• 16/08/2014

     

    Et voilà ! Le premier épisode d’Un long voyage est maintenant terminé. \0/ Quant au PDF et à l’epub de l’épisode complet, je devrais le proposer courant septembre. Juste le temps pour moi de relire un peu ses différentes parties et de modifier deux ou trois détails qui me gênent un peu.

    Globalement, j’aime bien cet épisode… il est loin d’être parfait, mais ce projet me plaît vraiment. J’apprécie autant ses personnages que son univers et je m’amuse plutôt bien. Bref, j’espère que ça va continuer.

    L’épisode 2, lui, devrait débuter vers la fin septembre. Je suis actuellement à la moitié de ses corrections et il y a vraiment plus de boulot que je ne le pensais !

    Pour rester sur le sujet, le deuxième jet de l’épisode 3 devrait (Je l’espère) être terminé la semaine prochaine. De ce côté, pas de problème, je suis dans les temps. Par contre… l’épisode 4 me prend vraiment la tête. Je ne sais plus si je l’ai déjà dit quelque part, mais il est vraiment épais : 9 parties. Je viens juste de terminer le premier jet de sa première partie, et ça a été drôlement dur. J’ai un peu peur, du coup, de prendre pas mal de retard à cause de cet épisode. En toute logique, j’avais prévu d’écrire son premier jet complet pendant le mois d’août, mais je ne me fais plus trop d’illusions. (Et puis, au final, être en vacance ce n’est pas tellement pratique. J’ai l’impression d’avoir plus de temps pour moi quand je travaille, haha.)

    Quant à l’épisode 5, je me suis finalement débloqué ! Et, avec un peu de chance, je devrais attaquer son brouillon la semaine prochaine. Après ça, je pense peut-être faire une petite pause avec ce projet. Vu que j’aurais écrit les trois épisodes que je compte poster l’année prochaine, je pense travailler uniquement sur eux et, pour l’épisode 6, je verrai sans doute d’ici quelques mois. Rien ne presse ! (Et puis, au moins, ça va me permettre de me dégager du temps pour mes autres textes.)

    Dernièrement, j’ai également relu et un peu modifié : l’enfant du bac à sable. Pas grand-chose, juste des phrases ici ou là qui ne me paraissaient pas terribles. J’ai toujours du mal avec cette histoire mais… enfin ! Au moins, elle est un petit peu mieux ainsi.

    Et en parlant de relecture, je devrais un peu modifier également « Mon ami Maxence », vu que certaines petites choses me chiffonnent encore. Le tout, maintenant, étant de trouver le temps pour...

     


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  • 02/08/2014

     

    Plus qu’une partie à poster et l’épisode 1 d’Un long voyage sera complet.

    J’ai un peu ralenti l’écriture de ce projet. En fait… j’ai passé quatre ou cinq jours sans y toucher. Le début des vacances, ça me fait toujours ça. Pendant la première semaine, mon cerveau a tendance à se relâcher complètement et je passe toutes mes journées sur le canapé à regarder des animes ou à lire des mangas, si ce n’est à jouer aux jeux vidéos. Cette fois encore, ça n’a pas loupé, et ça m’aura fait sacrément du bien. (Ça m’aura notamment permis de regarder d’une traite mon coffret de Baccano ! et de découvrir, donc, un anime vraiment génial. <3)

    Bref, je n’ai repris l’écriture qu’hier et, du coup, je pense attaquer les corrections de l’épisode 2 à partir de la semaine prochaine… et aussi commencer le premier jet de l’épisode 4 et, certainement, le second jet de l’épisode 3. Il faudrait également que j’attaque le brouillon de l’épisode 5 mais… je bloque un peu sur certains éléments de sa dernière partie.

    À part ça, j'ai finalement posté le PDF et l'epub complets de Ne m'oubliez pas ! et je pense poster une courte fanfic sur FF7 d'ici peu. Si ce n'est pas ce mois-ci, ce sera le mois prochain. Il faut encore que je la relise et que je la corrige.

    Et puis ! Je pense enfin reprendre mon 24h de la nouvelle 2014. J'aurais voulu le poster ce mois-ci, mais ! Bon... y avait pas mal de choses qui me déplaisaient, mais je n'arrivais pas du tout à trouver comment les améliorer seul. La fin, notamment, que je trouvais totalement nanardesque. Ma sœur a accepté de la lire et on en a ensuite parlé, ce qui m'a permis de me débloquer. Elle m'a filé pas mal de pistes intéressantes qui devraient me permettre de rendre la fin plus crédible, mais aussi quelques autres éléments. Du coup, j'ai vraiment hâte de m'y mettre !


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  •  Mon ami Maxence

     

    1

    C’était un enfant étrange. Pas vraiment grand, pas vraiment petit, au visage mince et aux yeux bleus, presque gris.

    C’était mon ami, et peut-être même mon meilleur ami.

    On disait de lui que c’était un gentil garçon, doux et amical, qui n’aurait pas fait de mal à une mouche. Moi qui le connaissais bien, je savais que c’était vrai, mais aussi, et surtout, que c’était un garçon très étrange.

    Ses cheveux, par exemple… ses cheveux courts et bouclés, d’un blanc immaculé.

    Au début, je me moquais de lui. Je le traitais même de menteur quand il m’affirmait que c’était là sa couleur naturelle. Je lui disais que c’était impossible. Que, du haut de ses sept ans, il ne pouvait avoir les cheveux d’un vieux monsieur.

    Chaque fois, il se contentait de sourire, d’un sourire étrange… un peu comme s’il se moquait de moi et de mon scepticisme. Une attitude qui m’agaçait au point que c’était finalement moi qui repartais vexé.

    Je le boudais un jour ou deux, puis nous redevenions amis. Car, enfin, c’était moi qui l’avais cherché !



    2

    Maxence et moi habitions le même quartier, à une rue l’un de l’autre.

    Un jour que nous jouions dans le jardin de mon papy Grosse Moustache, il se pencha à mon oreille et me chuchota :

    — Tu sais, le monsieur que tu connais n’est pas mon vrai papa.

    Assis sur l’herbe, un ballon entre les mains, j’avais levé mon regard chocolat sur lui pour le fixer avec étonnement.

    — Alors c’est qui ton vrai papa ?

    Il avait levé un doigt, pour me désigner le ciel, qui était d’un bleu limpide ce jour-là.

    — Mon papa à moi, il est là-haut !

    En silence, j’avais contemplé les quelques nuages qui évoluaient lentement au-dessus de nos têtes. Un froncement de sourcils était venu plisser mon front. Soudain, je me sentais très triste.

    — Alors… ça veut dire qu’il est mort ?

    Installé près de moi, mon ami avait secoué sa tête blanche de gauche à droite.

    — Non, tu ne comprends pas : mon papa n’est pas comme nous. Lui, il est né au ciel !

    — Je ne te crois pas !

    Il avait ramené ses jambes contre lui et, sans me regarder, la tête posée sur ses genoux, avait conclu :

    — De toute façon, tu ne me crois jamais.

    Incertain, je l’avais fixé. À cette époque, j’avais déjà cessé de le traiter de menteur à cause de sa couleur de cheveux. En effet, je savais depuis peu que Maxence ne mentait jamais. Non pas qu’il soit plus honnête que la plupart des enfants de notre école, mais simplement parce qu’il en était incapable.

    En classe, quand il avait oublié de faire un devoir, ou qu’il commettait une bêtise, il ne cherchait jamais à nier ou bien à inventer une excuse. Au contraire, il disait la vérité et acceptait sa punition.

    Une ou deux fois, je me souviens l’avoir forcé à mentir. Juste pour voir ce qu’il se passerait. Et chaque fois, Maxence avait ouvert la bouche, l’avait refermée, l’avait ouverte de nouveau, sans qu’aucun son n’en sorte jamais.

    Mais même en sachant cela, je ne parvenais pas à croire à son histoire. Car enfin, personne ne vivait là-haut ! Personne, à part peut-être…

    — Ton papa, c’est Dieu ?

    Ma question l’avait fait rire.

    — Je ne suis pas le petit Jésus, Julien.

    — Mais alors, comment tu sais que ton papa est là-haut ?

    — Parce qu’il me l’a dit.

    À cette réponse, mes yeux s’étaient écarquillés.

    — Parce que tu l’as déjà vu ?

    — Oui…

    — Et comment il était ?

    En réponse, Maxence avait mené un doigt à ses lèvres.

    — C’est un secret.



    3

    Maxence ne pleurait jamais, ou presque… parce que quand il pleurait, ses larmes étaient aussi rouges que le sang.

    Je me souviens qu’un jour, en classe, la maîtresse l’avait grondé au point que ses yeux s’étaient embués. Puis ses larmes avaient commencé à couler le long de ses joues et à maculer sa peau de traînées sanguines. À leur vue, mademoiselle Sophie avait brusquement pâli et avait dû s’asseoir pour ne pas s’écrouler.

    Terrifiés au moins autant qu’elle, nous nous étions tous mis à hurler, parfois même à pleurer, certains que Maxence allait mourir. Je crois que c’est notre détresse qui lui avait permis de se consoler. Il avait essuyé ses joues contre la manche de son pull et avait repris le contrôle de ses émotions.

    Quand elle s’était sentie un peu mieux, mademoiselle Sophie l’avait envoyé à l’infirmerie, avant d’appeler sa maman pour lui rapporter l’incident. Mais à l’autre bout du fil, l’inquiétude n’était pas partagée.

    — Vous dites que c’est normal ? répétait mademoiselle Sophie dans le couloir, l’oreille vissée à son téléphone portable. Vous êtes tout à fait sûre ?

    Et en effet, ça l’était et ce depuis sa naissance. Et comme aucun médecin n’était parvenu à comprendre les raisons de cette étrangeté, sa famille avait appris à vivre avec.

    Ce jour-là, j’étais resté recroquevillé derrière mon pupitre, même à l’heure de la récréation. J’avais eu si peur pour Maxence que je priais pour ne plus jamais le voir pleurer. Plus jamais, jamais, jamais !

    C’est pourquoi, par la suite, il m’est arrivé de faire preuve d’une légitime, mais injuste, lâcheté.

    Comme lors de cette après-midi où nous jouions dans le jardin de papy Grosse Moustache.

    L’accident qui devait survenir était en partie de ma faute, et en partie de la sienne. Car si c’était moi qui me chargeais de pousser le plus fort et le plus haut possible la balançoire où il s’était installé, je le faisais uniquement sur sa demande : il pensait, en effet, que s’il se balançait assez haut, alors il pourrait atteindre le ciel et rejoindre son papa.

    Une main tendue en avant, il m’encourageait d’une voix toujours plus énergique. Tant et si bien qu’à un moment, il fut éjecté, non pas en direction des nuages, mais de la pelouse. Ses fesses avaient quitté la planche en bois de la balançoire et je le vis faire le plus beau vol plané auquel il ne me fut jamais permis d’assister.

    Dans un cri, il avait lourdement atterri sur le ventre. Sa tête avait cogné contre le sol, tandis qu’il se rappait les mains et les genoux au passage.

    Quelques secondes plus tard, les premiers sanglots s’étaient élevés.

    À quelques distances de lui, je m’étais figé. Incapable que j’étais de faire un pas en avant. Incapable de trouver le courage de lui porter secours. Car le spectacle qui m’attendait, là-bas, à quelques mètres, me glaçait le sang.



    4

    Un samedi, papa et maman durent accompagner papy Grosse Moustache à l’hôpital. La nuit était déjà tombée et, comme mon pépé avait appelé pour nous apprendre qu’il ne se sentait pas bien, papa avait sorti la voiture du garage pour me déposer chez Maxence.

    Nos parents n’étaient pas exactement des amis. Plutôt des connaissances. Des gens qui se côtoyaient de temps à autre parce que leurs fils étaient amis.

    On m’avait donc remis entre les mains protectrices de madame Louvancourt et, comme j’avais déjà dîné, et qu’il se faisait tard, je fus envoyé au lit avec mon ami.

    Couchés l’un à côté de l’autre, nous avions longtemps chuchoté dans le noir. Puis, alors que la torpeur nous gagnait, Maxence m’avait murmuré :

    — Tu sais, je suis sûr que ton papy sera heureux là-haut.

    Sur le moment, je n’avais pas bien compris ce qu’il entendait par là. Je n’avais même pas cherché à le questionner. Mes paupières étaient lourdes et je n’aspirais plus qu’à une chose : dormir.

    De fait, ce ne fut que le lendemain matin que je devais avoir ma réponse. Je prenais mon petit déjeuner quand madame Louvancourt m’avait pris par la main pour m’entraîner à l’écart. Elle avait eu un appel de mes parents : mon papy Grosse Moustache venait de monter au ciel.



    5

    Maxence était un vrai casse-cou, bien plus que je ne le serai jamais. Agile comme un singe, et aussi confiant qu’un acrobate, il était rare de le voir se faire vraiment mal. Je l’enviais, autant que j’avais peur pour lui chaque fois que lui prenait l’envie d’exécuter quelques numéros.

    Comme nous grandissions, nous pouvions de plus en plus souvent rentrer seuls de l’école. Dans ces moments, Maxence aimait grimper sur les murs que nous longions. Il se hissait dessus sans difficultés puis, tandis que des chiens se mettaient à aboyer de l’autre côté, continuait sa route d’une démarche assurée.

    Il m’avait souvent proposé de l’imiter, mais j’avais toujours refusé. Je n’avais pas son sens de l’équilibre, et je savais que je ne parviendrai qu’à me faire mal.

    Ce fut lors d’une de ces fins d’après-midi que je décidais de le questionner. Mon cartable sur le dos, qui m’écrasait sous son poids, je tentais de ne pas me laisser distancer par mon ami. Le souffle court, je lui lançais :

    — Dis, comment tu savais que mon pépé allait monter au ciel ?

    Maxence s’était arrêté pour me fixer de ses yeux bleus-gris. Son expression, à cet instant, était si étrange que je fus incapable de la déchiffrer.

    — Parce que mon papa me l’avait dit.

    — Quoi ? Mais quand ça ?

    Debout sur son mur, la lanière de son cartable passée autour des épaules, il m’avait répondu :

    — Un peu avant que tu n’arrives. Il est venu me voir dans ma chambre pour me dire que ton pépé allait partir avec lui.

    J’avais ouvert la bouche sur un cri muet.

    — Tu mens !

    — Tu dis ça, mais en fait je suis sûr que tu me crois.

    Et, comme s’il n’avait aucun doute sur la question, il avait repris sa route sans se soucier de savoir si je le suivais ou non. Renfrogné, je lui avais finalement emboîté le pas et nous avions passé les secondes suivantes dans le silence le plus complet. Sur mes lèvres, une moue septique.

    — Tu sais…, commença-t-il, alors que nous arrivions au bout de a rue. Moi aussi je monterai bientôt au ciel.

    J’avais levé les yeux dans sa direction. Sur mon visage, la panique commençait à se faire visible.

    — Tu… tu veux dire que tu vas mourir toi aussi ?

    En signe de négation, Maxence avait secoué la tête. Nous nous étions de nouveau arrêté et, cette fois, mon ami me regardait bien en face.

    — Non, mon papa va simplement venir me chercher.

    — Ton vrai papa ?

    — Oui.

    Puis il avait sauté du mur pour me rejoindre.

    Les lèvres pincées, j’avais senti les larmes me monter aux yeux. J’aurais pu le traiter de menteur mais, au fond de moi, je savais qu’il me disait la vérité. Mon ami allait partir. M’abandonner, et moi, moi, je ne pouvais rien y faire.

    — Alors, fis-je, en baissant la tête d’un air pathétique. Alors on ne se verra plus jamais ?

    Maxence avait ri.

    — Toi aussi tu monteras au ciel, un jour.

    J’avais redressé la nuque, avant de méditer sur ces paroles. Il disait vrai mais, pour un petit garçon, c’était un peu déprimant d’y penser.

    — Dans ce cas… est-ce qu’on pourra de nouveau jouer ensemble ?

    Un sourire avait étiré ses lèvres. Un beau sourire, plein de gentillesse, comme il lui arrivait parfois de m’en offrir.

    — Je te le promets…



    6

    La dernière fois que je devais voir mon ami, nous nous trouvions tous les deux dans sa chambre. Le temps n’était pas suffisamment mauvais pour nous priver d’aller jouer dehors, mais sa maman détestait que nous allions dans le jardin. De peur, selon elle, que nous piétinions ses fleurs.

    Alors, à la place, nous restions à l’intérieur, à jouer aux petites voitures et aux petits soldats, sur la moquette.

    Mais ce jour-là, Maxence n’avait pas le cœur à faire la guerre, ni même la course. Depuis mon arrivée, il m’avait à peine adressé un mot. Il se contentait de rester debout devant la fenêtre, les yeux levés en direction du ciel.

    Comme celle-ci était ouverte, un courant glacé me faisait frissonner.

    — Maxence, ferme s’il te plaît ! Si je tombe malade, maman ne sera pas contente.

    Il m’avait jeté un regard en coin, avant d'hausser les épaules.

    — Je peux pas… il va arriver.

    Curieux, j’abandonnais quelques instants mes petites voitures pour questionner :

    — Qui donc ?

    — Mon papa.

    Les yeux ronds, je me redressais.

    — Ah bon ? Quand ? Quand ? Tu crois que je pourrai le voir ?

    À l’idée de cette rencontre, j’étais soudain très excité et un sourire stupide étirait mes lèvres.

    Maxence avait mis un moment à me répondre. Hésitant, il m’avait longuement fixé, avant de soupirer.

    — Je sais pas… peut-être.

    — Hourra !

    Heureux, je m’étais mis à sauter aux quatre coins de la pièce, dans une danse désordonnée qui ne devait pas être très belle à voir. Dans mon emportement, je finis toutefois par trébucher sur une petite voiture et me retrouvais à terre, cul par-dessus tête. Le regard dénué de chaleur de Maxence ne m’avait toujours pas lâché et je m’empressais de me remettre debout en tirant la langue d’un air gêné.

    Je me faisais d’ailleurs la réflexion que je pouvais être sacrément empoté, parfois, quand le phénomène se produisit.

    Tout d’abord, il y eut une lumière. Une lumière aveuglante, qui commença à irradier de derrière mon ami. Si violente et si pure que son éclat éclipsait le blanc de ses cheveux, me donnant l’impression qu’elle s’échappait de son crâne. Mes yeux s’étaient mis à pleurer et je finis par les détourner, incapable d’en supporter davantage.

    — A bientôt, Julien…

    Puis la lumière avait explosée dans la chambre, me rendant complètement aveugle.

    Aujourd’hui encore, j’ignore combien de temps je suis resté ainsi prostré, le visage entre mes mains, à attendre que la vue me soit rendue. Mon esprit était brumeux, comme si je me trouvais au beau milieu d’un rêve.

    Et quand je revenais à moi, je constatais que Maxence avait disparu.



    7

    Après cet événement, j’étais resté sans savoir comment me comporter.

    Que devais-je faire ? Rentrer chez moi ? Attendre que papa vienne me chercher comme prévu ? Ou apprendre à madame Louvancourt que son fils avait quitté la terre pour rejoindre son vrai papa au ciel ?

    La question me tournait dans la tête au point de me donner la migraine. Et je n’avais d’ailleurs toujours pas trouvé de réponse quand la maman de mon ami était entrée dans la chambre avec deux verres de lait qu’elle nous destinait.

    Me voyant seul, elle avait un instant froncé les sourcils, avant que son regard ne se porte en direction de la fenêtre.

    — Ne me dis pas que Maxence est allé jouer dehors ? Il sait pourtant qu’il n’a pas le droit !

    Je sentais l’agacement monter en elle, et ce fut donc d’une toute petite voix, à peine audible, que je lui répondais :

    — Maxence est parti…

    — Pardon ? Qu’est-ce que tu dis Julien ?

    — Maxence est parti rejoindre son papa. Là-haut, au ciel.

    Puis j’avais levé les yeux en direction des nuages. Elle m’avait imité, tout d’abord sans comprendre, puis avait pesté :

    — Ma parole… mais qu’est-ce que ce petit imbécile est encore allé m’inventer ?

    Elle s’était débarrassée de son chargement sur un meuble, puis avait quitté la maison par la porte de derrière. Pendant quelques minutes, je l’avais entendu appeler son fils. Sa voix, tout d’abord impatiente, puis colérique, s’était finalement faite inquiète. Je m’étais redressé au moment où elle revenait en direction de la maison au pas de course. Son visage était blafard.

    Là-dessus, monsieur Louvancourt était rentré du travail et avait découvert sa femme en pleine panique. Je les avais entendus discuter dans le couloir. Lui ne semblait pas encore très inquiet, mais il décida tout de même de ressortir la voiture du garage pour aller faire le tour du quartier. En pure perte, bien sûr.

    À son retour, la peur l’avait gagné lui aussi et ils avaient appelé la police.

    « Enlèvement », telle fut la conclusion des forces de l’ordre. Un gros monsieur en uniforme était venu me voir et m’avait questionné. Il m’intimidait et j’avais bien été obligé de lui raconter mon histoire. Celle de mon ami partant rejoindre celui qu’il appelait son vrai papa, là-haut, au ciel.

    Entre-deux, mon papa à moi était arrivé. L’annonce du drame l’avait bien plus chamboulé que je ne l’aurais cru et il était resté un petit moment avec les parents de mon ami, à leur prodiguer le peu de réconfort dont il était capable. Tâche d’autant plus ardue que le fait que ce ne soit pas son enfant à lui qui ait été enlevé ne jouait pas en sa faveur. Car d’une certaine façon, je crois que madame Louvancourt lui en voulait.

    Pourquoi leur enfant et pas le sien ? Pourquoi, alors qu’ils jouaient tous deux dans la même pièce ?

    Au bout d’une quinzaine de minutes, mon père avait finalement arrêté les frais et, après une poignée de main échangée avec les éprouvés, il m’avait ramené chez nous.



    8

    Comme on s’en doute, Maxence ne fut jamais retrouvé. Quoi de plus logique lorsque l’on sait qu’il ne se trouvait déjà plus sur terre ? La situation, toutefois, n’en était pas moins tragique pour ces adultes qui refusaient de croire qu’un papa venu du ciel avait emporté avec lui son enfant. La séparation aurait pourtant été moins douloureuse s’ils avaient accepté d’accorder foi à mes explications.

    Est-il utile de préciser qu’après cet événement, madame Louvancourt ne nous adressa plus jamais la parole ? Sa douleur s’étant muée en une jalousie et une haine irrationnelle, le lien qui unissait autrefois nos deux familles s’était brisé.

    C’était presque comme si elle me tenait responsable du malheur qui la frappait.

    Une attitude qui, encore aujourd’hui, continue de me désoler. Car enfin, comment peut-on en vouloir à un petit garçon pour un acte dont il n’est pas responsable ? Comment peut-on en vouloir à sa famille de ne pas avoir subi la même perte ? De ne pas souffrir comme elle souffrait ?

    D’autant que, j’en suis persuadé, Maxence l’attend là-haut. Ce avec la même patience qu’il m’attend et qu’il attend tous ceux qui lui sont chers.

    Je ne l’ai d’ailleurs jamais raconté à personne, mais il m’arrive de le voir. Certains jours, des plumes blanches, aussi blanches que ses cheveux, viennent voler devant mon regard.

    Il me suffit alors de lever les yeux en direction du ciel pour apercevoir une forme. Une forme minuscule, sautant de nuage en nuage et qui, de là-haut, semble veiller sur moi…

    Erwin Doe ~2010

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  • 16/07/2014

     

    Après réflexion... je pense que je vais faire un PDF et un epub provisoires pour "Ne m'oubliez pas !". Comprendre que je n'ai vraiment pas le temps de relire ce projet actuellement, mais que je voudrais tout de même proposer un fichier complet de ses chapitres. Je ne sais pas trop quand je pourrai le faire, cela dit. Soit en fin de semaine, soit pendant mes vacances... je verrai.

    D'ailleurs ! Je ne l'ai pas signalé, mais j'ai mis à jour la première partie (Et donc la moitié) de "Minuit moins le quart". (Il me semble que j'avais déjà dit que j'étais actuellement en train de réécrire cette nouvelle.) Maintenant, je ne sais vraiment pas quand je pourrai attaquer sa seconde partie... là aussi, peut-être pendant mes vacances... si j'ai le temps.

    A part ça, en dehors d'Un long voyage et des projets que j'espère poster en 2015, je suis en train de travailler sur mes projets 2016. (Et que je devrais, donc, écrire en 2015, histoire de prendre de l'avance.) Je m'y prends tôt, mais comme ça, au moins, si au final je bloque, j'aurai toujours le temps de trouver autre chose.

    En plus d'Un long voyage qui, comme je l'ai déjà dit, risque de durer un moment, j'aimerai proposer une ou deux autres histoires à chapitres par an. Donc... même si je ne poste pas l'une de ces histoires en 2016 ( Parce que problèmes, parce que besoin de réfléchir un peu plus, etc.), j'aurais toujours un texte pour l'année suivante.

    Donc, en plus de mes projets 2015 (Que, comme je l'ai dit, j'espère avoir terminés à la fin de l'année (Au moins au niveau des premiers jets.)), j'aimerais également en terminer avec les brouillons des projets 2016. Pour l'un d'eux, "Si telle est la volonté de Dieu", c'est déjà fait... même s'il me reste encore à me documenter et à étoffer tout ça, j'ai actuellement les brouillons (Parfois vagues, d'autres fois non) de ses dix épisodes. J'ai vraiment, mais vraiment hâte de le reprendre celui-là ! (De mémoire, il me semble que les premiers épisodes datent de 2009-2010)

    Le second serait la suite de ma nouvelle "Le loup et la fillette", dont la première et seconde parties datent de 2009-2010 également. Je l'ai ressorti dernièrement, et je pense avoir suffisamment de nouvelles idées pour pouvoir construire quelque chose avec. Cela dit, je n'en suis pas encore sûr à 100%. Autant "Si telle est la volonté de Dieu" tient la route, autant "Le petit chaperon rouge" me fait encore un peu peur. J'ai relu et commencé à modifier ses quatre premiers épisodes, et j'attends à présent de pouvoir attaquer les suivants. (Qui ne sont rien d'autre, à l'heure actuelle, qu'un dossier avec pleins de notes et d'idées à trier.)

    Bref, rien que pour pouvoir bosser tranquillement sur ces deux projets en 2015, j'espère vraiment en avoir terminé avec tout le reste d'ici la fin de l'année...


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  • Raphaël #2

    09/07/2014


  • Lapin Bleu #1

    15/07/2014


  • 13/07/2014

     

    Et voilà, « Ne m’oubliez pas ! » est terminé. Avec un peu de retard… en fait. J’aurais dû poster son dernier chapitre hier mais… bon, quand je l’ai relu, il y avait certains paragraphes qui ne plaisaient pas du tout, aussi j’ai dû les réécrire et repousser ma dernière relecture à aujourd’hui.

    Maintenant, il me reste à faire un gros fichier de tout ça, que je proposerai ensuite en PDF et epub. Je ne sais pas encore si, pour ça, je ferai une dernière relecture, ou non, de ce projet… je pense que ce serait mieux, mais il faudrait pour ça que je lui dégage du temps, que je remette certainement tout à jour ici et… bref… j’ai un poil dans la main gros comme ça, quoi !

    À part ça, l’épisode 1-3 d’Un long voyage sera posté la semaine prochaine. Le premier jet de l’épisode 2 est achevé depuis deux semaines (environs) et j’ai attaqué son second jet. Le troisième épisode est au stade de premier jet, le quatrième au stade de brouillon, et le cinquième au stade recherche d’idées + synopsis détaillé.

    À côté, j’ai commencé à travailler sur « Le grand monsieur du bois d’à côté », dont le premier épisode devrait être proposé en octobre (Et dont le deuxième jet est à présent terminé.). Je pense que je vais avoir pas mal de boulot avec ce texte, en particulier en ce qui concerne les premiers épisodes. Ils sont tellement lourds que… argh ! Que j’ai du mal à trouver comment les rendre plus digestes.

    Avec ça, j’ai achevé le troisième jet d’une nouvelle de 2010, initialement intitulée « L’enfant aux cheveux blancs », renommée « Mon ami Maxence ». Avec un peu de chance, je devrais pouvoir la proposer à la fin du mois.

    Et puis… en dehors de l’écriture, je me suis finalement remis au dessin et j’en ai donc rajouté quelques-uns ici. Je ne sais plus trop de quand datait le dernier mais… à mon avis, ça remonte pas mal. Plusieurs mois… cinq, peut-être ? Moins ? Plus ? Franchement, j’aurais du mal à le dire.

     


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  • Chapitre 6



    Dans les toilettes, Ban replaça ses lunettes sur son nez et contempla le reflet que lui renvoyait le miroir situé face à lui. Il avait une tête affreuse ! Franchement, il ne se souvenait pas d’avoir déjà eu de cernes aussi imposantes. Un record du monde, tiens, il en était persuadé !

    Il laissa échapper un soupir. Et l’estomac de Sou qui avait recommencé à crier famine ! Sans compter Ryosuke qui n’arrivait pas, la fatigue qui pesait sur ses épaules, le stress, mais aussi la faim qui commençait à le tenailler lui aussi, pas étonnant qu’il soit dans cet état.

    Il essuya ses mains encore humides sur son pantalon et s’apprêtait à gagner la sortie quand un détail le retint. Son regard se porta en direction de l’évier qu’il venait de quitter et s’alluma d’une lueur obsessionnelle. Le rebord… oui, le rebord ! Il n’avait pas l’air aussi haut que celui de la dernière station service. Avec un peu de chance, peut-être que…

    D’un œil expert, il contempla l’objet. Il se redressa de toute sa taille, vint se placer bien en face, et recula de quelque pas. Puis il évalua la distance, en fit deux de plus, remit ses lunettes en place sur son nez et, oubliant ce qu’il lui était arrivé la dernière fois, courut en direction de l’évier.

    Et alors qu’après un bond qu’il s’imaginait prodigieux, il perdait l’équilibre du haut de son perchoir, victime d’une nouvelle farce de la gravité, son compagnon joufflu fit irruption dans les toilettes. Et ce fut d’un ton presque blasé que ce dernier lui lança :

    — Bah… qu’est-ce tu fous ?

     

    *

     

    Ban ouvrit les yeux et étouffa un gémissement. Un mauvais mal de crâne le torturait.

    On l’avait allongé sur les sièges du coin café. Sur son front, un petit sachet plein de glaçons à moitié fondus qui glissa sur le côté quand il tourna la tête. Sou, penché au-dessus de lui, lui adressait un regard désapprobateur. Il allait lui demander ce qu’il s’était passé, quand il entendit une voix familière s’élever.

    Quoique avec difficultés, il se redressa. Sa vision chavira dangereusement et il sentit son mal de crâne s’aggraver.

    Il avait un sale goût dans la bouche.

    Un peu plus loin, il reconnut la stature de Ryosuke qui, de dos, ne cessait de s’incliner devant un homme à l’air franchement pas aimable.

    — Vous comprenez, il est un peu dérangé, l’entendit-il expliquer. Encore une fois, je suis vraiment désolé pour le bordel qu’il a foutu ici.

    Sa petite aventure dans les toilettes lui revint en mémoire. Devinant que c’était pour cette raison que son ami se confondait en excuses, Ban ouvrit la bouche pour joindre les siennes à celles du bassiste. Il fut toutefois pris de vitesse par le chanteur qui se mit à chouiner :

    — Ah bah c’est pas trop tôt ! Tu sais depuis combien de temps t’es dans les vapes, débile ? Deux heures ! Deux putains d’heures pendant lesquelles j’ai dû me rabaisser plus bas que terre pour excuser le fait que t’aies repeint les chiottes en rouge, en plus d’avoir dégueulé partout ! Non mais qu’est-ce que t’as dans la tête ? Et Ryo' qui vient juste d’arriver !

    Ban toucha le bandage qui saignait son crâne et essaya de rassembler ses souvenirs. Il avait fait une si mauvaise chute ? Il se souvenait bien d’être tombé en arrière. D’avoir vu Sou débarquer dans les toilettes… mais après ? Qu’est-ce qu’il s’était passé au juste ? Sou disait qu’il avait vomi, mais il n’en gardait aucun souvenir, sinon ce goût infâme dans la bouche. Une chance, il ne semblait avoir eu qu’une légère commotion. Ce qui nécessiterait tout de même un passage chez le médecin en arrivant à Tokyo, mais sûrement pas d’hospitalisation.

    Comme Ryosuke se tournait dans leur direction, il lui adressa un signe de tête désolé et vit l’expression du bassiste se détériorer. La colère s’imprimait sur ses traits creusés par la fatigue. Puis il fondit sur lui d’un pas déterminé et Ban crut qu’il allait le frapper.

    — Non mais sérieux, il t’arrive de réfléchir des fois ? À croire que t’as jamais appris à grandir !

    — Bah, répondit-il en abaissant ses mains qu’il avait levées en sentant venir le coup (apparemment avorté) de son ami. Si on part sur le thème de la puérilité, j’crois que t’as un sacré dossier sur l’dos, vieux ! (Puis, comme pour appuyer ses paroles, il ajouta :) Pas vrai, Sou ?

    Quoi qu’encore furieux contre lui, les étapes de leur aventure revinrent brusquement à l’esprit de Sou. De fureur, il gonfla ses joues rondes et adressa un regard noir à Ryosuke, dont l’expression se détériora.

    Blême, il comprit qu’il allait passer un sale quart d’heure.

     

    *

     

    À l’arrière du van, Ban se tordait de rire. Sou, quant à lui, avait exigé de s’asseoir aux côtés de leur conducteur épuisé.

    — Arrête de rire, bordel ! s’agaça Ryosuke, qui faisait son possible pour ignorer les chouinements vengeurs d’un Sou décidément bien remonté contre lui. Je te jure que la vielle avait pas l’air jouasse quand je me suis pointé chez elle. Quatre heures du matin qu’il était, tu m’étonnes qu’elle a flippé ! Et moi qui voulais juste lui demander mon chemin. Non mais sérieux, matte moi ce putain de gnon qu’elle m’a fait cette dingue !

    Le batteur contempla la bosse violacée qui défigurait le visage habituellement agréable de son ami. Ah ça, pour les séances photos, ça n’allait pas être le top dans les jours à venir !

    — Sa casserole ! Sa PUTAIN de casserole qu’elle m’a foutu en plein dans la tronche parce qu’elle m’a pris pour un voleur ou je ne sais pas trop quoi. Et tu veux savoir la meilleure ? Elle venait juste de la retirer du feu !

    Incapable de se contenir, Ban fut pris d’un nouveau fou rire. Son compagnon lui lança un regard agacé depuis son rétroviseur central.

    De son côté, Sou ne disait plus rien. Ayant trouvé plus intéressant de piller les provisions que Ryosuke avait apportées avec lui, il contemplait le paysage d’un œil fatigué.

    Soulagé, Ryosuke se concentra sur la route, avant de lancer au batteur :

    — Bon… et vous alors ? Si tu me racontais comment ça s’est passé ?

    Ban eut du mal à contenir son hilarité.

    — J’ai pas envie qu’on s’foute en l’air. On verra ça une fois à Tokyo.

    Levant un sourcil interrogateur, le bassiste insista :

    — C’est si folklo que ça ? (Et, face au silence têtu de son ami, il eut un haussement d’épaules.) Bah… comme tu veux. (Puis, adressant un regard à Sou, qui engloutissait à présent paquet de chips sur paquet de chips, il grogna :) Putain, bouffe proprement toi ! On voie bien que c’est pas toi qui nettoies après ! (Mais surprenant l’expression assassine du petit blond, destinée à lui rappeler qu’il avait encore un stock un sacré paquet de reproches, il s’empressa de rectifier :) Fais comme si j’avais rien dit !

    Suite à quoi, il poussa un soupir et jeta un regard distrait à son tableau de bord. Une petite lueur y clignotait depuis un moment. Sans s’en soucier davantage, il ouvrait la bouche pour bâiller, quand, tout au fond de son esprit fatigué, un « Tilt » se fit. Il baissa de nouveau les yeux sur le phénomène et crut qu’il allait avoir un arrêt cardiaque. Oh putain, non ! Tout mais pas ça !

    Avant qu’il ne puisse en informer les deux autres, son véhicule se mit à crachoter et à perdre de la vitesse, ce qui le contraint à se rabattre sur la bande d’arrêt d’urgence. Les mains crispées sur le volant, le front à présent dégoulinant de sueur, il sentit un hurlement lui remonter le long de la gorge. Non, sérieux… pas ça… pas le coup de la panne d’essence !

    La mine plus blafarde que jamais, il fut pris d’un gloussement nerveux et se tourna vers ses amis.

    — Heu… vous allez rire, les gars… !

     

    Fin

    Erwin Doe ~ 2008


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  • Clown #1

    23/06/2011


  •  

    Diane :

     

    Diane #1

    23/06/2011

     

    Clown :

     

    Cauchemar #1

    23/06/2011


  • Divers #3

    2014

    Divers #3

    2014

    Divers #3

    2015

    Divers #3

    2015


  • Romuald #2

    03/07/2014


  • Doll #2

    02/07/2014


  • Dimitry

    Dimitry #1

    15/07/2013

    Le Troisième

    Umir #1

    14/12/2014


  • Romuald #1

    30/06/2014


  • Dessins divers 2

    2013


  • 25/06/2014

     

    J'ai posté le chapitre 5 de "Ne m'oubliez pas !" beaucoup plus tôt que prévu. (Il était en réalité programmé pour le 15 du mois prochain.)

    Mais... cette histoire me prend vraiment la tête. Je veux dire... ça me frustre terriblement de laisser une histoire moisir dans son coin alors qu'elle est déjà intégralement écrite et que ses chapitres ne demandent qu'à être postés. Rah !

    Donc, du coup, la fin de cette fanfic devrait arriver beaucoup plus rapidement que prévu. Le 5 Juillet, je devrais poster la partie 2 de l'épisode 1 d'Un long voyage et, je pense que la semaine d'après, ce sera au tour de l'épisode 6 de "Ne m'oubliez pas !".

    Comme ça, pour cette fanfic, ce sera fait, terminé, et je pourrai songer à attaquer un autre projet à chapitres.


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  • Chapitre 5

     

    Ryosuke fit tourner la clef du van dans le contact, avant de jeter un dernier coup d’œil à ses amis par la vitre entrouverte.

    — T’es bien sûr ? Tu peux vraiment pas les laisser attendre jusqu’à demain ? La route va pas être simple si tu pars maintenant, lui dit Yuki, les mains enfoncées dans les poches de son zip noir.

    Le bassiste secoua la tête en signe de résignation.

    — Ça se voit que tu connais pas Ban en mode « super relou » !

    Yuki adressa un regard en coin à Ryuto, puis tous deux eurent un haussement d’épaules presque synchronisé. Parce qu’ils appartenaient au même groupe avant que Lolita 23q ne soit formé, Ryosuke côtoyait Ban depuis bien plus longtemps qu’eux. Dans ces conditions, qu’il ait connaissance de facettes du batteur qui leur étaient inconnues ne les surprenait pas.

    — Imaginez Sou en mode chouineur… mais puissance mille !



    *

     

    — L’a dit qu’il arriverait quand, déjà ?

    Ban s’étira. En une heure, Sou lui avait déjà posé trois fois la même question. À croire qu’il espérait qu’un miracle surviendrait et transformerait sa réponse en quelque chose de plus positif.

    — L’a pas dit. Dans la nuit, p’t’être même demain matin.

    Sou grogna et ramena ses jambes contre lui, la mine de plus en plus renfrognée. Ah ça, il allait en baver le play-boy, et pas qu’un peu !

    Comme son estomac se remettait à crier famine, le chanteur se recroquevilla sur lui-même et lança un regard désespéré à son ami. Il mourrait de faim. Et s’il n’avait pas rapidement quelque chose à se mettre sous la dent, il sentait qu’il allait redevenir invivable.

    Avec un soupir, Ban récupéra la pièce de cinq-cents yens dans sa poche et la contempla. Ce n’était pas énorme, mais avec un peu de chance il pourrait acheter de quoi remplir l’estomac de son ami jusqu’à l’arrivée de Ryosuke.

     

    *

     

    Ryosuke jura.

    Il n’était pas sorti de Tokyo qu’il était déjà coincé dans les embouteillages.

    Avec agacement, il contempla la longue file de voitures qui semblait ne jamais vouloir finir. Elle s’étirait jusqu’à perte de vue et progressait à la vitesse d’un escargot asthmatique. Autant dire qu’il n’était pas rendu !

    Il tapota des doigts sur le volant, les lèvres pincées en une courbe colérique. Juré, c’était la dernière fois qu’il s’amusait à abandonner Sou. La prochaine fois, il s’occuperait lui-même de la petite peste et le cognerait jusqu’à ce qu’il perde conscience. Ryuto et Yuki n’avaient rien dans les bras, c’était bien leur problème. Si ça avait été lui, non seulement Sou n’aurait plus moufté de tout le voyage mais en plus, à l’heure qu’il est, ils seraient tous les cinq chez eux, à se reposer. Y a pas, on n’était jamais mieux servi que par soi-même !

    Avec un grognement, il alluma la radio et en tripota les boutons jusqu’à trouver une station qui lui convenait. La musique envahit l’habitacle et, l’espace de quelques secondes, il ferma les yeux.

     

    *

     

    Sou scruta d’un œil connaisseur les étalages de nourritures qui s’étalaient devant lui. À quelques pas, Ban faisait le compte de leurs maigres économies, le chanteur ayant retrouvé un peu d’argent au fond de ses poches pendant leur trajet jusqu’à la station-service.

    Avec un reniflement, Sou redressa le dos et questionna :

    — Ça nous fait combien ?

    — Six cent vingt-quatre yens. En faisant gaffe, on devrait pouvoir s’payer de quoi se caler l’estomac.

    — Ok, et pour la boisson ?

    Du sac en plastique de Sou, Ban tira une bouteille qui avait, dans un passé proche, contenu du thé glacé.

    — On ira la remplir dans les toilettes.

    Son compagnon approuva d’un signe de tête, satisfait. Suite à quoi, il croisa les bras, plissa les yeux et se mordit la lèvre inférieure. C’était à lui de jouer !

     

    *

     

    Ryosuke ouvrit son portefeuille et paya la somme réclamée par le poste de péage qu’il venait d’atteindre. Il était enfin sorti de Tokyo, mais la route n’allait pas se révéler plus agréable pour autant. Au contraire, les choses sérieuses ne faisaient que commencer.

    Il adressa un remerciement distrait à l’employé qui lui tendait sa monnaie et la laissa tomber près de son levier de vitesse.

     

    *

     

    Sou était installé sur l’un des sièges du coin café, un sac en plastique serré contre lui. À l’intérieur, leur repas du soir et, il l’espérait, peut-être aussi de quoi se faire une collation un peu plus tard. Leur bouteille remplie d’eau à la main, Ban revenait des toilettes en jetant des coups d’œil contrariés par-dessus son épaule.

    — Y a un type qui me reluquait d’un air zarbi.

    Sou se permit un ricanement.

    — Faut croire que tu devais être son genre.

    Sans répondre, Ban se laissa tomber sur le siège de droite. La bouteille entre ses cuisses, il lorgna sur le sac de Sou qui, encore plus affamé que lui, comprit sans mal le message. L’eau lui montant à la bouche, il en sortit un paquet de chips, ainsi que deux maigres sandwichs. L’ensemble leur avait coûté tout leur argent.

    Il tendit son sandwich à Ban, puis entreprit de déballer le sien et mordit dedans avec appétit. Il mâcha, avala, et eut une moue. Mouais… on pouvait pas dire que ce soit fameux ! Le pain de mie était trop mince, et la garniture avait un goût bizarre.

    De son côté, Ban engloutissait le sien en silence. Son regard allait d’un côté à l’autre de la pièce et balayait les pauvres diables épuisés qui se réunissaient là, debout autour d’une table haute, un café, un thé, ou n’importe quelle autre boisson en main. Des victimes malheureuses des bouchons qui s’accordaient un instant de repos, seuls ou en famille, avant de reprendre la route.

    Tout en débouchant leur bouteille, le batteur se dit qu’il avait hâte de rentrer chez lui.

     

    *

     

    Ryosuke sursauta. Et merde ! Il avait encore manqué de s’endormir.

    Dans un grognement agacé, il se frotta les yeux. Ses paupières étaient lourdes et menaçaient déjà de se refermer. Il poussa un second grognement, puis se pinça méchamment le bras, comme s’il espérait que la douleur parviendrait à chasser sa fatigue.

    Il augmenta le son de la radio. Devant lui, les embouteillages s’étiraient toujours et, chose incroyable, ils semblaient encore plus denses que quand il les avait affrontés l’après-midi même. La nuit était tombée et l’horloge digitale de son tableau de bord indiquait qu’il était vingt-deux heures passées.

    Combien de temps le séparait encore de ses amis ? Une heure ? Deux heures ? Plus ? Au rythme où ils évoluaient, c’était difficile à dire. Peut-être un peu plus d’une heure, oui. Ensuite… eh bien, ensuite, il faudrait affronter le voyage retour, déposer les deux idiots chez eux et, enfin, seulement enfin, il pourrait aller se coucher.

    Se coucher… l’idée avait tout d’un rêve inaccessible. Il s’imagina, allongé sur son matelas, la tête enfoncée dans ses oreillers, ses draps remontés jusqu’au menton et la clim qui soufflait doucement. Il se voyait savourer cet instant, savourer ce confort inestimable. Ses yeux se fermaient, la torpeur s’emparait de lui et, sans s’en rendre compte, le Ryosuke au volant de son van pointa dangereusement du nez.

     

    *

     

    — Faut pas rester là, m’sieurs !

    Ban entrouvrit les paupières et se retrouva nez à nez avec un jeune employé de la station. Encore endormi, Sou se servait de ses cuisses comme d’un oreiller et semblait se trouver au milieu d’un rêve pour le moins agréable. En tout cas était-ce ce que laissait supposer son sourire béat.

    Le batteur se frotta les yeux d’une main, tandis que de l’autre, il secouait l’épaule de Sou. La voix pâteuse, il questionna :

    — On peut vraiment pas rester ici ? On attend un pote, voyez, et on sait pas bien quand il arrivera.

    D’un air gêné, l’employé se mordit la lèvre. Il jeta un regard inquiet en direction de sa collègue, qui, occupée à encaisser un client à la mine peu aimable, ne leur accordait aucune attention.

    — Bah… pas que ça me dérange, mais le patron va pas être content s’il débarque. (Puis, hésitant, il ajouta :) Si vous pouviez juste pas vous endormir ici… comprenez, ça fait pas très clean !

    Ouais, en gros, ils faisaient un peu clodos à squatter la station depuis des heures. Et vu les dégaines qu’ils devaient se payer, sûr que ça ne devait pas être un spectacle très agréable pour les autres voyageurs.

    Comme l’employé s’éloignait, Ban jeta un coup d’œil à son portable et poussa un soupir. Déjà une heure dix du matin. Ryosuke aurait dû être là depuis longtemps. À croire que cet imbécile s’était paumé en route !

     

    *

     

    — Putain, j’aurai leur peau !

    Et effectivement, le dit imbécile s’était bel et bien perdu. Une petite erreur de sa part. Au lieu de sortir là où il l’avait prévu, il s’était montré trop impatient et avait pris une direction inconnue, persuadé que là ou plus tard, de toute façon, il trouverait bien un moyen de rejoindre ses amis. La patience est une vertu, et si Ryosuke avait su garder cet adage en tête, peut-être ne se serait-il pas retrouvé dans cette galère.

    Le plus dramatique étant qu’il savait qu’il avait dépassé depuis longtemps la station service où ils l’attendaient. Il roulait depuis bien trop de temps pour qu’il en soit autrement.

    Pour ne pas arranger les choses, son portable, qu’il n’avait pas songé à recharger quand il était rentré à Tokyo, venait de rendre l’âme. Une rapide inspection du van lui ayant révélé qu’il avait laissé son chargeur derrière lui, il se savait également dans l’incapacité de contacter qui que ce soit en cas de pépin.

    Tout ça pour dire que le bassiste était dans une belle merde !

    Erwin Doe ~ 2008

     


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  • Doll

     

    Doll #1

    21/06/2014

     

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    02/07/2014

     

    Lapin Bleu

     

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    15/07/2014

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    09/07/2014

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    30/06/2014

    Ekinoxe #1

    30/07/2014

     


  • 18/06/2014

     

    De nouveau, il m'aura fallu du temps pour revenir poster quelque chose ici. Je n'ai vraiment pas grand-chose à dire en ce moment, j'avoue. Tous mes projets avancent bien, mis à part Galaxie qui a été mis de côté pour une durée indéterminée. (Ce qui est assez normal chez moi. La plupart de mes histoires me demandent plusieurs années de réflexion avant de pouvoir trouver la version qui me plaît vraiment. x3)

    Vendredi, je poste enfin la première partie d'Un long voyage. D'abord sur ce site puis, petit à petit, elle apparaîtra sur la plupart des sites d'écriture où je suis inscrit.

    Contrairement à mes autres textes, ce projet ne bénéficiera pas d'un fichier PDF ou epub dès le début. Je ne les proposerai qu'une fois qu'un épisode sera complet, ce qui donnera un bon gros fichier qui rassemblera ses différentes parties.

    Actuellement, j'en suis à la moitié du premier jet du second épisode. Le brouillon du troisième épisode est terminé et j'attaque celui du quatrième la semaine prochaine.

    N'empêche, je me dis que je m'embarque dans une longue... longue... plus que longue aventure ! En comptant les deux épisodes que je devrais poster cette année, et ensuite les trois nouveaux épisodes qui devraient être proposés par an, ce projet prendra fin en 2017...... haha ! Maintenant, allez savoir si je tiendrai le rythme et si l'envie de poster plus rapidement mes épisodes ne me prendra pas. Mais même comme ça, cette histoire restera une longue aventure.

    D'autant que j'ai bossé toute la matinée sur un possible projet de suite... une suite... un peu spéciale, car pas mal différente d'Un long voyage. Je ne sais pas encore si je l'écrirai ou non, je sais simplement que j'ai rassemblé suffisamment d'idées pour être certain que ses cinq épisodes tiennent la route... maintenant, d'ici à 2017, j'ai plus que le temps de laisser mûrir tout ça...

    Actuellement, mon but est surtout de prendre de l'avance pour 2015. En fait, j'aimerais (D'ici la fin de l'année) avoir terminé d'écrire tous les projets que je compte poster en 2015... des premiers jets, pour certains, ou des seconds jets, pour d'autres... et logiquement, ça devrait pouvoir se faire. (Histoire d'être tranquille et de n'avoir que des corrections, ou des réécritures, sur les bras.)

     


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