• Semaine 1

    Jour 1 - 2017

     

    Jour 2 - 2017

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    Iktober - 2017 - Semaine 1

     

    Jour 4 - 2017

    Iktober - 2017 - Semaine 1

     

    Jour 5 - 2017 (Fail : rien réussi à terminer. :/)

    Iktober - 2017 - Semaine 1

    Iktober - 2017 - Semaine 1

     

    Jour 6 - 2017 (Nouveau fail ! Pas d'idées, alors juste des gribouillages.)

    Iktober - 2017 - Semaine 1

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    Inktober - 2017 - Semaine 1

     

     


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  • 01/10/2017

     

    Je pense changer un peu ma façon de blablater ici. Je me dis que ce serait pas mal si, au lieu de plein de petits mots, j'écrivais un compte rendu de ma semaine, chaque dimanche, par exemple. Ouais, je vais essayer ça, pour voir ce que ça donne !

    Et donc, même si le dernier de mes blablas ne date pas de bien longtemps, que s'est-il passé cette semaine ?

    Un long voyage : Comme je l'ai déjà dit, j'ai terminé les relectures de l'épisode 6. Prochaine et dernière relecture, en janvier, je pense. En tout cas, en début d'année 2018.

    Le grand monsieur du bois d'à côté : J'ai donc terminé ma relecture de ce texte et, 'fectivement, les deux premiers épisodes sont les plus catastrophique. Ensuite, ça va... Bon, y a pas mal de trucs qui merdent ici et là, mais rien de comparable aux deux autres. Alors, je vais sans doute attaquer ses corrections d'ici quelques jours. Je pense que ce projet va m'accompagner une bonne partie du mois. Pas certain d'en avoir terminé en octobre, mais si je pouvais revoir trois ou quatre épisodes, je serai joie. :)

    Ombre : Enfin terminé la partie 15 ! \0/ Projet de côté, maintenant, prochaine relecture sans doute en début d'année 2018 aussi... à voir si avant ou après Un long voyage. Pas mal de nouvelles idées, également, au cours de la semaine, qui me permettent d'étoffer un peu plus l'univers, notamment par l'ajout de quelques personnages bien cools. J'ai vraiment super hâte de les mettre en scène, ceux-là ! Qui plus est, ils me permettent de boucher une partie des trous qu'il me reste encore et-qui-me-bloquent-depuis-je-sais-pas-combien-d-années !

    Désert (Titre provisoire) : Pour ce qui est du projet que j'ai commencé comme un idiot il n'y a pas longtemps, et dont je voulais au moins terminer l'épisode 1 la semaine dernière... bien sûr, je ne l'ai pas terminé, haha ! Je galère trop... et c'est dans ces moments-là que je me souviens pourquoi je déteste autant les premiers jets. Rah ! Du coup, j'espère... j'ai bien dit j'espère ! en avoir terminé avec lui cette semaine. Parce que je n'ai aucune envie que ce projet devienne un autre boulet à la Petit chaperon rouge.

    Nouvelle 1 (Pas encore de titre) : Et parce que cette histoire de premier jet m'a épuisé, j'ai voulu me détendre avec un deuxième jet et j'ai donc attaqué plus tôt que prévu la réécriture de cette nouvelle. Grosso-modo, j'en suis à la moitié du texte. Ensuite, il me restera les corrections et, avec un peu de chance, je devrais pouvoir la proposer avant 2018. :)


    Et puisqu'on est au début du mois, voici ce que j'espère parvenir à faire ce mois-ci :

    Bien sûr, terminer la première saison du Petit chaperon rouge, parce que j'en peux plus de me traîner ce projet. D: Ensuite, terminer la réécriture de ma nouvelle. Terminer également le premier épisode de Désert. Retravailler trois ou quatre épisodes du Grand monsieur du bois d'à côté. Et pour finir, relire ce que j'ai déjà écrit de l'épisode 8 d'Un long voyage et me préparer un minimum pour le NaNoWriMo.

     


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  • 27/09/2017

     

    Ah ! J'ai terminé les relectures de l'épisode 6 avant la fin du mois ! J'arrive pas à y croire moi-même. °^° Bon, il reste encore des choses à revoir, comme dans tous les autres épisodes, mais voilà ! Ce qui était prévu pour cette première relecture est fait, maintenant, il ne me reste plus qu'à laisser tout ça se reposer encore un peu, avant de relire l'ensemble et de m'attaquer à ce qui cloche encore.

    Maintenant, pour ce mois-ci, il reste encore à écrire la partie manquante d'Ombre (Soit la 15 qui, non, n'est toujours pas écrite. Aaah, j'ai tellement de mal à m'y mettre.) et la fin de l'épisode 1 d'un projet dont j'avais parlé il y a peu... et que j'ai attaqué sur un coup de tête... mais que je ne compte pas du tout poursuivre maintenant... mais dont il faut tout de même que je termine le premier épisode, parce que sinon, je risque de perdre toutes les idées que j'ai en tête pour chacune de ses scènes... et ça me stresse... bref !

    Un jour, je crois qu'il va vraiment falloir que j'apprenne à terminer ce que je commence avant de passer à autre chose...


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  • 25/09/2017

     

    Y a pas si longtemps, je me réjouissais d'en avoir terminé avec Le grand monsieur du bois d'à côté. Mais ça, c'était avant de me dire que j'avais vraiment bâclé les relectures avec ce projet et que je ferais bien d'y jeter un nouvel œil quand même, parce que bon ! Et... effectivement, c'est affreux. Les deux premiers épisodes sont une catastrophe sans nom et le deuxième en particulier (Je l'ai bien senti, à la relecture, que c'est celui que j'ai toujours le moins aimé... ahem.). Vraiment, j'ai honte d'avoir proposé quelque chose comme ça et de m'être dit que c'était bon, que je pouvais l'effacer de ma mémoire. Mais... ! Même le premier épisode d'Un long voyage, que je n'ai pas retouché depuis début 2015, n'avait pas autant de couacs. Je dirais même qu'il n'y a pas de comparaison possible entre les deux. Je suis, terrifié ! °^°

    Bon, ça va qu'ensuite, les épisodes 3 et 4 ne sont pas aussi déplorables, et j'espère que les suivants seront également ainsi, mais quand même... !

    Donc, me revoilà avec ce projet sur les bras, pour une série de relectures et de corrections... aaaaah ! C'est sans doute stupide de revenir encore dessus, mais si je devais le laisser dans cet état, je finirai par le supprimer. Quand je dis que les deux premiers épisodes sont une horreur, c'est une horreur ! Même mes vieilles nouvelles présentent sur ce site, et à qui il m'arrive parfois de rejeter un œil, ne me font pas autant grimacer. °^°

    Bref... heureusement, tout de même, que ce projet n'est pas bien épais. S'il devait faire  les 135.000 et quelques mots de la première saison d'Un long voyage par exemple, je crois que j'aurais envie de me pendre. Là, on parle de 50.000 et quelques mots. Donc... ça va aller... ça devrait aller.

     

     


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  • 23/09/2017

     

    Terminé la réécriture de l'épisode 7 ! Maintenant, faut encore que je laisse le tout se reposer et puis que je trouve le temps d'attaquer ses corrections... aaaah ! Cette deuxième saison prend encore du retard... plus ça va, plus j'ai l'impression qu'elle ne verra jamais le jour. D:

    Épisode 6, relectures terminées, mais ! Parce qu'il y a toujours un mais, une description dans la partie 8 me prend la tête, car absolument pas d'idées, alors qu'il y a un manque énorme à son emplacement, prise de tête au niveau de l'arme à feu utilisée par Dolaine... donc il faut que je me renseigne, pour voir ce qu'il se faisait un peu dans la période pendant laquelle je place plus ou moins l'action et, bien entendu, les deux premières parties qu'il faut que je retravaille. J'ai déjà modifié les moments qui en avaient besoin, mais maintenant, faut corriger tout ça... et relire... remodifier... et relire encore... et... bref ! Je m'en souviendrai aussi, de cet épisode ! °^° (Et puis je sais qu'il y a aussi pas mal de problèmes au niveau des royaumes. Un coup un royaume est désigné au féminin, un coup au masculin... aaaaaah !)

    Bref, définitivement, la V2 de cet épisode ne fera pas son apparition ce mois-ci. Et j'en suis bien triste.



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  • 20/09/2017

     

    Bon ! Plus qu'une partie à corriger pour l'épisode 6 d'Un long voyage. Ensuite, va encore me falloir relire l'épisode une dernière fois, pour virer les bizarreries laissées ici et là et... en toute logique, j'aurais dû en avoir terminé * pour le moment * avec cet épisode. Mais non ! En fait, il faut que je modifie un certain nombre de détails dans les deux premières parties, parce définitivement, trop de trucs n'y sont pas logiques... aaaaaah, encore du retard ! @_@

    J'espérais pouvoir proposer la V2 de cet épisode à la fin du mois, mais j'ai de plus en plus de doutes... du coup.

     


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  • 17/09/2017

    Cette première relecture d'Un long voyage, saison 1 approche doucement de sa fin. J'ai ENFIN pu mettre à jour les épisodes 4 et 5 il y a une dizaine de jours et là, je continue l'épisode 6, dont il me reste grosso modo quatre parties à retravailler. Mais bon, vu que ma dépression est revenue me défoncer la tronche dernièrement, on va dire que je marche au ralenti et j'ai pris sacrément du retard. Ne parlons pas de la réécriture de l'épisode 7 qui se traine, du coup !

    Mais bon, j'espère encore - du moins j'essaye - en terminer avec les épisodes 6 et 7 ce mois-ci. Comme ça, le mois prochain, j'aurais tooout le temps qu'il me faut, et pour réfléchir à mon Nano, et pour en finir avec la saison 1 du Petit chaperon rouge, ainsi que, pourquoi pas, attaquer enfin le second jet de ma nouvelle pour-laquelle-je-n-ai-toujours-pas-de-titre-rah !


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  • 05/09/2017

     

    Un peu de nouvelles, avant que le coin ne devienne encore plus mort !

    Déjà, parlons d'Ombre. J'ai presque terminé sa première série de corrections. En fait, il me reste la partie qu'il me manque à écrire et une deuxième à réécrire, puis je peux mettre ce texte de côté. Donc ! Ombre est maintenant en pause, jusqu'à ce que je trouve le temps de relire et de retravailler ce premier épisode depuis le début, car y a certains trucs, dans les parties que j'ai déjà postées, qui me gavent bien... bref !

    Un long voyage, maintenant. J'en suis à plus de la moitié de l'épisode 7. Me reste... quelque chose comme 20 pages à réécrire, sur 51. Toujours pas continué les corrections de la première saison, parce que cette saloperie de partie 4-9 prend du temps à être retravaillée. Et moi qui me plaignais de l'épisode 2 ! Mais, logiquement, j'en suis à l'avant dernière relecture. Là, je suis en train de bosser sur tout ce qui me gêne encore puis, avec un peu de chance, il ne me restera plus qu'à relire le tout une dernière fois avant d'enfin pouvoir la poster et retourner à l'épisode 6. Arf ! J'ai hâte !

    D'ailleurs, pour le NaNoWriMo, j'hésitais à attaquer l'épisode 2 d'Ombre, mais... non ! Il faudrait pour ça que je relise mon énorme dossier de notes et j'ai vraiment pas le temps actuellement. Donc, je pense plutôt continuer la saison 2 d'Un long voyage. Ça peut encore changer, mais pour le moment, je me sens bien motivé pour ça. Terminer l'épisode 8, d'une part, puis attaquer l'épisode 9 et 10, si possible. Je ne pense sincèrement pas terminer l'épisode 10, mais si au moins je pouvais le commencer, ce serait pas mal.

    Et à côté, comme j'ai rien de mieux à faire que de me rajouter des projets sur les bras, j'ai commencé un assez vieux projet de série. Jusqu'à présent, je n'avais que quelques vagues idées sur ce que j'espérais en faire et puis, ce week-end, de nouvelles idées me sont venues et j'ai attaqué son premier épisode. Je ne dis pas que je vais le continuer, mais... au moins, écrire son premier épisode et réfléchir tranquillement au reste. Bref ! J'en parlerai un peu plus si je devais m'y attarder davantage, mais pour le moment, ça n'a pas grand intérêt.

     


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  • Épisode 1 : L'Ombre qui dévorait un cadavre

     

    13

    C’est à l’écart des rues les plus animées que l’on trouve les quartiers du clan. Car si ses occupants sont les heureux propriétaires d’un parc d’attraction pour touristes, ils n’en restent pas moins vampires et, comme tous ceux de leur espèce, tiennent à leur intimité plus qu’à n’importe quoi d’autre.

    Entre eux et le reste du territoire, une rue tient lieu de frontière. On peut s’y déplacer sans craindre qu’un vampire soucieux de sa tranquillité ne vienne vous chercher des poux. Néanmoins, le visiteur de passage a tout intérêt à tenir compte des différents avertissements placardés le long de murs, et qui l’enjoignent à rester éloigné des ruelles alentours, sous peine de mauvaises surprises.

    Une mise en garde efficace sur le tout venant, mais beaucoup moins en ce qui concerne Elyza…

    En tant que gardienne de ce territoire, celle-ci a la fâcheuse manie de faire comme si tout ceci ne la concernait pas, ce qui a pour chic d’exaspérer le service de sécurité et de pousser William au bord de la crise de nerf. Ce soir, toutefois, pas besoin d’aller asticoter tout ce petit monde directement dans les entrailles de son terrier, car à cette heure, elle sait pouvoir trouver son homme dans un établissement proche et ouvert au public.

    Elle s’arrête devant une devanture en briques, illuminée par des lampes murales situées un peu au-dessus de la porte. Plus haut, une enseigne fixée à une barre métallique grince doucement. Elle annonce : Bureau ouest. Et sur l’écriteau placardé à la droite de l’entrée : « Pensez à donner votre sang », suivi d’une grille de tarifs et d’horaires.

    Elle laisse tomber son mégot à terre et l’écrase, avant de pénétrer dans l’établissement. Une petite salle d’attente silencieuse la reçoit, qui sent l’eau de javel. Au centre, deux rangées de sièges, placées dos-à-dos. Vides – un spectacle tristement familier. Dans le fond, une porte close, donnant sur la pièce des prélèvements. Sur sa droite, un bureau d’accueil. La secrétaire a tourné les yeux vers elle et la fixe de la même façon qu’elle contemplerait un insecte particulièrement nuisible. Derrière elle, une seconde porte, qu’un écriteau désigne comme donnant sur le bureau de la direction.

    La femme n’a toujours pas dit un mot. Elle a les cheveux châtains, qu’elle coiffe en chignon. Des yeux marrons, qu’un trait de crayon noir fait ressortir. La peau blafarde, presque translucide et une constitution fragile donnant l’impression qu’un simple coup de vent pourrait la briser. L’espace d’un instant, Elyza peut lire de l’hostilité dans son regard. La seconde d’après, un sourire vient étirer les lèvres de la secrétaire, en même temps que ses traits se détendent, dans une expression faussement accueillante.

    — Gardienne, la salue-t-elle. Que puis-je faire pour vous ?

    Dans son ton, plus la moindre trace d’animosité, pas même de mépris. Rien qui ne laisse entendre que sa visite est aussi agréable que la morsure d’un roquet vicieux. Elyza ne s’en laisse pas pour autant compté et c’est avec un sourire tout aussi hypocrite qu’elle s’approche.

    — J’ai besoin de voir votre supérieur.

    — Malheureusement, j’ai peur que ce ne soit pas possible. Vous comprenez, monsieur William est très occupé et… pourquoi ne pas plutôt prendre rendez-vous ?

    — Toujours la même rengaine, hein ? Désolée pour lui, mais il faudra qu’il laisse de côtés ses petites affaires pour me recevoir. J’ai besoin de le voir cette nuit ! (Et, avec un geste en direction de la porte clause :) Je connais le chemin.

    Elle n’a pas besoin d’en dire plus, car l’autre sait bien qu’en cas de nouveau refus, elle passera cette porte de gré ou de force, pour s’imposer au maître du lieu. De quoi causer de sérieux soucies à son employée, William n’étant pas du genre à pardonner ce type d’incompétence.

    — Je vais voir s’il peut vous recevoir, s’empresse de lui répondre son interlocutrice.

    Comme elle disparaît dans la pièce voisine, Elyza enfonce les mains dans les poches de sa veste. Ses doigts jouent un moment avec le carton son paquet de cigarettes et elle doit se faire violence pour ne pas s’en griller une ; un panneau derrière l’accueil signalant au visiteur qu’il est strictement interdit de fumer dans les locaux. Enfin, la femme revient et annonce :

    — Monsieur William va vous recevoir, Gardienne.

    Puis, avec un petit sourire d’excuse :

    — Néanmoins, il n’a pas beaucoup de temps à vous consacrer.

    — Et il compte sur mon savoir-vivre pour ne pas lui en faire perdre davantage, pas vrai ? Ça va, je connais la chanson !

    Elle passe derrière le bureau et, au moment d’entrer dans la pièce voisine, dit :

    — On raconte que vous avez subi des attaques dernièrement ?

    Elle n’a pas le plaisir de voir l’expression de son interlocutrice vaciller. Pas même une fraction de seconde. Toujours aimable, l’autre lui répond simplement :

    — J’imagine que nous en serions les premiers informés, si tel était vraiment le cas.

    Pour tout commentaire, Elyza hausse les épaules et passe dans le bureau en refermant la porte derrière elle.

    Une large pièce, que réchauffe un feu de cheminée. Un bureau en bois sombre, massif, qui en impose, face à deux larges fenêtres, devant lesquelles on a pour l’heure tiré des rideaux épais. S’y trouve installé un homme au dos droit et aux petites lunettes rondes, qui ajoutent à son air sévère. Peut-être a-t-il vraiment été myope de son vivant. Aujourd’hui, néanmoins, il ne devrait plus en avoir l’utilité, le statut vampirique ayant pour bénéfice de réparer ce type d’imperfection. Elyza sait d’ailleurs que les verres n’ont aucune correction et ne sont là que pour lui donner un genre.

    Bien que numéro deux du clan, c’est aujourd’hui lui qui le dirige, et ce depuis que Maureen a découvert les plaisirs de la drogue elfique, pour ne plus jamais en ressortir. Une dépendance qui la rend instable, végétative la plupart du temps et dont il se murmure que William n’est pas étranger.

    Il a les cheveux courts, d’un châtain foncé, ainsi que les yeux noirs. Des lèvres fines, pincées et le nez en pointe. Il croise les mains et, d’un geste sec du menton, lui désigne les deux sièges qui lui font face.

    — Vous savez, nous sommes d’honnêtes citoyens, Gardienne. Il m’étonne donc que vous mettiez autant de zèle à venir nous importuner.

    — Vous avez choisi de vous rapprocher de la meute, William, lui répond-elle en s’installant dans un siège en cuir, deux fois trop large pour elle. Elle croise les jambes en angle droit et ajoute : Il fallait vous attendre à ce genre de désagréments.

    Et puis, si le clan Maureen était aussi respectable que William aime le prétendre, jamais il ne se serait lié à Hélios.

    — Vous remuez le couteau dans la plaie ! C’est vrai, la meute nous a causé quelques torts par le passé, mais… je crois que nous avons su prouver que nous n’étions en rien liés à ses activités.

    — Prouvé est bien grand mot, mais je ne suis pas là pour ça.

    À nouveau, elle tripote son paquet de cigarette et se mord la lèvre. Inutile de lui demander la permission d’en allumer une, elle sait qu’il refusera. Et si elle ne se montre pas toujours aussi obéissante, elle préfère ne pas se mettre William à dos tout de suite. Un soupir lui échappe et son interlocuteur s’étonne :

    — Ah non ?

    — Non. (Elle serre le poing et se force à refouler son besoin de nicotine.) Pour commencer, je suis là parce que ma petite enveloppe n’a pas été livrée ce mois-ci. Et vous savez que je n’aime pas qu’on essaye de m’entuber, William… encore moins quand il s’agit d’argent !

    Difficile de dire si l’expression de surprise qui se peint sur les traits de William est feinte ou non. Ses sourcils se haussent et il décroise les mains.

    — Vous êtes sûre ?

    — Certaine !

    — Alors il ne peut s’agir que d’une erreur. Vous me connaissez : j’ai horreur des mauvais payeurs.

    Près de lui, un interphone. Comme il appuie sur le bouton d’appel, un grésillement se fait entendre, suivi d’une voix féminine :

    — Oui, monsieur William ?

    — Il semblerait que l’enveloppe de la Gardienne n’ait pas été livrée ce mois-ci. Veuillez me l’apporter et trouvez-moi le nom de celui qui en avait la charge. (Puis, à l’intention d’Elyza :) Ça ne devrait pas être long.

    — J’espère que vous n’allez pas me faire le coup à chaque fois !

    William redresse le dos et une franche indignation vient crisper son visage. Drapé dans sa dignité bafouée, il rétorque :

    — Nous avons toujours respecté notre part du contrat, Gardienne !

    — Et il me sort ça sans hésiter, c’est le plus beau ! Toujours, William, vous êtes bien sûr ? Parce que moi, j’ai en mémoire deux ou trois saloperies que vous m’avez joué par le passé… y a même une rumeur qui circule en ce moment… comme quoi qu’on aurait voulu forcer vos portes… une sale affaire ! On parle même de morts et pas du côté adverse. (Un sourire en coin vient étirer ses lèvres.) Charmantes créatures, hein ?

    William se laisse doucement aller contre le dossier de son siège et forme une pyramide de ses mains. À la courbe de sa bouche, on devine sa contrariété. Son regard, lui, a quelque chose de menaçant.

    — La rumeur, vous dites ?

    — Ouais… la rumeur !

    — Décidément, Philibert devient un vrai problème.

    Au tour d’Elyza de hausser les sourcils, dans une expression de surprise parfaitement simulée.

    — Qui ça ?

    — Je vous en prie, Gardienne, ne vous moquez pas de moi ! Nous savons tous les deux que Philibert a quelques soucis de discrétion… mais je pensais m’être montré suffisamment clair à ce sujet avec lui.

    — Du genre en me laissant coûte que coûte dans l’ignorance ? Bien tenté, William, mais vous avez oublié de tenir le même discours aux elfes qu’on vous a envoyé en renfort. Pas très causants, ces types-là, mais quand on sait où appuyer…

    L’espace d’un instant, William se contente de la fixer, aussi immobile qu’une statue. Puis il brise sa pyramide et, d’un doigt, repousse ses lunettes en arrière.

    — Les elfes, vous dites ?

    — Ouaip !

    — Je ne vous crois pas. Ces gens sont d’une loyauté à toute épreuve. Enfin, passons… vous savez pour notre petit problème… soit ! Ça devait arriver tôt ou tard. J’avais seulement espéré que ce ne serait qu’une fois l’affaire réglée.

    — Je ne vous savais pas aussi optimiste, vraiment !

    William émet un claquement de langue agacé. Son expression s’assombrit un peu plus et, à cet instant, elle songe qu’elle n’aimerait pas être dans la peau de Philibert quand son supérieur lui mettra la main dessus. Même, elle se sent désolée pour lui. Pas au point d’en perdre le sommeil, mais… quoiqu’on puisse en dire, elle a un minimum de cœur.

    — Pourquoi toujours chercher à compliquer les choses ? On a sûrement dû vous le dire, mais cette histoire ne vous concerne en aucune façon.

    — C’est plutôt vous qui les compliquez, Wil' ! (L’abréviation le fait ciller, mais il ne proteste pas.) Que vous le vouliez ou non, c’est mon territoire ici, j’en suis la Gardienne. Tout ce qui s’y magouille me concerne forcément de près ou de loin.

    — Non, là, c’est vous qui faites fausse route. Le rôle de l’Ordre se limite à protéger les Naturels, pas à se mêler de nos accrochages avec d’autres Surnaturels. Je crois d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle nous vous payons, Gardienne, pour que vous ne veniez pas mettre votre nez dans nos affaires !

    — Et c’est là où vous avez tout faux ! Vous me payez pour pas que j’aille cafter à l’Ordre toutes vos petites combines, rien de plus. Parce que si j’avais balancé ne serait-ce que le quart des problèmes que vous me causez, y a longtemps que ce territoire serait retourné sous sa domination. Pas sûr, d’ailleurs, qu’à l’heure actuelle, y aurait encore beaucoup de Surnaturels pour voir ça. (Son point s’abat sur l’un des accoudoirs, tandis qu’elle ajoute :) Vous auriez dû me prévenir ! Les affrontements entre Surnaturels ont presque toujours des répercussions sur le reste de la population. Premièrement, je suis donc tenue de m’en mêler et, deuxièmement, nous avions un accord : vous êtes censé me signaler la présence de tout Surnaturel potentiellement dangereux qui viendraient traîner ses sales pattes dans le coin.

    Une tirade inutile, car l’expression de William demeure butée.

    — Je continue de penser que tout ceci ne vous concerne en aucune façon. Il est certain que l’on cherche à nous nuire et, qui qu’ils soient, nous finirons par leur remettre la main dessus… mais sans votre aide.

    Elyza pousse un soupir. Bon… puisqu’il le prend comme ça !

    — Wiwi, commence-t-elle.

    Elle tire son paquet de cigarette et, comme son apparition ne provoque pas même un sourcillement, elle en place une entre ses lèvres.

    — Mon pote !

    Puis elle sort une petite boîte d’allumettes et la secoue… tchac ! Tchac ! Manque de chance, là non plus, elle n’a pas le plaisir de surprendre le moindre changement dans l’expression de l’autre. Pas le plus petit tressaillement. Il a retrouvé son calme froid et paraît inébranlable. Tant pis pour lui ! Elle fait craquer une allumette, allume tranquillement sa cigarette, avant de conclure :

    — Vous savez que je n’en resterai pas là.

    Elle caresse l’idée de pousser la provocation jusqu’à poser les pieds sur le bureau, mais, à vue de nez, elle a les jambes trop courtes. La seule et unique fois qu’elle en a eu l’occasion, William est entré dans une telle colère qu’elle a bien cru qu’il allait l’écharper. Depuis, il s’assure de placer les sièges visiteurs à distance suffisante du meuble, pour lui empêcher tout plaisir de récidive. Autant dire qu’elle attend avec impatience le jour où il se relâchera.

    — Et vous savez que je ne changerai pas d’avis, répond William en se levant. Maintenant, si vous le permettez, j’ai du travail qui m’attend !

    Et à la menace qui sourde dans sa voix, si subtile qu’il faut avoir l’oreille exercée pour la déceler, elle comprend que si elle s’obstine à squatter les lieux, alors il ne répondra plus de rien. Elle va donc pour se lever, avant de se raviser et de questionner :

    — Juste une dernière chose : quelles mesures comptez-vous prendre si vous ne parvenez pas à remettre la main sur ces créatures ?

    — Vous supposez que nous pourrions prendre des décisions dangereuses pour la population Naturelle ?

    — À vous de me le dire.

    Ce clan vampirique se targue d’être le plus sûr de toutes les Cités. Ses membres en tirent d’ailleurs une certaine fierté et il se raconte que les écarts sont sévèrement punis. Ses soupçons peuvent passer pour à la limite de l’injurieux, mais William n’est plus à ça près.

    C’est donc d’un ton courtois, mais glacial, qu’il répond :

    — Nous ne sommes pas des sauvages, Gardienne. Si ces créatures nous laissent en paix, nous en ferons de même de notre côté : Je ne permettrai pas que l’on réveille leur hostilité de quelque manière que ce soit !

    — Et dans le cas contraire ?

    — Dans le cas contraire… soyez assurée que je mettrai tout en œuvre pour les retrouver et aussi longtemps que cela n’aura pas de répercussion sur le reste de la population. Plus que tout, je ne tiens pas à attirer l’attention des Brigades : Il n’y a rien de pire pour les affaires !

    Au même instant, on frappe à la porte. La secrétaire se présente sur le seuil, une enveloppe bien rembourrée à la main.

    Erwin Doe ~ 2017

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  • 22/08/2017

     

    De nouveau, je fais le mort ! (C'est mal, je sais.)

    Que dire de neuf, donc, depuis la dernière fois ? Depuis début août, l'écriture, c'est compliqué. J'ai passé au moins une dizaine de jours sans pouvoir écrire et là, j'essaye doucement de retrouver mon rythme. Du coup ! Tout ce sur quoi je bossais n'a pas beaucoup avancé.

    Un long voyage, par exemple. Je viens juste de terminer la réécriture de la dernière partie de l'épisode 4. Mais pas possible de la poster tout de suite, elle me semble encore méchamment bancale et va donc me falloir quelques relectures. Pas beaucoup avancé non plus dans la correction de l'épisode 6. Et la réécriture de l'épisode 7 a pris du retard. J'avais espéré la terminer ce mois-ci, mais ça ne me semble plus vraiment réalisable. ;__;

    Avec ça, il va falloir, à mon avis, que je me lance dans une dernière relecture de cette saison 1 avant de pouvoir en proposer un PDF / Epub complet. Des détails à droite et à gauche, qui me gonflent. Notamment, je réfléchis de plus en plus à changer le pronom que j'utilise pour Romuald. Désigner ce personnage par "il" me gêne, vu qu'on a affaire à une créature qui n'est ni femme ni homme. Donc... je réfléchis à remplacer les "il" par "ul"... ce qui va me demander pas mal de boulot. Donc... peut-être que je m'occuperais de cette dernière relecture en janvier. S'il fait aussi froid que cette année, je vais passer ma vie dans mon lit, alors... au lieu de ne rien foutre, autant en profiter pour faire de la relecture. (Mais ! Je commencerai à poster la saison 2 avant cette dernière relecture. Logiquement. Ahem ! Ouais, ça va dépendre de l'avancée de ma réécriture, puis de mes corrections de l'épisode 7.)

    Pour ce qui d'Ombre, y a pas eu de mises à jour depuis un moment. Pas encore trouvé la motivation d'écrire la partie qui me manque et la correction de la partie 13 me prend méchamment la tête. Donc, actuellement, je ne sais pas quand je posterai la suite. Je corrige ce texte et je laisse reposer les parties qui me prennent la tête. Je dois actuellement en être aux corrections de la partie 21, qui elle aussi m'emmerde un peu.

    Quoi d'autre ? Ma fanfic sur Zelda ? Au point mort, elle aussi. Bon, j'ai un peu avancé dans la réécriture de son épisode 2. Puis il y a eu ma pause forcée d'une dizaine de jours et depuis, j'ai perdu le rythme, mais je vais essayer de reprendre dans la semaine.

    Voilà pour les nouvelles. C'est pas glorieux, glorieux, mais bon. :u

     


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  • Épisode 1 : L'Ombre qui dévorait un cadavre

     

    12

    Quand Théodore arrive dans la rue du crime, il a presque le sentiment de se trouver dans une ville fantôme. Le drame a produit sur les esprits une aggravation des paranoïas, en poussant la plupart à se retrancher chez eux dès le coucher du soleil. Seuls quelques hommes se risquent encore à mettre un orteil hors de chez eux. On a le gosier sec et la volonté de gagner le bistro du coin, pour échapper à un cadre familial souvent jugé étouffant, ou peu stimulant. Mais pas question d’y aller seul. Trop dangereux, par les temps qui courent ! Alors, on s’empresse de rejoindre les voisins, tout aussi désireux de mettre les voiles, et on met le cap sur le débit de boissons le plus proche.

    Mais même en groupe, on évite de sortir désarmé. En tout cas, c’est ce qu’en déduit le vampire en croisant un trio de courageux, dont il ne manque pas d’attirer les regards. Son apparence frêle, déjà, ne peut qu’éveiller leur suspicion. Car pour oser s’aventurer seul à l’extérieur, avec une constitution comme la sienne, il faut forcément dissimuler quelque chose. Le pas des hommes se ralentit et les visages se crispent. L’un est blafard, les autres dégagent une hostilité teintée de panique et on s’écarte de son chemin pour ne pas avoir à le frôler. La main d’un des types se porte à l’intérieur de son manteau, sans doute pour se poser sur le manche d’un couteau ou la crosse d’un pistolet. Il peut en voir un deuxième palper ses poches, quand il les dépasse.

    Dans son dos, le trio marmonne et s’interroge. Lycanthrope ? Vampire ? Et s’il s’agissait de la saloperie responsable du massacre ? Néanmoins, personne n’a le courage de venir s’assurer de son identité et l’on s’empresse plutôt de passer son chemin en accélérant l’allure. D’une main, Théodore rejette les boucles qui lui volent devant le visage et se détend. Devoir se confronter à des Naturels est la dernière chose qu’il souhaite.

    Derrière les rideaux et les volets de la plupart des habitations, de la lumière brille encore. Il peut parfois y percevoir du mouvement, comme on entend ses pas résonner dans la rue. Des doigts écartent délicatement les voilages, pour jeter un œil à l’extérieur. Le voisinage est sur ses gardes et il a conscience qu’il lui sera difficile d’enquêter dans le quartier cette nuit. Il se demande d’ailleurs s’il ne doit pas craindre qu’un de ces spectateurs indésirables ne se décide à appeler les Brigades… juste au cas où. Encore une fois, son apparence, sa solitude, jouent contre lui et l’on doit déjà se concerter sur ce qu’il convient de faire.

    Il s’arrête et perçoit le grincement d’une porte. Une voix féminine, paniquée, chuchote une supplication. Théodore jette un regard par-dessus son épaule et découvre, debout sur son paillasson, un individu massif en marcel, qui le fixe avec agressivité. Dans sa main, un long morceau de bois, comme une canne de marche. Une arme de fortune qu’il serre si fort que ses jointures en ont blanchi. Il peut distinguer en partie la silhouette de sa femme, près de lui, qui tend ses petites mains dans sa direction. Elle le presse de rentrer, de ne pas commettre de folie ; que c’est trop dangereux et qu’ils feraient mieux d’appeler les autorités.

    Théodore et l’homme soutiennent le regard de l’autre un moment, sans bouger, sans qu’un mot ne soit échangé. Finalement, le vampire hausse les épaules et reprend sa route. Des pas le suivent, mais la voix de la femme se fait plus aiguë, plus pressante que jamais. Les pas s’arrêtent, pour retourner d’où ils sont venus et la porte claque.

    La tension de Théodore est montée d’un cran. Décidément, les Naturels sont bien plus sur les nerfs que ce à quoi il s’attendait. Impossible d’espérer s’attarder encore longtemps. Il lui faut régler au plus vite ce pourquoi il est venu, avant l’arrivée d’une cavalerie qu’il devine à présent imminente.

    De nouveau, il s’arrête et tente d’évaluer son état. Son énergie lui semble bonne, il s’est nourri avant de partir et il se sent suffisamment stable pour user de ses facultés vampiriques sans craindre de dérapage brutal. Il lève les yeux en direction du ciel étoilé, le temps que son esprit se calme et, d’un coup, disparaît dans les ombres. Il se fond dans leur masse, ne réapparaissant seulement aux yeux du monde que quand celles-ci prennent brusquement fin, pour disparaître de nouveau dans les suivantes. Ainsi, ses pas deviennent non seulement inaudibles, mais il se déplace plus vite, a presque le sentiment de ne plus posséder de corps qui l’entrave.

    La maison du crime, enfin. Il la reconnaît aux bandes rouges qui la barricadent encore, mais surtout à l’odeur qui s’en dégage. Bien qu’il ne respire pas, elle frappe sa sensibilité exacerbée, agresse ses sens déjà fragiles et à fleur de peau, le poussant à s’arrêter à l’ombre d’une habitation. La puanteur du carnage est entêtante, violente. Au sang se mélange celle de la terreur des victimes, celle de leurs entrailles, également. Il en a presque le vertige. Trop de sang… beaucoup trop de sang a coulé ici.

    Il porte une main à sa bouche et ferme les yeux. Ça a été une erreur de proposer son aide à Elyza… si tôt… et surtout sur une affaire comme celle-ci.

    Dans sa poitrine, son cœur s’est remis à battre et il peut l’entendre pulser à ses oreilles. La fièvre monte en lui et ses joues le chauffent. Un voile passe devant son regard et les ténèbres dans lesquels il se fond semblent s’abattre sur sa vision.

    Quand il reprend contenance, il est en sueur et chancelle. Son dos vient rencontrer le mur derrière lui et il reste là, sans oser faire le moindre geste. Il remarque alors qu’il n’est plus seul, face à l’habitation. Un individu se tient à présent entre lui et la façade, les mains enfoncées dans ses poches et lui tournant le dos. L’autre ne bouge pas pendant au moins une bonne minute, ses cheveux et la fourrure du col de son manteau balayés par la brise froide qui souffle.

    Finalement, un couinement échappe à l’inconnu, qui tourne vivement le visage de côté en se pinçant le nez entre deux doigts. Dans ce profil congestionné par l’inconfort, Théodore reconnaît celui de Jonathan. La surprise est telle qu’il manque de perdre sa concentration et de quitter les ombres. Qu’est-ce qu’il fiche ici, celui-là ? Elyza lui a pourtant dit qu’elle lui avait donné sa soirée !

    À quelques distances de là lui parvient le résonnement d’un moteur. Jonathan tourne les yeux dans cette direction et un pli soucieux vient lui barrer le front. Théodore se redresse, certain que les ennuis approchent. Il hésite d’ailleurs à se révéler à Jonathan pour lui demander les raisons de sa présence ici, quand l’autre se met soudainement à courir. Trop surpris pour réagir, le vampire le voit prendre la poudre d’escampette avec la même précipitation que s’il était poursuivi et disparaître entre deux bâtiments. Une attitude pour le moins suspecte, qui le laisse un moment pantois.

    Car enfin, il ne peut pas avoir deviné l’identité de ceux qui approchent et, quand bien même, en quoi cela devrait-il l’inquiéter ? Les Brigades ne peuvent rien contre un Naturel, aussi louche soit-il. Qui plus est, c’est un Surnaturel que l’on recherche pour ce crime, alors…

    Tout en se demandant ce que l’autre peut bien avoir sur la conscience pour réagir ainsi, et si cela risque de leur attirer des ennuis, à lui comme à Elyza, Théodore regarde approcher les phares du véhicule. Sa curiosité le titille. A-t-il encore une chance de rattraper le fuyard ? Sans doute que non et c’est bien dommage, car il aurait aimé savoir où il compte se rendre ensuite. D’ailleurs, s’il ne veut pas perdre les prochaines heures à s’expliquer auprès des Brigades, quant aux raisons de sa présence ici, il ferait mieux d’imiter Jonathan.

    Non pas que de simples Naturels puissent deviner sa présence au sein des ombres, mais l’odeur continue de le malmener et il n’aura sans doute bientôt plus la force de se maintenir invisible. Son regard se porte une dernière fois en direction de l’habitation. Il aurait au moins aimé aller y faire un tour, que son déplacement n’ait pas totalement servi à rien, mais il doit y renoncer. Certain qu’il ne tiendra pas le choc, une fois à l’intérieur.

    Alors, et bien que navré de s’en retourner bredouille, il reprend sa route en sens inverse, ombre parmi les ombres, au moment où le véhicule sombre des Brigades s’arrête à sa hauteur et que deux agents en sortent pour inspecter les environs…

    Erwin Doe ~ 2017

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  • 31/07/2017

     

    Aaah, je me suis enfin débloqué avec l'épisode 2 de The legend of Zelda : L'ombre du héros ! Quelques nouvelles idées, qui vont peut-être me permettre de réécrire enfin ce deuxième épisode et, surtout, de lui offrir une version non seulement très différente de l'ancienne, mais aussi beaucoup plus cool. (Non parce que l'ancienne version... vraiment... voilà ! C'était assez ridicule quand même.) D'ailleurs, il est clair que ce projet va me demander beaucoup, beaaaaucoup plus de temps que je ne le pensais, avant d'en voir le bout. Moi qui espérais pouvoir débuter son postage l'année prochaine... honnêtement, faut que j'arrête de rêver ! D'autant que je commence tout juste à me débloquer dans son neuvième et dernier épisode, dont le quart du premier jet n'est même pas encore écrit. Impossible de savoir quoi faire de Zelda... et je n'avais pas envie de la laisser de côté, alors je me prends la tête dessus depuis... janvier 2016 ? Mais ! Je pense avoir trouvé quelque chose de pas trop mal. Maintenant, me reste plus qu'à trouver le temps d'écrire tout ça... et de poursuivre le deuxième jet des autres épisodes... et... sérieusement, je crois que ce projet aura même besoin d'un troisième jet.

    Je pensais que deux seraient suffisants, mais il devient évident que non. Bref ! Au minimum, il va me demander encore deux ans... mais je sais pas pourquoi, je le sens gros comme une maison que ça va être plus, beaucoup plus. D:

    Avec ça, je viens d'ajouter à la liste des "fanfictions que j'écrirai un jour" un projet sur Kuroshitsuji (Black Butler), qui devrait tourner autour de Sebastian exclusivement (Comprendre que le reste du casting sera très certainement du OC). Et à mon avis, vu l'idée que j'ai en tête, ça risque d'être encore un beau bébé. Hum... à croire que je le fais exprès. Donc, un jour... lointain, j'écrirai une fanfiction sur ce personnage, qui me fascine assez.


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  • 29/07/2017

     

    Eh bin, du coup, j'ai réussi à terminer la relecture de l'épisode 6 d'Un long voyage avant la fin du mois ! Pas pu m'arrêter. J'ai relu les trois quarts restants du texte hier et, en fait, cet épisode m'a rappelé pourquoi j'aimais ce projet, à la base. Honnêtement, je me suis beaucoup amusé et j'en ressors un peu plus confiant. Et surtout impatient de pouvoir me remettre à la saison 2 !

    Autre chouetterie, cet épisode s'est relu facilement. Pas de blocage, rien, visiblement pas de gros problèmes ni d'incohérences (Même si quelques broutilles ont pu m'échapper, mais bon... !). Je gardais un souvenir assez déplorable de cet épisode, dû à mes nombreuses galères avec lui, mon blocage de plusieurs mois (Presque un an, même ?), mes relectures laborieuses et toutes les autres joyeusetés. Du coup, dans mon esprit, cet épisode était affreusement bancal, alors qu'au final, je crois que c'est celui que je préfère. Bon par contre... les corrections vont me demander du boulot... énormément de boulot. Parce que ouais, ouais, ouais, définitivement ouais, mon ras-le-bol m'a bien plombé tout au long de mes précédentes corrections. (Et même que des fois, c'est très moche !)

    Avec ça, j'ai aussi terminé la relecture de la partie 8 de l'épisode 4. Plus qu'une partie avant d'en voir le bout. Ah ! Je sens qu'elle va me faire souffrir celle-là. Tellement ! D:

     Édit : Ah ! Et j'ai aussi terminé le premier jet d'un des deux passages d'Ombre qui me manquent. Je ne sais pas trop si je pourrai le poster ce week-end, par contre... je pense plutôt taper son deuxième jet lundi, puis... peut-être le poster mardi ou mercredi... on verra !


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  •  26/07/2017

     

    Et voilà, saison  1 de Démone terminée ! \0/ Le quatrième épisode fait presque 11.000 mots. Je me retrouve donc avec une première saison d'un peu plus de 50.000 mots. Le deuxième jet devrait lui faire prendre un peu de poids... mais sans doute pas des masses. Pas davantage de 10.000 mots, je pense.

    Bon, mais, en attendant, je mets ce projet de côté... le temps pour moi de rassembler suffisamment d'idées pour attaquer se deuxième saison. (L'année prochaine, avec un peu de chance. D'ailleurs, je ne suis toujours pas certain de savoir combien de saisons vont être nécessaires pour terminer ce projet... au début j'espérais quatre, mais au final... j'ai l'impression que ça va plutôt lorgner du côté de cinq ou six.)

    Avec ça, j'ai également terminé les corrections de l'épisode 5 d'Un long voyage (Youhou !). Honnêtement, ça n'a pas été une mince affaire. Wah ! Ok, cet épisode s'est laissé relire tout seul et n'avait pas de grosses incohérences comme les épisodes 4 et 2, mais il y avait pas mal de boulot dessus ! Hum... faut croire que mon ras-le-bol était déjà là, à l'épisode 5... et n'a fait que s’exacerber avec l'épisode 6. Du coup, il me reste encore quelques jours avant la fin du mois et je vais en profiter pour poursuivre la relecture de l'épisode 6. L'idéal serait de la terminer avant le mois prochain, mais... bon, j'y crois moyen !

    Avec ça, je ne sais pas si je vais au final continuer la saison  1 du Petit chaperon rouge. Hum... je ne suis pas certain qu'il me reste encore assez de temps pour espérer la terminer. Démone m'aura demandé plus de temps que prévu. Donc ! Peut-être que la fin de ce projet va être repoussée en septembre.

    Ombre, maintenant... rien pu poster la semaine dernière, j'espère me rattraper ce week-end... faut que je trouve la motivation et l'inspiration pour écrire les scènes qui me manquent, aussi........ pas simple ça !

     


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  • 16/07/2017

     

    J'avais dit il y a longtemps que le ferais, puis j'ai oublié, mais finalement, j'ai fait un PDF et un Epub avec tous les épisodes du Grand monsieur du bois d'à côté. Une centaine de pages quand même, presque 50.000 mots... cette histoire a bien grossi au fil du temps. (Je ne sais pas du tout combien faisait la première version, mais sans doute pas plus de 30.000.)

    Avec ça, j'ai repris ce matin la correction de l'épisode 4 d'Un long voyage. Deux parties en plus de terminées, une troisième qui devrait l'être rapidement, et après ça, il ne m'en restera plus que deux... que, pour le moment, je ne vois pas très bien comment améliorer. Hum ! Mais pas grave, au moins, j'aurai un peu avancé ce mois-ci, ce qui allègera mon travail en août. Avec un peu de chance, si l'épisode 6 n'est pas trop bancal (Et pour le moment, ça va), j'en aurai peut-être terminé avec cette relecture plus tôt que prévu. Ce qui serait vachement cool, s'pas ? Mais, je me connais, ne pas se réjouir trop vite, un blocage, c'est tellement rapide à se pointer ! :D

    Sinon, je réfléchis... à quoi proposer d'autre dans le coin.

    Parce que le premier épisode d'Ombre ne va pas me durer encore cent ans, j'en suis presque à la moitié actuellement. Il y a les deux premiers épisodes de la saison 2 d'Un long voyage, mais eux non plus ne vont pas me durer bien longtemps. En tout cas, il ne s'agit pas vraiment de beaux bébés comme l'épisode 6, donc... je ne sais pas trop quand je pourrai commencer à poster l'épisode 7, sans doute en fin d'année, du coup... j'imagine qu'en mai prochain (en comptant large et sans compter d'éventuels blocage) je devrais me retrouver avec plus rien en réserve. Et à moins que je ne me sois décidé entre deux à attaquer les épisodes 9, 10, 11 (Ce dont je doute. En vrai, je ne sais pas bien quand je pourrai les écrire... ou du moins, quand est-ce que l'épisode 9 se sera décidé à se débloquer complètement, ahem), ça va redevenir drôlement mort dans le coin !

    Alors, je me demande si je ne devrais pas commencer à poster quelques textes de mon projet Umir. J'en ai un petit paquet et énormément d'idées... mais aucun cycle / aucune saison de vraiment terminés. Mais d'un autre côté, vu la taille de la bête, je ne suis pas certain de vouloir me soucier d'une chronologie. Hier, j'ai relu les deux premiers épisodes de Et l'éternité continue et, en fait, je pense que je pourrais les proposer ici. Bon, il faut que je les retravaille, mais... ! Y a moyen. Le truc c'est que le reste des épisodes sont un chantier pas possible et que je ne sais même pas très bien où je vais, étant donné que ce monde, son histoire, sont encore en construction dans ma tête... depuis près de 20 ans.... merde, ça commence à faire sacrément long ! Du coup, je sais pas... je me dis que ce n'est pas forcément grave de ne pas respecter de chronologie avec un projet comme celui-là. Qu'écrire sur des périodes de temps et des sujets différents me permettra de me débloquer dans les parties de son histoire qui me restent encore obscures. Et que du coup, même si la suite des épisodes de Et l'éternité continue n'arrivera que dans quelques années, ce n'est pas forcément grave, parce que 1) il y a encore trop de points d'ombres avec les personnages de l'épisode 3, qui pourraient être résolus si je m'intéresse à eux dans le futur; 2) il y aura de toute façon d'autres textes sur cet univers qui seront proposés entre deux et qui enrichiront tout ça et donneront déjà quelques réponses sur les épisodes manquants, et inversement. En plus, c'est un projet qui est vraiment trop gros (et épuisant) pour que j'essaye de m'en tenir à une chronologie. Si je voulais vraiment être certain de ne laisser aucune incohérence derrière moi, il faudrait que j'écrive l'ensemble des épisodes des cycles principaux, mais aussi tous les à côtés que j'espère écrire. Ce qui me demanderai... je sais pas... 20 ans de plus, peut-être ? A ne bosser que sur ce projet et j'ai VRAIMENT PAS envie de ça. Donc... j'y réfléchis... doucement.

     

     


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  • Épisode 1 : l'Ombre qui dévorait un cadavre

     

    11

    Philibert ne tarde pas à venir lui ouvrir. D’un regard, il s’assure qu’aucun témoin ne se dissimule dans l’arrière-cour minable où il lui a demandé de patienter, avant de se déplacer sur le côté pour lui permettre d’entrer.

    Le couloir qui l’accueille est sombre. De la musique et des applaudissements leur parviennent de la salle principale. Des sifflements et quelques vivats les accompagnent.

    — Les affaires ont l’air de marcher…

    Philibert, qui ouvre une porte, lui répond :

    — Y a pas à se plaindre. On a récupéré deux nouveaux artistes. Des frangins de type Monstrueux. Leur numéro est plutôt apprécié.

    — Des Monstrueux, tu dis ?

    Ils passent dans une petite salle de repos mal chauffée et pour l’heure déserte. Ça sent le tabac froid, mais aussi la mauvaise hygiène. Ici et là, des vêtements abandonnés, jetés aux quatre coins de la pièce avec quelques canettes vides.

    — Des Trolls, pour être exact. Si tu voyais ce que ces mecs-là sont capables d’avaler, t’en reviendrais pas ! Tiens, par exemple, ils te prennent un bloc de métal gros comme mon poing et…

    — Hé, Phil ! Lâche un peu ton boniment, tu veux ? J’suis pas là pour ça. (Puis, après une seconde d’hésitation :) Attends voir… maintenant que tu m’y fais penser, c’est vrai que ces bestioles-là ont une sacrée force dans la mâchoire ! (Ses yeux s’étrécissent en même temps qu’elle songe que ce serait trop beau.) Rafraîchis-moi la mémoire… c’est pas capable de changer de forme, hein ?

    D’étonnement, Philibert hausse les sourcils. Un zeste de méfiance s’allume au fond de son regard.

    — Pas à ma connaissance, non. Pourquoi ?

    Sans lui répondre, Elyza jette un œil aux affiches qui décorent les murs. Aux côtés des anciens artistes qui ont fait la réputation de l’endroit se mêlent quelques petits nouveaux, qu’elle n’a pas encore eu l’occasion de chopper pour un entretien entre quatre yeux.

    Sur l’une des annonces les plus récentes, deux créatures identiques. Des monstres imposants, à la peau d’un vert boueux et aux mâchoires disproportionnées. Des ventres gras, mais des épaules et des bras musclés. Leurs oreilles sont en pointe et la touffe de cheveux qui se dresse sur leurs crânes déplumés ressemble à de la mauvaise herbe.

    — T’occupes ! dit-elle en revenant à lui. Passe plutôt à la suite.

    Avec une grimace contrariée, Philibert se laisse tomber sur l’un des canapés et porte la main à l’intérieur de sa veste. Il en sort un étui à cigarette et bougonne :

    — Si t’étais un peu plus aimable, peut-être que les gens auraient davantage envie de collaborer avec toi.

    — Si j’étais plus aimable, vous chercheriez à en profiter. Tu crois que je vous connais pas, dis ? (Puis, comme il ne répond pas, se contentant de lui offrir sa tête des mauvais jours :) Alors, ces elfes ?

    Avec un grognement, Philibert se plante une cigarette au coin des lèvres et fait craquer une allumette.

    En tant que mort-vivants, les vampires ne respirent pas… ou du moins, n’en ont plus besoin pour survivre. De fait, le tabac, qui les force à faire fonctionner plus que de raison leurs poumons, ne les intéresse pas. Philibert fait figure d’exception. Un vieux travers qui, selon lui, doit lui venir de son existence de Naturel.

    — On a eu un problème, commence-t-il en expirant un nuage de fumée. Des… choses nous ont attaqués.

    — Des choses ? Quelles choses ?

    — Ben, justement… on n’en sait trop rien.

    — Va falloir être un peu plus précis, Phiphi…

    Il hausse les épaules et, tandis qu’elle le fixe, il laisse tomber les cendres de sa cigarette dans un cendrier déjà trop encombré.

    — Je vais avoir du mal. Tu vois, j’étais pas là quand ça s’est produit et ceux qui ont assisté au carnage n’ont pas été capables de nous en filer une description bien précise. Selon eux, ça ne ressemblait à rien de connu… des sortes de bestioles marrons, avec de grosses têtes et des yeux incandescents.

    — Je pige pas… pourquoi ces trucs vous auraient attaqués ?

    Elle s’est à son tour allumé une cigarette. Une main enfoncée dans une poche, elle continue de le fixer, attentive au moindre signe d’entourloupe de sa part. D’un mouvement de la main, Philibert disperse la fumée qui stagne devant ses yeux.

    — Apparemment, ils s’intéressaient aux cadavres. On nous en livrait de nouveaux quand ces saloperies ont déboulées. Deux ou trois grosses bestioles, à ce qu’il paraît. Elles se sont jetées sur le corbillard et ont voulu embarquer son chargement. Une chance, on a réagi à temps et les corps s’en sont tirés sans une égratignure… de notre côté, on peut pas en dire autant.

    — Des morts ?

    — Pas cette fois-là, non. Des blessés. Assez grièvement, mais tous ont survécus. William a dû verser un sacré pot-de-vin aux types de la morgue pour qu’ils évitent d’ébruiter l’affaire.

    Et connaissant l’importance qu’a pour le clan leurs affaires avec les services mortuaires Naturels, elle devine que William s’est montré plus que généreux.

    Les liens entre les morgues locales et les vampires remontent à un petit moment déjà, à une époque où ceux-ci n’avaient pas encore transformé le quartier en attrape touriste. Soucieux d’être perçus comme des citoyens – presque – modèles et non comme les prédateurs qu’on voit trop souvent en eux, ils avaient travaillé en collaboration avec le C.E.S pour obtenir le droit de se charger de la préparation des morts en vue de leur dernier voyage. Et pour seul payement, le sang des défunts. Le reste, que ce soit la veillée funéraire ou la crémation, restent entre les mains des organismes Naturels.

    Bien entendu, l’idée eut du mal à passer. Beaucoup de mal, même, et seul l’acharnement du C.E.S. lui avait permit de triompher.

    Malgré tout, la population Naturelle apprécie peu de laisser ses morts entre les mains de Surnaturels et les tient à l’œil. Si le clan a jusqu’à présent échappé aux scandales, ce grâce à son travail non seulement exemplaire, mais surtout quasiment gratuit, il suffirait qu’un seul cadavre disparaisse, ou revienne à sa famille avec quelques morceaux en moins, pour que c’en soit fait de sa réputation.

    — Continue, dit-elle.

    Philibert se gratte l’arrière du crâne.

    — En fait, c’est après la seconde attaque qu’on a décidé de faire appel à la meute. Ce genre d’histoire, c’est un peu leur rayon… je veux dire… se débarrasser d’un ennemi encombrant, tout ça… enfin bref ! À la seconde attaque, donc, ces machins se sont pointés avec du renfort et ont cherché à forcer les portes de notre entrepôt. On est parvenu à les chasser, mais pas sans pertes. Trois morts de notre côté, dont un qu’ils ont enlevé encore vivant.

    « William a pas attendu pour réagir. Il a contacté aussitôt Elios qui a envoyé des gars à lui pour pister les fuyards. J’étais là quand ils sont arrivés… tu aurais dû voir leurs tronches ! J’ai bien cru qu’ils allaient se barrer fissa et nous laisser régler ça par nous-mêmes. (Il se tapote le nez.) L’odeur. Les lycanthropes ont un odorat sacrément développé et nos agresseurs puent comme pas permis. (Il tire sur sa cigarette.) C’est quand je les ai entendus se plaindre que j’ai reniflé moi aussi. Pouah ! J’ai jamais senti un truc pareil ! Une véritable infection !

    Au fond d’Elyza, quelque chose fait « tilt ». Est-il possible que… ?

    — Malheureusement, ils n’ont pas réussi à les retrouver. Ils les ont pistés un petit moment, puis l’odeur a disparue. Comme ça ! Tout ce sur quoi ils sont parvenus à mettre la main, ce sont les restes du pauvre type embarqué avec eux. Dévoré… ! On a presque rien pu récupérer de lui. (Il frissonne et sa main, celle qui tient la cigarette, tremble un peu.) Un vampire, bordel ! Depuis quand c’est possible, ça ?

    Pour un vampire, se retrouver dans la position d’une proie potentielle est forcément désagréable. Il est toujours douloureux de se voir rappeler qu’on n’est peut-être pas les têtes de gondole de la chaîne alimentaire.

    — Depuis, ils les recherchent. Les elfes noirs patrouillent dans le secteur avec l’ordre d’intervenir si ces machins devaient attaquer notre clientèle vivante. Tu comprends ? Ça serait sacrément mauvais pour nous si ça devait se produire.

    — Et la première attaque date de quand ?

    Sans déceler la note d’agacement qui perce dans la voix d’Elyza, Philibert lève les yeux au plafond, comme si cela l’aide à mieux réfléchir, et répond :

    — Je dirais… attends… un peu plus d’une semaine.

    Le sourire qui apparaît sur les lèvres de son interlocutrice suinte le mauvais augure.

    — Et bien entendu, pas un seul d’entre vous n’a jugé utile de venir m’en informer ?

    Philibert sursaute si violemment qu’il en laisse tomber sa cigarette.

    — Bon sang, Elyza ! s’exaspère-t-il en la ramassant avant qu’elle ne mette le feu à la moquette. Je t’ai dit que ça ne te concernait pas !

    — Je veux que ça me concerne ! Tu te rappelles que c’est arrivé sur mon territoire, mhh ?

    — Écoute…

    — Et qu’en cas d’intrusion de Surnaturels potentiellement dangereux, vous êtes tenus de m’avertir ? C’était pas dans notre accord, ça, peut-être ?

    — Si, mais…

    — Mais quoi ? Vous avez pas respecté vos engagements, Phiphi, et ça, j’suis pas censée l’accepter !

    — Bon, écoute… d’accord, on n’a pas été très réglos sur ce coup. Il n’empêche que je maintiens que ça ne te regarde pas ! Jusqu’à preuve du contraire, le rôle des Gardiens n’est pas de nous défendre, nous, Surnaturels. Et même si c’était le cas, de toute façon, personne ne voudrait de vous ici. Mais ce n’est pas le seul problème… (L’espace d’un instant, il hésite à poursuivre.) Il y a également que si tu t’en mêles, alors Théodore aussi.

    Les sourcils d’Elyza se haussent.

    — Et ?

    — Et ce n’est pas possible ! Théodore n’appartient pas à notre clan. Et puis tu sais bien ce qu’on pense des gars comme lui : on ne veut pas avoir affaire à eux !

    En réponse, Elyza lui adresse un regard noir qui le fait se tortiller. Il se tasse même un peu, dans l’attente d’un coup qui ne vient pas. À la place, Elyza se penche en avant et écrase sa cigarette dans le cendrier.

    — Je vais te dire, Phil. Si un jour j’apprends que l’un d’entre vous s’est amusé à lui manquer de respect, je le brise en deux. Pigé ?

    Philibert tire nerveusement sur son mégot avant de répondre :

    — Quand il vient, on se contente de le servir. Il paye, il prend, il se tire. Ça s’arrête là. Il te l’aurait dit, non, si on lui avait joué un sale coup ?

    Non, et c’est bien là le problème. Théodore ne dit jamais rien. Quand bien même chercherait-elle à lui tirer les vers du nez qu’il s’obstinerait à rester muet. Bien qu’ils soient amis, il reste Surnaturel et considère lui aussi que certaines choses ne la concernent pas… elle, la représentante de l’Ordre et de la société Naturelle.

    — Je vais aller rendre une petite visite à son altesse, décide-t-elle. Mais t’inquiète, je lui dirai pas que t’as moufté.

    Philibert esquisse un pauvre sourire.

    — Même si tu ne lui dis rien, il le saura de toute façon.

    Le plus triste étant qu’il a sans doute raison.

    Erwin Doe ~ 2017

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  • 15/07/2017

    Un peu de nouvelles ! :D

    D'abord le Camp Nano qui se passe bien, en fait... mieux que je ne le pensais... pour le moment, en tout cas, haha. J'ai terminé le 3ème épisode de Démone. Presque 12.000 mots. Et c'était plutôt amusant à écrire, héhé. Du coup, je vais poursuivre avec l'épisode 4. Ce serait cool que je puisse le terminer avant la fin du mois, histoire qu'il me reste un peu de temps pour le 4ème épisode du Petit chaperon rouge.

    Dimanche, j'ai posté la partie 10 de Ombre et... en toute logique, je devrais pouvoir poster la partie 11 ce dimanche ou lundi... ensuite... ça risque de devenir un peu compliqué. J'ai le sentiment qu'il me manque une ou deux scènes, mais je n'ai pas trop le temps de les écrire en ce moment. Et comme l'une devrait être la partie 12... ahem ! On verra !

    Pour Un long voyage j'ai terminé la première relecture/les premières corrections de l'épisode 5. Hum ! Un épisode qui se laisse relire un peu comme l'épisode 3, quoiqu'un peu plus bordélique sans doute. Je poursuis donc avec sa dernière relecture et attaqué la première relecture de l'épisode 6. Wah ! Je le vois bien, que j'en avais plus qu'assez de ce texte, au moment de son postage ! J'y trouve encore plus de coquilles, de phrases bizarres et de trucs "meh" que dans les autres épisodes. (°^°)

    Pour rester sur Un long voyage, on m'a informé qu'il a été nominé pour le Prix du Conteur, organisé par l'Allée des Conteurs. Je suis assez surpris, en fait... il me semble que ce texte avait déjà été nominé l'année dernière en catégorie "Univers alternatifs" et qu'il sera cette année nominé dans la catégorie "Coup de cœur".  Et ça me fait super plaisir. J'ai tellement peu confiance en ce que j'écris, et je suis tellement défaitiste vis-à-vis de ce texte, que le fait qu'il ait été nominé une deuxième me fait du bien au moral. Cela dit, maintenant je suis en train d'angoisser, parce que cette saloperie d'épisode 4 est encore en chantier et que j'ai donc la moitié du texte qui n'est pas encore tout à fait corrigée, haha !

    Aussi, j'ai oublié de parler de ma nouvelle, qui avait été acceptée par un éditeur. Hum... elle doit être disponible depuis environ un mois, maintenant, du côté du Labo de Walrus.

    D'ailleurs, vu comment j'ai douillé tout au long de son édition, je suis de moins en moins certain de vouloir publier d'autres textes via un éditeur. Attention ! Je ne suis pas DU TOUT en train de dire que ça s'est mal passé avec l'éditeur ! Vraiment pas !

    Par contre, ça s'est mal passé avec moi-même, ma dépression, mes angoisses, mes difficultés MONSTRUEUSES à communiquer avec autrui (Hello, ma phobie sociale, tu m'auras bien pourri ! :D), mes insomnies qui sont revenues, mon manque total de confiance, de recul, sans oublier d'autres saloperies... niveau cocktail toxique, ça se pose là... donc...

    C'est pas tant que je suis contre l'idée de tenter de nouveau ma chance auprès d'éditeurs, c'est surtout que moralement, je ne suis pas sûr de vouloir / pouvoir supporter encore toutes ces étapes. (Rien que le fait d'oser envoyer quelque chose, j'arrive à me le faire payer juste après.) D'autant qu'ici, on parle d'une nouvelle... j'imagine même pas dans quel état je finirais si je parvenais à faire accepter un texte plus long....... Bref ! J'y réfléchis... un peu... mais je suis plutôt à me dire que je suis bien, de mon côté, sur le net... que je ne me fais pas trop de mal, quoi, et que pour le moment, c'est surtout ce dont j'ai besoin.

    Cela étant, c'est une expérience que je suis content d'avoir tentée, car 1) je me posais tout un tas de question sur les étapes liées à l'édition via éditeur, 2) je voulais savoir comment je réagirais, 3) ça m'aura permis de découvrir un nouvel univers et de nouveaux personnages, que j'ai déjà hâte de pouvoir remettre en scène. (Oui, j'avoue, j'ai déjà pris tout plein de notes pour un projet de série... encore un. Je n'arriverai pas à m'en sortir, je crois. D:), 4) et puis j'aime beaucoup les éditions Walrus. Alors avoir la chance d'être publié chez eux, c'est chouette ! (Même si ma saleté de syndrome de l'imposteur est présentement en train de me souffler de sales trucs... :D)

     


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  • Épisode 1 : L'Ombre qui dévorait un cadavre

     

     10

    Avec l’arrivée de la nuit, le temps s’est considérablement rafraîchi. Mais contrairement à la plupart des passants, Elyza ne porte ni écharpe, ni manteau, leur préférant une simple veste. En vérité, voilà un moment maintenant que le froid n’a plus beaucoup d’emprise sur son corps, si ce n’est en cas de chute critique des températures, où elle peut s’accorder quelques frissons et, surtout, beaucoup de grognements.

    Il est tout juste vingt-deux heures et la grande majorité des Naturels locaux ont regagné la sécurité de leur habitat. L’heure est aux Surnaturels, mais aussi à la petite criminalité Naturelle et à un tourisme qui n’a fait que croître, au fur et à mesure que l’autorité des Brigades s’imposait sur ce territoire.

    Le quartier qu’elle traverse est de ceux qui ne s’animent qu’une fois la nuit tombée. Les commerces ne fermeront pas avant le petit jour et, bras dessus, bras dessous, des couples s’arrêtent devant les vitrines, gloussant parfois à la vue de spectacles inattendus.

    Au sein de ce tourisme virulent, beaucoup ne sont là que dans le seul but de trouver l’aventure. On les reconnaît facilement à leur regard enfiévré, mais aussi aux airs canailles qu’ils s’efforcent d’arborer, ou à leur désinvolture aussi factice que peu convaincante.

    Si la plupart repartiront sans qu’on ait agressé un seul de leurs cheveux, ils retrouveront les leurs avec la certitude triomphante d’avoir échappé à mille et un dangers. Seul un faible pourcentage, en vérité, connaîtra de véritables désagréments, car détroussés, victimes de quelques prostituées habituées à arnaquer le gogo, sinon de crapules.

    Mais si la criminalité existe bel et bien au sein de ce quartier, celui-ci se donne surtout des allures dangereuses. On offre au touriste ce qu’il est venu chercher : à savoir la compagnie de rebuts de la société, principalement Surnaturels. Et les récits qu’il fera de son excursion en terres « barbares » ne manqueront pas d’émoustiller ses proches en manque de sensations fortes, qui finiront tôt ou tard par venir traîner leurs savates dans le coin. Un petit jeu auquel le clan vampirique local est non seulement le meilleur, mais aussi le grand gagnant.

    Fort de son expérience quant aux moyens les plus lucratifs d’attirer le chaland, il a permis à ce quartier, autrefois parmi les plus pauvres, de s’enrichir, mais aussi de bénéficier d’une forme de sécurité.

    Car depuis que les vampires sont devenus les maîtres des lieux, les petites frappes et autres délinquants ne s’y risquent qu’avec prudence, conscients que plus d’un avant eux ont disparus de la circulation pour y avoir provoqué des troubles. Ce sans qu’on ne parvienne jamais ni à remettre la main sur leur cadavre, ni encore moins sur leurs agresseurs. Bien entendu, chacun ici connaît l’identité des coupables, mais sans preuves, difficiles de les incriminer et peu importe qu’ils soient Surnaturels.

    Au final de quoi, on impute le plus gros des problèmes de violence aux touristes, plutôt qu’à la mauvaise graine locale. Les arnaques, par contre, foisonnent, mais s’avèrent souvent trop subtiles ou trop bien orchestrées pour que les plaintes soient fréquentes.

    Elyza connait ce quartier comme sa poche. Elle y a suffisamment traîné pour être sensible au moindre de ses changements, aussi infime soit-il. Et c’est cette familiarité qui lui permet de noter la présence un peu trop visible d’elfes noirs.

    Les mains enfoncées dans les poches, elle en suit quelques-uns du regard et en reconnait deux ou trois. Le fait que des elfes noirs soient présents sur cette partie du territoire n’a rien de surprenant en soi. On rencontre cette sorte de Merveilleux à tous les coins de rue une fois la nuit tombée. Ce qui l’est, en revanche, c’est que les visages qu’elle identifie sont sous contrat avec la meute locale. Et ça, ça ! Ça, elle peut affirmer que ça pue drôlement.

    L’espace d’un instant, elle hésite à aller les aborder, mais songe qu’elle aura du mal à en tirer quoi que ce soit. Ils sont d’un naturel méfiant et suffisamment fidèles à Elios pour ne pas moufter, même sous la menace d’être envoyés quelques jours au frais, histoire de leur remettre les idées en place. Non ! Mieux vaut se renseigner auprès de personnalités plus malléables.

    Reprenant sa route, elle finit par repérer la voix de celui qu’elle cherche et se dirige dans sa direction. Face à la façade d’un établissement, une petite estrade, sur laquelle est perché un rouquin armé d’un haut-parleur. Il harangue la foule, lui promet une expérience hors du commun, une exhibition de Monstrueux, les plus belles Merveilleuses jamais vues, approchez, approchez, car les places sont limitées !

    De petite taille, il a les cheveux bouclés, les yeux verts et des tâches de rousseur qui jurent sur sa peau bien trop blafarde. Une connaissance vampirique qui répond au nom de Philibert.

    — Hé ! fait-il en abaissant son haut-parleur. N’est-ce pas la Gardienne que je vois là ? Ça faisait un moment, dis donc !

    — Salut Phil. Toujours rabatteur, à ce que j’vois ?

    Son interlocuteur écarte les bras.

    — Qu’est-ce que j’y peux si William n’arrive pas à m’encadrer ? Je suis pourtant pas son pire élément. Je travaille dur, moi, pas comme certains qui se la coulent douce derrière leur bureau. Mais tu crois que ça suffit ? Rien du tout ! Tiens, s’il le pouvait, je suis sûr qu’il me chasserait.

    — On se demande bien pourquoi…

    Philibert prend un air blessé et porte une main à l’emplacement de son cœur.

    — Héla ! Tu vas pas t’y mettre toi aussi ? Je te rappelle que c’est en partie de ta faute s’il m’a dans le collimateur. (La surprise apparaît sur son visage.) Attends un peu ! Mais c’est vrai, ça ! (Comme la méfiance gagne son expression, il s’enquiert :) Qu’est-ce que tu me veux ?

    Satisfaite qu’il comprenne aussi vite, Elyza lui offre un large sourire.

    — Un petit service à te demander… rien de bien méchant… juste quelques renseignements.

    La panique submerge son interlocuteur, qui jette un regard inquiet autour de lui.

    — Sans moi ! William me le fera payer s’il apprend que je t’ai encore rencardé sur nos affaires.

    — Je t’ai même pas encore dit ce que je voulais…

    — Peut-être, mais je te connais. Si tu viens me trouver, c’est certainement pas pour que je te file des infos sur les elfes du quartier voisin. Non, rien à faire, je marche pas !

    Les lèvres d’Elyza prennent une courbe cynique.

    — Tu sais quoi ? Tu fais drôlement bien de me causer d’elfes, parce que c’est justement eux qui m’intéressent. Et pas n’importe lesquels, hein ? Ceux de chez Elios. Me dis pas que t’as pas remarqué qu’ils grouillent dans le coin !

    Comme elle plonge son regard dans celui du vampire, celui-ci vacille, avant de se reprendre. À son tour, il lui offre un sourire qui dévoile des crocs un peu trop longs.

    — Qu’est-ce que tu vas encore t’imaginer ? On manque d’elfes noirs, en ce moment. Les clients en raffolent, alors quand on est un peu à court, Elios nous envoie quelques gars.

    — C’est ça ! Sacré associé, Elios, hein ? Le cœur sur la main, toujours prêt à faire un geste. Z'avez jamais pensé à lui demander de vous faire des exhibitions de lycanthropes ? Non parce que ça, sérieux, ça devrait drôlement plaire à vos pigeons !

    Philibert détourne le regard, juste le temps d’encaisser le sarcasme et de se modeler un visage intéressé.

    — Hé ! Mais tu sais que c’est une sacrée bonne idée, ça ? Faudrait que j’en parle à William, tiens. Je suis sûr que ça va lui plaire.

    — C’est bon, Phiphi, arrête ton char.

    — Elyza, je te l’ai déjà dit, mais ta manie de raccourcir les noms est énervante. Il faut vraiment que tu arrêtes avec ça !

    Elle lui donne une tape sur l’épaule.

    — J’y penserai ! En attendant, fais-moi le plaisir de cracher ta pilule. Je connais Elios mieux que vous tous. Pas du tout le genre à envoyer ses gars jouer les phénomènes de foire, encore moins gratos. Il a une image à tenir, tu piges ?

    — Je sais que tu n’y penseras pas. Tu n’y penses jamais. À chaque fois, tu me dis que tu le feras et tu continues quand même.

    — Ça s’appelle essayer de noyer le poisson, Phil.

    Philibert ouvre la bouche pour protester, hésite, puis la referme. Finalement, un soupir lui échappe.

    — Écoute…, dit-il en se penchant dans sa direction. C’est nos affaires, d’accord ? Ça ne concerne absolument pas l’Ordre, alors…

    — Laisse-moi le privilège d’en juger, le coupe Elyza, ce qui fit naître une lueur d’agacement dans le regard de son interlocuteur.

    — Tu vas jamais me foutre la paix, hein ? crache-t-il en se redressant.

    — Tu me connais ! Avoir les autres à l’usure, c’est ma spécialité.

    Une spécialité que Philibert a souvent eu à expérimenter. Sans doute un peu trop au goût de sa victime, mais franchement, Elyza n’en éprouve aucun remord. C’est de sa faute, après tout. Il faut toujours qu’il joue aux fortes têtes, à croire qu’il est incapable d’apprendre de ses erreurs.

    — Tu me mets dans une situation pas possible…

    Elle hausse les épaules.

    — Qu’est-ce que tu préfères ? Me dire ce que je veux entendre et avoir la paix, ou bien que j’aille baver chez William à propos d’un petit malin qui s’amuserait à faire les poches aux clients ? Entre nous, je pense pas que sa seigneurie apprécierait d’apprendre que ses problèmes de pickpocket sont une infection interne.

    Elle voit la fureur embraser le regard de Philibert et son visage se crisper en un masque hostile. Les mains dans les poches, elle hausse un sourcil, l’air de dire qu’elle attend. Mais malgré son apparente décontraction, elle reste sur ses gardes, prête à s’éloigner en cas de problème. Car tout avorton qu’il puisse être, Philibert n’en demeure pas moins l’heureux détenteur d’une force supérieure à celle de n’importe quel Naturel. Et le problème, avec les vampires, c’est leur perte de contrôle. Brutales, involontaires, mais dévastatrice.

    Philibert finit néanmoins par prendre sur lui. Plus calme, quoique toujours tendu par l’exaspération, il siffle :

    — Combien de temps est-ce que tu vas me faire marcher avec ça ? Ça remonte à quatre ans. J’ai changé depuis !

    — Changé, mais pas complètement arrêté… à ce que j’en sais.

    Le regard de Philibert se fait lourd de reproche. Toutefois acculé, il capitule :

    — Bon, écoute… si tu me promets de…

    — Je promets rien du tout. Accouche !

    — T’es vraiment chiante, tu sais ça ?

    Puis, après s’être assuré que personne ne fait attention à eux, il se penche de nouveau dans sa direction et lui souffle :

    — D’accord, c’est bon, je vais te raconter. Mais pas ici ! Je vais demander à prendre une pause. Va m’attendre à l’arrière, je te ferai entrer par la porte de service.

    Erwin Doe ~ 2017

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  • 05/07/2017

     

    J'aurais terminé la relecture de l'épisode 3 plus trop que prévu. *Fier* (Oui, qu'on me laisse être fier, pour une fois ! :D) Du coup, j'ai attaqué l'épisode 4 d'Un long voyage. Les deux premières parties sont terminées, le deux suivantes n'attendent qu'une dernière relecture et..... après, c'est là où je vais méchamment bloquer parce que le reste de l'épisode est ou incohérent, ou pas crédible, hahahahaha ! (Je la sens, la galère de l'épisode 2 s'abattre de nouveau sur mes épaules.)

    Donc, à mon avis, je vais terminer les deux parties qui vont bien, puis laisser l'épisode 4 de côté jusqu'à août... et le remplacer en attendant par l'épisode 5. Parce qu'après réflexion, j'ai quand même pas été très fin de bloquer aussi longtemps sur l'épisode 2 et de ne pas m'attaquer aux épisodes suivants à la place, histoire de prendre de l'avance.

    Bref !

    Sinon, j'ai bien attaqué le Camp Nano, mais je sens que vu mon moral de plus en plus incertain, ça va pas être spécialement la joie. J'ai commencé par l'épisode 3 de Démone. Un épisode assez amusant, histoire de se remettre dans le bain. Je vais essayer d'écrire au minimum 1000 mots / jour, 5 fois / semaine. Et si je me sens la motivation le week-end, écrire ce qui me vient et ne pas me prendre la tête avec un compteur.

     


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  • 01/07/2017

     

    Eeeeeet voilà ! Épisode 2 enfin relu et modifié. Raaaaah, oui ! \0/

    Après le Grand monsieur qui prend fin, c'est au tour de cet épisode de me foutre enfin la paix. Honnêtement, je me sens comme libéré. Ok, il m'en reste encore 4 à retravailler avant de pouvoir espérer proposer la saison 2 d'Un long voyage, mais... que le calvaire de l'épisode 2 soit derrière moi est un poids monstrueux en moins sur mes épaules. Bref, je suis joie !

    Je suis d'autant plus joie que j'ai dans la foulée attaqué l'épisode 3. 'fectivement, comme je le pensais, il va être beaucoup plus simple à corriger. La première partie est déjà terminée. Encore 3 et je pourrai passer à l'épisode 4.  Et parce que je suis un peu impatient, je pense que je vais bosser dessus demain... enfin, on est presque demain, maintenant, mais bon, tant que je n'aurai pas dormi, ce ne sera pas encore le lendemain pour moi. Bref !

    Il va aussi falloir que je bosse sur mon Camp Nano... peut-être profiter du week-end pour relire mes notes et commencer à rassembler mes idées... je vais voir. En tout cas, j'espère ne pas trop me foirer... ou, plutôt, que ma dépression va continuer de me foutre la paix. Non, sérieux, ce serait cool ! (°A°)

    Avec ça, partie 9 d'Ombre postée. Ouais, j'aimerais bien garder un rythme d'une partie / semaine... mais avec le Camp Nano, je ne sais pas encore vraiment si ce sera possible ce mois-ci. En tout cas, plus j'avance dans sa relecture, plus j'ai hâte d'attaquer sa suite.


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