• 27/05/2016

     

    Je commence à poster la nouvelle réécriture du Grand monsieur du bois d'à côté. Bon... tout ça va avancer plus lentement que je ne le pensais... encore, haha ! Mais pour une fois, je n'ai pas envie de me frapper la tête contre un mur à cause du premier épisode. Le deuxième épisode, c'est déjà plus compliqué... mais c'est pas grave ! Je m'énerverai dessus le moment venu. x3

    Bon, et avec tout ça, j'ai encore pris du retard dans mes relectures d'Un long voyage. Hum, je suis vraiment en mode rejet total de cette histoire, en fait, j'ai hâte de pouvoir m'attaquer à sa réécriture.

     


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  • 09/05/2016

     

    J'ai posté la 9ème partie de l'épisode 6 d'Un long voyage avec du retard... ahem ! Honnêtement, j'ai vraiment hâte d'en terminer avec les relectures de ce sixième épisode pour pouvoir mettre ce projet de côté. (Mon style a pas mal évolué, j'ai l'impression, car les relectures me demandent 10x plus de travail qu'il y a quelques temps.)

    Je ne sais plus si je l'avais précisé, mais la saison 2 n'apparaitra sans doute pas avant l'année prochaine. Pour tout un tas de raisons, et la principale que j'ai juste envie de prendre mon temps. Je n'aime plus du tout cette idée de poster un texte au fur et à mesure de son écriture. Actuellement, je suis plus pour l'idée de prendre mon temps, mon temps, et encore mon temps, histoire de proposer un texte à peu près fini, dont je n'aurai pas trop honte et qui ne me donnera pas envie de m'arracher les cheveux car, plus j'avance dans son écriture, plus je vois des incohérences apparaitre dans les épisodes précédents.

    Du coup, je ne pense pas proposer la saison 2 avant de l'avoir entièrement écrite. Ce sera le prochain projet sur lequel je bosserai cette année. Une fois que ce sera fait, je pourrais mettre les 11 épisodes de côté et penser à la réécriture de la saison 1, en même temps qu'à celle de la saison 2.

    Quoi d'autre ? Oui ! J'avance dans le premier jet du Petit chaperon rouge. J'ai terminé l'épisode 3 avant-hier, il me semble. C'est très, très, très différent de ce que je pensais écrire, et très différent de la première version de ce projet. Mais à partir de maintenant, je pense que je ne vais plus me foutre la pression au niveau de mes premiers jets. Je vais me contenter de les écrire le plus vite possible, puis de les laisser reposer quelques années, le temps que tout ça mûrisse et que je puisse avoir suffisamment de recul quand je replongerai dedans. Du coup ! Tout ça va un peu retarder mes autres textes.

    Je veux dire qu'une fois que j'aurai terminé le Petit chaperon rouge, je pense continuer Un long voyage, histoire d'en terminer le plus vite possible avec sa saison 2. Et ? Et Comme le rouge à lèvres de mamans ne viendra qu'ensuite. D'abord, je veux terminer ce que j'ai commencé, pour ne plus être constamment angoissé. Terminer mes relectures du Grand monsieur du bois d'à côté, également. De plus, Comme le rouge est un projet qui me tient énormément à cœur, donc, je me dis que ce n'est pas plus mal si je le laisse encore un peu moisir avant d'attaquer son troisième jet. Comme ça, je serai vraiment certain de ne pas avoir agi dans la précipitation et d'avoir donné le meilleur de moi-même, ce que je n'ai pas vraiment tendance à faire avec mon rythme actuel. (Qui me fatigue et me frustre terriblement. -__-)

    Bref ! Les nouveautés vont se faire rares pendant un petit moment, mais c'est pour la bonne cause !


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  • 19/04/2016

     

    La réécriture du Grand monsieur du bois d'à côté est enfin terminée. Je crois que le texte se retrouve augmenté d'un peu plus de 15.000 mots. Au fil du temps, ce projet aura doucement pris du poids, haha. Il me semble que la première version devait faire quelque chose comme 25.000 mots. Celle qui se trouve actuellement en ligne en fait 38.000 et quelques. La prochaine (Et dernière) réécriture à venir fait.... voyons... je n'ai pas mon texte avec moi, donc je dirais qu'il fait presque 55.000 mots. Sans doute qu'il va y avoir des coupes, au moment des relectures, mais en tout cas, il restera dans les 50.000. :3

    Et donc, quand est-ce que je me déciderai à proposer cette dernière version ? J'espère courant mai. Pour le moment, ce projet va moisir quelques semaines dans un coin, le temps que je me le sorte de la tête. Et après... relecture, corrections, relecture, corrections... hum ! J'en suis déprimé d'avance, haha !

    N'empêche, ça fait quelque chose, de se dire que je vais enfin pouvoir laisser ce projet de côté... qu'il va arrêter de me hanter et de me prendre la tête. J'veux dire, c'est un projet vieux de plus de 6 ans !


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  • 13/04/2016

     

    Et donc, je ne m'en sors pas, avec la réécriture du Grand monsieur, haha !

    Je suis actuellement à la moitié de la partie 2 de l'épisode 8. Donc, il ne me restera plus ensuite qu'à réécrire l'épisode 9, mais... ça commence à faire long. @__@ D'autant qu'après ça, il faut que je relise et que je corrige, je suis vraiment en train de me demander quand je vais pouvoir attaquer le troisième jet de Comme le rouge à lèvres de mamans. Ça fait déjà un moment que j'aurais dû m'y mettre... la saison 1 d'Un long voyage touche à sa fin et je n'ai rien du tout pour remplacer ce projet, du coup. ARRRRGH !

    Mais, j'ai terminé l'épisode 7 d'Un long voyage et j'ai attaqué le premier jet de la seconde version du Petit Chaperon Rouge. (D'ailleurs, je me demande si je ne vais pas le renommer, ce projet... ) De ce côté là, je suis plus ou moins dans les temps. =p

    Et puis, il va falloir que je change les licences de mes textes... mais j'ai la flemme, pour le moment. La très TRÈS grosse flemme. Je pense faire ça au fur et à mesure.......... peut-être commencer par les nouvelles...... 'fin, ça me prend la tête d'avance, mais bon.


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  • 14/03/2016

    Hop, un peu de nouvelles !

    Donc, je suis toujours sur ma réécriture du Grand monsieur du bois d'à côté. Déjà plus d'un mois ! Merde, je ne pensais pas que ça me prendrait autant de temps. O__O J'en suis plus ou moins à la fin de l'épisode 5. Donc, j'avance, j'avance... mais quand j'ai commencé, j'étais persuadé que cette réécriture me prendrait un mois au grand maximum. Ahem !

    Sinon, j'ai attaqué l'épisode 7 d'Un long voyage. Soit le premier épisode de la saison 2. Yahou ! Bon, je ne sais pas encore trop comment tout ça va se goupiller. Je pense faire une pause entre la saison 1 et la saison 2, mais je ne sais pas encore trop de combien de mois. Hum... j'aimerais au moins commencer à proposer la saison 2 en ayant terminé, ou presque terminé, le premier jet de l'épisode 8. Histoire d'avoir de l'avance et d'éviter de trop stresser à la prochaine perte d'inspiration. De plus, je pense qu'il y aura certaines petites différences dans la saison 2 qui pourront... apparaître comme des petites incohérences avec la saison 1. C'est le risque, quand on décide de poster un texte avant de l'avoir terminé. -__-

    Pour le moment, en tout cas, pas trop de retard avec l'épisode 6. J'espère que ça va continuer comme ça, haha !

     


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  •  

    Courage, Elena !

     



     

    1

     



     

    En arrivant à la Shinra ce matin-là, Elena trouva Reno et Rude à leurs bureaux. Ce qui était déjà une anomalie en soi. D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle était généralement la première à arriver sur les lieux – ce en dehors de Tseng, mais l’homme occupant une autre pièce que la leur, ça ne comptait pas. Rude arrivait bon deuxième, ni trop en avance, ni trop en retard, tandis que Reno était un retardataire récidiviste. Tout juste s’il se donnait encore la peine d’inventer des excuses, toutes forcément plus bidons les unes que les autres, la vérité étant qu’il avait simplement un mal fou à se lever le matin.

     

    Rien d’étonnant, quand on connaissait son hygiène de vie !

     

    A l’entrée de la pièce, Elena n’en avait toujours pas franchi le seuil. Son regard était rivé sur ses collègues, dont le sérieux un peu trop soudain ne lui disait rien qui vaille.

     

    Les deux hommes avaient rapprochés leurs bureaux – comme ils avaient l’habitude de le faire quand ils voulaient discuter entre eux sans avoir à hausser le ton, et donc courir le risque d’être entendus par des gêneurs (Elle, en l’occurrence). Reno avait le dos voûté sur un amas de petits bouts de papiers, qu’il semblait passer en revue. Rude se massait le menton d’un air vaguement songeur. Ni l’un ni l’autre n’avait encore remarqué sa présence.

     

    — Je peux savoir ce que vous faites là ?

     

    Après un sursaut, les deux hommes avaient, l’un, levé les yeux par-dessus ses lunettes, l’autre, s’était retourné en s’avachissant sur son tas de feuilles, comme un magouilleur pris en fraude et qui cherche à dissimuler le fruit de ses mauvaises actions.

     

    — On bosse, ça se voit pas ? Lui répondit le roux, d’un ton qui n’avait franchement rien d’amical.

     

    Puis, avant qu’elle ne puisse répondre, il eut un geste impatient de la main :

     

    — T’es gentille, tu nous fous la paix !

     

    Et comme pour appuyer ses propos, Rude découvrit les dents et laissa échapper un grognement, destiné à lui signifier qu’elle ferait mieux d’obéir.

     

    Là-dessus, ils recommencèrent à conspirer entre eux, à voix basse.

     

    De plus en plus agacée, mais aussi intriguée, par leur comportement, Elena se mordit la lèvre. Elle en était encore à se demander comment en apprendre davantage, quand elle remarqua la présence de Tseng à ses côtés. Elle en fut si troublée qu’elle eut un brusque mouvement de recul. Ses joues se mettant à la picoter, elle vit son supérieur lui jeter un regard en coin. Puis, sans faire davantage attention à elle, il tapa dans ses mains.

     

    — Vous deux ! lança-t-il à l’intention de Rude et Reno. On a du travail pour vous : un mécontent écologiste du secteur quatre qui ferait un peu trop de bruit. Je crois qu’il serait bon de lui rappeler que notre patience à des limites.

     

    À ces paroles, Elena sentit son estomac se nouer. Il n’y avait pas longtemps qu’elle avait intégré la Shinra et, encore une fois, il semblait qu’elle allait être mise sur la touche.

     

    C’était arrivé à quelques reprises et, au fond, elle savait qu’elle aurait déjà dû en discuter avec son supérieur. Intégrer les Turks et être tenue à l’écart de leurs activités sur le terrain, ce n’était décidément pas normal. Seulement, chaque fois qu’elle tentait d’aborder le sujet avec Tseng, c’était comme si une parfaite idiote prenait possession de sa personne. Elle pouvait à peu près tenir des conversations banales en sa compagnie, mais quand il fallait aborder des sujets plus sérieux… des sujets qui nécessitaient généralement un tête-à-tête intimidant, alors, elle n’était plus bonne qu’à débiter des âneries. Difficile, dans ces conditions, de paraître crédible et d’espérer défendre sa cause !

     

    Comme Reno et Rude s’étaient levés (Le roux enfouissant avec vivacité les morceaux de papiers dans ses poches, tandis que son comparse pliait soigneusement quelques feuilles couvertes d’une écriture dactylographiée), la jeune femme sentit un regain de courage la submerger et inspira longuement. C’était trop bête ! Une mission toute simple comme celle-là, elle se sentait autant capable que ses collègues pour s’en charger !

     

    Décidée, elle tourna la tête vers son supérieur… qui, aussi vif et silencieux qu’un fantôme, avait déjà disparu. Le petit discours qu’elle s’apprêtait à débiter mourut dans sa gorge et elle sentit son humeur s’assombrir.

     

    Sans un mot, Rude et Reno passèrent devant elle. Elle leur adressa un regard morne, avant d’aviser l’étiquette à ses pieds. L’une de celles dont le roux avait gavé ses poches. Sa curiosité revenant la titiller, elle se baissa pour la ramasser. La déception s’imprima sur ses traits.

     

    Une série de chiffres et de lettres, qui ne lui disaient rien, assortis d’un tampon.

     

    Qu’était-elle censée comprendre à ce charabia ?

     



     

    2

     

    — Il faut que tu te secoues ! Tu n’es tout de même pas rentrée à la Shinra pour faire la potiche, non ?

     

    Le miroir lui renvoyait le reflet d’une blonde aux sourcils froncés, à la peau rendue maladive par l’éclairage plus que douteux de sa petite salle de bain.

     

    Une brosse à dents en main, qu’elle serrait entre ses doigts, elle soutint son regard un moment, avant de soupirer et de fléchir la nuque.

     

    La journée lui avait paru longue, et même interminable, sans la présence de ses deux collègues. Elle était encore assez peu familière de l’entreprise et n’y avait que quelques vagues connaissances, dont les discussions se résumaient le plus souvent à des familiarités sans intérêt. En bref, pas le genre de personne avec qui espérer passer le temps !

     

    Alors, elle avait vivoté, attendant que quelque chose se produise, supportant la conversation ennuyeuse d’un type d’elle ne savait plus trop quel service, qui l’avait finalement convaincue de regagner son bureau.

     

    Et Tseng qui ne s’était pas montré de la matinée, ni même de l’après-midi…

     

    Son expression ayant perdu toute sa combativité, elle redressa la tête et entreprit de se brosser les dents.

     

    Elle ne pouvait décemment pas accepter d’être tenue à l’écart, sous prétexte qu’elle était une nouvelle recrue. Rentrer chez les Turks avait nécessité qu’elle fasse ses preuves. Son supérieur, comme ses collègues, savaient qu’elle était compétente.

     

    Sa mâchoire se refermant sur sa brosse à dents, une lueur déterminée revint illuminer son regard.

     

    Demain, elle aurait une discussion à ce sujet avec Tseng. Il devait comprendre qu’elle ne pouvait accepter d’être humiliée plus longtemps !

     



     

    3

     

    La voix de Tseng se faisait entendre dans le couloir. La porte de son bureau était ouverte de moitié et elle pouvait le voir, assis, le dos droit, un combiné sans fil vissé à l’oreille.

     

    Nerveuse, la jeune femme l’épiait en se rongeant les ongles. Bientôt dix minutes qu’elle était là sans parvenir à trouver le courage de le déranger. Au moins lui faire savoir qu’elle avait besoin de lui parler… ce serait déjà un bon début. Mais non, rien à faire, elle ne parvenait pas à se décider et la chose n’arrangeait en rien son estime personnelle.

     

    Pourquoi fallait-il qu’il l’intimide autant ? Dans sa poitrine, son cœur s’emballa et elle se mordit le pouce.

     

    Allez, ma fille, un petit effort… ce n’est pas si compliqué !

     

    Elle prenait une longue inspiration et s’apprêtait à faire un pas en direction du bureau quand un rire, aussi bruyant qu’exaspérant, s’éleva. Elle tourna les yeux dans sa direction et vit que Rude et Reno approchaient. Le roux envoya plusieurs claques dans le dos de son comparse, babillant pour deux. Comme souvent, Elena se demanda par quel miracle des types aussi différents pouvaient être aussi proches.

     

    L’avisant, Reno leva une main et lança :

     

    — Regardez qui voilà !

     

    Le pas en avant, qu’Elena s’était apprêtée à commettre, se transforma en deux à reculons. Comme les deux hommes s’arrêtaient à sa hauteur, elle questionna :

     

    — Comment ça s’est passé hier ?

     

    Reno eut un large sourire, tandis que Rude levait le pouce.

     

    — Nickel ! L’a suffit que l’ami Rude fronce un peu les sourcils pour que l’autre se mette à faire dans son froc. Avec le discours qu’on lui a tenu, on risque plus d’entendre parler de lui !

     

    L’un comme l’autre en semblait particulièrement fier. Même Rude s’était permis un petit sourire en coin. Elena eut un froncement de sourcils.

     

    — Attendez un peu ! Qu’est-ce qui vous a demandé tant de temps, alors ? Le type a été difficile à trouver ?

     

    Ses collègues s’adressèrent un regard, avant que Reno n’enfonce ses mains dans ses poches.

     

    — T’occupes, d’accord ? Si Tseng t’interroge, t’auras qu’à dire que t’en sais rien.

     

    Comprenant qu’ils avaient encore profité d’un ordre de mission pour aller glander le reste de la journée, elle allait s’en exaspérer quand elle entendit Tseng prendre congé de son interlocuteur. Vivement, elle revint à lui et mena instinctivement son pouce à ses lèvres. C’était le moment idéal ! Il lui suffirait juste de pousser la porte… trois pas… peut-être quatre.

     

    Comme elle se rognait l’ongle, toute son attention dirigée en direction de sa cible, elle ne vit pas le sourire que Reno adressa à Rude. Et quand celui-ci vint lui passer un bras autour des épaules, elle sursauta.

     

    Elle ouvrit la bouche pour lui demander ce qu’il faisait, mais le roux, tout en se curant l’oreille, la devança :

     

    — T’sais, ça fait un petit moment qu’on t’observe. On peut pas dire que tu sois très douée avec les mecs, hein ?

     

    Avant qu’elle ne puisse répondre, Rude lui passa une main sous le bras.

     

    — On va te filer un petit coup de pouce.

     

    — Attendez ! Qu’est-ce que vous… ?

     

    Elle n’avait pas terminé sa phrase qu’elle se sentait violemment poussée en avant. Dans une petite exclamation, son épaule rencontra la porte du bureau de Tseng et elle se retrouva dans son champ de vision. Ce dernier leva très faiblement les sourcils, comme si son arrivée brutale ne méritait pas de réaction plus marquée que celle-ci.

     

    — Oui, Elena ?

     

    En panique, cette dernière eut un mouvement de recul. Dans le couloir, Reno et Rude avaient déjà pris la poudre d’escampette.

     

    De plus en plus nerveuse, elle revint à son supérieur, qui la fixait toujours. Elle déglutit puis, avec un sourire maladroit, dit :

     

    — Oh je… rien… je me demandais seulement si… (Une idée venant lui frapper l’esprit, elle leva un doigt et redressa le dos.) Du café ! C’est ça ! J’allais me prendre du café et je me demandais si vous en vouliez ?

     

    L’expression de Tseng se détériora à peine. En tout cas pas suffisamment pour qu’elle puisse deviner les sentiments qui le traversèrent à ce moment précis. Il avait d’ailleurs retrouvé toute sa maîtrise quand il répondit :

     

    — Eh bien… c’est aimable à toi, mais j’ai déjà tout ce qu’il me faut.

     

    Et disant cela, il lui désigna la cafetière à moitié pleine qui se dessinait à l’angle de son bureau…

     



     

    4

     

    — Idiote, idiote, idiote, pauvre idiote !

     

    Des deux mains, Elena se grattait les cheveux. Comment pouvait-on être aussi empotée ?!

     

    Enfermée dans un cabinet, assise sur l’abattant de toilette, la jeune femme se remémorait, non sans honte, sa fuite. Elle avait rigolé bêtement, sorti elle ne savait quelle banalité, s’était cognée à l’encadrement de la porte, avant de prendre ses jambes à son cou. Si après ça, Tseng ne la jugeait pas totalement inapte au travail de terrain, elle aurait une sacrée chance.

     

    Les joues encore en feu, elle redressa le dos. Son crâne vint cogner contre le mur derrière elle. Dans son malheur, elle était toutefois satisfaite que Reno et Rude ne soient pas restés à proximité pour assister à sa débâcle. La dernière chose dont elle avait besoin, c’était de subir leurs moqueries.

     

    Un reniflement lui échappa. Elle ne pouvait tout de même pas rester sur cet échec. Il fallait qu’elle essaye à nouveau… au moins encore une fois. Après ça, il ne lui resterait plus qu’à se résigner à son sort… ou à tenter d’avoir cette conversation avec Tseng au téléphone. Le connaissant, il exigerait de lui parler en face à face mais… dans le cas contraire, elle était certaine de conserver ses moyens si elle n’avait pas à affronter son regard.

     

    Oui, elle ne devait pas se laisser abattre. Elle était dans son droit le plus strict et n’avait rien à craindre de Tseng. C’était un homme intelligent, il ne faisait donc aucune doute qu’il comprendrait le bien fondé de sa réclamation.

     

    Sa combativité revenue, elle se redressait afin de quitter sa retraite, quand la porte des toilettes s’ouvrit. Deux voix féminines lui parvinrent, ponctués de rires brefs. Le son de talons sur le carrelage. Sa main s’arrêta à hauteur de la poignée, quand l’une des nouvelles venues laissa tomber :

     

    — Et devine qui est encore revenu à la charge ? Décidément, Reno est du genre têtu.

     

    Elena dressa l’oreille. Une conquête de son collègue, visiblement… une de plus. À croire qu’il les collectionnait.

     

    — Tu vas te laisser tenter cette fois ? questionna l’autre femme.

     

    L’un des robinets venait d’être ouvert. Un petit gloussement se fit entendre.

     

    — Peut-être… pourquoi pas ? Ce n’est pas qu’il me déplaise, mais je sais bien comment ça se termine avec ce genre de type.

     

    — Prends-le comme un passe-temps. Il n’y a pas de mal à se faire du bien, non ?

     

    — C’est vrai. Mais honnêtement, j’aurais préféré attirer le grand brun, là… tu vois de qui je veux parler ?

     

    — Un Turks ? Tseng, peut-être ?

     

    Un claquement de doigts, puis :

     

    — C’est ça, Tseng ! Beau gosse et haut placé. Ça, ça aurait été du gros lot !

     

    Les femmes se mirent à rire à l’unisson. Elena avait à présent collée son oreille contre le battant et fronçait les sourcils. Un soupçon de colère s’éveilla en elle.

     

    Entendre parler de son supérieur comme d’un trophée la mettait en rage.

     

    — En parlant de Turks, reprit la première femme. Ils ont une petite nouvelle dans leurs rangs…

     

    On ferma le robinet.

     

    — Je l’ai croisée une ou deux fois. Une blonde, c’est ça ? Petite, qui s’habille comme un homme.

     

    — Toi aussi, tu as remarqué ? Je veux bien qu’ils aient du travail de terrain… mais tout de même, à quoi ça rime de porter un costume le reste du temps ? Ça ne la met franchement pas en valeur !

     

    — Ça devrait te rassurer, non ? Pas de risque qu’elle intéresse son supérieur avec une allure pareille.

     

    — Vu comme ça !

     

    Elles se remirent à rire. Outrée, et les joues de nouveau en feu, Elena sortit brusquement de sa cachette pour jeter un regard incendiaire aux deux femmes. Celles-ci s’étranglèrent en la voyant. L’une d’elle eut un mouvement de recul si brusque qu’elle en lâcha son tube de rouge à lèvres, qui alla rouler sous les éviers.

     

    Non sans précipitation, elles quittèrent les lieux, sans doute peu désireuses d’assumer les conséquences de leurs bavardages. Les lèvres pincées, Elena les suivit des yeux.

     

    Si ces bécasses se permettaient de se moquer d’elle à cause de ses vêtements, elle n’imaginait même pas ce que l’on pourrait raconter si l’on savait qu’elle était tenue à l’écart. Pas question de se laisser faire plus longtemps. Il en allait de son honneur de Turks !

     



     

    5

     

    — Chef !

     

    Tseng releva les yeux du dossier qu’il était en train de compulser. Un pli de mauvais augure creusait son front, qui disparut en la reconnaissant.

     

    — Oui, Elena ?

     

    Toute tendue et ruisselante de sueur, Elena dû se faire violence afin de ne pas battre en retraite. De fait, elle avait l’air parfaitement mal à l’aise, plantée comme un piquet devant le bureau de son supérieur. Ses sourcils froncés lui donnaient un air farouche.

     

    — Il faut que je vous dise quelque chose… !

     

    Et comme il ne répondait rien, se contentant de la fixer avec cette tranquillité froide qui lui était familière, la jeune femme sentit sa détermination fondre. Son visage s’empourpra et elle dut détourner les yeux.

     

    — C’est à propos de mon travail ici…

     

    Allons, du courage ! De quoi est-ce que tu as peur exactement ? Au moins, s’il a une bonne raison de te laisser à l’écart, ce sera l’occasion de l’entendre. Calme-toi, respire, et lance-toi !

     

    Après une longue inspiration, la jeune femme revint à son supérieur. Mais alors que leurs regards se croisaient de nouveau, un frisson lui remonta le long du corps et son cerveau sembla se déconnecter. Impossible d’aligner un mot de plus. Elle ouvrit et ferma la bouche. Bafouilla quelque chose d’inintelligible. Puis sa conscience, partagée entre la panique et l’exaspération, décida qu’elle en avait assez fait comme ça et prit l’initiative de sauver les meubles à sa place.

     

    Ce fut pourquoi elle se retrouva soudain à sourire et à déclarer :

     

    — Je voulais que vous sachiez que c’est un grand honneur pour moi de travailler pour la Shinra. Et j’espère me montrer digne de la confiance que vous m’avez accordé en voulant bien m’inclure dans votre service.

     

    C’était dit avec tant de passion qu’elle en était transfigurée. Tseng cilla, mais ce fut tout ce qu’il lui laissa entrevoir de ses émotions. Impossible de savoir si elle venait encore de passer pour une parfaite idiote, d’autant que ce fut d’un ton tout à fait neutre qu’il déclara :

     

    — Dans ce cas, j’espère que tu continueras à faire preuve de sérieux dans ton travail. (Puis, refermant le dossier qu’il avait devant lui :) Pas comme ces deux-là.

     

    Le regard luisant, Elena répondit :

     

    — Bien sûr ! Vous pouvez compter sur moi !

     



     

    6

     

    Elena était avachie sur son bureau. Le visage disparaissant entre ses bras, elle était l’image même de la défaite.

     

    Dans la pièce, elle pouvait entendre Reno se lamenter, au moins aussi déprimée qu’elle.

     

    — Partout, j’te dis… on a regardé partout… c’est pas possible, mais qu’est-ce qu’on a bien pu en foutre ?!

     

    Face à lui, Rude avait croisé les bras. Pour un inconnu, son expression aurait eu quelque chose de franchement intimidant, sinon hostile. En vérité, il était simplement en grande réflexion.

     

    — Les femmes de ménage…

     

    — Ça ou on l’a perdue en chemin. S’asseoir sur tout ce fric… putain ! C’est pas vrai !

     

    Elena avait redressé le cou pour les observer. Elle vit le roux se cogner la tête contre le rebord de son bureau, tout en continuant de gémir. Rude avait pris un air encore plus inquiétant qui, cette fois, traduisait clairement sa frustration.

     

    D’une main, la jeune femme se massa la nuque. Puis elle ouvrit l’un des tiroirs de son bureau, avant de se lever.

     

    — Au fait… j’ai trouvé ça hier.

     

    Les deux hommes tournèrent les yeux dans sa direction. Puis le regard du roux s’agrandit en découvrant le morceau de papier qu’elle leur tendait. Il le lui arracha dans une exclamation, avant de se mettre à trépigner.

     

    — C’est lui ! Je rêve pas, hein ? Tu vois bien comme moi ?!

     

    Là-dessus, il le planta devant le nez de son collègue, qui l’inspecta un moment, avant d’opiner gravement du chef. Reno leva alors les deux bras au ciel et laissa échapper un cri de victoire. La seconde d’après, il bondissait sur ses pieds et disait :

     

    — Alors toi ! Toi, toi, toi ! T’es une championne ! Merde, sans toi, on pouvait dire adieu au pognon !

     

    — Ça vaut vraiment de l’argent, ce machin ?

     

    — Eh ? Tu l’entends ? Si ça vaut quelque chose ? La pauvre, on voit bien qu’elle sait pas ce que ça rapporte un ticket gagnant, dans un combat de Chocobos ! Dix contre un, personne n’aurait parié qu’il serait encore en vie pour se faire le dernier monstre !

     

    — Un combat de… ? Attendez un peu, c’est interdit par la loi de…

     

    Mais avant qu’elle ne puisse terminer sa phrase le roux la saisissait par les épaules et lui collait un baisé bruyant sur le front.

     

    — On te doit une fière chandelle. Sûr, on t’invite au resto dès qu’on a touché notre fric !

     

    L’instant d’après, lui et Rude disparaissaient dans le couloir. Les bavardages enjoués du rond accompagnèrent leur départ. Restée seule, Elena mena deux doigts à son front, avant de hausser les épaules et de laisser retomber sa main. Bah ! Après tout…

     

    Découvrant son poignet, elle consulta sa montre. Sa journée de travail venait de se terminer et la suivante ne s’annonçait pas plus stimulante. Peut-être même encore plus ennuyeuse.

     

    Avec un soupir, elle retournait à son bureau avec l’idée de rassembler ses affaires, quand Tseng passa le pas de la porte. Son cœur manqua un battement, tandis qu’il faisait le tour de la pièce du regard.

     

    — Reno et Rude sont déjà rentrés ?

     

    — Ils sont partis il n’y a pas deux minutes.

     

    — Dommage… j’espérais qu’ils pourraient nous accompagner.

     

    Puis, comme Elena le regardait sans comprendre, il ajouta :

     

    — Est-ce que tu as du temps pour prendre un verre ? Ce sera l’occasion de discuter un peu de ta première mission sur le terrain.

     

    Écarquillant les yeux, la jeune femme sentit une douce chaleur se répandre en elle. Les nuages qui menaçaient d’obscurcir sa soirée se dissipèrent et ce fut avec un peu trop de vigueur qu’elle répondit :

     

    — Avec plaisir !

     

    Erwin Doe ~ 2016

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  • 11/02/2016

    Un peu de nouvelles, depuis le temps.

    Pour commencer, j'ai terminé la troisième nouvelle de Pendant ce temps, sur Gaïa. Il faut encore que je la relise, mais elle devrait bientôt apparaître dans le coin. Niveau taille, elle sera déjà un peu plus épaisse que les deux précédentes.

    Avec ça, j'ai terminé la réécriture de l'épisode 6 d'Un long voyage. Au final, il passe de 11 parties à 12 et... avec un peu de chance, il ne devrait pas y avoir de retard dans les publications. (Mais bon, je me connais... !)

    Et puis, j'ai repris Le grand monsieur du bois d'à côté. Cette version finale va me demander un peu plus de temps que prévu, je pense. Au final, je vais changer la narration, pour qu'elle soit similaire à celle du dernier épisode (Présent +  narrateur davantage présent). Je ne sais pas encore trop quand j'en aurai terminé avec elle... dans le courant de l'année c'est sûr, mais quand... !

    Je ne sais d'ailleurs pas si je retaperai tous les épisodes en une fois... sans doute plutôt faire trois par trois... histoire d'attaquer autre chose entre deux.

    En tout cas, que ce soit après le Grand monsieur ou pendant, le prochain projet que j'attaquerai sera la réécriture de Comme le rouge à lèvres de mamans.

     

     

     


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  • 19/01/2016

    Deuxième partie de l'épisode 6 d'Un long voyage postée, une nouvelle année qui commence, un nouveau projet quasiment achevé... et pas mal de trucs à dire.

    A partir du mois prochain, je pense attaquer le 3ème (Et dernier) jet de Comme le rouge à lèvres de mamans. Un roman gothique dont j'avais déjà parlé quelque part... il devrait remplacer Le grand monsieur du bois d'à côté, même si je ne suis pas encore certain de savoir quand je pourrai commencer à le proposer ici. En milieu d'année, j'espère... mais c'est un beau bébé (Un peu plus de 130.000 mots il me semble), donc...

    Ensuite, j'hésite. Parce qu'encore une fois, j'ai un peu tout laissé en plan pour me consacrer à autre chose. C'est un problème que j'ai envie de régler cette année. Ne me concentrer que sur une histoire et la terminer.

    J'ai un projet de Fanfiction sur l'univers de Zelda qui, logiquement, devrait apparaître en fin d'année, sinon l'année prochaine... je pense... j'espère... je crois ! The Legend of Zelda - L'ombre du héros sera une aventure originale. Elle ne prendra place dans aucun des jeux déjà sortis, ni, sans doute, dans la chronologie officielle de la série. Ça faisait un moment que je voulais écrire un texte sur cette série de jeux vidéo, que j'adore mais d'une force, sans n'avoir jamais vraiment trouvé d'idées. L'ombre du héros s'inspirera (Et réutilisera certaines idées et éléments) des jeux Ocarina of Time et Twilight Princess, ce qui donne déjà un aperçu de son ton. Le premier jet est presque achevé... j'ai eu un gros craquage lors de son dernier épisode, et j'ai dû mettre ce projet de côté. Mais grosso-modo, il ne me reste qu'une dizaines de scènes à écrire.

    Le premier jet avoisinera sans doute les 100.000 mots et le projet se découpera en neuf épisodes. Je pense que le second jet va être... compliqué sur certains points. J'attends la relecture avec une certaine appréhension, j'avoue.

    Ensuite... qu'est-ce que j'ai de prévu ? J'ai toujours Acier (Mis de côté lui aussi, honte à moi ) et Si telle est la volonté de Dieu, sans parler d’innombrables autres projets qui se sont soudains débloqués dans mon petit esprit. Mais comme je veux éviter de me disperser cette année, je pense que mon prochain projet sera la V2 de ma réécriture du Petit chaperon rouge, dont on peu découvrir un peu l'univers dans ma nouvelle Le loup et la fillette.

    Il faut aussi que je travaille sur la saison 2 d'Un long voyage. Ce qui me fait déjà un petit nombre de projets sur lesquels bosser.

    Je ne veux pas trop me surcharger cette année. Je veux surtout terminer ce que j'ai commencé et avoir du temps pour mes autres activités. Si je pouvais en plus proposer une ou deux nouvelles, et continuer Pendant ce temps sur Gaïa, ce serait génial.


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  •  

    On n’est pas bien, là ?

     

     

     

    — Aaah, on n’est pas bien là ?

     

    — Mh… !

     

    Midgar, un début d’après-midi, quelque part sur les hauteurs de la tour Shinra. Le soleil tapait fort, trop fort, même, aux dires de certains, qui commençaient à en avoir assez de la canicule installée sur la ville depuis bientôt deux semaines.

     

    — Putain, mais qu’est-ce qu’on est bien !

     

    Mais tous, comme nous le remarquons, ne s’en plaignaient pas et, parmi eux, Reno et Rude étaient de loin les premiers à profiter de la situation climatique.

     

    Au cours d’une journée passée à jouer au chat et à la souris avec un Tseng bien décidé à leur mettre sur le dos une mission particulièrement ingrate, les deux compères étaient tombés sur ce coin excentré de la compagnie – ce après que le roux ait fait remarquer à son compagnon : « Hé, dis donc, l’est pas une peu bizarre ce plafond ? ». Poussiéreux, certainement inconnu du plus grand nombre, et de leur supérieur en particulier, l’endroit n’avait franchement rien d’accueillant. La vue y était déplorable et seul un système de trappe y menait. Une trappe que l’on ne pouvait atteindre qu’à l’aide d’une échelle, qu’il fallait ensuite se fatiguer à remonter si l’on ne voulait pas être découvert, mais… enfin ! Dans le genre tranquille, on ne faisait pas mieux.

     

    Étendus sur des chaises longues, installées là au début de l’arrivée du beau temps, les deux Turks se prélassaient au soleil. Reno avait fait tomber chemise et cravate, et n’avait plus que son maillot de corps et son pantalon sur lui, qui lui-même était retroussé jusqu’à mi-mollet. Les pieds nus, les jambes croisées, sa décontraction jurait aux côtés de l’attitude de son comparse.

     

    Là où Reno était l’avachissement incarné, Rude incarnait plutôt la rigidité du maître d’hôtel qui ne compte ni froisser son costume, ni encore moins se dépeigner… pour peu qu’il ait des cheveux, cela s’entend !

     

    Ses lunettes noires bien enfoncées sur son nez, il avait le front et le crâne luisants de crème solaire. C’était tout juste s’il avait accepté de desserrer sa cravate de quelques centimètres.

     

    Unique fantaisie : lui aussi s’était permis de retirer chaussures et chaussettes.

     

    Reno tendit une main en direction de sa bière, placée dans le porte-gobelet de son siège (LA raison pour laquelle il avait accepté de mettre un peu plus cher dans ce modèle, plutôt que de se contenter du jumeau de celui de Rude). La canette était encore fraîche et ce fut avec une délectation tout juste un tantinet exagérée, qu’il s’envoya quelques gorgées pétillantes dans la gorge.

     

    Un « Aaaaah ! » de contentement plus tard, le roux accepta le paquet de cigarettes que lui tendait le chauve, s’en colla une entre les lèvres et l’alluma. Puis il plaça une main derrière sa nuque et, tout en crachant un nuage de fumée, questionna :

     

    — Tseng t’a repéré ?

     

    Un grognement lui répondit.

     

    — Il devait encore avoir une sale mission à nous refiler, hein ? J’imagine ça d’ici.

     

    — Un problème au niveau des taudis…

     

    — Forcément ! Le genre qu’on pourrait refiler à du soldat de base, mais non. Faut bien qu’on justifie notre paye !

     

    — Il marchait devant. Il m’a suffit de faire marche arrière à l’angle d’un couloir.

     

    Reno s’esclaffa.

     

    — Et il a continué de causer tout seul, je parie ? Non ! Quel crétin !

     

    — Toi ?

     

    — Moi ? Rien ! Une anguille, un rase-mur professionnel. À peine si on m’a repéré à l’entrée.

     

    — Mh…

     

    — Va bien être obligé de refiler le boulet à Elena, du coup.

     

    — Mh !

     

    — Pff ! Ça lui apprendra, tiens, à jouer les lèche-pompes à celle-là !

     

    Vivement, le roux mena une main devant son regard. Un vilain rayon de soleil venait de l’aveugler et il grogna, avant de tourner le visage sur le côté. Il avisa alors Rude, sa dégaine, son crâne luisant ridicule. D’un doigt, il se gratta la joue.

     

    — T’es sûr que tu veux pas te dépoiler un peu ? Non parce que tu dois crever de chaud !

     

    En réponse, Rude porta une cigarette à ses lèvres et l’alluma. Son silence buté était une réponse suffisamment éloquente pour que Reno n’insiste pas, mais… tout de même ! Ce type savait vraiment pas se relaxer.

     

    Il tira sur sa propre cigarette, une main portée en visière. Dans son porte-gobelet, sa canette ruisselait de gouttes de condensation. Elles se déplaçaient lentement, lentement, le long de sa surface, avant de s’écraser dans le fond du support.

     

    — Au fait, t’as revu la grande brune de la dernière fois ?

     

    — Mh !

     

    — Et alors ? Ça l’a fait ?

     

    En réponse, Rude eut un sourire en coin arrogant, assorti d’un « Mf ! ». Dans un rire, Reno lui envoya un coup de coude.

     

    — Forcément ! Forcément ! Sacré Rude, va ! Toujours le meilleur !

     

    Au même instant, le rayon qui le harcelait revint à la charge, plus violent que jamais. Reno reporta la main devant son visage, ferma un œil, pesta, avant de se jeter sur les pieds et de rager, les poings tendus en direction des cieux :

     

    — Non mais c’est pas vrai ! Qu’est-ce qu’il a ce con de soleil ? Il me cherche ou quoi ?!

     

    — Reno !

     

    D’un mouvement vif, il vit les doigts de Rude plonger sous sa veste de costume, et en sortir une paire de lunettes de soleil. Le chauve la lui tendit. Reno lorgna dessus, arrêta son regard sur le crâne reluisant de l’autre, avant de s’en saisir.

     

    Il se laissa retomber sur sa chaise, se les ficha sur le nez, croisa les jambes et fit pendre ses bras de part et d’autre des accoudoirs. Son pied droit vint gratter son mollet gauche, puis :

     

    — Non mais sérieux, on n’est pas bien, là ?

     

    Erwin Doe ~ 2015

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  • 27/12/2015

    Hop, hop ! Je viens de terminer la seconde fanfic de "Pendant ce temps, sur Gaïa...". Cette fois, les personnages en seront Reno et Rude. C'était un duo qui m'amusait déjà beaucoup dans FF7, et je crois d'ailleurs que Reno a toujours été mon personnage préféré. Alors qu'on ne le voyait pas tant que ça dans le jeu, mais... j'sais pas, j'avais quelque chose avec lui. (Et même, j'adorais les Turks tout court... bien qu'ils soient plutôt une belle équipe de salauds, quand on y pense.)

    Bref, la nouvelle devrait être postée demain... sans doute ! Si j'ai le temps de la relire. En attendant, je vais aller m'occuper du PDF et de l'Epub de l'épisode 9 du Grand monsieur !


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  • 20/12/2015

    Bon, j'ai souffert, parce que les relectures étaient vraiment pénibles, mais ça y est, le dernier épisode du Grand monsieur du bois d'à côté est posté ! Pfooooua ! Ça fait du bien de se dire qu'on en a enfin terminé avec ce projet ! Même si, pas tout à fait, vu que j'ai prévu de faire une dernière relectures (Voir réécriture si besoin) de l'ensemble avant de proposer un fichier avec tous ses épisodes... mais ça, ce sera pour plus tard ! Pour le moment, je vais laisser le tout se reposer un peu.

    Sinon ! Je devrais avoir moins de retard que prévu sur l'épisode 6 d'Un long voyage. Si tout se passe bien, le 3 janvier, la première partie devrait être postée. Pas que je pense en avoir terminé avec sa réécriture d'ici là, mais... au final, je n'ai pas l'impression qu'il y ait tant de boulot que ça sur les premières parties. Donc !

    Quoi d'autre ? Il faut que je continue d'écrire mes fanfics sur FF7... j'aurais dû attaquer la seconde nouvelle aujourd'hui, mais au final, pas trouvé le temps pour ça. J'aimerais attaquer le troisième jet de Comme le rouge à lèvres de mamans d'ici février... et j'aimerais encore plus pouvoir commencer à proposer ce texte d'ici mai / juin. Avant si possible, mais dans ces dates là sinon. (Enfin, rien n'est encore sûr !)

     


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  •     Le grand monsieur du bois d'à côté

       Épisode 9 : À bientôt, mademoiselle Rose

     

    Venez, venez ! Allons, approchez !

    Eh bien, mes amis ?

    Entendez-vous ces rires ? Ce brouhaha de discussions animées ? Ces exclamations et soupirs ? Voyez-vous tous ces gens, assemblés sur la place du village, installés autour de tables aux nappes déjà tachées ? Sentez-vous ces odeurs singulières, mais aujourd’hui familières, qui envahissent les rues du village de nulle part – celles d’un banquet si extravagant que les tables menacent de céder sous le poids des victuailles qui les écrasent ?

    Cette nuit, le pays de nulle part n’est pas dans son état normal. Et pour cause ! Car dès le lendemain, mademoiselle Rose prendra la route et tous, ici, sont réunis pour un dernier adieu. Du moins, est-ce là le principal événement que l’on célèbre. Car dans le plus grand secret, on boit également à la déclaration – attendue de longue date – de monsieur Alucard à la jeune femme.

    Oh ! Ne croyez pas que les concernés aient répandu la nouvelle autour d’eux. En vérité, il n’en est rien. Mais vous le savez à présent, le village de nulle part fourmille d’oreilles indiscrètes et les ragots s’y propagent plus vite qu’une épidémie. Bientôt, chacun fut au courant, jusqu’aux frontières du pays et même plus loin encore, car Archibald Von Bidule ne tarda pas à montrer le bout de sa langue.

    Mais j’entends que les chats noirs miaulent minuit et voici les derniers invités qui arrivent au petit trot. Ils jettent des regards autour d’eux, dans l’espoir de repérer une place libre et se glissent dans les espaces vides. On grogne face à cette intrusion, car les bancs sont déjà trop encombrés. On remue, pour essayer de se dégager un peu plus d’espace et, de temps à autre, ceux installés aux extrémités chutent à terre.

    Beaucoup de visages amis sont présents. Tenez, voici déjà Yaga ! Arrivée parmi les premiers, la sorcière picore, dépiaute en tous petits morceaux le contenu de son assiette, qu’elle ne terminera pas. Installée près d’elle, Bibi ne tient pas en place. Elle finit par se lever pour aller trottiner en compagnie de Nouveau – l’ancien béguin d’Edwidge, devenu son ami le plus proche.

    Dans un coin, on peut apercevoir Eliphas qui, la bouche dissimulée derrière ses mains, ricane comme le diablotin qu’il est.

    Pour l’occasion, il a juré de se tenir tranquille. De laisser de côté les mauvais tours, mais surtout de ne pas embêter les petites filles. En vérité, personne, pas même lui, n’est certain qu’il tiendra parole.

    Rassemblées autour d’une même table, nous trouvons les familles de Lou et d’Édouard – qui se connaissent de longue date. Monsieur et madame faunes boivent beaucoup, mangent beaucoup, et font plus de bruit que l’ensemble des occupants de leur banc. Le papa de Lou, un sourire amusé aux lèvres, sirote un verre de sang, tandis que sa femme, en fine connaisseuse, commente chaque plat qui lui passe sous le bec. Édouard est assis près de son petit frère, qui ne cesse de lui chiper ce qui se trouve dans son assiette – parce que c’est bien connu, le repas des autres est toujours meilleur !

    Pour l’occasion, Lou a cassé sa tirelire afin de se procurer une jolie robe noire à dentelles. Elle a également tressé ses cheveux, que sa mère a ensuite enroulés en chignon.

    Edwidge gazouille et se mêle aux jeux de Bibi et Nouveau. Après son chagrin d’amour, les deux sacs se sont recroisés et, à défaut d’autre chose, l’amitié a fini par naître entre eux.

    Sans surprise, les commères se sont regroupées autour de la même table, où elles ne perdent pas une miette de ce qu’il se dit ou se fait. On les entend glousser, cancaner, avec une énergie hystérique qui a depuis longtemps fait fuir leurs époux.

    Le ciel est le territoire des fantômes, qui s’y agglutinent en une masse blanche et survoltée. Des « Toc ! Toc ! » résonnent aux quatre coins de la place, se mêlant au vacarme des conversations et des rires. Au milieu de ses congénères, Wendy vole d’un point à l’autre des festivités, en compagnie d’un Archibald à la langue frétillante.

    On a également invité un groupe bien connu de ce nulle part. À sa tête, Jojo le squelette claque des mâchoires en rythme avec son jeu endiablé. Près de lui, la silhouette du clown à trois visages du bout du village et de son orgue de barbarie. L’ogre voûté qui les accompagne de son accordéon est lui aussi une figure célèbre, car il vit dans les armoires qui sont pour lui autant de portes capables de le mener aux quatre coins du pays. Et si vous cherchez à vous rappeler son nom, apprenez qu’il n’en a pas… ou plutôt qu’ici, on le connaît sous l’identité de l’Ogre sans nom.

    Sur ses épaules, une bande de pixies s’ennuie de l’absence des lutins – qui, comme vous le savez, ne sont plus autorisés au village. On les voit danser, taper dans leurs mains, mais le cœur n’y est pas, tant la folie et la méchanceté de leurs cousins leur manque.

    Et n’oublions pas Lili et Lala ! Plus mignonnes que jamais, les poupées joignent leurs compétences à celles des autres musiciens. L’une en donnant de la voix – en un chant qui vous paraîtrait sans doute trop aigu pour nos critères – l’autre par le jeu de sa flûte traversière.

    Voilà qui nous fait déjà pas mal de visages connus, mais attendez ! Il nous en reste encore quelques-uns à observer.

    Teddy, par exemple, qui fidèle à sa réputation dévalise le buffet. La gueule grande ouverte, il croque tout ce qui lui tombe sous la patte, enfourne gâteaux et viandes, citrouilles frites et yeux d’araignées. En deux coups de crocs, c’est déjà avalé, à peine s’il prend le temps d’en sentir le goût, habité par le seul souci de faire éclater ce qui lui sert de ventre.

    Il finit par aviser la pièce montée – aussi impressionnante qu’un tantinet macabre, avec ses diablotins et ses squelettes qui batifolent au milieu de tombes. À la vue de ce plat presque trois fois plus haut que lui, l’ourson se lèche les babines et tend une griffe avide dans sa direction. Mais il n’a pas le temps d’en prélever une miette, que papy Nazar vient le chasser d’un coup de pied au derrière.

    Le vieil homme a sa tête des mauvais jours et ses mains forment des poings menaçants. Il en brandit un en direction de Teddy, qui file sans demander son reste, les pattes plaquées contre ses fesses douloureuses.

    Quand il cesse de pester après le glouton pour balayer du regard le reste de l’assistance, chacun fait de son mieux pour éviter tout contact visuel. C’est qu’on ne tient pas à être la prochaine cible de sa mauvaise humeur, que le départ prochain de mademoiselle Rose ne fait qu’alimenter un peu plus à chaque minute.

    Car s’il a tenté de l’en dissuader – comme vous vous en doutez –, il a bien dû se résigner face à l’entêtement de la jeune femme. Et si celle-ci lui a promis de revenir aussi souvent que possible, ce n’est qu’une maigre consolation pour son vieux cœur. Ses mains le démangent et c’est tout juste s’il se maîtrise d’aller étrangler Augustin – qu’il tient pour unique responsable de son malheur. Pour ne pas arranger son ressentiment, il peut l’apercevoir à quelques distances, assis à l’écart de la foule.

    Eh oui ! Augustin a accepté de se joindre aux festivités, mais ce ne fut pas sans mal. Mademoiselle Rose a dû user de toute sa patience pour cela. Faire preuve de persuasion, aussi, mais surtout de compréhension. Et finalement, le voici au milieu de tous ces monstres dont il tente d’oublier la présence dans l’alcool.

    Il sursaute, chaque fois que l’on s’approche pour engager la conversation et c’est un miracle s’il n’a pas encore fui les lieux.

    Assise près d’Alucard, mademoiselle Rose l’observe avec compassion. Elle a bien tenté de l’inviter à leur table, mais le chevalier a refusé, arguant qu’il ne tient pas à se mêler plus que de raison à ces créatures maléfiques – pour lesquelles il continue de désapprouver son affection.

    Néanmoins, il leur faudra bien – à lui comme à papy Nazar – apprendre à se supporter, car il a été convenu que mademoiselle Rose irait passer les deux premières semaines de sa nouvelle vie chez Maria. Il lui tarde déjà de rencontrer la vieille femme – qu’elle considère un peu comme sa grand-mère spirituelle – et convaincre son grand-père de les accompagner ne fut pas une mince affaire non plus. Mais s’il a beaucoup râlé, tapé du pied et boudé, il a finalement accepté et même promis de faire des efforts pour se réconcilier avec son ancienne amie.

    À sa gauche, Alucard est nerveux. Il sent les regards dardés dans sa direction, devine les messes basses qui se font sur son compte, mais aussi sur celui de mademoiselle Rose. Car la jeune femme, en effet, n’a pas repoussé sa déclaration. Lui a même confessé qu’elle éprouve à son endroit une affection qui pourrait bien être de l’amour. Seulement, en l’état actuel des choses, il leur faudra attendre encore un peu avant d’officialiser quoique ce soit. Avoir une véritable conversation, dans un futur proche. Sur leurs sentiments réciproques, mais aussi sur leurs aspirations quant à l’avenir. Une épreuve qu’il appréhende par-dessus toutes.

    Assis au bout de leur table, monsieur le maire se lève. Son assistant – dont le visage se résume à un œil unique, immense – frappe doucement son verre de sa fourchette, afin de réclamer l’attention de tous. Les conversations meurent peu à peu, tandis que le mot se propage, et même l’orchestre fait silence. Le regard pétillant, monsieur le maire bombe le torse, ses jambes maigrelettes tremblant si fort sous son poids qu’elles semblent sur le point de céder.

    Il émet un raclement de gorge, plante deux pattes aux extrémités de sa jaquette rouge et lâche, sur un ton malicieux :

    — Bilililibi bibi bilibili bi !

    Des rires lui répondent. C’est que monsieur le maire a toujours eu un sacré sens de l’humour. Un véritable don qui parvient à dérider jusqu’aux plus renfrognés – à l’exception d’Augustin, qui n’a pas la chance de comprendre ses babillements.

    Mademoiselle Rose esquisse un sourire. Monsieur le maire a levé son verre dans sa direction et, tandis que tout le monde l’imite, il ajoute :

    — Bilibili bibi, bibibi libibili lili !

    Autour d’eux, des applaudissements, mais aussi des sifflements et des exclamations. On souhaite bon voyage à la jeune femme. On lui rappelle de ne pas les oublier. Lui assure qu’on a déjà hâte qu’elle soit de retour parmi eux, d’entendre ses aventures. Et aux messages d’amitié se joignent les grognements de Teddy qui lève deux pattes en l’air. Autour de lui, le triste spectacle de la pièce montée dévastée et, entre ses crocs, les vestiges d’ingrédients divers, qui sont autant de preuves de sa culpabilité.

    Plus sombre que jamais, Augustin se lève pour aller se servir un autre verre. Il est à présent suffisamment aviné pour que le spectacle de cette bande de monstres euphoriques lui soit indifférent. Tout au plus ressent-il encore à leur égard un mépris dont on le sent prêt à discuter avec le premier venu.

    Le groupe reprenant du service, certains se lèvent pour exécuter quelques pas de danse que l’alcool rend souvent hasardeux. Sur l’estrade, Jojo le squelette se déchaîne comme jamais, au point que l’on craint qu’il ne tombe subitement en morceaux.

    Mademoiselle Rose tourne les yeux en direction d’Alucard et lève son verre. Sur ses lèvres, un petit sourire. Le vampire le lui rend et l’imite.

    — À bientôt, monsieur Alucard.

    — À bientôt, mademoiselle Rose.

    Et Alucard vide doucement le fond de son verre dans celui de la jeune femme. Quelques gouttes de sang, de son propre sang, qui se mélangent à l’alcool. Personne ne semble remarquer ce geste, et c’est sans doute mieux, car les deux amis ont le désir de garder la chose secrète pour le moment.

    Sur ce lien éternel qui, par cet échange, va naître entre eux. Mais aussi sur la décision de mademoiselle Rose de devenir vampire à sa mort… et d’ainsi, appartenir pour de bon à ce nulle part.

    Erwin Doe ~ 2017

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  • 16/12/2015

     

    Du coup, j'ai posté hier la première nouvelle de mon recueil sur l'univers de FF7 : Pendant ce temps, sur Gaïa...

    La plupart des nouvelles feront grosso-modo la même taille. Pour le moment, j'ai des idées pour encore quatre textes... si d'autres idées me viennent, tant mieux, sinon, ce projet s'arrêtera certainement là. En tout cas, j'ai bien aimé écrire ce "Miroir, mon beau miroir".

    Sinon ! Des idées commencent à me venir pour une possible Fanfic sur Baccano. En fait deux... mais l'une n'est encore qu'à l'état de désir, puisque j'aimerais bien écrire quelque chose sur Miria et Isaac, mais que je ne sais absolument pas quoi. Donc...

    J'ai déjà davantage d'idées pour une fic avec Luck et Claire (Mes deux personnages préférés de la série, au passage.). Par contre, haha, ce sera un genre de BL platonique. Le genre de truc que je n'ai pas écrit depuis l'adolescence, mais c'est pas grave ! Si j'arrive à construire un plan pas trop bancal, je m'y attèlerai sans doute prochainement.


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  • 14/12/2015

     

    Je me remets un peu aux Fanfiction. Ça faisait des années que ça ne m'était pas arrivé.

    J'ai donc posté une assez vieille Fanfic, puisqu'elle date de fin 2007. Un petit délire tapé à une époque où je faisais énormément d'insomnie et où une nuit blanche de trop m'avait un peu retourné le cerveau. Je suis toujours resté mitigé sur ce texte, mais je me souviens que j'avais beaucoup aimé l'écrire, et que j'ai bien aimé le réécrire. Honnêtement, c'était très amusant. :)

    Ce ne sera pas la seule Fanfiction qui fera son apparition dans les semaines / mois à venir. J'en ai pas mal qu'il me reste sur les bras, notamment une vieille Fanfiction sur le groupe Dir en Grey inspirée d'un de leurs clips. En attendant, j'ai entrepris l'écriture de petits textes courts sur Final  Fantasy 7, dont le premier attends juste que je puisse le relire. Ces textes seront rassemblés dans un même recueil et devraient avoir un ton plutôt comique.

    Je n'oublie pas non plus mes notes pour une possible Fanfiction sur Samurai Sentai Shinkenger... et je cherche toujours que l'illumination me frappe pour des Fanfics sur Kaze no klonoa et Baccano !

     


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  •  

    Pauvre Sephiroth

     

    Sephiroth ne gardait aucun souvenir de son arrivée ici. Et pire encore, il ignorait parfaitement où il se trouvait.

     

    Son regard vola autour de lui. Et si son expression n’en laissait rien paraître, il commençait quelque peu à s’inquiéter. Dans quelle partie du monde, exactement, ses pas l’avaient-ils mené, et qu’était-il supposé y faire ? La ville inconnue qui l’accueillait ne lui rappelait rien, ni ne faisait remonter en lui le moindre titillement destiné à lui faire savoir que l’information était bien là, quelque part en lui, prête à ressurgir à la surface pour peu qu’il se donne la peine de se creuser sérieusement la tête.

     

    Sans en avoir vraiment conscience, il s’était mis en marche, évoluant aux côtés de badauds maussades qui ne lui accordaient pas la moindre attention. Il tendit la main vers l’un d’entre eux, voulant l’arrêter pour l’interroger, mais ses doigts passèrent au travers du corps et l’autre continua sa route comme si de rien n’était. Troublé, Sephiroth avait fait un mouvement en arrière et regardait la silhouette fondre la foule, disparaître au milieu d’une masse qui, pour lui en tout cas, semblait être faite de matière, car l’individu qu’il bouscula leva le poing pour l’insulter.

     

    Il baissa les yeux sur sa main. Alors ça !

     

    Quand il les releva pour inspecter de nouveau les environs, son attention fut attirée par une silhouette familière. Celle d’un blond à l’expression dépressive, qui avançait mollement, en traînant des pieds. La grosse épée qu’il transportait dans son dos semblait trop lourde pour lui, car il ployait en avant, offrant un spectacle d’autant plus pathétique.

     

    Oubliant qu’ils étaient ennemis, Sephiroth se précipita dans sa direction.

     

    — Cloud ! Est-ce que tu peux me dire où nous sommes ?

     

    Si on lui avait dit qu’un jour, la vue du blondinet lui serait agréable, il ne l’aurait jamais cru.

     

    Pour toute réponse, son interlocuteur lui adressa un regard où se lisait toute la misère du monde. Puis il secoua la tête, et poursuivit sa route, de cette démarche lente et pathétique.

     

    Sephiroth resta quelques instants sans réaction. Mais petit à petit, une sourde colère commença à s’emparer de lui. Serrant les poings, il s’apprêtait à se jeter à la poursuite de l’autre, quand il remarqua la jeune femme. Debout sur le bord du trottoir, elle portait un panier au bras, plein à craquer de fleurs. De sa main libre, elle en tendait un petit bouquet en direction des passants, cherchant à attirer leur attention. Elle souriait, sans s’offusquer d’être continuellement ignorée.

     

    S’il y avait réfléchi deux secondes, Sephiroth aurait compris combien la présence de la jeune femme était étrange. La mort de celle-ci lui serait revenue en mémoire, et le doute, quant à la réalité de ce qui l’entourait, se serait imposé à son esprit. Mais à la place, Sephiroth l’interpella :

     

    — Aerith ! Aerith ! J’ai besoin de ton aide. Écoute…

     

    Mais avant qu’il ne puisse terminer sa phrase, la jeune femme releva les yeux sur lui et, dans un gentil sourire, disparut brusquement. Son panier tomba à terre et répandit son contenu à ses pieds. Abasourdi, il fixa les fleurs maltraitées, plus perdu que jamais.

     

    Au même instant, une voix lança :

     

    — Aaah, il est là ! Le voilà ! Tu vois, je te l’avais bien dit.

     

    Il se retourna et découvrit que Cait Sith et Nanaki venaient dans sa direction. Sans lui laisser toutefois le temps d’en placer une, le chat noir porta son mégaphone à ses babines et lui hurla :

     

    — Fais attention à la voleuse de Matérias !

     

    — Mais je…

     

    — La voleuse de Matéria sera bientôt sur nous, l’interrompit Nanaki, avant de poursuivre son compagnon, qui continuait de répandre autour de lui la terrible nouvelle.

     

    Il ne s’était toujours pas remis de cette énième déconvenue, qu’il se sentit brutalement bousculé. Le sol se rapprocha de lui et il s’écroula sur les pavés poisseux. Le souffle coupé, il se redressa sur un coude et vit qu’un individu de haute stature, à la peau sombre, s’était arrêté pour le contempler avec dédain. Une masse de muscles agressive qui retroussa sa lèvre supérieure pour cracher :

     

    — Peuh ! Encore un insecte qui s’est cru à la hauteur.

     

    Là-dessus, Barret le dépassa.

     

    Tout en se redressant, Sephiroth se demanda si le monde n’était pas tombé sur la tête. Depuis quand se permettait-on de le traiter ainsi ? Et surtout, depuis quand permettait-il qu’on le traite ainsi ? Il ne pouvait pas accepter ça ! Il ne pouvait pas ! Il…

     

    Un pas rapide et léger lui fit jeter un coup d’œil par-dessus son épaule. Certain que de nouveaux ennuis allaient lui tomber dessus, il vit une jeune ninja de Wutai se diriger droit sur lui. Elle le percuta et, alors qu’il la repoussait en arrière, l’entendit miauler :

     

    — Ah aaah ! De la Matéria, je le savais !

     

    Aussi vive qu’une anguille, elle lui échappa des mains et s’en fut dans un ricanement de mauvais augure. Il ne fallut que quelques secondes à sa victime pour comprendre pourquoi. Après une brève inspection, il découvrit, non sans horreur, que la voleuse venait de le déposséder de toutes ses Matérias. Un juron lui échappa, avant qu’il ne se jette à sa poursuite.

     

    Il avait toutefois beau être plus grand, et donc censément plus rapide qu’elle, la jeune femme gardait toujours trois ou quatre bons mètres de distance entre eux. Forcer sur ses jambes, sans se soucier de tous ceux qu’il traversait, des obstacles qui manquèrent plus d’une fois de le faire trébucher, ne lui servit à rien, sinon à l’épuiser un peu plus.

     

    Autour d’eux, le décor avait commencé à changer.

     

    Il se vit sauter par-dessus un ruisseau, traverser une forêt, atteindre des ruines poussiéreuses où il lui fallut à chaque instant faire attention où il mettait les pieds, ce bien malgré le manque cruel de luminosité. Sa cible semblait inépuisable et ne lui avait, pas un seul instant, jeté un regard. Elle se contentait de foncer droit devant elle, sachant visiblement où elle allait.

     

    Finalement, les ruines laissèrent place à une prairie luxuriante, à l’horizon de laquelle le soleil se couchait doucement. Sephiroth était au bout de ses forces et il ne se croyait plus capable de tenir encore très longtemps. Devant lui, Yuffie courrait toujours, en direction d’un précipice, où un drôle de vaisseau stationnait. D’un bond leste et agile, il la vit sauter vers lui et atterrir sur le pont.

     

    Alors seulement, elle daigna se tourner vers sa victime pour lui adresser un sourire goguenard.

     

    — Allez, Cid, on met les voiles !

     

    Un grand type blond, une cigarette au coin de la bouche, se dessinait à ses côtés. Sans perdre une seconde, il entreprit de détacher le vaisseau du rocher auquel il était amarré. En désespoir, Sephiroth lui hurla d’attendre, mais l’autre lui lança :

     

    — Trop tard, mon pote : l’heure c’est l’heure !

     

    À bout de souffle, Sephiroth atteignit le bord du précipice et dérapa. Des cailloux roulèrent en direction du gouffre. D’un moulinet des bras, il parvint à retrouver son équilibre et, courbé en deux, une main portée à son cœur affolé, il ne put qu’assister à la disparition progressive du vaisseau.

     

    Il songeait à s’abandonner au désespoir, quand le sort décida de s’acharner un peu plus sur lui : pour faire simple, on vint butter contre son dos. Comme il se trouvait à l’extrême limite de l’abîme, il ne put, cette fois, échapper à la chute et n’eut que le temps de se retourner avant que son corps ne parte en arrière.

     

    De justesse, il parvint à se rattraper à la falaise, mais il était alors trop épuisé par sa course. Se soulever à la seule force des bras, regagner la terre ferme, lui apparut comme impossible et il ne put que lever les yeux sur la jeune femme brune plus haut. Une main portée en visière, cette dernière fixait l’horizon avec déception.

     

    — Et mince ! Cid est beaucoup trop pointilleux sur l’horaire.

     

    Et sans se soucier de son sort, elle détourna les talons et s’en fut en chantonnant.

     

    Sephiroth serra les dents. Ses doigts avaient commencé à blanchir et ne le retiendraient plus très longtemps. De la sueur vint lui dégouliner dans les yeux et il battit des paupières, afin de chasser le picotement qui le faisait déjà larmoyer. Tout son corps était tendu, en souffrance. Sa respiration, toujours laborieuse, ajoutait à ses tourments. Il fallait qu’il tente quelque chose ou il allait mourir là, bêtement. Il le fallait… absolument… mais quoi ? Quoi ? QUOI ?!

     

    Il en était là de ses questionnements quand une forme se matérialisa devant lui. Elle prit naissance au sein des ténèbres qui s’étaient abattus sur le monde, déformant l’espace, qui se tordit et se flouta, avant de délivrer un homme aux longs cheveux noirs. Ses vêtements flottèrent un moment autour de son corps, avant que la pesanteur ne reprenne finalement ses droits sur eux.

     

    L’homme baissa des yeux aux pupilles glaciales sur lui. Aucune vie n’habitait ce regard. Un froid glacial semblait envelopper sa haute silhouette, une onde agressive qui l’atteignit lui aussi, pour le transir jusqu’aux os.

     

    Déglutissant, non sans mal, il supplia d’une voix qu’il ne se connaissait pas :

     

    — Ai… aide-moi !

     

    Mais l’autre, d’un air las, se contenta de soupirer. Il fixait à présent ses pieds, et ce fut d’une voix morne qu’il murmura :

     

    — J’aurais dû te l’avouer plus tôt… quelle erreur n’ai-je pas commis ?

     

    — Aide-moi ! répéta Sephiroth, plus insistant cette fois.

     

    Son ton s’était tinté d’une note hystérique qui lui vrilla les tympans.

     

    — C’est trop tard, à présent… nous ne pourrons plus en profiter, poursuivit Vincent, comme s’il ne l’avait pas entendu. Ah, que la vie peut-être cruelle.

     

    — Qu’est-ce que tu racontes, imbécile ! Tu ne vois pas que je vais tomber ?!

     

    — Oui, tu as raison… je n’ai plus le choix. Il faut que je te dise…

     

    Et, mettant un genou à terre, son interlocuteur se pencha dans sa direction. Sur les traits, une expression à la fois triste et attendrie.

     

    — Sephiroth, en réalité, je… je suis ton père !

     

    Le choc fut tel pour Sephiroth qu’il en lâcha prise. Les ténèbres se refermèrent sur lui et, de sa gorge, remonta un :

     

    — Nooooooooooon…

     

     



     

    –… ooooooooooon !

     

    Sephiroth se réveilla en sursaut. Le corps trempé de sueur, son cœur battait si fort dans sa poitrine qu’il lui faisait mal. D’une main tremblante, il essuya son front ruisselant, tandis que naissait en lui un sentiment de soulagement.

     

    Un rêve… ça n’avait été qu’un mauvais rêve !

    Mais après la joie de se savoir encore en vie, une rage terrible vint tordre ses entrailles. Le souvenir des humiliations subies lui restait en mémoire. Ses mâchoires se crispèrent, si fort qu’il les entendit gémir.

     

    Il se recoucha, mais au fond de lui, la décision était prise. Fantasme ou non, cette bande de fauteurs de troubles allait le regretter !

     

    Erwin  Doe ~ 2007

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  • 12/12/2015

    J'avance doucement dans le second jet d'un long voyage. Idéalement, j'aimerais poster sa première partie début janvier. En attendant, le neuvième, et dernier épisode, du Grand Monsieur devrait être posté le week-end prochain.

    Avec ça, j'ai mis Elena de côté... car décidément, trop de nouvelles pistes, trop d’incertitudes. Et je pense que la V2 sera très différente de cette V1. Donc !  En attendant que l'illumination pour une réécriture me tombe dessus, j'ai attaqué la V2 d'un projet de.... 2012 ? Je crois... J'aurais dit plutôt 2011, mais il est possible que ce soit 2012... 'fin, bref, pas très important, je vérifierai ça ! Pas encore de titre, on l'appellera donc Acier pour le moment.

    C'était un projet écrit, à la base, pour développer l'univers d'un plus vieux projet encore... mais rien qu'en l'écrivant, je savais qu'il était mauvais, et je ne pensais pas sérieusement pouvoir en faire quoique ce soit un jour, même si certains thèmes abordés, comme aspects de cet univers, me plaisaient bien. Et puis, en le relisant dernièrement, j'ai trouvé quelques idées pour le reprendre. La majeure partie du texte dégage à la poubelle, mais les idées qui me plaisaient restent et je pense pouvoir développer quelque chose d'amusant avec. ('fin, amusant, c'est vite dit, le texte ne l'est pas du tout.)

    Voilà, ça devrait m'occuper pour le reste du mois de décembre, et sans doute une partie de janvier, si je ne suis pas obligé de le mettre de côté en cours de route.

    Et puis... il va falloir que je songe à débuter le 3ème jet de Comme le rouge à lèvres de mamans. Après l'épisode 6, sans doute... mais impossible de savoir quand je pourrai poster ce texte ici. J'espère en 2016.

    Pour dire la vérité, je commence à ne plus trop savoir où donner de la tête, haha ! (Oui, parce qu'à côté des autres projets que j'ai en cours, j'ai ressorti un autre très gros projet qui s'est enfin débloqué après des années de pause... mais j'en parlerai plus tard, de celui-là !)


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  • 25/11/2015

     

    Comme d'hab, je donne des nouvelles 3000 ans plus tard... ahem ! Mais j'ai une excuse (Ou pas), vu que je bossais sur mon Nano. J'ai terminé mon projet le 20 avec 67.357 mots. Huhu ! Un premier jet bien bordélique qui va certainement me demander de grosses modifications et peut-être même une V2 très différente, mais... au moins c'est fait ! \0/

    Et donc... j'attaque le second jet de l'épisode 6 d'Un long voyage le mois prochain. En attendant, j'ai commencé à relire mon  1er jet. Et il me reste qu'une partie à poster de l'épisode 5... ce qui signifie qu'il va y avoir une belle pause entre les deux épisodes. Une sacrée belle pause, peut-être. Et il y aura sans doute une autre pause entre la fin de la Saison 1 et le début de la Saison 2. Pas trop longue, j'espère, mais j'aimerais bien éviter de revivre les mêmes galères qu'avec la Saison 1. Donc, faut que je prenne de l'avance... suffisamment d'avance ! Parce qu'à l'heure actuelle, je suis toujours dans le grand flou avec son épisode 9, par exemple... et vu que ça fait un moment que j'ai repris ce texte, ça me plaît moyen. Je sens revenir le méchant blocage.

    Également, j'ai posté mon extrait pour Halloween. Je ne sais pas trop quand je pourrais poursuivre ce projet, mais je rassemble des notes... peut-être mon prochain Nano ? On verra, on verra...

    Avec ça, j'avais dit, il me semble en début d'année, que je posterai (Enfin) T'as pas une clope ? cette année. Seulement, nous arrivons en fin d'année et toujours rien... j'avais prévu de poster sa première partie courant décembre, mais de nouveau, je crois que je vais devoir repousser. ;0; J'ai presque terminé sa réécriture mais... non, décidément, il y a toujours quelque chose qui me gêne dans cette nouvelle. Ce n'est qu'un détail à la con, mais je le trouve beaucoup trop casse-gueule pour être ignoré. Donc ! Je vais avoir besoin de réfléchir encore un moment... parce qu'à nouveau, j'aime l'univers de cette nouvelle, mais si c'est pour poster un texte qui ne me satisfait qu'à moitié, ce n'est pas la peine... je suis suffisamment insatisfait en temps normal pour ne pas en rajouter une couche. -__-

    En ce qui concerne le Grand monsieur du bois d'à côté, il faut que je relise son épisode 9...  je laisse un peu traîner le truc, parce que je ne pense pas le poster avant la fin de l'épisode 5 d'Un long voyage, mais il va tout de même falloir que je m'y mette ! Ensuite ? Bien, une fois ce texte terminé, je vais le laisser de côté un moment. Et comme je compte proposer un PDF et un Epub contenant tous ses épisodes, je vais devoir relire le tout une ou deux fois, afin de modifier, voir de réécrire, ce qui mérite d'être retravaillé. (Ce qui va me demander pas mal de boulot, à mon avis... il faudrait aussi que je pense à faire une illustration, pour la couverture... mais connaissant mon niveau de dessin, je sais d'avance que je vais criser.)

    Et pour finir, je continue de réfléchir à l'épisode 4 d'Elena. Comme j'ai modifié la personnalité et le passé de certains personnages, je me retrouve avec pas mal de nouvelles pistes, et de gros trous, par-ci, par-là. Au plus tard, j'aimerais en avoir terminé avec le 1er jet de ce projet en janvier. Ensuite, sans doute, reprendre Si telle est la volonté de Dieu... ce sera mon projet à terminer en 2016, je pense, avec la réécriture de Comme le rouge à lèvres de mamans, et peut-être commencer la V3 d'un vieux projet appelé (Sans doute toujours provisoirement) Cauchemars. 

    Enfin, je n'y suis pas encore ! Pour le moment, faut déjà que je termine l'épisode 6 d'Un long voyage !

     


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  • La sorcière des nuits d'Halloween

     

    Année 1 - Partie  2 (Fin)

     

    3

     
    Ils étaient rares, ceux qui osaient mettre un pied dehors au cours de cette nuit d’effroi. Même les poches pleines à craquer de friandises, on ne s’y risquait qu’en cas d’extrême urgence… et encore ! Car les ambulances, les médecins eux-mêmes refusaient de se rendre au domicile d’éventuels souffrants.

    On pouvait y voir de l’insensibilité, mais aussi une crainte légitime : celle d’accidents trop souvent provoqués par le passé ; causés par toutes ces créatures que la bêtise, l’inconscience, et peut-être la méchanceté, poussaient à se mettre en travers de la route des automobilistes.

    Pire encore, une légende prétendait que ceux frappés par le malheur durant la nuit d’Halloween ne trouvaient jamais le repos. Leur âme était emportée par l’armée des ombres et condamnée, année après année, à revenir hanter ce monde qui n’avait pas su lui éviter la damnation.

    Un sort qui expliquait le souci des biens portants à ne pas se mettre en danger durant ces quelques heures de folie… et pourtant !

    Je dis pourtant, car un jeune inconscient avait bel et bien quitté la sécurité de sa demeure.

    Animal nocturne, une excentricité familiale lui avait appris à vivre à l’heure des morts et des démons, plutôt qu’à celui du commun des mortels. Un élément parmi d’autres d’une personnalité peu conventionnelle.

    Armé d'une hache, il débitait du bois au milieu de son jardin. Ce sans se soucier du vent glacial (Contre lequel il ne s’était même pas donné la peine de se vêtir d’une veste.), ni des créatures démoniaques rodant aux alentours (Qui, comme nous allons le voir, le laissaient quelque peu indifférent.).

    Tout à sa tâche, il ne vit pas le groupe arriver, et ne prit conscience de sa présence que quand une voix furieuse s’exclama :

    — Non, mais qu’est-ce que c’est que ce travail !

    Abandonnant son outil de travail, le jeune homme s’épongea le front du revers de sa manche et se tourna vers les nouveaux venus.

    Physiquement, c’était un individu de constitution tout ce qu’il y avait de plus normale, à l’exception sans doute de sa haute taille, qui en faisait presque un géant. Les cheveux courts et sombres, il avait des traits très communs, sans aucun caractère ; un visage dont il était difficile de conserver le souvenir.

    Il porta son regard marron en direction des diablotins et des monstres étendus un peu plus loin. Tous arboraient une grosse bosse à l’arrière, ou au sommet du crâne. La sorcière se tenait auprès d’eux et s’employait à les rouer de coups rageurs, tandis que Jack arrivait en traînant derrière lui son double.

    Deux chiens inquiétants, aux yeux d’un noir intégral, se tenaient en retrait. À la façon d’un rouge à lèvres, une ligne sombre entourait leurs babines. Quant à leurs oreilles, elles étaient plantées si droit sur leur crâne qu’elles rappelaient deux cornes.

    — Bandes d’incapables ! Vous me faites honte !

    Puis, se tournant vers le jeune homme, la sorcière tendit un doigt menaçant dans sa direction.

    — Dis-donc, c’est toi qui les as mis dans cet état ?

    À sa grande surprise, l’interpellé ne manifesta pas la moindre inquiétude et, même, se permit de répondre d’un ton calme et parfaitement maîtrisé :

    — Je n’ai pas aimé leurs manières et ils refusaient de partir.

    — Non mais écoutez-le ! Sais-tu au moins qui je suis ? Je suis la sorcière des nuits d’Halloween, mon petit bonhomme : t’en prendre à mes gens, c’est comme t’en prendre à moi !

    Pas davantage intimidé, l’autre eut un haussement d’épaules. Il ne savait d’ailleurs trop ce qu’il trouvait le plus grotesque. Cette jeune femme hystérique qui, bien que lui arrivant tout juste au milieu du torse, se permettait de l’appeler « mon petit bonhomme » ? Ou bien cette face de citrouille obnubilée par son double, sur lequel elle ne cessait de se répandre en commentaires admiratifs ?

    — La tête est sculptée. Sculptée ! Rendez-vous compte ! Et avec quelle finesse, encore. Vraiment, maîtresse, je crois que ce monde contient quelques génies dont il faut savoir…

    — La ferme Jack ! s’exaspéra la sorcière.

    Puis, remarquant que le jeune homme s’était baissé pour ramasser son bois, elle eut un claquement de doigts.

    — Hep ! Qu’est-ce que tu fiches ? Tu crois peut-être que j’en ai déjà terminé avec toi ? Hep, regarde-moi quand je te parle ! Tu as agressé mes gens, tu te rappelles ? Alors n’imagine pas t’en tirer à si bon compte.

    Les bras chargés, l’autre daigna se retourner. Un nouveau haussement souleva ses épaules.

    — Ils se sont montrés désagréables.

    — C’est ça, trouve autre chose !

    — D’accord : je suis désolé.

    — Et tu crois vraiment t’en tirer avec quelques excuses ?! Te fous pas de moi, t’as même pas l’air de regretter !

    — Et il semble que nos informateurs disaient vrai, vint lui glisser Jack à l’oreille. Je ne vois nulle part ne serait-ce qu’un papier de bonbon !

    — Ah, ça aussi, ça aussi ! Et alors quoi, Hercule, on est plus proche de ses sous que de sa sécurité ?

    — Si vos gens, comme vous dites, m’avaient poliment demandé des sucreries, je le leur en aurais donné. Mais comme ils ne savent qu’exiger ou menacer, j’ai dû refuser : j’ai horreur des personnes mal élevées.

    — Je rêve ! Tu entends ça, Jack ? Son altesse voudrait en plus qu’on lui donne du « s’il vous plaît » !

    — Inadmissible, répondit Jack, en secouant sa grosse tête d’un air réprobateur.

    Derrière lui, les deux chiens grognaient en montrant les crocs. Se ramassant sur leurs pattes, le train arrière relevé, ils bondirent brusquement en direction du jeune homme.

    Leurs gueules dégoulinantes d’une bave épaisse et abondante, leur grognement se muèrent en un cri proprement effrayant.

    Malheureusement pour eux, leur cible n’était pas faite du même moule que ses semblables. Car plutôt que d’avoir un mouvement de recul, à défaut de chercher à fuir, le jeune homme laissa tomber son chargement, à l’exception d’un morceau de bois. Il le brandit devant lui, comme s’il s’agissait d’une arme redoutable.

    Les chiens plongèrent sur lui, prêts à le broyer sous leurs crocs. Alors, il daigna faire un pas en arrière et, d’un mouvement rapide et précis, leur asséna un coup de bâton sur la truffe.

    — Couchés !

    Dans un glapissement, ses agresseurs s’écrasèrent à terre. Leurs gémissements s’y poursuivirent et, les larmes aux yeux, ils portèrent leurs pattes de devant à leurs museaux douloureux.

    — Aaah, mais c’est pas vrai ! hurla la sorcière qui, trépignant sur place, se grattait les cheveux avec énergie. Qu’est-ce que vous foutez, nom du Diable !

    Puis elle décocha un coup d’œil à Jack, avant de lui ordonner :

    — Écrase-moi ce minable !

    — Avec plaisir, lui répondit-il, en abandonnant finalement son double.

    Le torse bombé en avant, à la manière d’un coq de combat aux jambes maigrelettes, il dépassa sa maîtresse et fit craquer ses doigts.

    — Tu n’aurais pas dû t’en prendre à nous, mon garçon…

    — Je ne m’en suis pas pris à vous : c’est vous qui vous en êtes pris à moi, répliqua l’autre, ce qui lui valut un cinglant :

    — Silence, petit impertinent !

    — Mais tu vas te dépêcher, oui ?

    — J’y viens, maîtresse, j’y viens… !

    Puis, se tassant sur lui-même, Jack émit un râle caverneux. Une aura sombre s’embrasa autour de lui et il se mit à grandir, grandir, grandir, jusqu’à prendre des proportions titanesques. Quand sa croissance s’arrêta, il avait dépassé d’une bonne tête le toit de la maison et les quelques arbres alentours.

    Tout en suivant son ascension du regard, le jeune homme avait abandonné son morceau de bois, pour ramasser sa hache.

    Jack fit un pas vers lui et le sol trembla. Se courbant en avant, le monstre laissa échapper un rugissement assourdissant, en même temps que de ses yeux et de sa bouche s’échappaient des flammes. Finalement, il tendit la main en direction de sa victime… qui eut le réflexe de l’éviter, avant de venir vers lui en courant.

    Jack fit fondre son autre main, plus vivement que la première, mais sa cible, comme si elle avait deviné son geste, se baissa promptement pour lui échapper.

    — Quoi ?!

    Il n’eut pas le temps de se remettre de sa surprise que le jeune homme arrivait déjà à hauteur de ses jambes. Avec horreur, il le vit lever sa hache et ne put que pousser un pitoyable :

    — Non ! Attends… !

    Mais trop tard, car l’arme s’abattait sur sa cheville. Jack laissa échapper un hurlement terrible et explosa dans un nuage de fumée. Quand ce dernier se fut dissipé, il avait retrouvé sa taille normale et se roulait à terre, en tenant contre lui sa jambe blessée.

    — Espèce d’empoté ! s’exaspéra la sorcière, en tapant du pied. Tu ne me sers décidément à rien !

    Puis elle adressa un regard mauvais au fauteur de trouble. Appuyé contre le manche de sa hache, celui-ci semblait attendre la suite. Il affichait par ailleurs un flegme si injurieux qu’elle sentit sa colère croître, au point de menacer de la faire imploser.

    Non seulement il se payait leur tête, mais en plus, il trouvait le moyen de les rendre ridicules.

    Impardonnable !

    Dans ses veines, son sang se mit à bouillir et l’air s’embrasa autour d’elle. Un vent violent, venu de sous ses pieds, l’enveloppa, faisant voler sa cape, sa jupe et ses cheveux. Son regard, devenu flamboyant, faisait courir des ombres sur son visage. Le pouvoir se libéra de son corps et le monde devint d’un noir d’encre.

    La terre était à présent grise, dépourvue de toute végétation. Partout où l’on portait le regard, ce n’étaient que ténèbres sans fin. On y voyait toutefois presque aussi bien qu’en plein jour, comme si cette nuit sans lune, ni étoiles, produisait sa propre lumière.

    La sorcière lévitait à plusieurs mètres du sol et l’obscurité ondulait autour d’elle. La terre commença à se craqueler, à se soulever… une main, deux mains, apparurent. Puis un visage, où une bouche s’ouvrit, béante. Des limbes, les morts remontaient à la surface, momies desséchées ou corps encore en décomposition, dont les râles envahirent le monde.

    Les zombies les plus proches se jetèrent sur le jeune homme, qu’ils agrippèrent sans que celui-ci ne cherche à se dégager. Le regard levé, il observait la sorcière, dont les commissures des lèvres s’étiraient en un rictus.

    — Pas trop inconfortable, j’espère, se moqua-t-elle, tandis que d’autres morts venaient se cramponner à sa victime.

    Puis elle partit dans un rire dont le caractère joyeux avait quelque chose de macabre, tout en faisant un tour sur elle-même. Mais alors qu’elle en était presque à se tenir les côtes, la voix de l’autre s’éleva de nouveau :

    — Avez-vous bientôt terminé ?

    Les corps le recouvraient presque entièrement et c’était une sorte de miracle s’il ne s’était pas encore écroulé sous le poids de ses agresseurs. Sans doute sa grande taille y était-elle pour quelque chose, car bien que les zombies soient nombreux, aucun ne lui arrivait plus haut que l’épaule.

    Dans les airs, il entendit la sorcière s’étrangler et reprit :

    — Ma grand-mère est malade et j’ai oublié d’alimenter son feu. En toute honnêteté, j’aimerais éviter que le froid ne la réveille.

    Ça, ou bien le barouf produit par ces visiteurs indésirables qui, s’ils ne l’avaient pas déjà tirée de son sommeil, devaient être en bonne voie.

    Autour de lui, les morts se figèrent. Leurs globes oculaires, vides pour la majorité, s’étaient arrondis. Leur bouche béait, s’ouvrant sur des dents jaunes, noires, des langues moisies, parfois même absentes.

    Un cri de rage échappa à leur invocatrice.

    — Par l’Enfer, il n’a pas peur ! Pourquoi ? Pourquoi ?!

    — Parce que je sais que notre peur vous nourrit au moins autant que le contenu de nos garde-mangers. Je sais également que vous ne pouvez me tuer : vous n’y êtes pas autorisés. Pas plus que vous ne pouvez me faire beaucoup de mal, en tout cas pas volontairement. Vos souffrances ne sont que des illusions et si je n’y crois pas, alors elles ne peuvent rien contre moi.

    Les morts avaient commencé à s’écarter de lui et le fixaient à présent avec une terreur que leurs faces décharnées, déformées, rendaient encore plus vivante. Leurs bouches, déjà ouvertes, s’élargirent encore davantage, au point de leur manger la moitié du visage. Et d’une même voix, ils hululèrent, fendillant les ténèbres, jusqu’à ce que ceux-ci explosent en une multitude de fragments.

    Ayant perdu le contrôle de son invocation, la sorcière vit un voile noir passer devant ses yeux et tomba à terre. Dans un gémissement douloureux, elle se redressa sur un coude et se gratta les cheveux. Une main entra dans son champ de vision.

    — Est-ce que ça va ?

    Cette main était celle du jeune homme qui, accroupit à sa hauteur, semblait vouloir l’aider à se relever.

    Le geste provoqua son indignation, auquel s’ajouta un profond sentiment d’humiliation. Il n’en avait pas conscience, mais pour quelqu’un de son rang, son attitude était une injure terrible. Il la plaçait au rang de faible à qui l’on imposait de l’aide, alors qu’elle aurait dû l’exiger, sinon se débrouiller seule. Rageuse, elle balaya sa main d’une claque et fit un bond en arrière, qui la propulsa de nouveau dans les airs.

    — Alors ça… alors ça… !

    Les mâchoires crispées, les joues devenues rouges, elle tremblait des pieds à la tête. Ses poings se serrèrent, si fort que ses ongles lui rentrèrent dans la peau. Elle n’était à présent plus que rancœur et ce fut avec la pleine conscience de la gravité de ses actes prochains, qu’elle décida de ne pas fermer les yeux sur l’affront.

    Un sort terrible sur le bout des lèvres, elle levait une main, prêtre à décharger toute sa fureur sur l’impudent… quand retentit le chant du coq.

    Le pouvoir qui avait commencé à affluer dans ses veines se tarit, aussi vite qu’elle tourna un regard frustré en direction de l’horizon. Debout sur un pied, Jack bafouilla :

    — Maî… maîtresse…

    La sorcière retroussa sa lèvre supérieure, ce qui découvrit ses dents de devant. Elle n’avait déjà plus le temps : l’heure des ombres était passée et il leur fallait rejoindre leur royaume. Son regard se porta une dernière fois en direction de l’inconscient qui avait osé lui tenir tête cette nuit.

    — Ton nom. Donne-moi ton nom !

    L’interrogé ne répondit pas tout de suite, cherchant à deviner ce qu’il risquait à dévoiler l’information. Ne trouvant rien, il dit :

    — Arthur. Arthur Fernand.

    — Arthur Fernand, répéta la sorcière. Je m’en souviendrai. Oh, oui, tu peux compter là-dessus, mon petit bonhomme !

    — Maîtresse !

    — Ça va !

    Dans le lointain, le coq continuait de s’époumoner et la sorcière leva les yeux au ciel. Un portail s’y matérialisa. Une porte, couchée, dont le battant s’ouvrit en direction du vide. Et du trou noir qui s’y dessinait, une aspiration fabuleuse s’éveilla.

    Une à une, les créatures de l’ombre s’élevèrent. Jack et les chiens avaient déjà filés, talonnés par les diables et autres monstres jusqu’alors inconscients, mais que la venue du jour avait rappelé à la réalité. Seule la sorcière était encore là, à léviter à quelques mètres d’Arthur.

    Ses lèvres se tordirent dans un sourire à la fois mauvais et narquois, de ceux employés par les individus habités par des rêves de vengeance, et surtout par quelques idées sur la façon de l’obtenir.

    — À l’année prochaine, crétin !

    Là-dessus, elle se laissa emporter en direction du portail.

    Sa silhouette y disparut et la lourde porte se referma sur un claquement, avant de s’évanouir dans le néant…

     

    Erwin  Doe ~ 2015

     

     

    Licence Creative Commons
    La sorcière des nuits d'Halloween de Erwin Doe est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.
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    La sorcière des nuits d'Halloween

     

    Année 1 – Partie 1

     

     

    La face de citrouille se glissa à pas feutrés dans l’imposante salle du trône. Dans sa main, un bâton au bout duquel une flamme ondulait.

     

    De gigantesques piliers se dressaient le long de la pièce et en soutenaient le plafond… enfin, on supposait que tel était leur rôle car, de plafond, justement, on n’en voyait guère. Et s’il existait vraiment, alors celui-ci était situé si haut, qu’il était masqué par des ténèbres que rien ne parvenait à percer.

     

    Le long des murs, des bougies fixées sur des pics en métal, nombreux et entremêlés. L’individu se dirigea vers les plus proches, qu’il commença à allumer, devant parfois se dresser sur la pointe des pieds pour atteindre les plus élevées. Pourtant, on ne pouvait pas dire que c’était un homme de petite taille !

     

    Les jambes moulées dans une culotte blanche, il portait des bottes à bout pointu et recourbé. Une fraise étreignait son cou, parfaitement exubérante, et qui semblait soutenir sa grosse tête de citrouille évidée. Dans cette dernière, on avait pratiqué des ouvertures pour les yeux et la bouche. Celle-ci était longue, souriante, ponctuée de dents carrées, derrière lesquelles une bougie brillait. Ses mains, dénuées de toute peau et comme de toute chair, seulement constituées d’os, étaient agrémentées de bagues. Et puis, des froufrous sortaient des manches de sa tunique violette, élégante, qui se terminait en queue de pie.

     

    Les doubles battants de la porte étaient aussi imposants que le reste de l’endroit et, depuis le couloir, un tapis rouge menait jusqu’au trône, placé sur une estrade. Dessus, la forme d’une jeune femme au carré de cheveux bleus sombres. Elle dormait, sa tête soutenue par son poing, qui écrasait sa joue. À ses pieds, les restes d’un verre fracassé dont le contenu s’était répandu à terre. Quelques bouteilles vides s'agglutinaient également près de ses chevilles.

     

    Un peu partout dans la pièce, d’autres formes, étendues celles-là, étaient visibles. Souvent monstrueuses, et même grotesques, elles se répandaient en ronflements et en sifflements. Des gémissements s’élevaient également, produits par quelques rêves douloureux, sinon le résultat du poing ou du pied d’un voisin, reçu dans quelques parties du corps. Certains étaient parcourus de spasmes, qui faisaient frétiller leur jambe ou leur queue, tandis que d’autres se démenaient comme s’ils étaient agressés par des créatures invisibles. Les grognements et commentaires embrouillés de ces quelques mauvais dormeurs venaient s’ajouter à la mélodie plus commune du reste des troupes.

     

    Ce spectacle était le produit des nuits précédant celle d’Halloween. Elles donnaient chaque fois lieu à des beuveries exubérantes, comme en témoignaient les amoncellements de déchets, mais aussi l’odeur épouvantable de l’ensemble. Des vomissures, ici et là, dans lesquelles leurs victimes s’étaient le plus souvent assoupies.

     

    Tout en continuant à allumer les bougies qu’il croisait, l’homme citrouille grimpa les quelques marches qui menaient au trône et passa derrière. Là aussi, il fit la lumière, avant de se pencher vers la jeune femme et de lui secouer l’épaule.

     

    — Allons, maîtresse, l’heure approche !

     

    Un grognement lui répondit. Puis, dans un battement de paupières, révélant un regard rouge, la jeune femme entreprit de s’étirer. Les bras tendus en direction du plafond et le dos creusé, ses jambes se soulevèrent devant elle. Ignorant les quelques os qui craquèrent au passage, elle bâilla sans se couvrir la bouche, avant de laisser retomber sa joue sur son poing et de se gratter le cuir chevelu.

     

    — Encore combien de temps ? grommela-t-elle, d’une voix empâtée par le sommeil, mais surtout par une cuite carabinée.

     

    La citrouille, qui avait poursuivi son chemin, répondit :

     

    — Encore une bonne heure au moins. Suffisamment, en tout cas, pour vous redonner une apparence convenable.

     

    Aux quatre coins de la pièce, le reste des fêtards commençait à sortir de son sommeil. On grondait, on faisait claquer des gueules monstrueuses, le tout ponctué de raclements de gorge écœurants.

     

    La jeune femme passa une main sur son visage fatigué. Elle baissa les yeux sur ses collants effilés, sur son haut et sa jupe fripés, ainsi que tachés, puis sur ses pieds nus, dont la plante avait pris une teinte grisâtre. Portant son bras à hauteur de son nez, elle le renifla, avant de soupirer.

     

    — Je te vendrais pour un bain, Jack !

     

    Et tandis que les corps commençaient à se redresser, dans des étirements plus ou moins bruyants, Jack tourna sa grosse tête dans sa direction. Sous son crâne, la bougie brûlait plus vivement que jamais.

     

    — Oh, inutile d’en arriver à de telles extrémités : votre bain est prêt et n’attend plus que vous.

     

     

     

    2

     

    D’aussi loin que remontait la mémoire collective, la nuit d’Halloween avait toujours été maudite. Car à peine les derniers rayons du soleil s’étaient-ils évanouis, que des hordes de démons et de créatures cauchemardesques se répandaient sur le monde des humains. C’était comme si les ténèbres les vomissaient, en une masse grouillante et hystérique, qu’annonçait une cacophonie de rires surexcités.

     

    À cette occasion, quiconque ayant un peu de bon sens se cloîtrait chez lui pour ne plus en sortir avant le lever du jour.

     

    Toutefois, comme une porte et quelques murs, n’avaient jamais été une protection suffisante contre ces armées, une vieille croyance voulait que l’on place une citrouille évidée à sa fenêtre afin de les éloigner. La bougie qui y brûlait étant censée, à la manière d’un charme, faire savoir aux mauvais esprits qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans cette maison et, donc, les en détourner.

     

    Malheureusement, et si l’on continuait à respecter cette tradition (C’est que, voyez-vous, on était jamais trop prudent !), on savait aujourd’hui qu’elle n’était plus d’une grande utilité. Oh, sans doute avait-elle parfaitement fonctionné par le passé, car sinon pourquoi aurait-elle traversé les âges ? Mais l’ennemi ayant, semble-t-il, évolué, il avait fallu trouver d’autres ruses pour calmer sa frénésie.

     

    Et celui-ci, après une année d’un régime à base d’alcool infect, de pain trop dur, et d’aliments si répugnants que l’on aurait sans doute préféré se laisser mourir de faim plutôt que d’y goûter, n’était plus que gourmandise. La recherche du goût, n’importe lequel, faisait qu’il était prêt à dévorer tout ce qu’il trouvait sur son passage : les tapis, le toit, le chien, et bien entendu ce que contenait le garde-manger.

     

    Ce pourquoi, afin de calmer l’appétit de ces monstres, les habitants avaient-ils pris l’habitude d’abandonner sur le pas de leur porte des sacs remplis de bonbons. Comme une sorte d’offrande. Et à la connaissance des Hommes, rien n’était plus prisé des ombres que ces sucreries addictives, véritables drogues dures pour elles, dont elles se remplissaient la panse jusqu’à explosion.

     

    — Mangez ! Régalez-vous ! Qu’il ne leur reste plus le moindre gramme de sucre !

     

    Dans un quartier résidentiel pris de folie, la jeune femme se dressait au milieu de la route. Une silhouette familière pour ceux qui l’observaient depuis leurs fenêtres, car il s’agissait ni plus ni moins de celle que l’on connaissait sous le titre de sorcière des nuits d’Halloween. Autrement dit, la souveraine en date du monde des ombres.

     

    Elle portait une petite cape sombre, qui lui arrivait à hauteur des cuisses. La broche qui la fixait devant sa poitrine avait la forme d'une tête de mort, aux cavités serties de deux rubits aussi rouges que ses yeux. Ses collants noirs, agrémentés de toiles d’araignées, étaient en partie recouverts par des bottes, ainsi que par une jupe noire et bleue, lui arrivant à mi-cuisse.

     

    Sa bouche s’ouvrit toute grande afin de laisser s’échapper un rire exubérant. Autour d’elle, on s’empiffrait jusqu’à l’indécence, renversant au passage les poubelles afin de les fouiller avec le reste.

     

    Dans les cieux, on voyait voler des harpies et des hommes corbeaux, des dragons à tête de femme ou des chauves-souris de taille imposante.

     

    À quelques rues, des cris s’élevaient : ceux d’inconscients qui, ayant sans doute refusé de livrer leur part d’offrande, devaient à présent déplorer l’intrusion d’envahisseurs vindicatifs dans leur salon.

     

    — Oh ! Quel réalisme, quelle ressemblance ! À n’en pas douter, le travail d’un homme de goût.

     

    La voix de Jack était aussi pompeuse que maniérée. Une lanterne à la main, il contemplait avec un plaisir évident un mannequin laissé à l’entrée d’un jardin. Celui-ci était en tous points sa copie conforme, jusqu’aux bagues qui, si elles étaient serties de fausses pierres, arboraient les mêmes couleurs : violette, rouge, noire, bleue et même verte.

     

    — Vrai, ne dirait-on pas que l’on pourrait être frères ? Regardez-le : il semble sur le point de prendre vie.

     

    Un chien affolé remonta la rue en couinant. Sur son dos, deux diablotins hilares qui, tout en se gavant de sucreries, le piquaient de leurs fourches pour l’obliger à aller plus vite.

     

    — Je crois que je vais le ramener avec moi, poursuivit Jack, qui avait à présent saisi son double sous les aisselles. Qu’en dites-vous ? Pensez-vous que son propriétaire y verrait un quelconque inconvénient ?

     

    Disant cela, il se tourna vers la sorcière. Celle-ci était penchée au-dessus d’une barrière, la tête plongée dans un gros sac de sucreries qu’elle fouillait. Ses pieds remuaient dans le vide et, quand elle releva la nuque pour porter son regard sur lui, sa cape lui tombait sur le front.

     

    Elle croqua dans la grosse sucette qu’elle tenait à la main, la réduisant en miettes, avant de répondre :

     

    — Fais ce que tu veux, mon petit Jack : jusqu’au chant du coq, ce monde d’imbéciles et tout ce qu’il contient nous appartient !

     

     

     

    Erwin Doe ~ 2015

     

    Pour lire la partie 2, c'est par ici !  =>

     

     

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    La sorcière des nuits d'Halloween de Erwin Doe est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.
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  • 21/10/2015

     

    Depuis la dernière fois, l'épisode 8 du Grand monsieur est terminé. Aujourd'hui, j'ai commencé la énième réécriture de son dernier épisode... pas facile, vraiment pas facile. Cet épisode était une catastrophe interstellaire et j'ai eu du mal à l'améliorer. Surtout, du mal à choisir sur quel ton l'écrire, quelle forme de narration... le temps, aussi, le temps. Le projet est au passé, en dehors de quelques lignes de narration par-ci par-là. Le dernier épisode devrait être presque entièrement au présent. J'espère que, du coup, ça ne fera pas trop tache au milieu du reste...

    J'ai aussi commencé à publier l'épisode 5 d'Un long voyage. Ce week-end, la partie 3 devrait arriver. En décembre je m'attèlerai à la réécriture de son épisode 6. Il y aura sans doute un peu d'attente entre les deux épisodes. J'espère que ce ne sera pas plus d'un mois de pause... mais ça, je ne peux pas encore en être certain. Tout dépendra du poids des corrections que cet épisode me demandera.

    Sinon, bientôt le Nanowrimo. Hier, j'ai terminé le synopsis détaillé de mon projet. J'espère pouvoir le terminer en entier, car j'aimerais vraiment éviter de déborder sur décembre. Seulement, il est un peu plus épais que ce que je pensais, donc... on verra ! Je sens que ça va encore être épique, cette histoire, ahem !

    Pour Halloween, l'extrait d'une série en devenir devrait être posté. Le premier épisode, pour être exact. Et puis, je ne sais pas trop quand... peut-être en janvier, j'aimerais également poster un extrait de mon nano 2015, une bonne partie de son épisode 1 sans doute.


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