• Une lueur d'espoir - Partie 2

    Une lueur d’espoir

    Partie 2



    1

    — Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?!

    Pierre était tétanisé. Debout au milieu de sa chambre, ruisselant de sueur, il braquait le faisceau de sa lampe en direction de la porte close, craignant presque de la voir s’ouvrir brusquement, bien qu’il ait tourné la clef dans la serrure.

    Cette chose… il l’avait reconnue. Ce n’était autre que la troisième sœur du tableau. Oui, aucun doute. Le même visage, la même expression, seulement… ce n’était pas logique ! Mirabelle lui avait affirmé ne vivre qu’avec deux de ses sœurs.

    Alors quoi ? Lui aurait-elle menti ? Mais dans quel but ? Non, c’était stupide, il ne pouvait pas croire ça.

    Ses dents commencèrent à s’entrechoquer. Incapable de se ressaisir, il se demanda si… mais non ! Un fantôme ? Ce serait fou ! Complètement dingue ! Mais comment expliquer, dans ce cas, ce qu’il avait vu ? Ou du moins cru voir… cette vision d’horreur… un être humain était-il vraiment capable de… de ça ?!

    — Oh, bon sang !

    Le couloir hanté. Aussi absurde que cela puisse paraître, il était à présent tout à fait prêt à y croire.

    D’un revers de la manche, il essuya la transpiration qui lui piquait les yeux. Spectre ou pas spectre, il avait en tout cas pris la bonne décision en regagnant sa chambre. Il n’était plus question pour lui d’en sortir avant le lever du jour. Son esprit rationnel avait, certes, encore du mal à accepter l’idée qu’il ait pu assister à un phénomène surnaturel, mais à défaut d’une meilleure réponse, il lui faudrait bien s’en contenter… en tout cas jusqu’à ce qu’il puisse avoir une petite conversation avec Mirabelle.

    Il hésita à retourner se coucher. Cette histoire était grotesque, mais enfin, que pouvait-il faire d’autre à cette heure de la nuit ? Aller crapahuter dans les couloirs, afin d’aller exiger des explications auprès de ses hôtesses, ne lui disait franchement rien. Pas avec cette chose qui pourrait lui tomber dessus. Morte ou pas morte, il ne tenait pas à savoir si elle était dangereuse.

    Il en était même à se demander s’il était vraiment en sécurité ici, quand le bruissement lui parvint. Ça longeait les murs. Une sorte de raclement, comme celui produit par des ongles qui glissent sur une surface dure. Des ongles ou… il serra les dents. Non, il ne voulait pas y penser !

    Le phénomène s’arrêta à hauteur de sa porte. Il retint sa respiration. Durant quelques secondes, le silence s’imposa, lourd et inquiétant, charriant des promesses peu engageantes.

    Puis un petit grincement aigu s’éleva. Avec horreur, Pierre découvrit qu’il était produit par la poignée de sa porte. Elle tournait, tournait et tournait, de plus en plus violemment. Un dernier grincement, plus sec que les autres, et la poignée resta un moment bloquée dans la direction qui aurait dû permettre à la porte de s’ouvrir. Puis, doucement, tout doucement, la pression qui la maintenait se relâcha et elle reprit sa position initiale. Des pas s’éloignèrent, puis… plus rien… le silence à nouveau.

    Pierre laissa échapper un soupir trop longtemps contenu, sans toutefois oser bouger. Semblable à une proie qui vient d’échapper au prédateur, et qui craint de le voir revenir si elle s’avise d’esquisser le moindre geste.

    Dans son malheur, il avait tout de même la chance que cette chose ne soit pas capable de traverser les murs… ce n’était donc pas un fantôme, mais plutôt une créature de chair et de sang. Morte ou non, il s’en moquait à présent, car tout ce qui lui importait était qu’elle ne pouvait heureusement pas l’atteindre.

    Il laissa le faisceau de sa lampe balayer la chambre, les murs, les meubles, pour s’arrêter sur le lit aux draps défaits. Il n’était plus question pour lui de dormir, et quand bien même l’aurait-il désiré qu’il n’y serait certainement pas parvenu. Pourtant, il se sentait épuisé. Comme si sa brusque poussée de stress avait dévoré toute son énergie. Faible, il se traîna tout de même jusqu’au lit, où il se laissa tomber, plus qui ne s’assit. Le dos courbé en avant, la lampe posée sur le matelas, il se prit le visage entre les mains.

    Cette histoire le dépassait… d’autant plus qu’une fois de retour chez lui, il ne pourrait en parler avec qui que ce soit. Car qui irait le croire ? Qui ? Christine ? Un peu de sérieux ! Elle penserait plutôt qu’il cherchait à lui dissimuler une faute derrière cette histoire abracadabrante. Il la voyait déjà lui demander s’il se payait sa tête. Et comment pourrait-il lui en vouloir ? Lui-même sentait encore la partie la plus rationnelle de son être tenter de trouver une explication logique à ce qu’il avait vu. Et d’ailleurs, qu’avait-il vraiment vu, hein ? Une femme à moitié cinglée qui se bouffait les doigts ? Bon… ça arrivait… enfin, ça devait arriver. Des gens rudement dérangés… au point de s’automutiler… oui, ça existait forcément !

    Mais comment expliquer le reste ? Comment expliquer cette bouche immense ? Ces crocs ? Avait-il été la victime d’une illusion ? Pourquoi pas ? Il faisait sombre, il n’avait eu que sa lampe torche et… sous le coup de la surprise, sans doute son esprit avait-il déraillé. Après tout, il s’attendait à tomber sur Cassandre, et se retrouver nez à nez avec une inconnue, une inconnue mangeant ses propres doigts, bon sang, pour sûr que ça avait rudement dû lui chambouler l’imagination.

    Et puis… et puis si Mirabelle ne lui avait pas parlé de cette sœur… si elle ne lui avait pas précisé qu’elle vivait également en leur compagnie, c’était certainement par discrétion. Parce qu’il était étranger, voilà ! Des gens de cette éducation, vraiment, il les voyait mal avouer au premier venu qu’ils cohabitaient avec une folle furieuse. C’étaient des histoires de famille, tout ça. Ça ne le concernait pas, merde !

    Il en était là de ses réflexions quand un choc se fit entendre contre la porte. D’un bond, il fut sur pieds, au moment où un autre coup résonnait.

    Au bord de la panique, il récupéra sa lampe, mais ses mains tremblaient tellement qu’il faillit la laisser tomber. Le coup suivant, qui fit bondir son cœur comme jamais, s’accompagna d’un craquement lugubre. Il recula précipitamment et percuta la table de chevet qui s’écroula derrière lui. Perdant l’équilibre, il dut se rattraper au montant du lit.

    Cette chose… cette chose était en train d’enfoncer la porte !

    Il y eut un second craquement, puis un autre. Enfin, des éclats de bois s’envolèrent, laissant apparaître un trou tout juste assez large pour que Pierre puisse y voir briller un œil. Vert, et qui le fixait. L’œil se retira et la lumière de sa lampe fit luire une rangée de dents blanches.

    Une boule s’était formée au niveau de sa gorge, empêchant le hurlement qu’il sentait grossir en lui de naître. Des mouches volaient devant son regard et il se sentait dans un état de panique tel qu’il en avait du mal à respirer.

    Un choc, plus violent que les autres, par lequel s’engouffra une statue, qui s’écrasa avec bruit sur le plancher. Son passage avait formé un trou béant, plus gros que le poing d’un homme, par lequel une main fine s’engouffra. Une main à qui plusieurs doigts manquaient…

    Puis ce fut le tour d’un avant-bras, et d’un coude. Les doigts, eux, tâtonnaient le long du battant, se rapprochant inexorablement du verrou.

    Pierre n’ignorait pas qu’une fois qu’elle l’aurait trouvé, il serait alors à sa merci. Seulement, il était incapable de réagir. Ses jambes le soutenaient à peine et il s’étonnait encore de ne pas s’être écroulé. Son regard, exorbité, suivait la main. De sa bouche s’échappait une respiration asthmatique. Et ce ne fut que quand les doigts, finalement, atteignirent leur but que quelque chose en lui s’éveilla.

    Poussé en avant par l’instinct de survie, il se jeta en direction de la porte, au moment où le bras disparaissait de l’orifice et que la poignée tournait. Il s’abattit juste à temps contre le battant pour l’empêcher de s’ouvrir. Un cri furieux s’éleva.

    Des coups se mirent à pleuvoir derrière lui, avec tant de violence qu’il crut plus d’une fois qu’il allait être repoussé. La douleur irradia le long de son dos mais, en cet instant, ça n’avait aucune importance : il fallait à tout prix qu’il l’empêche de pénétrer ici.

    Il serra les dents au moment où la main s’introduisait à nouveau par l’orifice et tentait de le saisir. Il la frappa avec sa lampe, ce qui eut pour effet de la faire battre en retraite. Les coups contre son dos étaient de plus en plus violents, à tel point que le battant ne cessait de s’ouvrir, pour se refermer aussitôt. L’épreuve était éprouvante, et il savait qu’il n’aurait plus la force de résister très longtemps.

    Ce n’est qu’une femme, une femme, bordel, comment est-ce qu’elle peut… ?!

    Ce fut au moment où il sentait qu’il allait abandonner la lutte que l’idée lui vint. Fulgurante, aussi claire qu’une évidence. C’était la seule solution !

    Sentant certainement qu’il faiblissait, la femme frappait plus fort que jamais. Pierre attendit le bon moment pour passer à l’action. Puis, alors que l’autre devait imaginer sa victoire inéluctable, il fit brusquement un bond sur le côté. Le battant s’ouvrit en grand et, emportée par son élan, la femme s’écroula. Dans la même seconde, Pierre en profita pour s’enfuir.

    Boosté par l’adrénaline, il remonta le couloir au pas de course, avec une seule idée en tête : fuir cette maison de fous. Vite, le plus vite possible, et tant pis s’il devait se perdre en cours de route et ne jamais retrouver sa voiture. Tout, en cet instant, lui semblait préférable à rester là, avec cette furie lâchée à ses trousses.

    Il dévala les escaliers du rez-de-chaussée et, dans sa précipitation, manqua de trébucher et de tomber la tête la première. Il parvint, heureusement, à se rattraper à la rambarde, sauta les dernières marches et se précipita en direction de la porte d’entrée.

    Sa main libre s’abattit sur la poignée, mais le soulagement qui avait commencé à naître en lui s’éteignit : car la porte était fermée à double tour et, de clef, aucune trace nulle part.

    — NON !

    Refusant de croire en sa malchance, il abattit son poing contre l’obstacle et tenta vainement de faire céder la poignée. Il haletait, le corps secoué de tremblements, quand un grincement se produisit, quelque part à l’étage supérieur.

    En panique, il fit volte-face et, le regard braqué en direction des escaliers, perçut un sifflement strident au niveau de ses oreilles. Elle arrivait… elle arrivait et lui était…

    Tentant de reprendre le contrôle de ses émotions, il se passa une main au-dessous du menton, afin de faire disparaître la sueur qui y perlait, et jeta un regard autour de lui. Une fenêtre ! Il fallait qu’il passe par une fenêtre, quitte à la briser !

    Mais celles du hall d’entrée étaient situées haut, trop haut, même pour lui. Il recula et, son attention portée sur sa gauche, avisa la porte du salon. Quand il s’y était installé avec Mirabelle, il n’avait pas fait attention à ce genre de détail mais… enfin, il devait forcément y avoir une fenêtre ou deux par lesquelles il pourrait passer !

    Les grincements se rapprochant, il courut jusqu’à la porte du salon et l’ouvrit. Il laissa sa lampe aller de gauche à droite, jusqu’à accrocher des rideaux. Ce fut comme si un poids lui était retiré des épaules et il faisait un pas dans leur direction quand… non… il avait forcément rêvé !

    Glacé, il illumina le tableau de famille. Sa main se mit à trembler. Car au milieu de la peinture, il n’y avait plus personne… hormis le frère, toujours installé derrière les chaises qu’avaient occupées ses sœurs.

    — Non… impossible !

    Incapable de détacher son regard du tableau, incapable de surmonter le choc de la découverte, il ne parvenait plus à bouger. Ce n’était pas possible, bon Dieu, pas possible !

    Brusquement, le regard du frère se tourna dans sa direction et, sur ses lèvres, apparut un sourire qui dévoila ses dents… des dents qui, nota-t-il, étaient aussi pointues que des crocs.

    — Non… non !

    Il recula. D’un pas, puis d’un autre. Et, alors qu’il secouait la tête, certain que le frère, depuis son tableau, le suivait des yeux, il fit brusquement volte-face… pour se retrouver nez à nez avec un visage blafard. Celui d’une femme… de la femme.

    Avant qu’il n’ait eu le temps de faire un geste pour lui échapper, elle se jetait sur lui. Sous son poids, Pierre se sentit partir en arrière. Il chuta et se réceptionna durement sur le dos, ses bras se levant d’instinct en direction de son agresseur. Sa lampe était écrasée contre sa gorge, tandis que son autre main, libre, tentait de la repousser.

    Mais la femme tenait bon. Agrippée des deux mains à ses épaules, elle avait une force, une telle force que Pierre avait du mal à croire qu’elle puisse être humaine. Non, elle était si chétive et lui si fort en comparaison. Aussi comment pouvait-elle le mettre en difficulté ? Car c’était bien ce qui se produisait. La femme, contrairement à lui, ne fléchissait pas. Elle se faisait plus lourde de seconde en seconde, poussant toujours plus sur les bras de Pierre. Un sourire aux lèvres, elle se rapprochait. Elle se rapprochait, et…

    Un cri de souffrance lui échappa quand ses ongles s’enfoncèrent dans sa chair. Leurs visages se rapprochèrent dangereusement et la mâchoire de la femme s’ouvrit sur des crocs avides, un plaisir carnassier brillant au fond de ses yeux verts.

    — Non… non… NON !

    Son front rencontra celui de la femme avec force. Pierre y avait mis toute l’énergie qu’il lui restait et parvint à faire exploser ce nez trop long et voler quelques crocs. Du sang jaillit, s’écrasa sur la peau blanche de ce visage aux yeux soudain écarquillés par la surprise.

    Dans le même mouvement, Pierre la repoussa avec violence et la frappa à l’aide de sa lampe. Le coup l’atteignit en plein crâne, au niveau de la tempe. Un craquement effroyable s’éleva et elle s’affala sur le côté pour ne plus bouger.

    Haletant, Pierre se redressa, une main portée à l’une de ses épaules meurtries. Sous la puissance du coup, le verre qui protégeait l’ampoule s’était brisé, mais cette dernière était toujours intacte.

    Une boule affreuse commença à lui remonter le long de la gorge. Sans s’en rendre compte, il reculait en direction du hall d’entrée. S’éloignait de cette chose inerte, au regard éteint. Morte… morte… et c’était lui qui l’avait tué !

    Dans un petit hoquet, il leva les yeux en direction du tableau. Le frère fixait sa sœur, sans aucune expression… et ce ne fut que quand il releva le regard sur lui, pour le fixer avec une note d’accusation dans les yeux, que Pierre laissa échapper un hurlement de bête traquée.

    — Non ! NON !

    Incapable de supporter plus longtemps la vision de son crime, il se mit à courir, sans savoir vraiment où il allait. Plus que jamais, il lui fallait fuir. Vite. Avant que les autres ne s’éveillent… avant qu’on ne vienne lui demander des comptes… avant que…

    Il s’engouffra dans le couloir situé sous l’escalier, certain qu’il devait bien exister une issue quelque part. N’importe quoi. Que ce soit une porte arrière ou une fenêtre.

    Les ténèbres autour de lui étaient opaques, beaucoup trop pour la faible lueur de sa lampe qui ne parvenait que difficilement à éclairer son chemin. Et là, devant lui, se dessinait… la lune. Le ciel. Un jardin. Oui, il en était sûr. C’était le jardin ! Le jardin !

    Il trébucha et, emporté par sa course, s’écroula. Quand il se redressa sur les coudes, ce qu’il découvrit lui glaça le sang. Il se trouvait à quelques pas d’une baie vitrée. Et derrière elle, le fixant de leurs yeux d’un bleu glacé, obscurcis par la nuit, elles étaient là. Mirabelle, Cassandre et même Charlotte.

    Pierre tenta de se redresser et tendit dans leur direction une main suppliante, quémandant l’indulgence.

    — C’était un accident ! Un accident ! Elle… elle a voulu…

    Mais le sourire de Cassandre fit mourir sa voix. Un sourire amusé. D’un amusement malsain. Puis… un bruit, derrière lui.

    Les yeux écarquillés, il se figea. Il ne voyait plus que le sourire de Cassandre, Cassandre qui faisait un pas en arrière, Cassandre dont les yeux pétillaient. Ne voyait plus que Mirabelle qui le fixait comme si elle avait été faite de pierre. N’entendait plus que le rire qui s’échappait de la gorge de Charlotte. Ça et, celui, d’un pas lourd. D’un pas traînant qui venait par ici… droit sur lui…

    Dans le reflet de la vitre, il la vit. Elle. Le sang avait ruisselé sur son visage, mais malgré ses blessures, malgré son nez tordu, rougi, elle lui souriait également. Avec un cri, il se jeta en direction de la baie vitrée.

    — Au secours ! Au secours ! Aidez-moi, par…

    Quelque chose s’écrasa contre son dos. Il tomba en avant et son nez, sa mâchoire, se fracassèrent durement contre le sol. La vision incertaine, il tenta de ramper, du sang lui dégoulinant le long du menton. Sa main se tendit en avant et le poids se fit plus lourd dans son dos. Une douleur, une souffrance sans nom éclata à la base de sa nuque.

    Affolé, Pierre se débattit. Il hurla, rua, mais le prédateur était solidement accroché à lui. Il pesait de toute sa masse et pouvait sentir ses crocs s’enfoncer de plus en plus profondément dans sa chair. Du sang lui envahit la bouche. Il le recrache, mais suffoqua malgré tout. Et alors que les ténèbres commençaient à l’envelopper, il vit arriver dans sa direction une silhouette… celle du frère… dont les crocs luisaient.

    La douleur se fit insupportable et ce qui avait été Pierre, au sein de cette carcasse de chair et de sang, s’éteignit…

    Erwin Doe ~ 2013  / 2014

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