent ans, j'en suis presque à la moitié actuellement. Il y a les deux premiers épisodes de la saison 2 d'Un long voyage, mais eux non plus ne vont pas me durer bien longtemps. En tout cas, il ne s'agit pas vraiment de beaux bébés comme l'épisode 6, donc... je ne sais pas trop quand je pourrai commencer à poster l'épisode 7, sans doute en fin d'année, du coup... j'imagine qu'en mai prochain (en comptant large et sans compter d'éventuels blocage) je devrais me retrouver avec plus rien en réserve. Et à moins que je ne me sois décidé entre deux à attaquer les épisodes 9, 10, 11 (Ce dont je doute. En vrai, je ne sais pas bien quand je pourrai les écrire... ou du moins, quand est-ce que l'épisode 9 se sera décidé à se débloquer complètement, ahem), ça va redevenir drôlement mort dans le coin !

    Alors, je me demande si je ne devrais pas commencer à poster quelques textes de mon projet Umir. J'en ai un petit paquet et énormément d'idées... mais aucun cycle / aucune saison de vraiment terminés. Mais d'un autre côté, vu la taille de la bête, je ne suis pas certain de vouloir me soucier d'une chronologie. Hier, j'ai relu les deux premiers épisodes de Et l'éternité continue et, en fait, je pense que je pourrais les proposer ici. Bon, il faut que je les retravaille, mais... ! Y a moyen. Le truc c'est que le reste des épisodes sont un chantier pas possible et que je ne sais même pas très bien où je vais, étant donné que ce monde, son histoire, sont encore en construction dans ma tête... depuis près de 20 ans.... merde, ça commence à faire sacrément long ! Du coup, je sais pas... je me dis que ce n'est pas forcément grave de ne pas respecter de chronologie avec un projet comme celui-là. Qu'écrire sur des périodes de temps et des sujets différents me permettra de me débloquer dans les parties de son histoire qui me restent encore obscures. Et que du coup, même si la suite des épisodes de Et l'éternité continue n'arrivera que dans quelques années, ce n'est pas forcément grave, parce que 1) il y a encore trop de points d'ombres avec les personnages de l'épisode 3, qui pourraient être résolus si je m'intéresse à eux dans le futur; 2) il y aura de toute façon d'autres textes sur cet univers qui seront proposés entre deux et qui enrichiront tout ça et donneront déjà quelques réponses sur les épisodes manquants, et inversement. En plus, c'est un projet qui est vraiment trop gros (et épuisant) pour que j'essaye de m'en tenir à une chronologie. Si je voulais vraiment être certain de ne laisser aucune incohérence derrière moi, il faudrait que j'écrive l'ensemble des épisodes des cycles principaux, mais aussi tous les à côtés que j'espère écrire. Ce qui me demanderai... je sais pas... 20 ans de plus, peut-être ? A ne bosser que sur ce projet et j'ai VRAIMENT PAS envie de ça. Donc... j'y réfléchis... doucement.

     

     


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  • Épisode 1 : l'Ombre qui dévorait un cadavre

     

    11

    Philibert ne tarde pas à venir lui ouvrir. D’un regard, il s’assure qu’aucun témoin ne se dissimule dans l’arrière-cour minable où il lui a demandé de patienter, avant de se déplacer sur le côté pour lui permettre d’entrer.

    Le couloir qui l’accueille est sombre. De la musique et des applaudissements leur parviennent de la salle principale. Des sifflements et quelques vivats les accompagnent.

    — Les affaires ont l’air de marcher…

    Philibert, qui ouvre une porte, lui répond :

    — Y a pas à se plaindre. On a récupéré deux nouveaux artistes. Des frangins de type Monstrueux. Leur numéro est plutôt apprécié.

    — Des Monstrueux, tu dis ?

    Ils passent dans une petite salle de repos mal chauffée et pour l’heure déserte. Ça sent le tabac froid, mais aussi la mauvaise hygiène. Ici et là, des vêtements abandonnés, jetés aux quatre coins de la pièce avec quelques canettes vides.

    — Des Trolls, pour être exact. Si tu voyais ce que ces mecs-là sont capables d’avaler, t’en reviendrais pas ! Tiens, par exemple, ils te prennent un bloc de métal gros comme mon poing et…

    — Hé, Phil ! Lâche un peu ton boniment, tu veux ? J’suis pas là pour ça. (Puis, après une seconde d’hésitation :) Attends voir… maintenant que tu m’y fais penser, c’est vrai que ces bestioles-là ont une sacrée force dans la mâchoire ! (Ses yeux s’étrécissent en même temps qu’elle songe que ce serait trop beau.) Rafraîchis-moi la mémoire… c’est pas capable de changer de forme, hein ?

    D’étonnement, Philibert hausse les sourcils. Un zeste de méfiance s’allume au fond de son regard.

    — Pas à ma connaissance, non. Pourquoi ?

    Sans lui répondre, Elyza jette un œil aux affiches qui décorent les murs. Aux côtés des anciens artistes qui ont fait la réputation de l’endroit se mêlent quelques petits nouveaux, qu’elle n’a pas encore eu l’occasion de chopper pour un entretien entre quatre yeux.

    Sur l’une des annonces les plus récentes, deux créatures identiques. Des monstres imposants, à la peau d’un vert boueux et aux mâchoires disproportionnées. Des ventres gras, mais des épaules et des bras musclés. Leurs oreilles sont en pointe et la touffe de cheveux qui se dresse sur leurs crânes déplumés ressemble à de la mauvaise herbe.

    — T’occupes ! dit-elle en revenant à lui. Passe plutôt à la suite.

    Avec une grimace contrariée, Philibert se laisse tomber sur l’un des canapés et porte la main à l’intérieur de sa veste. Il en sort un étui à cigarette et bougonne :

    — Si t’étais un peu plus aimable, peut-être que les gens auraient davantage envie de collaborer avec toi.

    — Si j’étais plus aimable, vous chercheriez à en profiter. Tu crois que je vous connais pas, dis ? (Puis, comme il ne répond pas, se contentant de lui offrir sa tête des mauvais jours :) Alors, ces elfes ?

    Avec un grognement, Philibert se plante une cigarette au coin des lèvres et fait craquer une allumette.

    En tant que mort-vivants, les vampires ne respirent pas… ou du moins, n’en ont plus besoin pour survivre. De fait, le tabac, qui les force à faire fonctionner plus que de raison leurs poumons, ne les intéresse pas. Philibert fait figure d’exception. Un vieux travers qui, selon lui, doit lui venir de son existence de Naturel.

    — On a eu un problème, commence-t-il en expirant un nuage de fumée. Des… choses nous ont attaqués.

    — Des choses ? Quelles choses ?

    — Ben, justement… on n’en sait trop rien.

    — Va falloir être un peu plus précis, Phiphi…

    Il hausse les épaules et, tandis qu’elle le fixe, il laisse tomber les cendres de sa cigarette dans un cendrier déjà trop encombré.

    — Je vais avoir du mal. Tu vois, j’étais pas là quand ça s’est produit et ceux qui ont assisté au carnage n’ont pas été capables de nous en filer une description bien précise. Selon eux, ça ne ressemblait à rien de connu… des sortes de bestioles marrons, avec de grosses têtes et des yeux incandescents.

    — Je pige pas… pourquoi ces trucs vous auraient attaqués ?

    Elle s’est à son tour allumé une cigarette. Une main enfoncée dans une poche, elle continue de le fixer, attentive au moindre signe d’entourloupe de sa part. D’un mouvement de la main, Philibert disperse la fumée qui stagne devant ses yeux.

    — Apparemment, ils s’intéressaient aux cadavres. On nous en livrait de nouveaux quand ces saloperies ont déboulées. Deux ou trois grosses bestioles, à ce qu’il paraît. Elles se sont jetées sur le corbillard et ont voulu embarquer son chargement. Une chance, on a réagi à temps et les corps s’en sont tirés sans une égratignure… de notre côté, on peut pas en dire autant.

    — Des morts ?

    — Pas cette fois-là, non. Des blessés. Assez grièvement, mais tous ont survécus. William a dû verser un sacré pot-de-vin aux types de la morgue pour qu’ils évitent d’ébruiter l’affaire.

    Et connaissant l’importance qu’a pour le clan leurs affaires avec les services mortuaires Naturels, elle devine que William s’est montré plus que généreux.

    Les liens entre les morgues locales et les vampires remontent à un petit moment déjà, à une époque où ceux-ci n’avaient pas encore transformé le quartier en attrape touriste. Soucieux d’être perçus comme des citoyens – presque – modèles et non comme les prédateurs qu’on voit trop souvent en eux, ils avaient travaillé en collaboration avec le C.E.S pour obtenir le droit de se charger de la préparation des morts en vue de leur dernier voyage. Et pour seul payement, le sang des défunts. Le reste, que ce soit la veillée funéraire ou la crémation, restent entre les mains des organismes Naturels.

    Bien entendu, l’idée eut du mal à passer. Beaucoup de mal, même, et seul l’acharnement du C.E.S. lui avait permit de triompher.

    Malgré tout, la population Naturelle apprécie peu de laisser ses morts entre les mains de Surnaturels et les tient à l’œil. Si le clan a jusqu’à présent échappé aux scandales, ce grâce à son travail non seulement exemplaire, mais surtout quasiment gratuit, il suffirait qu’un seul cadavre disparaisse, ou revienne à sa famille avec quelques morceaux en moins, pour que c’en soit fait de sa réputation.

    — Continue, dit-elle.

    Philibert se gratte l’arrière du crâne.

    — En fait, c’est après la seconde attaque qu’on a décidé de faire appel à la meute. Ce genre d’histoire, c’est un peu leur rayon… je veux dire… se débarrasser d’un ennemi encombrant, tout ça… enfin bref ! À la seconde attaque, donc, ces machins se sont pointés avec du renfort et ont cherché à forcer les portes de notre entrepôt. On est parvenu à les chasser, mais pas sans pertes. Trois morts de notre côté, dont un qu’ils ont enlevé encore vivant.

    « William a pas attendu pour réagir. Il a contacté aussitôt Elios qui a envoyé des gars à lui pour pister les fuyards. J’étais là quand ils sont arrivés… tu aurais dû voir leurs tronches ! J’ai bien cru qu’ils allaient se barrer fissa et nous laisser régler ça par nous-mêmes. (Il se tapote le nez.) L’odeur. Les lycanthropes ont un odorat sacrément développé et nos agresseurs puent comme pas permis. (Il tire sur sa cigarette.) C’est quand je les ai entendus se plaindre que j’ai reniflé moi aussi. Pouah ! J’ai jamais senti un truc pareil ! Une véritable infection !

    Au fond d’Elyza, quelque chose fait « tilt ». Est-il possible que… ?

    — Malheureusement, ils n’ont pas réussi à les retrouver. Ils les ont pistés un petit moment, puis l’odeur a disparue. Comme ça ! Tout ce sur quoi ils sont parvenus à mettre la main, ce sont les restes du pauvre type embarqué avec eux. Dévoré… ! On a presque rien pu récupérer de lui. (Il frissonne et sa main, celle qui tient la cigarette, tremble un peu.) Un vampire, bordel ! Depuis quand c’est possible, ça ?

    Pour un vampire, se retrouver dans la position d’une proie potentielle est forcément désagréable. Il est toujours douloureux de se voir rappeler qu’on n’est peut-être pas les têtes de gondole de la chaîne alimentaire.

    — Depuis, ils les recherchent. Les elfes noirs patrouillent dans le secteur avec l’ordre d’intervenir si ces machins devaient attaquer notre clientèle vivante. Tu comprends ? Ça serait sacrément mauvais pour nous si ça devait se produire.

    — Et la première attaque date de quand ?

    Sans déceler la note d’agacement qui perce dans la voix d’Elyza, Philibert lève les yeux au plafond, comme si cela l’aide à mieux réfléchir, et répond :

    — Je dirais… attends… un peu plus d’une semaine.

    Le sourire qui apparaît sur les lèvres de son interlocutrice suinte le mauvais augure.

    — Et bien entendu, pas un seul d’entre vous n’a jugé utile de venir m’en informer ?

    Philibert sursaute si violemment qu’il en laisse tomber sa cigarette.

    — Bon sang, Elyza ! s’exaspère-t-il en la ramassant avant qu’elle ne mette le feu à la moquette. Je t’ai dit que ça ne te concernait pas !

    — Je veux que ça me concerne ! Tu te rappelles que c’est arrivé sur mon territoire, mhh ?

    — Écoute…

    — Et qu’en cas d’intrusion de Surnaturels potentiellement dangereux, vous êtes tenus de m’avertir ? C’était pas dans notre accord, ça, peut-être ?

    — Si, mais…

    — Mais quoi ? Vous avez pas respecté vos engagements, Phiphi, et ça, j’suis pas censée l’accepter !

    — Bon, écoute… d’accord, on n’a pas été très réglos sur ce coup. Il n’empêche que je maintiens que ça ne te regarde pas ! Jusqu’à preuve du contraire, le rôle des Gardiens n’est pas de nous défendre, nous, Surnaturels. Et même si c’était le cas, de toute façon, personne ne voudrait de vous ici. Mais ce n’est pas le seul problème… (L’espace d’un instant, il hésite à poursuivre.) Il y a également que si tu t’en mêles, alors Théodore aussi.

    Les sourcils d’Elyza se haussent.

    — Et ?

    — Et ce n’est pas possible ! Théodore n’appartient pas à notre clan. Et puis tu sais bien ce qu’on pense des gars comme lui : on ne veut pas avoir affaire à eux !

    En réponse, Elyza lui adresse un regard noir qui le fait se tortiller. Il se tasse même un peu, dans l’attente d’un coup qui ne vient pas. À la place, Elyza se penche en avant et écrase sa cigarette dans le cendrier.

    — Je vais te dire, Phil. Si un jour j’apprends que l’un d’entre vous s’est amusé à lui manquer de respect, je le brise en deux. Pigé ?

    Philibert tire nerveusement sur son mégot avant de répondre :

    — Quand il vient, on se contente de le servir. Il paye, il prend, il se tire. Ça s’arrête là. Il te l’aurait dit, non, si on lui avait joué un sale coup ?

    Non, et c’est bien là le problème. Théodore ne dit jamais rien. Quand bien même chercherait-elle à lui tirer les vers du nez qu’il s’obstinerait à rester muet. Bien qu’ils soient amis, il reste Surnaturel et considère lui aussi que certaines choses ne la concernent pas… elle, la représentante de l’Ordre et de la société Naturelle.

    — Je vais aller rendre une petite visite à son altesse, décide-t-elle. Mais t’inquiète, je lui dirai pas que t’as moufté.

    Philibert esquisse un pauvre sourire.

    — Même si tu ne lui dis rien, il le saura de toute façon.

    Le plus triste étant qu’il a sans doute raison.

    Erwin Doe ~ 2017

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  • 15/07/2017

    Un peu de nouvelles ! :D

    D'abord le Camp Nano qui se passe bien, en fait... mieux que je ne le pensais... pour le moment, en tout cas, haha. J'ai terminé le 3ème épisode de Démone. Presque 12.000 mots. Et c'était plutôt amusant à écrire, héhé. Du coup, je vais poursuivre avec l'épisode 4. Ce serait cool que je puisse le terminer avant la fin du mois, histoire qu'il me reste un peu de temps pour le 4ème épisode du Petit chaperon rouge.

    Dimanche, j'ai posté la partie 10 de Ombre et... en toute logique, je devrais pouvoir poster la partie 11 ce dimanche ou lundi... ensuite... ça risque de devenir un peu compliqué. J'ai le sentiment qu'il me manque une ou deux scènes, mais je n'ai pas trop le temps de les écrire en ce moment. Et comme l'une devrait être la partie 12... ahem ! On verra !

    Pour Un long voyage j'ai terminé la première relecture/les premières corrections de l'épisode 5. Hum ! Un épisode qui se laisse relire un peu comme l'épisode 3, quoiqu'un peu plus bordélique sans doute. Je poursuis donc avec sa dernière relecture et attaqué la première relecture de l'épisode 6. Wah ! Je le vois bien, que j'en avais plus qu'assez de ce texte, au moment de son postage ! J'y trouve encore plus de coquilles, de phrases bizarres et de trucs "meh" que dans les autres épisodes. (°^°)

    Pour rester sur Un long voyage, on m'a informé qu'il a été nominé pour le Prix du Conteur, organisé par l'Allée des Conteurs. Je suis assez surpris, en fait... il me semble que ce texte avait déjà été nominé l'année dernière en catégorie "Univers alternatifs" et qu'il sera cette année nominé dans la catégorie "Coup de cœur".  Et ça me fait super plaisir. J'ai tellement peu confiance en ce que j'écris, et je suis tellement défaitiste vis-à-vis de ce texte, que le fait qu'il ait été nominé une deuxième me fait du bien au moral. Cela dit, maintenant je suis en train d'angoisser, parce que cette saloperie d'épisode 4 est encore en chantier et que j'ai donc la moitié du texte qui n'est pas encore tout à fait corrigée, haha !

    Aussi, j'ai oublié de parler de ma nouvelle, qui avait été acceptée par un éditeur. Hum... elle doit être disponible depuis environ un mois, maintenant, du côté du Labo de Walrus.

    D'ailleurs, vu comment j'ai douillé tout au long de son édition, je suis de moins en moins certain de vouloir publier d'autres textes via un éditeur. Attention ! Je ne suis pas DU TOUT en train de dire que ça s'est mal passé avec l'éditeur ! Vraiment pas !

    Par contre, ça s'est mal passé avec moi-même, ma dépression, mes angoisses, mes difficultés MONSTRUEUSES à communiquer avec autrui (Hello, ma phobie sociale, tu m'auras bien pourri ! :D), mes insomnies qui sont revenues, mon manque total de confiance, de recul, sans oublier d'autres saloperies... niveau cocktail toxique, ça se pose là... donc...

    C'est pas tant que je suis contre l'idée de tenter de nouveau ma chance auprès d'éditeurs, c'est surtout que moralement, je ne suis pas sûr de vouloir / pouvoir supporter encore toutes ces étapes. (Rien que le fait d'oser envoyer quelque chose, j'arrive à me le faire payer juste après.) D'autant qu'ici, on parle d'une nouvelle... j'imagine même pas dans quel état je finirais si je parvenais à faire accepter un texte plus long....... Bref ! J'y réfléchis... un peu... mais je suis plutôt à me dire que je suis bien, de mon côté, sur le net... que je ne me fais pas trop de mal, quoi, et que pour le moment, c'est surtout ce dont j'ai besoin.

    Cela étant, c'est une expérience que je suis content d'avoir tentée, car 1) je me posais tout un tas de question sur les étapes liées à l'édition via éditeur, 2) je voulais savoir comment je réagirais, 3) ça m'aura permis de découvrir un nouvel univers et de nouveaux personnages, que j'ai déjà hâte de pouvoir remettre en scène. (Oui, j'avoue, j'ai déjà pris tout plein de notes pour un projet de série... encore un. Je n'arriverai pas à m'en sortir, je crois. D:), 4) et puis j'aime beaucoup les éditions Walrus. Alors avoir la chance d'être publié chez eux, c'est chouette ! (Même si ma saleté de syndrome de l'imposteur est présentement en train de me souffler de sales trucs... :D)

     


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  • Épisode 1 : L'Ombre qui dévorait un cadavre

     

     10

    Avec l’arrivée de la nuit, le temps s’est considérablement rafraîchi. Mais contrairement à la plupart des passants, Elyza ne porte ni écharpe, ni manteau, leur préférant une simple veste. En vérité, voilà un moment maintenant que le froid n’a plus beaucoup d’emprise sur son corps, si ce n’est en cas de chute critique des températures, où elle peut s’accorder quelques frissons et, surtout, beaucoup de grognements.

    Il est tout juste vingt-deux heures et la grande majorité des Naturels locaux ont regagné la sécurité de leur habitat. L’heure est aux Surnaturels, mais aussi à la petite criminalité Naturelle et à un tourisme qui n’a fait que croître, au fur et à mesure que l’autorité des Brigades s’imposait sur ce territoire.

    Le quartier qu’elle traverse est de ceux qui ne s’animent qu’une fois la nuit tombée. Les commerces ne fermeront pas avant le petit jour et, bras dessus, bras dessous, des couples s’arrêtent devant les vitrines, gloussant parfois à la vue de spectacles inattendus.

    Au sein de ce tourisme virulent, beaucoup ne sont là que dans le seul but de trouver l’aventure. On les reconnaît facilement à leur regard enfiévré, mais aussi aux airs canailles qu’ils s’efforcent d’arborer, ou à leur désinvolture aussi factice que peu convaincante.

    Si la plupart repartiront sans qu’on ait agressé un seul de leurs cheveux, ils retrouveront les leurs avec la certitude triomphante d’avoir échappé à mille et un dangers. Seul un faible pourcentage, en vérité, connaîtra de véritables désagréments, car détroussés, victimes de quelques prostituées habituées à arnaquer le gogo, sinon de crapules.

    Mais si la criminalité existe bel et bien au sein de ce quartier, celui-ci se donne surtout des allures dangereuses. On offre au touriste ce qu’il est venu chercher : à savoir la compagnie de rebuts de la société, principalement Surnaturels. Et les récits qu’il fera de son excursion en terres « barbares » ne manqueront pas d’émoustiller ses proches en manque de sensations fortes, qui finiront tôt ou tard par venir traîner leurs savates dans le coin. Un petit jeu auquel le clan vampirique local est non seulement le meilleur, mais aussi le grand gagnant.

    Fort de son expérience quant aux moyens les plus lucratifs d’attirer le chaland, il a permis à ce quartier, autrefois parmi les plus pauvres, de s’enrichir, mais aussi de bénéficier d’une forme de sécurité.

    Car depuis que les vampires sont devenus les maîtres des lieux, les petites frappes et autres délinquants ne s’y risquent qu’avec prudence, conscients que plus d’un avant eux ont disparus de la circulation pour y avoir provoqué des troubles. Ce sans qu’on ne parvienne jamais ni à remettre la main sur leur cadavre, ni encore moins sur leurs agresseurs. Bien entendu, chacun ici connaît l’identité des coupables, mais sans preuves, difficiles de les incriminer et peu importe qu’ils soient Surnaturels.

    Au final de quoi, on impute le plus gros des problèmes de violence aux touristes, plutôt qu’à la mauvaise graine locale. Les arnaques, par contre, foisonnent, mais s’avèrent souvent trop subtiles ou trop bien orchestrées pour que les plaintes soient fréquentes.

    Elyza connait ce quartier comme sa poche. Elle y a suffisamment traîné pour être sensible au moindre de ses changements, aussi infime soit-il. Et c’est cette familiarité qui lui permet de noter la présence un peu trop visible d’elfes noirs.

    Les mains enfoncées dans les poches, elle en suit quelques-uns du regard et en reconnait deux ou trois. Le fait que des elfes noirs soient présents sur cette partie du territoire n’a rien de surprenant en soi. On rencontre cette sorte de Merveilleux à tous les coins de rue une fois la nuit tombée. Ce qui l’est, en revanche, c’est que les visages qu’elle identifie sont sous contrat avec la meute locale. Et ça, ça ! Ça, elle peut affirmer que ça pue drôlement.

    L’espace d’un instant, elle hésite à aller les aborder, mais songe qu’elle aura du mal à en tirer quoi que ce soit. Ils sont d’un naturel méfiant et suffisamment fidèles à Elios pour ne pas moufter, même sous la menace d’être envoyés quelques jours au frais, histoire de leur remettre les idées en place. Non ! Mieux vaut se renseigner auprès de personnalités plus malléables.

    Reprenant sa route, elle finit par repérer la voix de celui qu’elle cherche et se dirige dans sa direction. Face à la façade d’un établissement, une petite estrade, sur laquelle est perché un rouquin armé d’un haut-parleur. Il harangue la foule, lui promet une expérience hors du commun, une exhibition de Monstrueux, les plus belles Merveilleuses jamais vues, approchez, approchez, car les places sont limitées !

    De petite taille, il a les cheveux bouclés, les yeux verts et des tâches de rousseur qui jurent sur sa peau bien trop blafarde. Une connaissance vampirique qui répond au nom de Philibert.

    — Hé ! fait-il en abaissant son haut-parleur. N’est-ce pas la Gardienne que je vois là ? Ça faisait un moment, dis donc !

    — Salut Phil. Toujours rabatteur, à ce que j’vois ?

    Son interlocuteur écarte les bras.

    — Qu’est-ce que j’y peux si William n’arrive pas à m’encadrer ? Je suis pourtant pas son pire élément. Je travaille dur, moi, pas comme certains qui se la coulent douce derrière leur bureau. Mais tu crois que ça suffit ? Rien du tout ! Tiens, s’il le pouvait, je suis sûr qu’il me chasserait.

    — On se demande bien pourquoi…

    Philibert prend un air blessé et porte une main à l’emplacement de son cœur.

    — Héla ! Tu vas pas t’y mettre toi aussi ? Je te rappelle que c’est en partie de ta faute s’il m’a dans le collimateur. (La surprise apparaît sur son visage.) Attends un peu ! Mais c’est vrai, ça ! (Comme la méfiance gagne son expression, il s’enquiert :) Qu’est-ce que tu me veux ?

    Satisfaite qu’il comprenne aussi vite, Elyza lui offre un large sourire.

    — Un petit service à te demander… rien de bien méchant… juste quelques renseignements.

    La panique submerge son interlocuteur, qui jette un regard inquiet autour de lui.

    — Sans moi ! William me le fera payer s’il apprend que je t’ai encore rencardé sur nos affaires.

    — Je t’ai même pas encore dit ce que je voulais…

    — Peut-être, mais je te connais. Si tu viens me trouver, c’est certainement pas pour que je te file des infos sur les elfes du quartier voisin. Non, rien à faire, je marche pas !

    Les lèvres d’Elyza prennent une courbe cynique.

    — Tu sais quoi ? Tu fais drôlement bien de me causer d’elfes, parce que c’est justement eux qui m’intéressent. Et pas n’importe lesquels, hein ? Ceux de chez Elios. Me dis pas que t’as pas remarqué qu’ils grouillent dans le coin !

    Comme elle plonge son regard dans celui du vampire, celui-ci vacille, avant de se reprendre. À son tour, il lui offre un sourire qui dévoile des crocs un peu trop longs.

    — Qu’est-ce que tu vas encore t’imaginer ? On manque d’elfes noirs, en ce moment. Les clients en raffolent, alors quand on est un peu à court, Elios nous envoie quelques gars.

    — C’est ça ! Sacré associé, Elios, hein ? Le cœur sur la main, toujours prêt à faire un geste. Z'avez jamais pensé à lui demander de vous faire des exhibitions de lycanthropes ? Non parce que ça, sérieux, ça devrait drôlement plaire à vos pigeons !

    Philibert détourne le regard, juste le temps d’encaisser le sarcasme et de se modeler un visage intéressé.

    — Hé ! Mais tu sais que c’est une sacrée bonne idée, ça ? Faudrait que j’en parle à William, tiens. Je suis sûr que ça va lui plaire.

    — C’est bon, Phiphi, arrête ton char.

    — Elyza, je te l’ai déjà dit, mais ta manie de raccourcir les noms est énervante. Il faut vraiment que tu arrêtes avec ça !

    Elle lui donne une tape sur l’épaule.

    — J’y penserai ! En attendant, fais-moi le plaisir de cracher ta pilule. Je connais Elios mieux que vous tous. Pas du tout le genre à envoyer ses gars jouer les phénomènes de foire, encore moins gratos. Il a une image à tenir, tu piges ?

    — Je sais que tu n’y penseras pas. Tu n’y penses jamais. À chaque fois, tu me dis que tu le feras et tu continues quand même.

    — Ça s’appelle essayer de noyer le poisson, Phil.

    Philibert ouvre la bouche pour protester, hésite, puis la referme. Finalement, un soupir lui échappe.

    — Écoute…, dit-il en se penchant dans sa direction. C’est nos affaires, d’accord ? Ça ne concerne absolument pas l’Ordre, alors…

    — Laisse-moi le privilège d’en juger, le coupe Elyza, ce qui fit naître une lueur d’agacement dans le regard de son interlocuteur.

    — Tu vas jamais me foutre la paix, hein ? crache-t-il en se redressant.

    — Tu me connais ! Avoir les autres à l’usure, c’est ma spécialité.

    Une spécialité que Philibert a souvent eu à expérimenter. Sans doute un peu trop au goût de sa victime, mais franchement, Elyza n’en éprouve aucun remord. C’est de sa faute, après tout. Il faut toujours qu’il joue aux fortes têtes, à croire qu’il est incapable d’apprendre de ses erreurs.

    — Tu me mets dans une situation pas possible…

    Elle hausse les épaules.

    — Qu’est-ce que tu préfères ? Me dire ce que je veux entendre et avoir la paix, ou bien que j’aille baver chez William à propos d’un petit malin qui s’amuserait à faire les poches aux clients ? Entre nous, je pense pas que sa seigneurie apprécierait d’apprendre que ses problèmes de pickpocket sont une infection interne.

    Elle voit la fureur embraser le regard de Philibert et son visage se crisper en un masque hostile. Les mains dans les poches, elle hausse un sourcil, l’air de dire qu’elle attend. Mais malgré son apparente décontraction, elle reste sur ses gardes, prête à s’éloigner en cas de problème. Car tout avorton qu’il puisse être, Philibert n’en demeure pas moins l’heureux détenteur d’une force supérieure à celle de n’importe quel Naturel. Et le problème, avec les vampires, c’est leur perte de contrôle. Brutales, involontaires, mais dévastatrice.

    Philibert finit néanmoins par prendre sur lui. Plus calme, quoique toujours tendu par l’exaspération, il siffle :

    — Combien de temps est-ce que tu vas me faire marcher avec ça ? Ça remonte à quatre ans. J’ai changé depuis !

    — Changé, mais pas complètement arrêté… à ce que j’en sais.

    Le regard de Philibert se fait lourd de reproche. Toutefois acculé, il capitule :

    — Bon, écoute… si tu me promets de…

    — Je promets rien du tout. Accouche !

    — T’es vraiment chiante, tu sais ça ?

    Puis, après s’être assuré que personne ne fait attention à eux, il se penche de nouveau dans sa direction et lui souffle :

    — D’accord, c’est bon, je vais te raconter. Mais pas ici ! Je vais demander à prendre une pause. Va m’attendre à l’arrière, je te ferai entrer par la porte de service.

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  • 05/07/2017

     

    J'aurais terminé la relecture de l'épisode 3 plus trop que prévu. *Fier* (Oui, qu'on me laisse être fier, pour une fois ! :D) Du coup, j'ai attaqué l'épisode 4 d'Un long voyage. Les deux premières parties sont terminées, le deux suivantes n'attendent qu'une dernière relecture et..... après, c'est là où je vais méchamment bloquer parce que le reste de l'épisode est ou incohérent, ou pas crédible, hahahahaha ! (Je la sens, la galère de l'épisode 2 s'abattre de nouveau sur mes épaules.)

    Donc, à mon avis, je vais terminer les deux parties qui vont bien, puis laisser l'épisode 4 de côté jusqu'à août... et le remplacer en attendant par l'épisode 5. Parce qu'après réflexion, j'ai quand même pas été très fin de bloquer aussi longtemps sur l'épisode 2 et de ne pas m'attaquer aux épisodes suivants à la place, histoire de prendre de l'avance.

    Bref !

    Sinon, j'ai bien attaqué le Camp Nano, mais je sens que vu mon moral de plus en plus incertain, ça va pas être spécialement la joie. J'ai commencé par l'épisode 3 de Démone. Un épisode assez amusant, histoire de se remettre dans le bain. Je vais essayer d'écrire au minimum 1000 mots / jour, 5 fois / semaine. Et si je me sens la motivation le week-end, écrire ce qui me vient et ne pas me prendre la tête avec un compteur.

     


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  • 01/07/2017

     

    Eeeeeet voilà ! Épisode 2 enfin relu et modifié. Raaaaah, oui ! \0/

    Après le Grand monsieur qui prend fin, c'est au tour de cet épisode de me foutre enfin la paix. Honnêtement, je me sens comme libéré. Ok, il m'en reste encore 4 à retravailler avant de pouvoir espérer proposer la saison 2 d'Un long voyage, mais... que le calvaire de l'épisode 2 soit derrière moi est un poids monstrueux en moins sur mes épaules. Bref, je suis joie !

    Je suis d'autant plus joie que j'ai dans la foulée attaqué l'épisode 3. 'fectivement, comme je le pensais, il va être beaucoup plus simple à corriger. La première partie est déjà terminée. Encore 3 et je pourrai passer à l'épisode 4.  Et parce que je suis un peu impatient, je pense que je vais bosser dessus demain... enfin, on est presque demain, maintenant, mais bon, tant que je n'aurai pas dormi, ce ne sera pas encore le lendemain pour moi. Bref !

    Il va aussi falloir que je bosse sur mon Camp Nano... peut-être profiter du week-end pour relire mes notes et commencer à rassembler mes idées... je vais voir. En tout cas, j'espère ne pas trop me foirer... ou, plutôt, que ma dépression va continuer de me foutre la paix. Non, sérieux, ce serait cool ! (°A°)

    Avec ça, partie 9 d'Ombre postée. Ouais, j'aimerais bien garder un rythme d'une partie / semaine... mais avec le Camp Nano, je ne sais pas encore vraiment si ce sera possible ce mois-ci. En tout cas, plus j'avance dans sa relecture, plus j'ai hâte d'attaquer sa suite.


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  • Épisode 1 : L'Ombre qui dévorait un cadavre

     

        9

    — L’immigration, tu dis ?

    Elyza fronce ses sourcils. L’oreille collée au combiné du téléphone, elle écoute Jonathan lui faire son rapport. À l’extérieur, le soleil se couche. Elle n’est toutefois debout que depuis peu, ayant dormi une bonne partie de la journée.

    Distraitement, elle s’enfonce le petit doigt dans l’oreille gauche et commence à se la curer. À l’autre bout du fil, Jonathan s’embarque dans une série d’hypothèses embrouillées qu’elle a du mal à suivre. Il est bien mignon, le p'tit John, mais elle ne le paye pas pour jouer aux détectives !

    — John ! Hé, Johnny ! Laisse ça de côté, tu veux ? Dis-moi simplement si Bébert avait décidé d’un plan d’attaque pour remettre la main sur cette saloperie ?

    Comme Jonathan se met à bredouiller et n’en devient que plus difficile à comprendre, ses sourcils se froncent davantage. Elle finit par saisir qu’il n’a pas pensé à poser la question, mais qu’il lui semble que, pour le moment, les Brigades n’ont pris aucune décision concrète à ce sujet.

    — Bon, écoute, laisse tomber ! Demain, même heure, tu retournes voir notre ami et tu lui lâches pas la grappe tant qu’il t’aura pas tout balancé. Comment ? Ouais… nan, en fait. T’auras qu’à me téléphoner pour me raconter tout ça. Je te dirai à ce moment-là si j’ai autre chose pour toi. C’est ça, bonne soirée mon p’tit John.

    Elle raccroche, puis croise les bras. L’air quelque peu contrarié.

    Tout ça, à vrai dire, n’est pas très encourageant. À moins que le destin veuille bien les faire tomber nez à nez avec la coupable, leur seul espoir repose sur le C.E.S. Et si celui-ci ne leur trouve rien dans ses archives, alors, vraiment, ils pataugeront dans la merde.

    Elle se passe une main sur le visage et gagne la pièce voisine. Des bruits lui parviennent depuis la salle de bain, signe que Théodore est levé.

    Dans la cuisine, elle se prépare un repas sommaire, à base de café et de tartines au miel. Dans le frigidaire, elle trouve également un yaourt. Le dernier, qui trône au milieu de petites bouteilles en verre remplies d’un liquide rouge : les provisions de son colocataire. Elles encombrent presque toutes les grilles du frigidaire, si bien qu’Elyza a de plus en plus de mal à trouver de la place pour ses propres aliments. Elle renifle. Un de ces quatre, il faudra qu’elle lui en touche deux mots…

    Elle s’installe tout juste à table quand Théodore la rejoint. Les cheveux encore humides, une serviette sur les épaules pour éviter de mouiller sa chemise, il adresse un regard désapprobateur à son repas.

    — Si tu m’avais demandé, je t’aurais préparé quelque chose.

    La bouche déjà pleine de ses tartines, Elyza se lèche les doigts, en même temps qu’elle pousse un grognement. Ce qui, chez elle, possède un panel de traductions assez étendu, allant de « va te faire foutre » à « Ouais, t’as raison ». Dans le cas présent, elle lui fait savoir que ça lui est égal, mais aussi qu’il l’emmerde à jouer les petites ménagères. Théodore a la présence d’esprit de ne pas insister.

    Après un dernier regard désapprobateur, il passe dans la cuisine. Il y a un bruit de porte qui s’ouvre, de verres qui s’entrechoquent, puis de porte qui se referme. L’instant d’après, il s’installe à table avec, à la main, l’une de ses encombrantes bouteilles. Il la dépose devant lui, sans faire toutefois mine de l’ouvrir. À la place, il se met à la fixer. D’abord quelques secondes, qui ne tardent pas à lorgner vers la minute. Et dans l’expression, un soupçon d’absence.

    Comme le silence s’éternise entre eux, Elyza cesse de se bâfrer pour l’observer. Puis, comme il ne réagit toujours pas :

    — Un problème, Théo ?

    Le regard qu’il tourne dans sa direction est vide. Affreusement vide. Elle cligne des paupières, tandis qu’une pointe de nervosité vient la chatouiller. L’instant d’après, une étincelle de vie s’allume dans les yeux sombres de Théodore.

    — Je te demande pardon ?

    — Ton truc, là. (D’un geste du menton, elle lui désigne la bouteille.) Tu comptes l’attaquer un jour ?

    Elle s’efforce de paraître calme, mais en vérité il commence à l’inquiéter. Pourtant, il paraît stable ces derniers temps. Un peu morose à cause de l’intrusion de Jonathan dans leur quotidien, mais rien d’alarmant.

    Théodore a un hochement de tête qui se veut affirmatif, sans toutefois faire de geste en direction de son repas. Et alors que la nervosité d’Elyza gagne en intensité, il pousse un soupir et s’enquiert :

    — Est-ce que tu comptes nous imposer la présence de cet imbécile ?

    Elle sent la boule qui s’est formée au niveau de sa gorge se résorber. C’est donc ça ! Il fait juste la tête !

    Sa tranquillité revenue, elle touille son café et ne peut s’empêcher d’avoir un sourire en coin.

    — C’était pas prévu que tu m’accompagnes, dis !

    — Je ne le ferai pas, mais je n’ai pas envie de le voir débarquer ici. Pas ce soir. C’est déjà assez pénible de le savoir en ta compagnie, alors si en plus je dois le supporter chez nous…

    — Qu’est-ce que tu me fais là, mon p’tit Théo ? Une crise de jalousie ?

    Comme l’expression de Théodore s’assombrit, elle devine qu’elle a visé juste. Elle s’accorde un ricanement et porte sa tasse à ses lèvres, avant de grimacer. Trop chaud !

    Les joues gonflées, elle souffle sur le liquide noirâtre dont la surface se met à onduler. En silence, Théodore se saisit de son repas et jette sur la table le bouchon qui le scellait. Il porte le goulot à ses lèvres quand Elyza lui apprend :

    — Au fait, Johnny m’a appelée.

    Nouvelle à laquelle il ne se donne pas la peine de répondre. Elle poursuit :

    — Selon Bébert, on pourrait avoir affaire à une créature débarquée avec l’immigration. Une bonne femme du quartier – tu sais, du quartier du crime, j’veux dire – aurait eu la visite d’une nana au milieu de la nuit. Du genre en pleine panique, mais dont elle a pas été foutue de biter un mot. Bref, elle lui a pas ouvert et Bébert doit penser qu’elle a eu plus de chances avec nos victimes.

    Toujours sans répondre, Théodore repose sur la table la bouteille, à présent vide. Il a le regard dilaté et tremble légèrement. Elyza sait qu’il peut se révéler dangereux quand il s’alimente, aussi se tient-elle sur ses gardes. Son expression, toutefois, ne laisse rien transparaître de son trouble et ce n’est qu’une fois certaine qu’il ne perdra les pédales qu’elle conclut :

    — Et si tu veux tout savoir, j’ai filé sa soirée au p’tit John.

    Suite à quoi, elle trempe les lèvres dans son café et esquisse un sourire satisfait. Tiède !

    Tout en sirotant sa boisson, elle continue de surveiller Théodore du coin de l’œil. Les paupières mi-closes, la main soutenant sa tête, celui-ci semble ailleurs. Elle songe que si Jonathan doit devenir un habitué des lieux, il lui faudra le mettre en garde contre certaines petites particularités de son colocataire. Elle le sait opposé à cette idée, mais ils ne pourront pas y couper. La prochaine fois, Barnabé ne se montrera pas aussi clément !

    Non sans aigreur, elle songe à quel point c’est décevant de n’avoir attiré qu’un Naturel dans ses filets. Avec un Surnaturel, elle n’aurait pas autant de soucis à se faire…

    Quand Théodore revient enfin à lui, elle est retournée ses tartines. Il se passe les doigts dans ses boucles sombres et dit :

    — Ça fait un moment que nous n’avions pas eu d’affaire comme celle-là.

    — Ouais, et c’est franchement pas du meilleur goût question publicité. C’est que t’as pas encore vu ce que raconte la presse. Ils s’en donnent à cœur joie, ces cons !

    Sans un mot, Théodore se lève et se dirige en direction du coin salon. Sur la table basse, les journaux du jour. Et en une, l’inévitable triple meurtre qui les occupe. Il les feuillette rapidement et se désole de leur caractère à sensation. Entre deux lignes, certains n’hésitent pas à ressortir d’autres affaires violentes allouées aux Surnaturels, tandis que d’autres lapident sans vergogne les Brigades spéciales et le C.E.S. On fait également état des réactions que l’affaire a suscité en haut lieu et, sans surprise, les commentaires les plus virulents émanent de l’Ordre.

    — Ce matin, reprend Elyza, j’ai dû foutre à la porte trois de ces fouineurs. Y voulaient m’interroger, qu’ils disaient. J’ai dû débrancher le téléphone avant d’aller me coucher. (Elle termine son café et repose sa tasse.) Si j’étais toi, j’éviterais d’ouvrir les bureaux ce soir.

    Théodore se tourne vers elle.

    — Tu penses qu’ils vont revenir ?

    — Y a des chances. J’ai entendu que ça frappait dans l’après-midi. Toi, t’as le sommeil lourd, mais moi… j’ai bien pensé à aller pousser une gueulante, mais au final, j’ai eu trop la flemme de me lever. Z’ont fini par partir, mais tu connais ce genre de loustiques ! L’en faut beaucoup pour les décourager.

    Théodore acquiesce. Il est en effet plus sage de rester fermer cette nuit. De toute façon, ce n’est pas comme si l’on venait frapper à leur porte toutes les nuits… en six mois, leurs bureaux n’ont accueilli que deux ou trois visiteurs spontanés. Depuis que les Brigades se sont imposées dans le coin, les gens préfèrent frayer avec eux plutôt qu’avec l’Ordre. Ça n’a pas été toujours ainsi, bien sûr, et par le passé, ceux qu’Elyza a remplacés taillaient souvent le bout de gras avec la populace. Le fait qu’ils se donnent encore la peine d’ouvrir tient plus de la forme, que d’une réelle certitude quant à l’utilité de la chose.

    — Tu veux que je cherche de mon côté ?

    — J’sais pas, lui répond-elle en plissant les paupières. Tu te sens d’attaque pour ça ? J’veux dire… je serai sans doute trop loin pour intervenir en cas de pépin.

    — Je me sens parfaitement bien.

    Elle hésite une seconde ou deux, mais pas davantage. Elle ne veut pas qu’il s’imagine encore qu’elle ne lui fait pas confiance. Enfin… d’une certaine façon, si, bien sûr. Elle préfère se montrer prudente. Mais… d’expérience, elle sait qu’elle doit éviter de le lui manifester trop clairement.

    Finalement, elle opine du chef.

    — Alors vas-y ! Commence donc par aller jeter un œil du côté de la rue du crime. Avec un peu de chance, tu arriveras à dénicher quelque chose qui nous aura échappé…

    Quant à elle, elle a une petite affaire à régler.

    Erwin Doe ~ 2017

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  • Épisode 2 : Mille-Corps (Fin)

    Partie 8

     

    18

    Mirar et les siens furent arrêtés.

    Peu désireuse d’endosser la moindre responsabilité dans cette affaire, Dolaine les avait vendus aux premiers soldats qui s’étaient présentés sur la place, leur racontant tout… ou presque. La découverte du sacrifice, l’invocation et, en modifiant quelques détails, parvint à faire croire que la cause du désastre incombait à la seule incompétence de Mirar.

    « Non mais vraiment ! Se prétendre mage et ne pas être capable de tracer son cercle d’invocation correctement. Si ça, ce n’est pas se moquer du monde ! »

    Et pour la soutenir, toute une foule pendue à ses lèvres et prête à jurer que la Poupée s’était dressée courageusement face au démon – à la différence du mage qui n’avait été d’aucune utilité dans la résolution de cette histoire. L’imagination s’en mêlant, certains allèrent jusqu’à soutenir que Dolaine avait combattu la créature et que c’était sans aucun doute à son acharnement qu’ils devaient la disparition de cette dernière.

    Après ces témoignages accablants, on ne laissa même pas le temps à Mirar de reprendre connaissance avant de le menotter et de l’emporter. Puis Dolaine avait conduit les autorités au repaire de ses complices où elle avait retrouvé Romuald, ainsi que son sac à main.

    À leur arrivé, ce dernier attendait près de l’entrée de la maison. Les deux propriétaires se trouvaient encore à la cave et seul le portier avait pu prendre la fuite avant leur arrivé – une chance pour lui, car ses patrons n’en étant pas à leur premier forfait, la justice aurait pu oublier de se montrer clémente à son égard.

    Bien sûr, on chercha à savoir comment la Poupée et son compagnon s’étaient retrouvés au milieu de cette histoire. Et si Romuald demeura muet, un sentiment de panique montant en lui, Dolaine ne s’était pas démontée. Avec une sincérité convaincante, elle avait expliqué comment le mage les avait détroussés, leurs difficultés pour lui remettre la main dessus, sans oublier de remettre une couche sur leur intrusion dans la cave au moment exact où les choses y tournaient mal.

    « Vous comprenez, je ne pouvais pas laisser ce démon tuer Mirar avant que nous ayons pu récupérer notre argent, aussi… eh bien, j’ai laissé Romuald derrière moi pour surveiller les deux autres et je l’ai pris en chasse. »

    De son côté, l’accusé chercha à se défendre. Il donna sa version des faits, assurant à cor et à cri que si son sort avait dégénéré ce n’était en aucun cas de sa faute, mais… dommage pour lui, on n’était pas vraiment décidé à l’écouter. Mille-Corps tenait des coupables parfaits et, pour les autorités locales, c’était bien tout ce qui importait.

    Quant à leur bagage ? Mirar l’avait laissé dans une chambre d’hôtel, louée à proximité de lieu où vivaient ses complices. Les soldats envoyés sur place rapportèrent tout ce qu’ils y trouvèrent et, après une brève inspection, on accepta de leur rendre leur bien.

    Là-dessus, Dolaine et Romuald avaient quitté le poste, mais pas avant d’avoir vu le mage bondir hors du bureau où il était interrogé pour se jeter sur eux. Si on le ceintura et le maîtrisa aussitôt, il eut tout de même le temps de leur jurer qu’ils lui payeraient ça. En réponse, la Poupée lui offrit un haussement d’épaules, avant de lui tourner le dos.

    À l’extérieur, les ténèbres recouvraient Mille-Corps.

    — Que faisons-nous de ce sac ?

    Dolaine se tenait accroupie au milieu de la charrette, entourée par leurs achats – notamment des vivres – et leurs bagages. La matinée étant à présent bien avancée, et leur départ imminent, elle s’assurait qu’il ne leur manquait rien. Romuald, qui l’avait questionnée, avait en main le sac de Mirar.

    Sa valise ouverte, elle leva les yeux dans sa direction et fronça les sourcils. Une bonne nuit de sommeil au chaud, quelques infusions achetées à l’apothicaire du coin et deux repas copieux, avaient suffis pour apaiser son rhume. Sa gorge la démangeait encore de temps à autre, et son nez bouché lui donnait une voix de caneton, mais rien de comparable avec son inconfort de la veille.

    — Que voulez-vous que nous en fassions ? Jetez-le, ça nous débarrassera.

    Là-dessus, elle renifla, referma sa valise et sauta au bas de la charrette. L’air pensif, le vampire fixait le bagage du mage, que même les autorités n’avaient pas cherché à récupérer.

    — Je ne sais pas si c’est une très bonne idée. Après tout, rien ne nous dit que nous ne le croiserons plus jamais.

    — Parce que vous comptez lui rendre visite en prison ?

    Son ton était moqueur, mais Romuald prit sa question au premier degré.

    — Bien sûr que non, fit-il en jetant le sac aux côtés du reste de leurs possessions. Seulement, il finira bien par être libéré et je pense qu’il appréciera de récupérer son bien.

    Dolaine leva les yeux au ciel.

    — Romuald… à moins que vous ne cherchiez vous-même à le revoir, je doute fort qu’il puisse un jour retrouver notre trace. Et quand bien même, ajouta-t-elle en écartant les mains, je ne crois pas que ce qui se trouve là-dedans soit suffisamment précieux pour qu’il se donne la peine de remuer ciel et terre pour le récupérer.

    — Vous avez sans doute raison… toutefois… !

    Toutefois, elle voyait bien qu’il hésitait. Avec un soupir, elle alla prendre place sur le siège conducteur. Le chat du désert, reposé et le ventre plein, était couché, son museau posé sur ses grosses pattes.

    — Vous savez, rien ne vous empêche de le garder. Seulement, je vous préviens qu’il n’est pas question que je m’en encombre : vous en serez responsable et vous le transporterez vous-même !

    Puis, pour s’assurer qu’il avait compris :

    — Nous sommes bien d’accord ?

    Il approuva d’un signe de tête.

    — Nous sommes bien d’accord.

    Cela entendu, il monta à l’arrière du véhicule et prit place dans le coin le plus proche de sa compagne. Cette dernière, qui tenait déjà les rênes, se contorsionna pour saisir son sac à main. À l’intérieur, elle trouva sa boussole – qu’elle posa sur ses cuisses, ainsi que son mouchoir – qu’elle porta à son nez pour se moucher.

    — Au fait, commença-t-elle, en roulant en boule son mouchoir dans sa main, comment avez-vous appris la magie ?

    La veille, au cours de leur dîner, Romuald lui avait expliqué de quelle façon il avait mis fin à l’invocation. Bien trop épuisée pour s’en étonner, elle s’était contentée de le féliciter. Mais à présent, la chose lui semblait plutôt incroyable.

    — Vous vous souvenez que je vous ai dit que les miens m’apportaient régulièrement de la lecture ? (Et comme elle approuvait, il poursuivit :) Ils ne se souciaient pas vraiment de savoir ce qu’ils emportaient avec eux. Je crois qu’ils prenaient un peu tout ce qui leur tombait sous la main, de fait que, dans le lot, je me suis retrouvé avec plusieurs grimoires. Et comme je n’avais rien de mieux à faire, je me suis mis à les étudier.

    Les sourcils de Dolaine se haussèrent.

    — Alors les vampires sont capables de pratiquer la magie ?

    — Pas tout à fait, la détrompa-t-il. En vérité, nous ne sommes pas compatibles avec cet art. Mais… enfin… vous savez, comme je suis un peu différent des miens, j’imagine que le sang de la goule m’a permis de développer quelques aptitudes dans ce domaine.

    — Oh…

    — D’ailleurs, je suis très loin d’être doué… je ne le suis même pas du tout. Il m’est impossible de lancer le moindre sort et pourtant je me suis donné du mal pour y parvenir.

    — Alors comment expliquez-vous que vous soyez parvenu à briser ce Cercle ?

    Il eut un air piteux.

    — J’ai bien peur qu’il n’y ait rien d’exceptionnel là-dedans. N’importe qui capable de lire un grimoire et possédant une compatibilité, même faible, avec la magie pourrait en faire autant.

    — Même moi ?

    — Même vous… à condition, bien sûr, que vous compreniez comment ces choses-là fonctionnent.

    Le regard qu’elle lui adressa le fit se crisper. Elle laissa échapper un « Mhh » songeur, avant de se détourner.

    — Quel dommage…, soupira-t-elle.

    Et, tout en faisant claquer ses rênes, elle songea avec une certaine déception : Ça lui aurait fait plaisir de recevoir la visite d’un mage, pour changer…

    Erwin Doe  ~ 2014

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  • 30/06/2017

     

    Hop ! Du coup, je devrais pouvoir poster l'épisode 2 d'Un long voyage ce week-end.  Plus que la dernière scène à retravailler puis à relire. Je suis joie ! :D Et donc, je ne commencerai le Camp Nano que mardi, je pense. Ou lundi, si vraiment je me sens motivé... on verra ! :3

    Quoi d'autre ? Oui ! Logiquement arrivera également ce week-end la 9ème partie d'Ombre. Aussi, j'ai terminé le 1er jet de la nouvelle que j'avais en cours... et pour laquelle je n'ai encore aucune idée de titre ! Je vais maintenant la laisser moisir un peu et j'attaquerai sans doute son 2ème jet après l'été. Héhé ! Je commence doucement à retrouver un bon rythme. J'espère que ça va continuer comme ça !

    Avec un peu de chance, j'aurai le temps en juillet de revoir également l'épisode 3 d'Un long voyage. Ensuite, août... épisode 4... hum ! Il va me demander un petit peu de travail celui-là. Dans l'idéal, j'aimerais aussi commencer à revoir l'épisode 5, mais... je préfère ne pas trop me charger. D'ailleurs, je me demande bien sur quoi je vais bosser en août... le 2ème jet de La sorcière des nuits d'halloween ? Ou bien plutôt celui du premier épisode de la saison 2 d'Un long voyage ? Je suis bien partant pour ce dernier... mais bon, comme d'habitude, ça va dépendre de mes envies et de ma motivation du moment. -w-


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  • Épisode 1 : L'Ombre qui dévorait un cadavre

    8

    De l’extérieur, le quartier général des Brigades Spéciales est un grand bâtiment grisâtre. Construit sur deux étages, des barreaux se dessinent à chaque fenêtre. Près de la porte à deux battants, un écriteau suffisamment discret pour qu’on puisse passer devant sans y prêter attention. Dessus, quelques mots : Brigades Spéciales – Bureau 1.

    En ce qui le concerne, Jonathan l’a bien en visuel. De l’autre côté de la rue, il hésite. S’imposer auprès de ce Barnabé, un inspecteur, alors qu’il n’est rien… et peut-être moins que rien… ça a quelque chose d’inconfortable, et même d’humiliant.

    La veille, Elyza lui a assuré qu’annoncer venir en son nom suffirait pour qu’on l’introduise dans le bureau du concerné. Et si d’aventure, il tombait sur un têtu, alors une petite gueulante permettrait – toujours selon ses dires – aux choses de rentrer dans l’ordre.

    « Simple comme bonjour, Johnny ! »

    Il la revoit encore lui tapoter le bras, sûre d’elle, et lui glisser un horaire où il aurait le plus de chance de coincer Barnabé. Néanmoins, il doute de parvenir aux résultats promis et n’estime qu’à quelques minutes le temps nécessaire à son interlocuteur pour le mettre à la porte.

    À supposer, bien entendu, qu’on le laisse approcher de l’inspecteur.

    Désireux d’échapper à cette corvée, Jonathan n’avait pas manqué de faire remarquer à Elyza qu’il lui suffirait d’un appel pour obtenir les informations désirées. Solution plus facile, mais aussi plus rapide pour tout le monde. Proposition qui avait reçu un refus catégorique. Par téléphone, lui avait-elle répondu, on ne pouvait pas provoquer la même pression. Et puis, ce serait donner l’opportunité à Barnabé de lui raccrocher au nez. Elle refusait de lui offrir ce plaisir.

    Comme il se décide à passer la porte, il pénètre dans un hall d’accueil silencieux et mal chauffé. Derrière le poste d’accueil, une femme à la peau noire que Jonathan n’a aucun mal à reconnaître. À son entrée, elle repose son livre et il peut lire dans son regard qu’elle le reconnaît également. Sur sa poitrine, un badge avec un nom : MONTANTIN.

    — Vous êtes là pour l’inspecteur Barnabé ?

    Une question lancée pour la forme, car il devine à son attitude qu’elle doute qu’il puisse être là pour autre chose. Visiblement, on s’attendait à sa visite.

    — Oui… heu… peut-il me recevoir ?

    — Vous le trouverez dans son bureau. (Puis, avec un geste de la main.) Prenez le couloir du fond et ce sera la dernière porte sur votre gauche.

    Il la remercie avant de se diriger en direction du couloir indiqué. Là, il longe deux rangées de portes, parfois closes, d’autres fois ouvertes sur un bureau, avant de parvenir à celui qui l’intéresse. Il y frappe et, comme on l’invite à entrer, sa main se pose avec nervosité sur la poignée.

    La pièce qui l’accueille est presque rutilante de propreté. Sur le bureau, rien ne traîne, chaque objet semble posséder sa place propre et immuable, ce jusqu’à la machine à écrire qui trône à la gauche du plateau. Il y règne un tel degré de maniaquerie que même la tasse vide abandonnée près du pot à crayons ne paraît avoir été placée là qu’après une longue réflexion de la part de son utilisateur. Et au milieu des effets professionnels, un cadre photo, ainsi qu’un cendrier parfaitement propre.

    Les murs sont blancs, nus, seulement décorés d’un calendrier. Deux gros meubles d’archives siègent dans le fond de la pièce, juste derrière le bureau. Et partout, cette odeur de produit nettoyant.

    — Je craignais qu’elle ne vienne en personne me casser les pieds, le salue Barnabé à son entrée.

    L’homme est installé derrière son bureau, les mains jointes devant lui. Troublé par cet accueil, Jonathan bredouille :

    — Heu… je… désolé.

    — Il n’y a pas de quoi. À moins que vous ne soyez encore plus pénible qu’elle, ce dont je doute, je me réjouis qu’elle vous ait délégué cette tâche. (Puis, avec un plissement de paupières :) John… c’est ça ?

    — Jonathan, rectifie-t-il. Jonathan Owan.

    Dans le regard de son interlocuteur, une lueur de compassion s’allume.

    — Je vois… vous vous y ferez. En comparaison de ses autres manies, celle-ci est la plus supportable. (Avec un geste de la main.) Asseyez-vous.

    Tout en s’installant dans le siège dédié aux visiteurs, Jonathan se sent terriblement gauche et déplacé. Le regard fixe de son interlocuteur accroît son malaise. Des yeux gris, scrutateurs et peu chaleureux, semblables à ceux d’un prédateur étudiant sa proie.

    Les mains de Barnabé sont longues, aux ongles courts et parfaitement entretenus. Malgré leur aspect fragile, elles n’ont rien de rassurantes tant elles conviendraient mieux à un cadavre.

    — Vous avez de la chance. Un peu plus et je m’apprêtais à partir, lui fait savoir Barnabé.

    — Elle m’avait dit que je pourrais vous trouver ici, juste après l’heure du déjeuner…

    — Alors la prochaine fois, pensez à venir un peu plus tôt. Je savais qu’elle viendrait aujourd’hui, alors j’ai patienté un peu plus longtemps. Je regrette, mais je ne vais pas avoir beaucoup de temps à vous accorder. (Et avant que Jonathan ne puisse formuler le moindre mot, il enchaîne en faisant glisser vers lui un tas de feuilles jointes entre elles par un trombone.) Cela étant dit, vous serez sans doute heureux d’apprendre que vous ne vous êtes pas déplacé pour rien. Nous avons recueilli quelques éléments qui pourront… un problème, monsieur Owan ?

    Face au froncement de sourcils de son interlocuteur, Jonathan comprend qu’il a laissé transparaître sa surprise. D’une main, il se masse la nuque.

    — Eh bien, c’est-à-dire… je ne pensais pas que ce serait aussi simple. Enfin, vous comprenez, elle m’avait dit…

    C’est avec un étonnement non feint que Barnabé le contemple à présent. Et comme Jonathan, qui se sent stupide, ne termine pas, il l’encourage :

    — Oui, continuez…

    Le rouge lui montant aux joues, Jonathan a un haussement d’épaules.

    — Ce n’est rien… vraiment, c’était stupide de ma part. Elle m’avait laissé entendre que vous pourriez ne pas être très coopératif. Alors je m’étais imaginé…

    — Que vous auriez dû me tirer les vers du nez ? (Et face au silence coupable de Jonathan, Barnabé poursuit :) Vous savez, s’il y a bien une chose dont je me passe volontiers, c’est de sa présence ici. Alors si pour cela je dois me montrer coopératif, comme vous le dites… eh bien ! Ça ne me semble pas être un gros sacrifice. (Ses lèvres esquissent un sourire au goût ironique.) Et puis, si je ne voulais pas m’entretenir avec vous, je vous aurais déjà fait mettre à la porte.

    Une façon de lui signifier combien il a été stupide de se croire capable de le faire parler.

    — Je ne voulais pas me montrer prétentieux.

    — J’imagine que non… Enfin, oublions ça ! (Il commence à feuilleter le dossier devant lui et reprend :) Un peu après votre départ, nous avons mis la main sur un témoin qui a peut-être vu quelque chose d’intéressant. Selon elle, une femme serait venue frapper à sa porte quelques jours plus tôt, au milieu de la nuit. Comme elle parlait une langue étrangère, elles ne sont pas parvenues à se comprendre. Tout ce dont elle est certaine c’est que l’autre était en panique. (Ses yeux se plissent.) Elle ne l’a vue qu’à travers son judas… et comme il faisait sombre, elle n’a pas pu nous donner une description bien précise. Toutefois, elle jure que la femme était blessée. En tout cas, c’est ce qu’il lui a semblé. Mais comme notre témoin est de nature méfiante, elle a refusé jusqu’au bout de lui ouvrir et sa visiteuse a finalement passé son chemin.

    — Et vous pensez que ce serait notre coupable ?

    — C’est une piste, mais pas une certitude. Néanmoins, les dates concorderaient plutôt bien. Vous savez que nous n’avons pas retrouvé de corps… vous avez d’ailleurs vu ce qu’il en restait. Difficile de faire une estimation de l’heure de la mort avec ça. Mais ! Nous avons interrogé les employeurs de monsieur Fouctau et celui-ci ne s’est pas présenté au travail depuis le 10. Et si on en croit notre témoin, c’est dans la nuit du 9 au 10 que sa visiteuse a frappé à sa porte.

    — Presque quatre jours…

    — Durant lesquels notre suspecte serait restée au domicile de ses victimes. Elle n’a dû le quitter qu’une fois son garde-manger – si vous me passez l’expression – vide.

    — Donc… elle aurait agi seule ?

    — C’est une hypothèse, en tout cas…

    Jonathan médite là-dessus. Une cible solitaire est toujours plus difficile à retrouver qu’un groupe. Et c’est sans doute une chance qu’ils aient découvert les victimes si tôt, car l’autre se trouve peut-être encore sur le territoire. D’ailleurs, sans la curiosité d’une voisine inquiète de ne plus apercevoir ses voisins, le crime serait demeuré secret un petit moment.

    — Toutefois, reprend Barnabé, nous ne négligeons pas non plus l’idée qu’elle ait ouvert la porte à des complices après avoir maîtrisé le couple. Elyza vous l’a sans doute expliqué, mais nous penchons pour une créature de type lycanthropique. La meute locale a été interrogée à ce sujet, mais de vous à moi, nous ne pensons pas sérieusement trouver le ou les coupables dans leurs rangs. Je commence à bien les connaître… leurs méthodes, en particulier. Non, pour moi, si lycanthrope il y a, il nous faut songer à une menace extérieure… peut-être un solitaire. C’est rare, mais ça existe.

    Comme il tapote du doigt sur son dossier, le regard porté en direction de sa montre, il ne remarque pas l’expression tendue de Jonathan. Soudain ruisselant de sueur, il songe que c’est peut-être une chance, au final, si Elyza ignore sa condition de lycathrope. Sans quoi, il devine qu’elle en aurait déjà informé Barnabé… et qu’au vu des éléments rassemblés par les Brigades, il aurait fait un coupable idéal. Bon sang ! Il s’est même présenté chez elle dans la période de temps où leur suspecte quittait ses victimes.

    Il tire un mouchoir de sa poche et s’éponge le front avec, tandis que Barnabé reprend :

    — Bien entendu, nous ne nous contentons pas de ces seules hypothèses. L’odeur, notamment, nous fait douter d’avoir affaire à un lycanthrope ordinaire. À l’heure où je vous parle, le C.E.S. est en train de pratiquer des examens sur la salive retrouvée sur les restes des victimes. Autant vous dire qu’il partage nos doutes, car il est vrai qu’il y a des différences assez flagrantes entre les photos d’archives que nous possédons de meurtres à caractère lycanthropique, et ceux qui nous occupent actuellement. Je reste toutefois certain que notre coupable ne vient pas de ce territoire… peut-être même pas des Cités. Et pas davantage des Enfers, car comme vous le savez sans doute, l’immigration Infernale est contrôlée de très près et toute nouvelle espèce y est aussitôt gardée en quarantaine et répertoriée.

    — Je crois savoir que les Cités doivent faire face à une vague d’immigration massive depuis quelque temps… serait-il possible que cette créature ait voyagé avec elle ? avance Jonathan, songeant à quel point ces afflux inquiètent la population locale.

    Depuis près de six mois maintenant, on voit des groupes fuir leurs pays d’origines pour venir se perdre jusqu’ici. La plupart des villes et des régions environnantes sont submergées, d’autant plus que les Cités ont pris pour décision de fermer leurs portes à ces demandeurs d’asile.

    La raison avancée par les dirigeants locaux est que la situation demeure trop inquiétante pour qu’ils puissent faire courir le moindre risque à leurs sujets. En effet, ces populations fuient ce que l’on a fini par appeler la Grande infection. Un virus hautement contagieux qui continue de faire des ravages à l’ouest – aucun remède n’ayant encore été découvert pour luter contre. Et s’il y a bien une chose que l’on veut éviter, c’est que le drame se reproduise ici.

    — C’est en effet ce que nous craignons, répond Barnabé, qui a croisé les mains derrière sa nuque. La quasi-totalité de l’immigration provient de pays pauvres et sous-développés, bien trop éloignés de nous pour que le C.E.S. y soit vraiment implanté. De ce que j’ai cru comprend, il en va différemment de l’Ordre et ce dernier fait son possible pour y retarder l’installation de son adversaire. Les conséquences de ce manque, nous les vivons en ce moment même. Les populations Surnaturelles de cette partie du monde nous sont encore largement méconnues. En résumé, si nous n’avons pas affaire à des lycanthropes, nos recherches risquent de se compliquer considérablement.

    Et le plus inquiétant reste que cette créature, quelle qu’elle soit, est sans doute capable de prendre forme humaine. Et une fois au milieu d’une foule de Naturels… comment la démasquer ?

    D’une main, Barnabé soulève le dossier et le laisse retomber là où il l’a initialement trouvé. Puis il conclut :

    — Ce sont actuellement les seuls éléments dont nous disposons. Avec un peu de chance, nous aurons davantage d’indices d’ici à demain. En attendant… (Il se lève et tend une main en direction de son visiteur.) si vous voulez bien m’excuser, j’ai encore beaucoup à faire.

    Jonathan l’imite et accepte cette main cadavérique, froide, beaucoup trop froide. Un frisson lui remonte le long du dos et il doit prendre sur lui pour ne pas laisser transparaître son malaise.

    Une fois à l’extérieur, il songe à quel point cette affaire s’annonce difficile… et combien, surtout, ça n’est pas de chance qu’elle éclate au moment où il doit faire ses preuves auprès d’Elyza.

    Erwin Doe ~2017

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  • 25/06/2017

     

    Et une semaine pendant laquelle je n'ai rien foutu, une ! \o/ (On va dire que c'est pas grave, il faisait trop chaud et puis c'était méchamment la dépression... on se console comme on peut !)

    Du coup, la 8ème partie d'Ombre devrait être disponible demain. Juste une dernière relectuuuuure... une toute dernière ! Cette partie m'a gavé, sérieux. D:

    A part ça, je vais essayer (Je dis bien ESSAYER !) de terminer l'épisode 2 d'Un long voyage cette semaine. J'aimerais avoir la paix, pour le Camp Nano. La GROSSE PAIX ! Et si j'ai encore ce foutu épisode sur le dos, je sens que je vais juste angoisser et, au final, me bloquer. Bref ! J'en ai ma claque, de ce projet. Mais je crois aussi que c'est surtout de ma faute, si je suis bloqué avec. Repasser sur un ancien texte, c'est vraiment l'enfer. T'as l'impression que ça merde partout et tu te payes un méchant perfectionnisme, couplé d'une grosse insatisfaction. Je crois qu'il faut que je travaille dessus en me prenant un peu moins la tête... il a des défauts, et quoi ? Il en aura toujours, de toute façon, donc autant corriger ce que je comptais corriger au début et consacrer mon énergie à d'autres projets... des tout beaux, tous neufs, dont j'arrête pas de repousser et l'écriture, et la réécriture, et... bref  ! Enfin... je dis ça, mais je sais que je vais avoir du mal à penser différemment, une fois de nouveau nez à nez avec lui. D:


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  • Épisode 1 : L'Ombre qui dévorait un cadavre

    7

    Quand ils quittent le lieu du crime, les premiers journalistes font leur apparition. Avec eux, une foule de curieux qui va en grossissant, obligeant Barnabé à faire dépêcher des renforts sur place pour pouvoir continuer de travailler en paix.

    — Pour une première fois, tu t’en es plutôt bien tiré.

    Pour toute réponse, Jonathan se contente de lui offrir un sourire incertain. Elle continue :

    — Alors, tes impressions ?

    — Je ne sais pas… il y a quelque chose d’étrange là-dedans.

    — Ça tu peux le dire !

    — L’inspecteur… Barnabé, c’est ça ? Il n’a trouvé aucune trace d’effraction ?

    — Tu l’as entendu ! La porte était fermée à double tour, sa clef dans la serrure, pas de vitre cassée et aucun signe ou presque de lutte. À croire que ces zigues-là savent traverser les murs !

    — Les propriétaires ont pu leur ouvrir…

    — C’est l’opinion des Brigades. Le tout étant de savoir pourquoi ils l’ont fait. Tu te doutes bien que sur un territoire comme celui-ci, la nuit, les Naturels s’amusent pas à ouvrir leur porte à n’importe qui ! Et puis les lycanthropes, tout le monde connaît… on sait que c’est pas parce que ça ressemble à un Naturel que c’en est forcément un.

    — Alors c’est que leur visiteur a réussi à endormir leur méfiance. Peut-être une femme… ou bien un enfant… ?

    Elyza lui décoche un regard en coin.

    — Et pourquoi une nana ?

    — Heu… eh bien, commence-t-il, songeant qu’il s’aventure peut-être sur un terrain glissant. Il me semble que les femmes attirent moins les soupçons. En tout cas, en comparaison des hommes. Peut-être pas chez les Surnaturels, mais j’ai le sentiment qu’en ce qui concerne les Naturels, une femme ou un enfant sera davantage perçu comme une victime potentielle que comme danger.

    Un sourire sans joie vient étirer les lèvres de son interlocutrice. L’espace d’un instant, il croit l’avoir agacée, mais elle lui explique :

    — Les Brigades pensent pareil. Et je crois que c’est une bonne piste. T’as bien vu comment ça s’est passé, quand on est arrivés ? À cause de mon apparence, on m’a pas prise au sérieux… et crois-moi, c’est pas la première fois ! Alors imaginer que notre agresseur ait réussi à tromper ses victimes grâce à sa trombine… ça n’a rien de farfelu. Le truc maintenant c’est de découvrir avec quelle sorte de saloperie on va devoir se bastonner et ça… c’est une autre galère !

    — Est-ce que les Brigades ont une hypothèse ?

    Elyza hausse les épaules et plonge la main dans l’une des poches de sa veste. Elle en tire un paquet de cigarettes froissé.

    — Oh ça… elles en ont plein. Et moi aussi, si tu veux tout savoir. Et c’est ça le problème avec ce genre d’affaire : quand tu sais pas à quoi tu t’attaques, tout est possible. (Elle allume sa cigarette.) Je veux dire… nos coupables, là, ça pourrait tout aussi bien être des Monstrueux, que des Infernaux, des Infectés ou même des Féeriques. On a quatre groupes de Surnaturels, quatre ! Et de tous, y a que les Infectés dont on peut faire rapidement le tour : les lycanthropes et les vampires. Mais les autres… (Elle crache un nuage de fumée.) les autres, putain ! Qui peut savoir combien de saloperies ça renferme ? Le C.E.S arrête pas d’en découvrir.

    Autrement dit, le Centre d’Étude du Surnaturel. Les principaux opposants de l’Ordre et les premiers à avoir œuvré pour la cause Surnaturelle. En tant que lycanthrope, Jonathan a déjà eu affaire à leur organisme.

    — Cela dit, je pense pas qu’on ait affaire à des Féeriques. C’est pas leur genre… pas leurs méthodes du tout. Et puis… de ce qu’on en sait, ils ont pas trop la mâchoire, tu vois, pour bouffer du Naturel comme ça.

    — Dans ce cas… je pense qu’on peut aussi retirer les Infectés de cette liste.

    — Ah ouais ? Et pourquoi ça, Johnny ?

    Jonathan hausse les sourcils. Johnny ? Est-ce qu’elle vient vraiment de l’appeler Johnny ?

    — Heu… eh bien… c’est-à-dire…

    Avec un soupir intérieur, il décide de laisser couler et poursuit :

    — Je ne pense pas que des vampires puissent avoir fait ça. Sinon, nous aurions retrouvé des corps… en tout cas des restes un peu plus consistants. En général, ils se contentent de boire le sang de leurs victimes et même si certains apprécient la consistance de la chair, leur organisme ne leur permet pas d’en consommer beaucoup. Et puis, ils n’ont aucun attrait pour les os… ou les organes internes.

    — Je suis d’accord. Aucun vampire n’aurait pu faire un coup pareil, même si tout le clan s’invitait pour les festivités. Par contre, j’en dirais pas autant des lycanthropes. Les Brigades les ont classés en tête de leurs suspects.

    — C’est ridicule !

    Surprise par son ton, Elyza s’arrête pour le fixer. Jonathan déteste la moquerie qu’il peut lire dans son expression.

    — Ridicule, tu dis ? (Et, après un bref ricanement :) Et qu’est-ce qui te rend si sûr de toi, mon p’tit John ?

    Avec une longue inspiration, Jonathan ferme les yeux. Elle vient de le refaire… elle a encore écorché son nom. Il ne la fréquente pas depuis vingt-quatre que, déjà, elle se permet ce type de liberté.

    — Ce qui me rend si sûr, commence-t-il, en prenant le temps de bien articuler, c’est que les lycanthropes n’ont pas pour habitude d’attaquer leurs victimes chez elles. La grande majorité n’a même jamais goûté de chair Naturelle. Il n’y a que les plus isolés, et ils sont rares, à chasser pour se nourrir. Quant aux autres… ils vivent en ville ou à proximité. Elle leur fournit tout ce dont ils ont besoin.

    — C’est vrai que la plupart trouvent plus pratique d’aller faire ses courses au boucher du coin, reconnaît-elle. Mais t’oublies qu’ils conservent leur instinct de prédateur. Z’ont beau être devenus de sacrées feignasses, n’empêche que certains peuvent perdre les pédales.

    — Un fait qui ne concerne qu’une poignée d’individus, souvent déjà instables. (Le sujet est sensible et il s’efforce de ne pas laisser l’agacement transparaître dans sa voix.) La plupart du temps, la meute s’en débarrasse elle-même. Et puis, quel intérêt y aurait-il à attaquer une proie directement chez elle ? Si les lycanthropes ont le goût de la chasse, ce n’est pas de celle-là. J’ajouterai que si leur mâchoire est puissante, elle ne l’est pas au point de broyer les os de cette façon. Ils peuvent être rongés, brisés, mais pas engloutis. Et puis, ils ne touchent pas aux crânes, alors que ceux des victimes avaient disparus.

    Il note qu’une lueur satisfaite vient de s’allumer dans le regard de son interlocutrice. Elle tire sur sa cigarette.

    — Faut croire que tu m’as pas raconté de craques quand tu prétendais t’y connaître sur le sujet.

    — Tu pensais que je mentais ?

    — Non… mais j’avais pas non plus la preuve que tu te payais pas ma tête. Maintenant, si tu veux connaître mon opinion, je ne pense pas non plus que les lycanthropes soient dans le coup. Déjà parce que je connais la meute du coin et que c’est pas son genre du tout. Pas ses méthodes non plus. D’ailleurs, Barnabé non plus ne croit pas en sa culpabilité. Il la garde sous la main, parce qu’on sait jamais, mais il a suffisamment eu affaire à elle pour savoir à quoi s’attendre. Non, lui, il penche plutôt pour des lycanthropes extérieurs à ce territoire. Pas crédible une seule seconde et tu viens d’expliquer pourquoi…

    Jonathan lui adresse un regard de reproche.

    — Tu aurais pu commencer par là, non ?

    — Pour te gâcher le plaisir de te croire plus malin que moi ? Tu me connais pas encore assez ! Et puis je te rappelle que t’es en période d’essai. Faut bien que j’te teste !

    Pour sa part, il pense que c’est plutôt le plaisir de le voir passer pour un idiot qui la motive. Comme elle se remet en route, il la suit un moment en silence. Les mains enfoncées dans les poches, il rumine son agacement. Finalement, il s’enquiert :

    — Et l’Ordre ? Cet événement ne risque-t-il pas de lui servir de prétexte pour venir causer des problèmes ?

    Bien qu’Elyza soit plus petite que lui, ses jambes soutiennent un pas rapide qui lui permet de marcher en tête. Ses épaules se haussent et c’est sans se retourner qu’elle répond :

    — Qu’est-ce que ça peut te faire ? C’est pas comme si ça te concernait, hein ?

    — Non… enfin, si… tout de même ! Si nous sommes amenés à travailler ensemble, je risque d’avoir affaire à lui.

    Cette fois, Elyza daigne lui jeter un regard par-dessus son épaule. Sa cigarette coincée au coin des lèvres, elle reconnaît :

    — C’est vrai. Mais t’as pas de soucis à te faire : s’ils doivent venir emmerder quelqu’un, ce sera moi.

    — Oui, mais…

    — Allez, Johnny, te fais pas de bile ! Tu veux savoir si ce petit massacre risque d’attirer d’autres Gardiens ? Honnêtement, je pense pas. C’est pas la première fois que le meurtre de Naturels viendra faire les choux gras de la presse locale. T’sais, dans le coin, la criminalité est assez importante, alors… des trucs moches, ça arrive tous les jours. Bon, je te l’accorde, en général ça se passe soit entre Surnaturels, soit entre Naturels, mais je vais pas te dire que le croisement des deux n’arrive jamais. Alors ouais, tu peux être certain que l’Ordre va sauter sur l’occasion pour casser du sucre sur le dos des Surnaturels et de tous ceux qui travaillent à leurs côtés… le C.E.S, par exemple. Mais bon, c’est pas nouveau, hein ? Il fait ça à chaque fois ! Mais de là à imaginer qu’on lui donnera l’autorisation de venir foutre la merde… il en faudra bien plus !

    — Mais… et si ça devait se reproduire ? S’il devait y avoir d’autres meurtres ?

    — S’il devait y avoir d’autres meurtres, commence Elyza, d’une voix un peu traînante. Eh bien, ce serait déjà plus emmerdant. Je sais pas si t’es au courant, mais ce territoire est toujours en période d’essai. Du genre prolongé. Vingt ans que les Brigades s’y sont implantées. Quinze pour ma pomme. C’est pour te dire !

    — Pourtant, hasarde Jonathan, j’ai cru comprendre que la création des Brigades a permis de réduire considérablement la criminalité Surnaturelle.

    — Ouais… on peut dire ça… mais bon, c’est pas toute la vérité non plus.

    — Ah non ? s’étonne-t-il. Tu sais, je ne suis pas aux Cités depuis très longtemps et je connais mal l’histoire de ce territoire.

    Pour la seconde fois, Elyza s’arrête. Un sourcil haussé, elle l’observe. Le temps de quelques battements. Puis un sourire en coin sarcastique vient étirer ses lèvres.

    — Tiens donc ! Tu t’étais bien caché de me l’apprendre, celle-là !

    — Je… je te demande pardon ?

    — Ton statut d’immigré. Je me disais aussi que c’était bizarre, qu’un mec comme toi veuille travailler pour moi… fallait bien qu’il y ait un os quelque part !

    Bien que perdu, Jonathan devine que ça commence à sentir mauvais pour lui.

    — Je ne comprends pas… !

    — À d’autres, hé ! (Elle pointe sa cigarette dans sa direction.) Avoue que t’as même pas de papiers en règle ? T’es pas stupide, mon p’tit John, si c’était le cas, tu serais certainement pas venu me trouver. Ailleurs, y aurait toujours eu un risque pour qu’on cherche à contrôler tes papiers. Alors que moi… ils sont nombreux dans le coin à savoir que je suis pas trop regardante sur la question.

    Un frisson de panique lui remonte le long du dos. Elle n’a pas tort ! Il est vrai que sa permission de séjour arrive à expiration. Les Cités – cette mégalopole tentaculaire, titanesque, séparée du reste du monde par un mur d’enceinte aussi impressionnant qu’impénétrable… en tout cas pour l’honnête homme – n’ouvre pas facilement ses portes à ceux qui viennent y frapper. Encore moins aujourd’hui qu’à l’époque de son arrivée, il y a presque deux ans. En tant que lycanthrope, il a d’ailleurs dû passer par de nombreux chemins détournés afin d’obtenir son ticket d’entrée. Et surtout, se séparer d’une sacrée fortune…

    Tout en espérant qu’elle ne demanderait pas à voir ses papiers, il répond :

    — Je ne voulais pas te mentir.

    — Et en un sens, tu l’as pas fait. Tu t’es juste contenté de bien te la fermer. (Et comme Jonathan baisse la tête d’un air penaud, elle ajoute :) Allez, te bile pas ! Si tu me conviens, je ferai en sorte de régler ton problème. Et puis en attendant… (Elle tapote sa cigarette, avant de se la caler au coin des lèvres.) ça me fera toujours un moyen de pression !

    Sur quoi, elle reprend sa route, sans s’inquiéter de l’expression choquée de Jonathan. Après quelques secondes de battement, il secoue la tête et la rattrape. Il y a un silence, puis il se risque à revenir à leur conversation initiale :

    — Quand tu dis que ce n’est pas entièrement vrai… que l’action des Brigades a permis de réduire la criminalité de ce territoire. Qu’est-ce que tu entends par là ?

    — Simplement que les Brigades ne sont pas pour grand-chose dans la soi-disant paix locale. D’accord, la population Surnaturelle préfère avoir affaire à eux qu’à l’Ordre, mais… ça, tu vois ! Ça n’aurait p’t’être pas duré bien longtemps si je n’étais pas parvenue à m’imposer.

    — Ce que tu es en train de me dire… c’est que ce serait ta présence qui aurait permis cette paix ?

    — En un sens. Quand j’ai débarqué ici, les Brigades avaient amélioré un certain nombre de choses, c’est vrai. Mais c’était encore sacrément la merde et y avait un paquet de sales trucs qui menaçaient d’exploser. Et ça, elles pouvaient pas faire grand-chose contre… en tout cas pas avec leur position de l’époque. Moi, c’était différent.

    Jonathan ne répond pas. Hésite entre le rire et l’incrédulité. Même s’il veut bien croire que sa présence ait joué un rôle dans toutes cette histoire, il la trouve un poil prétentieuse.

    — Qu’est-ce qu’y a, Johnny ? T’es en train de te payer ma tête ?

    Le début de sourire qui étire ses lèvres disparaît et laisse place à l’agacement.

    — J’aimerais autant que tu ne m’appelles pas comme ça, dit-il.

    — Cause toujours ! Je te signale, qu’ici, c’est toi qu’es en position de faiblesse. Alors tiens-toi à carreaux !

    — Je ne voulais pas te vexer…

    — Parce que tu crois que c’est le cas ?

    — Ce que je veux dire c’est que… enfin, j’ai entendu parler de l’ancienne réputation de ce territoire. L’Ordre n’est jamais parvenu à arranger quoique ce soit ici. Au contraire, sa présence n’a fait qu’exacerber les tensions.

    À quoi Elyza répond d’abord par un reniflement méprisant, avant de laisser tomber son mégot.

    — C’est que t’en connais des choses, dis donc ! Et c’est vrai que l’Ordre n’est jamais parvenu à mater ce territoire. Il s’est donné du mal, pourtant. Plusieurs Gardiens y sont morts… ou sont toujours portés disparus pour certains. Ouais, les gens d’ici en ont sacrément bavé. Seulement…

    Son regard se braque sur Jonathan.

    — Seulement t’avise plus jamais de te foutre de moi ! T’étais pas là à l’époque, tu sais rien de ce qu’y s’est passé !

    Jonathan se le tient pour dit et bien qu’encore dubitatif, il n’insiste pas. Après un instant de silence, Elyza semble s’en satisfaire et hausse les épaules.

    — Cela dit, je dois reconnaître que les Brigades m’ont beaucoup aidée. Elles font du bon boulot ici, vraiment. Et ça, c’est une chance pour tout le monde.

    Puis elle marque une nouvelle pause. L’expression songeuse.

    — Même, je dirais que c’est surtout une chance que le C.E.S. ait autant de poids aujourd’hui. Ils ont pas mal d’alliés, mine de rien… des alliés puissants. Je sais pas si tu le sais, mais tous les princes ne sont pas du côté de l’Ordre. Et ça, tu vois, c’est sans doute pourquoi l’Ordre n’ait jamais parvenu à renverser l’équipe adversaire. Ils s’attaquent à du gros morceau. Sans compter que les Brigades commencent à faire leurs preuves et à ranger de plus en plus l’opinion de leur côté. Et pas seulement chez les Naturels !

    — Mais les Brigades ont été créées pour protéger les Naturels des Surnaturels, fait remarquer Jonathan. D’un sens, on ne peut pas dire que leurs positions soient très différentes de celles de l’Ordre.

    Ils ont atteint un petit square. Quelques badauds s’y promènent, mais rares sont ceux à s’y arrêter longtemps, que ce soit pour flemmarder, lire, ou même casser la croûte – le temps, décidément, ne s’y prête pas. Un vieil homme est tout de même assis sur un banc et jette des miettes à des pigeons voraces. Dans les rangs, ça roucoule et ça se bouscule. Quelques moineaux se mêlent à la fête et, profitant de leur petite taille, parviennent à se faufiler au milieu des groupes, avant de s’envoler avec leur prise. Du menton, Elyza désigne un banc voisin.

    — Ouais, t’as pas tout à fait tort, reconnaît-elle en s’asseyant. Les Brigades ont beau avoir été créées grâce au soutien du C.E.S., il n’empêche qu’elles ne dépendent pas de lui. En fait, on peut dire qu'elles se positionnent entre le C.E.S et l’Ordre. Alors ouais, c’est vrai qu’elles ne représentent pas la justice Surnaturelle. C’est vrai aussi que si un Naturel agresse un Surnaturel, elles n’interviendront pas… à moins que ça ne risque de dégénérer et de causer des problèmes à la population Naturelle. C’est pour ça que les Surnaturels, au final, continuent de se méfier d’elles. Ils le savent bien, qu’elles sont pas vraiment leur allié. Juste une nouvelle forme de surveillance. Cela dit… (Elle lève un doigt.) à choisir entre l’Ordre et les Brigades, tous te diront qu’ils préfèrent, et de loin, avoir affaire aux Brigades. Parce que pour le moment, elles doivent répondre à certaines exigences du C.E.S. si elles veulent continuer d’exister. Par exemple, le droit à un procès. Je veux dire, un vrai procès. Et pas seulement guidé par la main Naturelle. Alors ouais, des fois, t’as des peines de mort qui tombent, mais la plupart s’en tirent avec des amendes ou une peine de prison. Reconnaît que ça fait une sacrée différence avec la logique de l’Ordre et de son « coupable une fois, coupable toujours ».

    — Et toi, dans tout ça… où est-ce que tu te positionnes ?

    Parce qu’elle travaille avec un vampire, il sait déjà qu’elle est différente du reste de l’Ordre. Il sait aussi que la population Surnaturelle ne la déteste pas forcément. Alors oui, beaucoup s’en méfient, mais il n’a pas senti, chez ceux avec qui il a abordé le sujet, la haine que l'on voue en général aux Gardiens. Du reste, elle lui donne de plus en plus le sentiment d’être un électron libre. Suffisamment indépendante pour que, comme il le pense… ou plutôt comme le laisse supposer son regard noir, le même que celui de Théodore, elle ait accepté d’échanger son sang avec un vampire.

    Et c’est ce même regard sombre, où l’iris et la pupille ne forment qu’une seule et même entité, qui se tourne dans sa direction.

    — Et toi, Johnny, c’est quoi ta position ?

    Jonathan scille. Elle ajoute :

    — Je veux dire que depuis tout à l’heure, tu réagis pas forcément comme le tout venant Naturel. Tu t’intéresses aux Surnaturels, c’est ça ? T’as même pas l’air franchement hostile vis-à-vis d’eux. En fait, t’as tout d’une graine de recrue du C.E.S. (Puis, avec un sourire cynique.) Alors quoi, on a raté sa vocation ?

    — Hum…, commence-t-il. Oui… quelque chose comme ça, sans doute…

    Et comme elle le fixe, visiblement dans l’attente d’un développement, il se gratte l’arrière du crâne.

    — Pour faire simple, disons que comme mon voisinage a souvent été constitué de Surnaturels, je ne crois pas aux préjugés qui leur colle à la peau. En fait, j’ai tendance à penser que c’est une erreur de les voir comme des ennemis.

    Elyza opine du chef.

    — Ouais… s’bien ce que je dis : t’es fait pour travailler pour le C.E.S. ! Mais je pense qu’on va pouvoir s’entendre. Pour moi, tu vois, Surnaturels, Naturels, toutes ces conneries, je m’en balance ! Mon éducation m’a apprise à suspecter tout ce qui n’est pas Naturel. Mon expérience que, du côté Surnaturel comme Naturel, les cons sont en majorité. Et que dans le genre champion toutes catégories, on n’a rien fait de mieux que l’endoctriné de l’Ordre. Ça répond à ta question ?

    — Je n’en suis pas certain…

    — Bah ! Pour faire simple, mon boulot, c’est de régler les problèmes de ce territoire. Et si pour ça je dois pactiser avec tout le monde – le C.E.S., les Brigades, les Surnaturels et j’en passe, alors je le fais. Le reste, tu vois, ça me passe au-dessus de la tête.

    — Mais, ça te convient ? Je veux dire… si tu ne partages pas les positions de l’Ordre, pourquoi continuer à travailler pour lui ?

    Elyza glisse deux doigts dans le col de sa chemise et les enroula autour d’une chaînette qu’elle tire à l’air libre. Au bout de celle-ci, la pierre rouge où semble se mouvoir une ombre.

    — Tu sais ce que c’est ?

    Et comme Jonathan, d’un signe négatif de tête, avoue son ignorance, elle explique :

    — Ça, mon p’tit John, c’est ce qui nous permet à nous, Gardiens, de contrôler nos Ombres. Sans lui, c’est nous qui en serions les esclaves.

    « Maintenant, imagine que demain, j’envoie l’Ordre se faire foutre et que je décide de ne plus marcher dans ses combines. Selon sa loi, je devrais crever. Parce que, tu vois, dans notre société, celui qui se retrouve avec une Ombre en trop n’a pas d’autre choix que de servir l’Ordre. Et s’il se met en tête de refuser… alors, son Ombre lui est inutile. Il devient une sorte d’Infecté beaucoup trop dangereux pour être laissé sans surveillance.

    « Le problème c’est qu’on connaît pas trente-six solutions pour extraire une Ombre parasite du corps de son porteur : il faut le tuer. Et c’est seulement après ça que l’Ombre redevient captive de cette pierre, là, et qu’on peut la récupérer pour l’offrir au prochain volontaire. Voilà comment ça se passe, quand la vie est suffisamment garce pour te foutre entre les pattes de ces types-là.

    Là-dessus, elle laisse retomber son collier à l’intérieur de sa chemise et croise les jambes.

    — En fait…, hasarde Jonathan. Ce que tu essayes de me dire, c’est que tu n’as pas le choix ?

    En réponse, Elyza laisse échapper un bruit de gorge moqueur.

    — Hé, John ! Me fais pas dire ce que je n’ai pas dit : j’suis pas du tout en train de m’apitoyer sur mon sort. Parce que tu vois, qu’on le veuille ou non, on a toujours le choix. Je pourrais refuser leurs règles, je pourrais aussi me tirer d’ici et adopter le profil du fugitif. Mais je suis beaucoup trop égoïste pour ça. Je tiens pas seulement à la vie, tu vois, mais aussi à mon petit confort. Crécher je sais pas où, devoir me planquer, flipper qu’un Gardien me remette finalement la main dessus, tout ça… c’est pas pour moi ! Je suis pas devenue Gardienne sous la contrainte. C’est parce que je l’ai bien voulu !

    Au-dessus de leurs têtes, le ciel a commencé à se couvrir. De gros nuages s’amassent, signe avant-coureur d’une belle averse qu’aucun spécialiste n’avait prévue. Jonathan adresse un regard soupçonneux en direction de cette grisaille menaçante, quand une goutte s’écrase sur son nez.

    — Eh bin ! On dirait qu’on nous prépare encore du joli, là-haut, soupire Elyza en levant une main, comme pour y recueillir la bruine naissante. On ferait bien de pas trop s’attarder, si tu veux mon avis. (Puis, tournant les yeux vers Jonathan.) Alors, Johnny, qu’est-ce que tu décides ? T’as envie de continuer avec moi ou bien le spectacle de ce matin t’a définitivement refroidi ?

    — Je crois que la question ne se pose pas…

    — Ouais… ce serait con d’être foutu à la porte des Cités au premier contrôle, hein ? Surtout par les temps qui courent !

    Et comme il ne répond pas, les lèvres d’Elyza s’étirèrent en un large sourire.

    — 'fin, moi ça m’arrange ! J'ai justement un boulot à te refiler !

    Erwin Doe ~  2017

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